Maitre qu'enterre*

-= Chaos Demons =-
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La comtesse a été posté le : 04/05/10 14:25
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Et dire qu'il n'y a pas eu de sujet sur la Comtesse.
Et vous osez dire que vous allez au cinéma !!! (j'aime bien être odiieuse en début de post. c'est l'apanage de ma vieillerie)
Je ne peux pas classer ce film parmi les fils fantastique, car c'est une belle histoire d'amour. Tenez, c'est encore plus beau et plus triste que des gens qui s'aiment sur un bateau qui coule.
Nous sommes toutes des Ersebeth Bathory, l'héroine de ce film tourné, joué, musiqué par Julie Delpy. qu'avons nous donc de commun avec cette comtesse sanglante qui se livrait à 1000 atrocités pour rester éternellement jeune ? Tout. Le jour où un scientifique dira que les molécules d'hémoglobine peuvent régénérer la DHEA de la peau et la rendre plus souple, plus jeune et enlever les rides, on sera prêtes à saigner l'Inde et Afrique. Quelle femme sur le retour ne serait pas prête à s'étaler n'importe quoi sur la figure pour espérer attirer le regard d'un homme plus jeune ?
Dans le film, Bathory a deux faiblesses : elle est très puissante et tombe amoureuse d'un homme plus jeune, qui le lui rend bien. Deux erreurs stratégiques qui causeront sa perte. Car non, Ersebeth n'est pas une désaxée lubrique et dépravée, c'est une femme de son temps qui souffre et dont on flatte les lubies, aussi déplacées soient elles. Je rappelle que dans un contexte de guerre, la vie ne valait pas grand chose, surtout celle des inférieurs (hiérarchiques).
En ce qui concernent les images, il y a du sang, forcément, mais ça reste assez suggéré. Pas de baignoire sanglante, pas de jeune fille odieusement torturée, la vierge de fer reste vide, ok on a quelques cadavres, mais on y passe pas des plombes. C'est pas cannibal holocaust. (une scène peut être un peu "borderline" la comtesse s'ouvre le sein et le recouds pour y introduire la mèche de cheveux de son amant au plus près de son cœur. Faut pas avoir peur des aiguilles)
Bref, ça a beau être en anglais sous titré , moi je conseille, parce que franchement, c'est vraiment très bien, très beau, très bien réalisé, et avec un budget pas énorme, on peut faire de bons films en costume.
Les allemands et les français devraient faire des films ensemble plus souvent.
-------------------- Comment avoir confiance en un truc qui saigne pendant 8 jours, et ne meurt pas ?
Mon fils Zakk est 50 % elfe, 50 % nain, mais 100 % bourrin !!
*La réponse est fausse ou ailleurs
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Réponse au Sujet 'La comtesse' a été posté le : 16/05/10 22:04
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Des erreurs? D'après le peu que j'ai lu sur la comtesse Bathory, ce film est quasiment une docufiction. L'histoire du complot est une théorie historique très sérieuse, même le "type un peu bizarre" (je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler) vient d'allusions dans certaines versions (qui il est vrai doivent surtout tenir des légendes développées autour de la comtesse), et quant aux épisodes inventés (l'histoire d'amour...) ils n'y en a pas d'invraisemblables, et j'applique ma maxime favorite en fait de films historiques: "pouvez-vous prouver que ce n'est pas arrivé? Non? Alors, c'est arrivé".
En fait, la seule grosse entorse que je voie à la vérité historique, c'est que le personnage est légèrement rajeuni, peut-être pour le faire cadrer avec l'âge de son interprète, Julie Delpy. C'est un des trucs qui m'agaçent, parce que ce film est quand même un monument que Julie Delpy (scénariste, metteuse en scène, actrice principale et auteuse de la musique originale) s'élève à elle-même, elle se voit en comtesse Bathory mais aussi en icône féministe, en martyre, d'où les tirades sur le pouvoir des hommes, l'histoire écrite par les vainqueurs...
Et la scène de couture, c'est plagié sur un passage avec Ugolin dans "Manon des Sources" d'après Pagnol Mais à part ça, je cosigne Keridwen à 100%, en ajoutant que le scénario est très bien construit: le moment où ça menace de tourner à l'histoire à l'eau de rose en costumes mais il y a déjà plein de petits éléments inquiétants qui se sont accumulés et puis tout s'aggrave, la pureté de l'histoire d'amour qui traverse toutes ces horreurs du début à la fin, l'amant qui conservera (et préfèrera conserver) ses illusions...
-------------------- Je n'irai, plus tard, ni au café perdre ma santé, ni aux courses perdre mon argent, ni au cinéma perdre mon temps à voir des films dont les héros sont des voleurs et des assassins dignes de mépris.
(Extrait d'un manuel de morale à l'usage des classes, première moitié du XXe siècle)
Karolinus sum.
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Réponse au Sujet 'La comtesse' a été posté le : 27/05/10 07:53
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Vu hier soir en 6e semaine dans la petite salle de l'Orient Express (celle où on entend le RER passer toutes les huit minutes sous nos pieds)...
La salle n'en était pas moins correctement remplie (1/3 des sièges en gros).
Le film lui même? J'ai vraiment bien aimé. Des effets spéciaux bien dosés, c'est à dire pas outrancièrement visibles même si parfaitement perceptibles, et je crois que seule la scène des combats en début de film trahit un peu les limites budgétaires sans pour autant être ridicule.
Pour le reste, l'histoire est bien montée, le film bien tourné et joué, et on ne se sent à aucun moment pris pour des buses, avec du sensationalisme à répétition ou du gore.
Un bon p'tit film en costumes qui ne m'a fait techniquement tiquer qu'à un moment:
un plan 3/4 (en 2 coupes au montage) sur le jeune Istval (parlant à son père de dos) sérieusement hors-focus... bien flou.
J'imagine que ce plan a été conservé au montage pour le jeu sans doute plus correct, car je ne vois pas d'autre explication. Auquel cas, c'est un bon choix car le film garde un ton, un jeu, une ambiance vraiment adéquats d'un bout à l'autre et on glisse sans problème sur cette anicroche.
P.S. La jeunesse de la comtesse, bien que très brièvement narrée, met 'grave' dans le ton, d'entrée.
Kudos à Delpy.
Constat humain:
Ce qui me sidèrera toujours, c'est qu'aussi 'puissante' soit-elle, cette comtesse n'en est pas plus maitresse de son destin, exception faite des méfaits. Je veux dire par là qu'elle ne choisit pas ses relations, elle ne choisit pas ses actes les plus communs (épouser, marier, gèrer), alors qu'elle est parfaitement libre de frapper les gueux et d'envoyer au massacre des troupes... quand elle n'est tout bonnement pas ouvertement poussée au meurtre (scène de la vieille paysanne).
En celà, je trouve ce film assez proche de la série Tudors qui montre aussi que seuls 'passent bien' les coups de tête parfois sanguinaires alors que les actes modérés voire sages sont toujours sujets à critiques, brimades quand ce n'est pas carrément le début des vraies em********s.
Si c'est pas un monde de malades...
Je plussoie aussi l'assertion d'ouverture et de cloture du film sur le fait que l'histoire est écrite par les vainqueurs: arrivistes, fourbes, assassins... et qu'une lecture 'entre les lignes', aussi romancée soit-elle, est une approche qui vaut bien les autres.
-------------------- CREO ERGO SUM
"Commencez vous à voir quelle sorte de monde nous créons? [...] Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable."
1984, Georges Orwell
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