Elite Troups

-= Chaos Elite Troops =-
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Karl Edward Wagner a été posté le : 12/04/10 14:42
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Deux choses presque inalliables s'unissent en moi sans que j'en puisse concevoir la manière : un goût pour les récits très ardents, emplis de héros vifs, impétueux, et un attrait pour les récits lents à naître, embarrassées, et qui ne présentent jamais qu'après coup leur intérêt.
Je plagie si je veux (et il me doit bien ça, je l'ai lu sans faillir)
Bref, si j'aime les histoires bien construites, avec des effets de style séduisants et des structures alambiqués, j'avoue que j'apprécie énormément le pulp. Ah Conan ! Ah le cycle des épées ! Ah Kalon ! Voilà des récits efficaces et simples, où ca défonce sévère dans un cadre fantastique et grandiose. Cet amour douteux m'intrigue dans la mesure où, par exemple, je conchie Gemmell qui, objectivement, semble offrir le même genre d'ambiance. Un certain snobisme joue probablement à quelque niveau.
Karl Edward Wagner (1945-1994) est l'auteur acclamé du cycle de Kane, édité en trois volumes il y a peu par Denoël dans l'excellente collection Lunes d'encre. En passant, Lunes d'encre est une des rares collections dans laquelle on peut acheter de la fantasy sans jamais tomber sur des bouses, on apprécie l'effort (moins les prix par contre).
Kane est un personnage colossal (et roux) qui évoque irrésistiblement Conan, combattant sauvage, érudit, aventurier, mais là où Conan se pare malgré tout de quelques vertus héroïques (un certain sens de l'honneur, une sorte de dédain pour la fourberie, la sorcellerie), Kane se roule dans l'ignominie sans sourciller.
Vous vous souvenez quand avec votre groupe d'aventuriers, vous avez défié le diabolique commandant d'une armée de Kuo-Toas, terré au fond des Marais de la Mort ? Eh bien, c'était Kane. L'individu est en fait le personnage que, traditionnellement, le héros combat. C'est un peu comme si vous lisiez les aventures de l'Ombre Jaune plutôt que celles de Bob Morane.
En fait, c'est un peu comme si vous lisiez les manigances de l'Ombre Jaune, puis que vous lisiez la façon dont Bob Morane va faire échouer le plan.
Kane veut dominer le monde. On ne sait pas trop pourquoi et lui-même n'a pas vraiment l'air de le savoir.
Le premier volume de la trilogie comprend deux romans La pîerre de sang et La croisade des ténèbres. Les deux récits sont construits peu ou prou de la même façon : dans un premier temps, on assiste au double jeu de Kane, qui se met au service de puissantes factions pour mieux les trahir et s'emparer du pouvoir. Ce faisant, toutefois, notre maléfique héros joue avec des forces qui pourraient bien le dépasser et menacer le monde. On suivra alors les aventures de ses adversaires, supposément les gentils de l'histoire, qui s'avèrent en fait à peine moins désagréables que Kane lui-même, dans leurs tentatives pour sauver leur peau.
La pierre de sang nous raconte la découverte d'un étrange anneau par Kane, suivi de son expédition au fond d'un dangereux marais pour explorer les ruines d'une antique cité et exhumer ses terrifiants mystères, au moyen desquels il compte bien conquérir le monde (carrément). Après la récupération de ladite arme, on suivra les efforts désespérés d'hommes intègres pour repousser le Mal.
Eh oui ! Ça pue le pulp, la cité perdue et la science d'un autre âge, c'est formidable !
On observera avec plaisir toute la fourberie du personnage, c'est divertissant.
La croisade des ténèbres semble constituer une très, mais alors très très subtile analogie de la montée du national-socialisme en Allemagne. C'est tellement subtil qu'ils ont même les brassards nazis. Bref.
Un brigand quelconque est investit par une entité cosmique vengeresse bien désireuse de défoncer tout le monde. Oh oui. Il y a d'intéressants moments horrifiques, des batailles épiques, des massacres moins épiques. Et Kane qui se range au service de l'entité en tant que commandant des armées, bien décidé à lui ôter le pouvoir au moment opportun.
Encore une fois, ça sent bon les années 30, les démons venus d'autres dimensions et les univers parallèles.
Donc, vous l'aurez compris, j'aime beaucoup. Parce que ça tabasse, parce que ça pastiche efficacement, parce que Kane est un personnage ignoble et fascinant.
Allez hop, on lâche ses Robin Hobb et on se plonge dans un univers de ********, où le mal lutte contre le pire.
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Dernière mise à jour par : Jormugaund le 12/04/10 14:44
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