Thorp bonheur

-= Dungeon Keeper =-
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Lieu de résidence : l'Antre des Ours
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Sandra (fanfic Freaks' Squeele) a été posté le : 23/02/10 21:02
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Ça faisait un bail que je n'avais pas posté d'écrits ici... Je me demande si ça vous manquait, tiens. 
Si le texte ci-dessous déboule en ligne, c'est que je n'ai aucun espoir de le publier, ça va de soi. Et pour cause, c'est une fan-fiction.
Pour la petite histoire, Florent Maudoux, l'auteur de l'excellente BD Freaks' Squeele, a lancé dernièrement un petit défi à ses lecteurs : inventer leur propre personnage dans l'univers de la BD (de jeunes héros donc, humains ou pas, avec pouvoirs ou pas) et le mettre en scène dans des histoires courtes. Le but étant de décrocher une place au casting pour ledit personnage.
Comme ça me détendait entre deux projets plus sérieux, j'ai donc monté un dossier pour un jeune homme nommé Esteban Viracocha, guerrier sacré des Andes façon Homme-Puma en à peine moins ridicule, puisque sa façon d'être tire beaucoup du côté du Chat de Red Dwarf. Il a la classe, mais il s'y croit beaucoup trop. À cause de ses oreilles de chat, il est poursuivi par les fans de furry. Et il n'a gardé qu'un seul des trop nombreux pouvoirs de l'Homme-Puma : celui de passer à travers les murs.
Esteban travaille en trinôme avec Jason, le garçon au meteor-gun et au nœud papillon aperçu dans les tomes 1 et 3 de Freaks' Squeele, et Circé Gandhor, autre nouvelle venue issue du monde du cirque.
Leur passeport pour le tome 4 est validé. 
Ce ne sera pas la première fois qu'on utilise un de mes personnages, d'ailleurs.
*regard en coin vers POC*
*regard en coin vers Zaz et le Fab*
Trève de blabla, place à une petite nouvelle sans réel enjeu narratif, juste pour présenter le personnage. Celle-ci s'insère vers le premier tiers du tome 2, approx.
Notions d'espagnol préférables.
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C’est un coin de trottoir comme les autres, une scène de plus pour le petit théâtre de la vie. D’un côté, un monsieur parle dans une oreillette Bluetooth, en faisant de grands signes. Il ne regarde pas vraiment devant lui ; pas plus, d’ailleurs, que la fillette qui arrive en courant de l’autre côté, encore cachée par l’angle du bâtiment.
Plof.
Une tête à frange châtain et un anorak rose heurtent avec un bruit mou le manteau de laine grise du monsieur.
« Hé, fais attention ! » râle celui-ci avant de retourner à sa conversation et de traverser la rue.
Stoppée net par la collision, Sandra regarde autour d’elle. Il lui faut quelques secondes pour reprendre conscience de son environnement. Elle s’adosse au mur et tâche de se souvenir comment elle est arrivée là.
Maman l’a envoyée acheter du pain pour le dîner. Elle lui a donné une belle pièce d’un euro, comme d’habitude : Sandra prend une baguette et a le droit de garder la monnaie pour s’offrir des bonbons. L’enfant a glissé la pièce au fond de sa poche, mais arrivée à la boulangerie, elle s’est rendu compte qu’elle ne l’avait plus.
Ces derniers temps, elle se fait souvent gronder, parce qu’elle est tête en l’air et perd beaucoup de choses. La dernière fois, Papa a même pris sa grosse voix pour lui dire que si elle continuait à semer ses affaires, elle serait punie. Alors Sandra a paniqué. Plutôt que de rentrer à la maison et d’avouer qu’elle avait perdu la pièce, elle est partie dans l’autre sens.
À présent, elle ne sait pas combien de temps elle a couru, et elle ne reconnaît pas l’endroit. Les gens passent devant elle sans la voir, la tête rentrée dans les épaules à cause des bourrasques glacées. Sandra avait peur d’être punie, mais maintenant, elle préfèrerait être consignée dans sa chambre plutôt que toute seule dans le froid.
Les paroles de Maman lui reviennent en tête :
« Si jamais tu es perdue, surtout ne fais pas confiance aux adultes, certains sont méchants et voudront te faire du mal ! Ne parle qu’à un policier ! »
Alors la fillette se fait toute petite contre le mur, en attendant de voir passer un uniforme.
Le temps s’étire en minutes interminables. Il fait déjà nuit noire lorsqu’un homme s’arrête à la hauteur de Sandra. Elle avait vu arriver de loin sa silhouette souple : il semblait danser en marchant et faisait bouger en rythme les pans de son long manteau. Non, celui-là n’est pas comme les autres passants. Mais il ne porte pas d’uniforme.
« Bonsoir ! dit-il doucement. Tu es perdue ? »
Sa voix est chaude, un peu rauque, avec un léger accent qui ressemble à celui qu’ont parfois les voyous dans les séries policières du dimanche après-midi. Sandra demande :
« Vous êtes un policier ?
— Non. Je suis un héros. »
Ce monsieur, un héros ? Avec son manteau noir, son écharpe grise et son bonnet à rayures d’où dépasse une petite tresse ? En plus, il a l’air jeune, on dirait un étudiant. La fillette essaie d’en savoir davantage :
« Votre super-costume, où il est ? »
Les sourcils du jeune homme se froncent un instant.
« C’est compliqué, » dit-il en regardant dans le vague.
Puis il se penche vers elle. Il a de drôles d’yeux, grands et obliques, et son bonnet est bizarrement tendu sur sa tête.
« Je m’appelle Esteban. Et toi ?
— Sandra.
— Où est-ce que tu habites, Sandra ?
— Je ne sais pas… Vous avez raison, monsieur, je suis perdue. »
Il se redresse d’un coup, comme blessé dans sa fierté.
« Monsieur ? ¡No soy tan viejo, niña ! Appelle-moi Esteban. Et donne-moi une minute. »
D’une main gantée de noir, il sort un téléphone de sa poche et retrouve un numéro dans son carnet d’adresses. Il a beau s’éloigner d’un pas, Sandra entend parfaitement son côté de la conversation :
« Jason ? C’est Esteban.
— …
— Oui, je suis sorti du cours, vos danses traditionnelles européennes sont passionnantes !
— …
— Non, bien sûr, je n’appelle pas pour dire ça, je sais que vous m’attendez à la bibliothèque avec Circé. Je veux vous prévenir que je vais être en retard, je dois ramener une petite fille chez elle.
— …
— Quoi, quel âge ? ¿Yo qué sé ? Sept ou huit ans…
— …
— No, señor, ce n’est pas un rencard, c’est vraiment une petite qui s’est perdue !
— …
— Ah, merci, bonjour la confiance !
— …
— C’est ça, à tout à l’heure. »
Le jeune homme lance un regard presque haineux à son téléphone avant de le ranger.
« Désolé, niña. Alors, par quel côté est-ce que tu es arrivée ?
— Par là. »
Pendant qu’elle remonte la rue avec Esteban, Sandra lui raconte son histoire : les adultes qui la traitent de tête de linotte, la boulangerie, la pièce perdue, la peur d’être punie. Sa seule réponse, il la dit à voix basse, comme pour lui-même : « Pobrecita… »
Au bout de quelques pâtés de maisons, la petite fille n’est plus sûre de l’endroit d’où elle vient. Esteban lui demande alors de décrire sa rue. Avec un peu de chance, il y est déjà passé et il saura y retourner.
Malheureusement, Sandra ne se souvient pas de son adresse. Elle sait qu’elle habite au numéro 15, que c’est un immeuble beige, mais le nom de la rue lui échappe. Loin de se laisser abattre, Esteban lui lance :
« J’ai une solution. On va chercher toutes les boulangeries. De là, tu sais rentrer chez toi, non ? »
Sandra hoche la tête. Avec un sourire, le garçon reprend son téléphone, et ôte un de ses gants pour pouvoir pianoter plus facilement. Ses ongles sont légèrement courbés, comme des griffes. Il lève la tête, lit le nom de la rue et fait jouer ses doigts sur le minuscule clavier.
« Pages Jaunes, boulangeries, y… ¡Aquí está ! Il y en a trois dans le quartier. Suis-moi, niña. »
Le premier commerce n’est pas le bon. D’ailleurs, il est fermé. Esteban entraîne Sandra vers le deuxième lorsqu’un air de flûte de Pan s’élève dans sa main. Il fait glisser le clapet du téléphone, l’air résigné.
« Buenos días, abuela. ¿Puedes llamarme dentro de una hora, por favor ? Estoy trabajando sobre mi proyecto de fin de año… Sí, será estupendo, prometido. Gracias, abuela. »
Il raccroche avec un soupir.
« Qui c’était ? fait Sandra.
— Ma grand-mère. Je lui ai demandé de rappeler plus tard.
— Vous n’avez pas l’air très content…
— Elle m’appelle presque tous les jours, et elle habite en Bolivie ! »
La fillette ne sait pas quoi dire, aussi se contente-t-elle de poser une main sur le bras du jeune homme, en un geste qui se veut compatissant.
Arrivée en vue de la deuxième boulangerie, elle exulte :
« C’est là ! Je m’y retrouve ! Je vais pouvoir rentrer chez moi !
— Un instant, Sandra. Tu étais partie acheter du pain, non ?
— Oui, une baguette…
— Alors je vais la prendre pour toi. »
Esteban entre dans la boulangerie. Comme il n’y a pas d’autre client, la transaction est rapide. Sitôt sorti, il tend la baguette chaude à la petite fille qui reprend ensuite le chemin de la maison.
Alors que tous deux viennent de passer la porte d’entrée de l’immeuble, ils tombent nez à nez avec Maman, dont le front est barré d’un pli soucieux. Celle-ci se précipite pour attraper Sandra.
« Mais enfin, où est-ce que tu étais ? J’allais refaire pour la troisième fois le chemin entre ici et la boulangerie, je me faisais un souci monstre… »
Maman vient de remarquer Esteban, qui se tient très droit, un peu en retrait, les mains dans les poches. Une vraie pose de héros, songe Sandra. Mais apparemment, sa mère n’est pas du même avis.
« Dites donc, vous, qu’est-ce que vous avez fait à ma fille ?
— Je l’ai ramenée, elle s’était perdue.
— Mais vous n’êtes… pas normal ! »
Maman semble horrifiée. À la lumière du néon de l’entrée, il est clair que le jeune homme n’est pas tout à fait humain. Ses yeux sont définitivement bizarres, et la forme de son visage a quelque chose d’animal. Il serre les dents, l’air fier, et encaisse la suite de la tirade.
« Vous êtes un de ces mutants de la FEAH, pas vrai ? Un de ces bons à rien qui prétendent être des héros ! Fichez le camp, jeune pervers, et si je vous revois à moins de vingt mètres de ma fille, j’appellerai la police, c’est compris ?
— J’aurais préféré un merci, » lâche froidement le garçon.
Puis il tourne les talons, adresse discrètement un sourire triste à Sandra, et franchit la porte sans sortir les mains des poches. Sans utiliser le bouton d’ouverture, non plus. À la place, une aura bleutée l’entoure un instant, et il passe carrément à travers la porte.
La baguette de pain se plie dans la main de l’enfant, cassée en son milieu.
***
Xiong Mao n’en peut plus de compiler les documents sur les bonshommes de pain d’épice. Pour se changer les idées, elle relève la tête et regarde autour d’elle.
Jason et Circé travaillent à une table non loin de la sienne, mais ils sont cachés par un des piliers de la bibliothèque. Apparemment, Esteban les a rejoints depuis la dernière fois qu’elle a levé le nez de sa lecture : elle distingue sa queue qui fouette l’air.
« Tout ça pour me faire traiter de pervers, dit-il avec son accent hispanique bien reconnaissable.
— C’est sûr, mon vieux, la mère n’a pas été à la hauteur de ta grande classe.
— Mrrrow ! »
Le rire clair de Circé s’élève en sourdine, eu égard au règlement interne de la bibliothèque.
« Tu es trop drôle quand tu essaies de rugir ! »
Comme en écho, une colombe roucoule doucement.
Xiong Mao cache son sourire derrière sa main, secoue la tête et retourne à sa lecture.
Merci à Francisco / Dr Phibes pour avoir corrigé mon espagnol quelque peu lamentable...
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Dernière mise à jour par : Oph qu ourse le 27/04/10 21:22
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Réponse au Sujet 'Sandra (fanfic Freaks' Squeele)' a été posté le : 28/02/10 14:59
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Citation :Mr.Moreau a dit:
En même temps j'ai du mal a imaginer un monde ou la mutation est considéré comme quelque chose de banal.
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Mmmhh... Je crois que j'en ai un :
Mikido !
Cela dit, là où se joue le drame, c'est que là d'où il vient, la différence d'Esteban est le signe visible de sa condition de guerrier sacré. Son apparence n'a jamais soulevé d'hostilité, un peu de jalousie à la rigueur. À la FEAH, par ailleurs, près de la moitié des étudiants sont non-humains, entre Lilith la fille-araignée, Günther le squelette, Ombre le loup (un grand favori des furfans, lui aussi)... donc il passe plus ou moins inaperçu. C'est récent pour lui d'être rejeté, de devoir cacher ses oreilles sous un bonnet et sa queue sous un grand manteau (un moindre mal puisqu'un grand manteau, c'est toujours la classe).
Le pire est qu'à la suite des événements du début du tome 3, la FEAH se retrouve avec une réputation déplorable qui ne risque pas d'améliorer l'attitude de gens comme la mère de Sandra.
Bref, lisez Freaks' Squeele !
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