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Sujet : La berceuse d'acier

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Labombancetourix

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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 31/12/09 05:02
[Non, votre ordinateur n'a aucun problème. Moi, en revanche, c'est un autre débat.]





[pardon aux familles, tout ça... Et à suivre.]


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Teocalin

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 31/12/09 16:14
Nath, tu es un grand malade ! je ne saisis pas toute l'implication du truc, mais j'aime bien l'idée... par contre, si un jour tu veux publier ça, accroche toi :D

Teocali


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Marx disait "la religion est l'opium du peuple".
Bin, j'ai rien contre les drogués mais je peux pas blairer les dealers.
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Mr.Moreau

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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 31/12/09 16:19
T'as jammais lu la fin de " le mystere des dieux" de Weber ?

d'un point de vue possibilité de publication c'est pas mieux ... :D


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vous voulez parlez a qui? moi ou mon "parasite cérébral" qu'est Milady Morganne de winter ?

-je ne suis pas un parasite cérébral, pour une bonne raison: t'as pas de cerveau !!!

-c'est ta faute ... :D


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Teocalin

Dura Lex Semtex



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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 31/12/09 18:21
Citation :
Mr.Moreau dans une contemplation à Dlul a dit:


T'as jammais lu la fin de " le mystere des dieux" de Weber ?

d'un point de vue possibilité de publication c'est pas mieux ... :D


je ne lis pas de Weber...

Teocali


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Tarondur

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 10/01/10 18:19
Citation :
Teocalin dans une contemplation à Dlul a dit:


Citation :
Mr.Moreau dans une contemplation à Dlul a dit:


T'as jamais lu la fin de " le mystère des dieux" de Weber ?

d'un point de vue possibilité de publication c'est pas mieux ... :D




Surtout quand c'est Werber, Bernard Werber ...



En tout cas elle est sublime cette idée.


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Recuicuir

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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 02/02/10 18:06
ca commence a faire beaucoup de dieux des enfers tout ca...

en tout cas chapeau, c'est du bel ouvrage! j'attend la suite avec impatience (et en meme temps je suis rassure: c'est pas fini, donc je vais pouvoir encore en profiter).


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"Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme." Chateaubriand

"on ne va tout de même pas s'empêcher d'être heureux sous prétexte qu'une relation finit toujours mal (et au mieux, par la mort de l'un des protagonistes)." conanounet

"If common sense were a reliable guide, we wouldn't need science in the first place." A.Gefter, New Scientist

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Smurk

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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 05/02/10 08:11
Super ! Ça fait longtemps que je n'ai rien lu de si bon.

Mais, que faut-il faire dans ce bouge pour avoir la suite ? :)
(ça fait facilement deux minutes que j'ai tout fini et je ressens déjà le manque...)

Mon deux millième message sur ce sujet, quel honneur !


Dernière mise à jour par : Smurk le 05/02/10 08:14

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Delirium

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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 05/02/10 08:57
Bah en attendant, tu fais comme moi et tu tentes (je dis bien tente parce qu'avec la derniere partie, ca n'est pas gagné) de tout regrouper en format texte afin d'en faire une edition papier, parce que c'est toujours hachement mieux de lire sur du papier plutot qu'un ecran.

Dernière mise à jour par : Delirium le 05/02/10 09:02

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Qui custodiet ipsos custodes ?

Date d'inscription : 18 07 2002, 08:28
Me fais vieux dis donc ! :D


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Labombancetourix

Homme jetable



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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 15/03/10 00:59
Je bosse, je pense à vous, j'essaye d'avancer.

Mais je n'abandonne pas ;)





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Labombancetourix

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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 07/04/10 00:36
Du haut du large plateau sur lequel elle est bâtie, Pergam domine les plaines alentour. De ses remparts blancs, immaculés et profonds, on aperçoit au sud la ville d'Adrali, son premier port de commerce. Seulement par temps clair devine-t-on, au nord, Lamsahi, le second.
La vaste péninsule à l'ouest ainsi qu'un réseau routier et ferroviaire bien entretenu à l'est a valu aux trois cités de prospérer ensemble, et les machines à vapeur qui font la navette de l'une à l'autre vont et viennent du matin au soir, chargées des passagers et de marchandises parcourant cette plate-forme commerciale d'une rare efficacité.
Et le cœur d'un réseau ferroviaire solide et performant. Ainsi, la gare centrale de Pergam, située à quelques mètres sous la surface de la ville, grouille d'une activité constante et de la circulation des appareils de levages et de petits attelages de chevaux, tous évoluant dans la brume de condensation émise par les locomotives et autres appareils, et stagnant en quasi permanence jusqu'à auteur de genou, bien que de gargantuesques dispositifs de ventilation eussent été mis en place. Mais bien que la gare soit souterraine, elle n'en est pas moins recouverte d'un dôme en verre dont les vitres sont nettoyées quotidiennement, de sorte que la suie des machines n'occulte pas la lumière du jour.
L'espace intérieur de la gare, pour celui qui se trouve à hauteur de la rue est saisissante, vertigineuse. Le gouffre qu'elle laisse visible fait plusieurs centaines de mètres de long, et quelques dizaines en largeur comme en profondeur. Le long des murailles de briques peintes de blanc, courent des arceaux de métal et sur le pourtour de cet espace se trouvent des promontoires abritant des échoppes vendant tout ce dont un voyageur peut avoir besoin. D'épaisses rambardes de pierre blanche protègent la foule des risques inhérents à la gravitation universelle, et on y a gravé diverses inscriptions et portraits de chefs d'état commémorant divers faits marquants de l'histoire de Pergam.
Vitruve descend de voiture, sous bonne garde, et règle les frais du tailleur avant que celui ci prenne congé, définitivement soulagé d'avoir fini sa tâche, et part s'acheter un billet retour. Le carrosse royal est déchargé et emprunte un des monte-charges d'ordinaire utilisés pour hisser les marchandises jusqu'à la surface. De là l'attelage s'élance dans les rues de Pergam, roues et sabots claquant sèchement sur le pavé pourtant égal des rues de la capitale.
Les couleurs royales traversent telles l'éclair les rues de la ville, non sans attirer l'œil à leur passage. Les passants, d'abord étonnés, se regardent et semblent se demander si ils ont bien ce qu'ils ont vu. Puis à une fenêtre on crie : "le roi est de retour !". La clameur se repend. Bientôt la nouvelle de la venue de Vitruve n'est un secret pour personne.

Le carrosse traverse les quartiers marchands, puis l'anneau de maisons bourgeoise, et ses hôtels particuliers, et enfin les rues bordées par palais privés de la noblesse pour arriver au siège du pouvoir royal, l'Arche de Cristal.

Il s'agit d'un complexe de bâtiments intriqués les uns dans les autres, et protégés des intempéries par dôme de verre et d'acier enchâssé dans un assemblage de grands blocs de pierre blanche couverts de sculptures épiques. Les toits et les allées, parfois confondus dans ces entrelacs architecturaux, sont pavés de marbres de différentes couleurs, et encadrés de rangées d'arbres et de fleur rares et exotiques.

La porte principale, donnant sur une haute volée de marches, est un sas constitué de deux jeux de portes à double battants, hautes et larges plaques de verre sur montants de métal, renforcés de barreaux ouvragés et supportant le blason de la famille royale. Les portes, grandes ouvertes, laissent s'échapper de denses volutes de vapeur condensée, preuve de la température à l'intérieur du luxueux palais. À ce point, on n'est pas à un gaspillage près.

Le long des marches, en contrebas, attend un parterre de nobles, par longtemps prévenus de la venue de Vitruve. Tous habillés de fines étoffes et de fourrures précieuses. Les médailles cliquètent sur les torses des militaires. Les crosses se tiennent droites entre les mains des ecclésiastiques. Les perles et les gemmes rutilent au cou des femmes. Les rumeurs vont bon train.

On spécule sur la longue absence du prince, le pourquoi de son départ. On lui prête moult raisons. On imagine une vie d'aventure et de romance. On s'interroge sur ce qui le motive à hâter le couronnement.

Soudain le carrosse apparaît au bas de la volée de marches, dans dans un grondement de tonnerre. Il manque de faire une embardée tant le freinage est brusque.

La foule applaudit et acclame. La portière du véhicule s'ouvre lentement. La clameur s'éteint.

Nul ne s'attendait à ce petit homme sale et mal rasé, habillé de simples vêtements de voyage qui les regarde d'un air mauvais. Mais les dragons royaux se rangent à ses côtés et valident son rang. Il entame une lente montée des marches, suivi de Vespine et encadré par sa garde. Les armures des soldats claquent lourdement à ses côtés. Le prince n'a d'yeux pour personne, et regarde fixement devant lui.

Arrivé au sommet, il s'arrête et fait face à la foule, balayant les aristocrates du regard :

-Je vous remercie tous de m'accueillir aujourd'hui, clame-t-il sur un ton avec lequel il aurait conclure par « mais je ne me serais pas porté pire si vous étiez restés chez vous » et poursuit : et c'est avec bonheur et fierté que je reçois cette attention, mais aujourd'hui n'est point un jour de réjouissance. Croyez mes paroles : avant le mois passé notre terre verra la guerre frapper à ses portes et nous devrons nous tenir prêts. Pour cela, je ne puis hélas m'épandre plus et dois me hâter de prendre mes fonction à la tête de l'État. Le Tout Puissant soit avec nous pour traverser ces épreuves.

Vitruve fait alors demi tour sur ces derniers mots et fait signes aux serviteurs à côté de la porte de fermer celle ci. Le portail s'ébranle et se referme avec un bruit funeste.

Les bavardages reprennent avec intensité alors que la cour se disperse.


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Labombancetourix

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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 11/08/10 11:06
-Dites ce qu'il vous plaira, Sénéchal, mais je maintiens : notre pays courre à la catastrophe.
-Ha ! La nation n'a que faire de votre pessimisme, mon cher.

La porte coulisse avec douceur sur ses gonds huilés alors que le pas des gentilshommes foule l'épais tapis du salon. Un domestique pousse vers eux une desserte sur le plateau duquel se trouvent carafe et coupes de cristal, tous remplis d'un vin pourpre et précieux. Chacun des cinq hommes se sert, trinque et boit une gorgée avant d'aller s'assoir dans les profonds fauteuils et canapés.

-Je me dois d'abonder dans le sens du Vicomte, Sénéchal, sa conduite n'est pas de celles dignes d'un monarque, ou alors le roi des pourceaux, grommelle un homme guindé et passablement ridé et maussade.
-Merci bien Marquis, je commençais à me trouver un peu esseulé, répond l'intéressé, plus sec, au nez aquilin et aux traits marqués, soucieux.
-Vous semblez omettre qu'il n'est que Prince, rajoute un tiers, grand échalas un peu courbé à la perruque noire et à l'attitude réservée.
-Et bien raison de plus, Baron. Sa vanité dépasse par loin ce que lui permettent ces manières, crache presque le Marquis.
-On se serait attendu à ce qu'il salue au moins les conseillers de feu son père, ou au pis aller le Cardinal de Pergam. Mais nenni ! Aucun de respect pour les hommes, et bien moins pour Dieu, s'exclame vigoureusement le Vicomte, finalement décidé à hurler au scandale.
-Vous n'y êtes pas messieurs ! Cet homme est celui qui va nous tirer de l'ornière diplomatique où nous stagnons depuis un demi-siècle ! Nous partons en guerre ! Et si vous voulez mon avis, nous allons enfin en remontrer à ces racailles de Lakédémonie, conclue jovialement le Sénéchal, un homme à la limite de l'obésité et dont les favoris ne faisaient qu'accentuer la rondeur du visage.
-Je ne doute pas un seul instant de la joie que vous êtes susceptible de ressentir à l'idée de faire massacrer des cohortes de gueux, lui répond après un moment le Marquis d'un air affligé, mais nul homme en ce pays n'acceptera de suivre un Roi par comme un traîne misère.
-Détails, mon cher Marquis, détails, car je ne peux m'empêcher de croire que sa tenue n'est que le reflet de sa hâte de venir prendre les rennes du pouvoir. Cet homme sait quand saisir les opportunités, glousse le Sénéchal en se trémoussant sur son séant.
-Indubitablement, murmure celui d'entre eux qui était resté jusque là silencieux en faisant tourner son vin dans sa coupe.
-Allez-y Chevalier, s'esclaffe le Sénéchal, décidemment de fort bonne humeur, débitez nous votre rengaine de froussard libéral, je promets de vous écouter.
-J'ai le sentiment que ce traîne savate qui nous tient lieu d'héritier vous intéresse, maugrée le Vicomte avec aigreur, j'imagine qu'il faut un mendiant pour en apprécier un autre.

L'insulte plane dans l'air un instant.

- Connaissez-vous Vitruve, messieurs, interroge le Chevalier.
Les autres se regardent un instant, un peu interloqués
-Ma foi sa disparition de la cour nous a peu permis de le connaître, ceux qui côtoyaient ses précepteurs l'on dit turbulent quoi que doué, et on murmura qu'il se méfie de la cour, hésite le Baron, les yeux cherchant une antisèche au plafond.
-Mais je suis sûr que les espions de votre torchon racoleur vous en ont appris bien plus, grogne le Vicomte, la voix pleine de mépris mais le regard plein de curiosité.
-C'est bien plus que de la méfiance, dit le Chevalier avant de boire une gorgée, puis de poursuivre : il nous déteste.
-Je vous demande pardon, grince le Marquis.
-En toute simplicité, il voue une haine profonde à notre caste depuis qu'il a saisi l'étendue de la corruption qui y règne.
-Il suffit, rugit le Vicomte, je n'ai que trop longtemps supporté votre propagande de vermine libérale dans ce club, Chevalier, et je demande sur l'heure votre éviction.
-Ne soyez pas absurde, tempère le Baron. Chevalier, craignez-vous donc un changement de régime ?
-Non, je ne pense pas, répond-il avec un calme qui ne cessait de faire enrager le Vicomte et le Marquis, en tout cas ce n'est pas à l'ordre du jour.
-Ho ho, je sens que vous avez une analyse bien à vous sur la question, glousse le Sénéchal.
-S'il vous plaît de l'entendre, répons simplement le chevalier, la voici : ni la Reine, ni la Princesse Gaya, ni le Prince Phenrod ne sont venus l'accueillir. Pour ce dernier, la raison est évidente : il le hait de toutes les fibres de son être. Ce qui est plus inquiétant, c'est que la régente ne daigne pas saluer son propre fils. Mon hypothèse est qu'elle craint la possibilité que Vitruve se révèle indigne du trône et ne désire pas lui accorder son soutien public tant que celui ci ne s'en sera pas montré capable de tenir le Royaume comme son père le fit jadis, car même dépourvue de tout pouvoir politique concret, la Reine mère est tout à fait susceptible de le faire évincer. Ce qui fait que, quoi que je le croie décidé à réformer le pays en profondeur, il ne pourra néanmoins pas y parvenir tant que la Reine sera en vie.
-Et bien croyez moi, j'attends avec une certaine impatience qu'il fasse un faux pas et que le pouvoir puisse échoir à Phenrod, ricane le Marquis avec humeur.
-Mm, Je doute que Phenrod fasse un bon Roi, Marquis, répond le chevalier d'un ton soucieux, fronçant les sourcils alors qu'il cherche ses mots : Je me suis soucié de savoir ce que l'éducation des deux princes avait donné, et leurs précepteurs m'ont rapporté des informations que j'interprèterai : Phenrod est mal éduqué, dans le sens qu'il sait et comprend peu de choses à l'économie, la politique et au militaire. Dans un deuxième temps, Vitruve s’est montré plus doué, mais aussi curieux de lectures que vous qualifieriez « d’interdites », c'est-à-dire concernant des théories politiques, économiques et sociales alternatives. C’est d’ailleurs son désir de les mettre en pratique qui l’a conduit jusqu’à un des monastères de la confrérie du métal.
-Comment, c’est là qu’il était, interroge le Marquis, fort surpris
-Libéral et apostat, c’est le pompon, se renfrogne le Vicomte, visiblement contrarié.
-Tout ceci est absurde, balbutie le Sénéchal, qu’est ce qui vous prouve que ces soi-disant lectures vont faire de lui ce que vous dites ? Cela me semble de toute façon un peu léger pour porter un tel jugement !
-Vous dites cela parce que vous n’avez pas prêté attention à Vespine, affirme le Chevalier d’un ton sûr, un sourire narquois au fond de la voix.
Les autres se regardent, tentant de se souvenir de l’attitude du Colonel, sans parvenir à discerner ce qui motive le propos du chevalier.
-Vespine voue également une haine farouche à ses supérieurs, mais pas du même tonneau que Vitruve.
-Que dites vous là, s’enquière le Sénéchal, de plus en plus perplexe, Vespine est un modèle de probité et d’obéissance, un héros populaire décoré.
-Certes, poursuit le Chevalier, si cet homme est discipliné, il n’en a pas moins conscience d’être instrumentalisé : le fait qu’un homme du peuple comme lui puisse grimper les échelons de la société moderne par le seul fait de son obéissance et de son dévouement en fait un alibi du régime politique. Il sait par conséquent que le premier écart de conduite lui vaudra d’être couvert d’opprobre. En conséquence de quoi il a toujours tenu ses distances vis-à-vis de ses supérieurs, et quand le choix lui est donné, il se tient à deux ou trois mètres derrière la personne avec qui il marche.

Le Chevalier se penche en avant, mirant le vin qu’il fait tourner dans son verre avec une forme d’enthousiasme, un sourire aux lèvres alors qu’il poursuit :
-Or, Vespine se trouvait ce matin à un mètre devant Vitruve. Cela indique que c’est un homme à qui il fait confiance, et, plus encore, un homme qu’il a choisi de protéger. Si j’ai raison, dès le sacre de Vitruve, Vespine sera propulsé Général, et il se verra confier la campagne de Thessalie.

Un silence gêné pèse sur la pièce. Chacun semble redouter les prédictions du Chevalier.

-Thessalie vous dites, demande le Sénéchal après un moment, un peu interloqué.
-Juste une intuition. Je pense que l’insurrection des terres autrefois Thessaliennes est l’objet de son attention, dit doucement le Chevalier en se levant.
-C’est absurde, ce n’est pas ce genre d’agitation qui peu faire dire à un Prince qu’un danger plane sur le Royaume, s’agace le Sénéchal.
-Je vous rassure, Sénéchal. C’est juste une intuition, répond le Chevalier avant de prendre congé.


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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 11/08/10 12:03
Ah ben, il m'avait dit qu'il avait repris la Berceuse, mais je pensais pas que ça arriverait si vite... Toujours aussi bon.

Teo


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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 07/02/11 23:19
[On reprend gentillement]

Vitruve secoue avec force la porte du bureau royal.

-Bon sang, on perd du temps avec des conneries, crache t-il avec aigreur.

Il contemple les battants irrémédiablement fermés, d'un bois ouvragé peint et couvert par endroits de feuilles d'or appliquées avec soin il y a un siècle ou deux par des artisans alors réputés, et envisage un instant de les dégonder, mais se ravise alors que son regard se tourne vers la galerie menant au bureau. La reine Callupso, encadrée par deux servantes portant chacun un pan de son excessivement longue robe, marche vers lui d'un pas sans empressement. Lui se dresse de toute sa hauteur, fermant les points alors que son regard se plisse comme celui des participants d'un duel à l'aube.

-Mère, pose-t-il simplement, d'un ton qu'il espère le plus neutre possible.
-Bonjour mon fils. Je suis sous l'impression que vous avez omis de me présenter vos salutations, lui assène la reine avec morgue.
-Ma foi je ne vous ai point vu aux portes du palais, répond-il avec lenteur, déjà en train d'essayer de prévoir le sixième coup de la conversation, poursuivant : je vous avais cru en déplacement.
-Ne faites pas l'enfant, Vitruve. Je ne suis guère d'humeur à tolérer vos farces, énonce la reine mère, sans avoir l'air plus agacée que ça.
-Si je dois être franc, lui répond son fils, je vous dirai que j'ai à cœur les affaires du royaume et qu'il en est certaines qui méritent une urgente attention.
-Vous devrez, mon fils, pour les soulever, attendre votre premier conseil des ministres dans maintenant trois jours, répond Callupso sans ambages, toisant sa progéniture d'un regard froid, malgré les quelques centimètre qu'elle a de moins que lui.

Le visage de Vitruve se ferme un peu plus, désormais peu désireux de camoufler sa contrariété.

-Vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes sous la menace d'une invasion, sussure presque le Prince, essayant de reprendre la main.
-Ce n'est pour l'instant pas de votre ressort, mon fils, en conclusion de quoi je vous demanderai de vous éloigner de ces portes, car elles ne s'ouvriront pas pour vous céans, énonce la reine d'un ton glacial.
-Soit, consent Vitruve, se détendant soudainement, adoptant une posture moins féroce.
-Fort bien. Je vous demanderai donc d'aller rendre visite à votre Chambellan qui vous attendait il y à déjà une demie heure devant vos appartements. Il vous présentera les laquais qui seront à votre service. Le souper sera servi à sept heures ce soir, je vous demanderai d'y assister. Vous y rencontrez vos ministres. Ai-je été claire, finit par demander la Reine.
-Absolument mère, réplique son enfant sans la trace d'une hésitation.

La Reine Callupso lui adresse un léger signe de tête, puis fait demi tour avant de disparaître à l'angle d'une galerie.

-Voilà un revers inattendu, observe Vespine, un rien tendu.
-Un contretemps tout au plus, réplique Vitruve en regardant sa montre à gousset, la mine de celui qui fait un exercice de calcul mental.
-Un contretemps de plus de deux jours. Il en faut moins pour perdre une guerre, l'avertit le colonel.
-Il vous en faudra bien moins pour me trouver un serrurier, rétorque Vitruve avec un certain empressement. Je vous laisse une heure, le temps pour moi de faire connaissance avec ma maisonnée. Nous nous retrouverons ici.

Vitruve lâche sa montre des yeux pour croiser le regard de Vespine, droit comme un I, attendant déjà son congé pour partir remplir sa mission :

-Je savais devoir frayer au milieu des tricheurs et des hypocrites. Et bien nous y voilà, conclut, il caustique.
-Comme à la guerre, mon Prince, lui répond le militaire avant de s'éclipser, au pas de charge.


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   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 18/02/11 02:19
[au prix de quelques efforts, voici un nouveau chapitre.]

-Je vous en conjure Comtesse, vous devez bien avoir un moyen de m'avoir cette invitation... Roucoule le chevalier avec le sourire de ceux qui s'attendent à obtenir un « oui ».
-Que me demandez-vous là, à peine plus d'un jour avant le sacre, proteste sans grande véhémence la belle Aristocrate, essentiellement par principe, mais tout de même pas tout à fait décidée à se laisser faire. Pas encore.

Le chevalier est plutôt bel homme. Non seulement sa figure mince aux traits légèrement androgyne n'est pas sans attrait, mais il s'avère également que ses cheveux longs, bouclés et châtains sont uniquement contredis dans leur prétention à la féminité par sa moustache et son bouc, fort bien taillés au demeurant. Il verrouille son regard aux paupières à moitié fermées dans les yeux désormais troublés et frémissant de la comtesse, pour le coup à moitié hypnotisée par un une manœuvre qui aurait pourtant fait rire plus d'une paysanne.

Mais c'est le genre de chose qui fonctionne avec certaines précieuses, a remarqué le Chevalier. Ou est ce seulement dû à sa position de rédacteur en chef d'une feuille de chou satyrique, ou son passé d'aventurier, peut être même de brigand si on devait écouter certaines personnes plus ou moins bien informées et plus ou moins bienveillantes. Une canaille, en somme, un rejeton importun et inopportun d'une branche déchue de l'aristocratie, indubitablement noble lui même, mais bien plus par hérédité que par l'honneur ou la décence. Le genre qui fait glousser es femmes et grincer les dents des hommes à son passage. Mais peu lui importe, car il trouvait plus de faveur à obtenir dans les boudoirs des femmes que dans le bureau des hommes, et malgré toutes les inimitiés qu'il trouverait jamais à la cour, c'est l'homme du peuple qui achète ses pages et paye son brouet, et quand cela devient insuffisant, il lui suffit d'aller gratter quelques accords sous les fenêtres d'une dame pour que l'on pourvoie sur l'heure à ses besoins matériels.

-Pour l'amour du Seigneur, Madame, permettez moi d'assister au couronnement... Je ne vous demande même pas une invitation pour le banquet, juste une petit place, un œillère, un judas pour assister au sacre, susurre le bellâtre en arborant les traits du désespéré qu'on mène à la question.

La comtesse caresse ses boucles blondes sans trop y penser, se rajustant un peu sur son sofa de velours ivoire, comme pour lui échapper un peu, au ralenti.

-Je ne sais trop, Monsieur d'Armente... Vous me mettez dans une position bien délicate. Et si Monsieur mon mari venait à apprendre que je vous faisais l'aumône de cette invitation, je crains fort qu'il n'en arrive à d'autre conclusions, plus fâcheuses, celles-ci, conclue t-elle avec un soupir plein de sous-entendus.

Le chevalier ne s'en laisse pas conter. Déjà un genou en terre aux pieds du sofa, il s'avance légèrement, passe le revers de ses doigts sur la robe de la dame, contournant sa main pour mieux revenir la capter, avec légèreté et maîtrise, avant de refermer son autre paume sur les doigts de la Comtesse.

-Veuillez me pardonner, répond-il avec un habile pincement dans la voix, par les ans éprouvés, que s'il avait fait chavirer autant de cœurs que de navires il eut été utilisé depuis fort longtemps par la marine de guerre ; dans mon enthousiasme j'en ai pour ainsi dire oublié les risques que vous prenez pour m'être agréable. Je ne suis pas digne de vos attentions.

La dame a un mouvement de surprise, puis se mordille la lèvre un instant, soudain prise d'une profonde culpabilité envers cet homme à ses pieds, mais également de la crainte qu'il s'enfuie d'un bond par la fenêtre comme il était accoutumé à le faire, en n'importe quelle tenue ou en l'absence de, et par n'importe quelle saison.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire, Monsieur, s'empresse donc de répondre la dame, un rien paniquée ; vos attentions ont toujours été les bienvenues et je me montrerais ingrate en vous disant le contraire, mais vous devez bien comprendre le trouble qui est le mien quant à votre soudaine lubie de vouloir assister au sacre de Vitruve, et la peine que j'aurais à vous obtenir l'objet de votre caprice en une si courte durée. Peut être voudrez vous m'éclairer sur vos motivations.

Le Chevalier regarde la Comtesse pendant un instant, muet. Son regard trahit un soudain émoi. Il se détourne un instant pour cacher son trouble, mais sentant les yeux de la dame sur lui, il finit par céder et se relève d'un bon, un large sourire éclairant son visage alors qu'il s'exclame :

-Ma dame, ne l'avez vous donc point vu tandis qu'il gravissait les marches du palais, le regard empli d'une subtile noirceur, le dos déjà courbé par la charge qui sera la sienne dans quelques heures ? Vous me savez excellent juge de caractère, et c'est bien naturel, pavane t-il, radieux ; et pendant le bref instant où il a balayé la foule des nobles amassés pour saluer son arrivée, son regard croisa le mien. Et j'y ai lu quelque chose que je n'avais jamais ne serait-ce qu'entraperçu dans les yeux d'aucun autre : cet homme est concerné par ce qu'il fait, mais il abhorre tout de sa condition.

La comtesse se recule sur son sofa, comme si elle faisait maintenant face à quelque aliéné échappé de son institution. Malgré son effarement, elle parvient à articuler :

-Et cela est une bonne chose ?

-Mais mieux que cela ! C'est une aubaine, une manne, un miracle, peut être, clame le Chevalier, perdant totalement le fil de son rôle de séducteur ; je peine à décrire mon enthousiasme, Madame ! En tant que l'homme qui gravira demain les marches qui mènent au trône de Métagène n'éprouve aucun intérêt pour sa position. Savez vous ce que cela signifie ?

-Ma foi non, balbutie la malheureuse, de plus en plus inquiète.
-C'est fort simple : de rares fois dans l'histoire, un homme s'avance pour prendre le pouvoir. Non pas parce qu'il le désir pour lui même, mais parce qu'il a quelque chose à accomplir. Cet homme a une mission à lui supérieure, fussé-je religieux, j'eusse clamé qu'il agit par décret divin... Mais il n'en est rien. Cet homme n'est mû que par haute autorité de sa propre morale et de ses propres valeurs. Et la conclusion finale à tout cela est la suivante, poursuit-il, fébrile, laissant quelques secondes en suspend sa révélation finale ; cet homme va changer la face de ce pays et nous faire entrer dans une ère nouvelle. Et je veux être présent pour l'événement historique de son couronnement.

La comtesse le toise, hébétée, incapable de dire si l'homme est à prendre au sérieux ou non. Mais l'éclair de jovialité infantile qui brûle au creux de ses pupilles ne laisse guère de place au doute, et il est clair que le Chevalier d'Armente croit avec fermeté et enthousiasme à ses prédictions.

-Ma foi, je crois que je peux faire un geste à votre égard, finit-elle par annoncer, non sans quelque hésitation.

-Vous êtes un ange, Madame, s'écrie son soupirant avec ferveur, bras en levés comme s'il s'apprête à l'étreindre.

-Je pense pouvoir vous céder mon invitation, puisqu'il apparaît que tout attrait que j'aurais pour cette cérémonie est de beaucoup éclipsé par votre désir d'assister à cet événement. Je ferai changer le nom sur mon carton et demain je feindrai quelque mal et laisserai mon mari y partir seul.

La Comtesse, incertaine, esquisse une grimace alors qu'elle contemple la transfiguration du Chevalier, désormais extatique.

-Puissiez vous voir là bas ce que vous désirez y trouver, ajoute t-elle en se levant, et regagnant sa contenance, s'approche de l'homme ; et maintenant, qu'allez vous pouvoir faire pour me remercier de mes bons offices ?


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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'La berceuse d'acier' a été posté le : 29/03/11 03:59
les plateaux de Thessalie. L'air y est sec et frais, toujours hivernal, mais sa latitude plus méridionales laisse plus aisément sentir l'arrivée du printemps. La charrette est stationnée sur le côté d'une route de commerce, à l'ombre d'un grand pin, ancré fermement dans la terre sèche et poussiéreuse.

Moloch émerge du bosquet d'arbre sec, une jatte humide à la main et sa ceinture en travers de l'épaule :

-J'avais raison, indique t'il avec simplicité.
-Il n'y a pas loin de sourcier à sorcier, je suppose, rétorque Ishtar avec humeur.
-Tu ferais sans dout bien de témoigner un peu plus de respect envers ton maître, dit simplement l'homme avec détachement.
-Puissiez vous, ô grand Baal-Moloch, aller vous faire mettre, réplique Ishtar, visiblement pas décidée à céder.
-Mais c'est à peine croyable, maugrée Nergal avant d'agiter ses bras comme s'il est en train de batailler contre une armée de diptères hargneux : Je n' ai pas fait tout ce chemin pour vous regarder effectuer votre petit rituel d'accouplement ! Alors vous allez me faire le plaisir de garder vos simagrée pour un lieu où je n'aurai pas à souffrir vos ébats sacrilèges !
-Que sais tu du sacrilège, vieil homme, s'enquiert Moloch sans ricaner.
-Je sais le reconnaître quand je le vois, barbare, siffle son interlocuteur.
-Tu brûles de dépit mais ton cœur est de glace répond le bûcheron en rajustant sa ceinture.
-Si froid, si glacial qu'on s'y brûle les doigts, s'esclaffe Ereshkigal, surprenant au passage ses confrères par la soudaineté de son intervention : La main qui veut le saisir recule avec effroi ! Et c'est pourquoi plus d'un l'imagine ardent.

La femme papillonne quelques instants, souriant de toutes ses dents.

-C'est de toi qu'elle parle, Nergal, le questionne Ishtar, mi décontenancée, mi désireuse de changer de sujet.
-C'est fort possible, lui répond l'intéressé alors qu'il étreint sa femme doucement pour la ramener vers la charrette en poursuivant : Mais je n'en ai pas grande certitude.

Ishtar s'apprête à lui envoyer une pique sans grande méchanceté, lorsqu'elle aperçoit un marcheur s'avançant sur la route, en tenue de pèlerin d'un gris sombre.. Il s'appuie sur une canne de bois noir, droite. Il s'arrête à quelques pas des voyageurs et s'incline légèrement, dans une sorte de sobre révérence, puis enlève sa capuche, révélant une courte chevelure noire dans laquelle se reflète la lumière comme sur les plumes d'un corbeau, d'une subtile lueur bleue irisée. Son visage aux traits doux se ponctue d'un menton plus pointu et il arbore un teint que l'on pourrait qualifier de juvénile. Il plonge son regard d'un bleu glacé dans ceux d'Ishtar alors qu'il déclame :
-Mes respects, voyageurs. Je suis Kingu, et me voici chargé de vous communiquer les bon vœux du sabbat du ponant.

Les autres le contemplent, esquissant un discret mouvement de recul :
-Que nous vaut cet honneur, messager, s'enquière Nergal, perceptiblement inquiet.
-Sachez déjà que la nouvelle du trépas d'un traqueur carmin vous a valu l'attention du cercle supérieur, répond le messager avec un flegme enjoué.
-Nous n'avons rien à voir avec cela, Kingu, répond Ishtar avec fermeté, le sourcil froncé.
-Ho, inutile d'être modeste, Baal-Ishtar. Un quatuor de sorciers de votre renom seul peut être à l'origine de ce haut fait, et nous n'avons pas connaissance d'un cercle de sorciers aussi compétent que le vôtre en ces terres, énonce le jeune homme avec calme, comme s'il s'agissait de faits reconnus : les nouvelles vont fort vite dans notre petite société.
-Et si c'était vrai, qu'est ce qui pourrait bine pousser le sabbat à dépêcher un courrier pour nous retrouver; grince Nergal sur le ton de la défiance : retourne dire à Marduk que cela fait longtemps que nous avons quitté sa compagnie et que nous ne désirons pas renouer avec lui.

Le messager esquisse un geste de surprise, un rien trop théâtral pour être vraiment spontané :

-Marduk ? Avez vous été si isolé que vous ignorez donc que le sceptre du maître du sabbat du ponent a changé de main ?

Ses interlocuteurs cherchent des yeux sur le visage des uns des autres un regard qui dirait qu'ils savaient effectivement ce que le jeune homme voulait dire.

-Qui est roi du sabbat, finit par l'interroger Ishtar, craignant visiblement la réponse que s'apprête à livrer le messager.
-Ma foi, c'est Tiamat qui a été élue par ses pairs pour remplacer Marduk à cette charge, lui signifie Kingu.
-Tiamat, répète Ishtar, dans un total état d'incrédulité.
-Ho ce n'est que justice, au vu de ce qu'elle a apporté vis à vis de la connaissances des Litanies, poursuit le jeune homme avec désinvolture.
-C'est impossible, bégaie Nergal, tandis que Moloch pose la main sur le manche de sa hache.
-Puisque je vous le dis, ricane à moitié Kingu, toujours souriant.

Ishtar marche vers lui, et le saisit par le col, son regard teinté de fureur :

-Tiamat ? Tiamat est reine du sabbat ? Que signifie cette imposture, lui crache t-elle au visage, tremblante.
-Allons, ne soyez pas surprise. Sa place est par cent fois méritée répond le jeune homme, sans se départir de son sourire.
-Mais qu'est ce qu'il faut aux sorciers pour les convaincre que cette femme est dangereuse ? L'incident de Castel Mercade ne vous a t-il donc pas suffit, insiste la sorcière, montant dans les aigus alors que la rage l'envahit : C'est ainsi que les sabbats vont fonctionner maintenant ? Laisser les malades mentaux risquer de faire basculer ce monde dans des failles cosmiques pour le plaisir de la recherche, et laisser à la porte et le froid ceux qui ont colmaté les brèches au péril de leur âme ?

Elle se met alors à le secouer avec plus de vigueur avant de le jeter à terre et de lui écraser le talon de sa botte dans la partie molle de son anatomie la plus proche.

-Tu sais qui y était, à Mercade, espèce de petit con, lance la sorcière, au paroxysme de la fureur, avant de se répondre elle même : j'y étais ! Et toute la science que Tiamat en a ramené s'est payé au prix fort. Et maintenant tu viens me dire qu'elle est à la tête du sabbat militant le plus actif du continent ? Je t'em******** ! Je t'em******** ! Ta reine peut se coller son sceptre au cul et faire la toupie dessus, ça m'est égal. Tu remballes tes salamalecs et tu te casses, vermisseau, et tu fais bien comprendre à ta maîtresse qu'elle a un intérêt certain à garder sa curiosité, ses sbires et son sabbat pour elle. ******** !

Le jeune homme toussote alors qu'il se relève, grimaçant un reste de sourire :

-Parce que je suppose que vos buts et vos maîtres sont plus nobles que ceux de Baal-Tiamat.

La répartie fait mouche et Ishtar reste un moment sans mot dire.

-Pour qui engagez vous des sorciers, Ishtar, demande Kingu, maintenant debout, toisant la sorcière d'un air satisfait.


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