Ajouter le Forum à vos Favoris
- - - -
Vous êtes ici : Forum Pen Of Chaos > Horreur sur le web > Littérature fantastique - BDs, Mangas, Comics ... > Nouvelles, essais, écrits divers d'entre nous > PLC 2008 Il pleut à Craonne
Sujet : 

Dernier Message - Message le plus récent
Ajouter aux favoris - Envoyer ce Sujet par E-Mail - Imprimer ce Sujet
CONANOUNET

Barbare anar



-= Chaos Legions =-
Inscription le 14-12-01
Messages : 4816



Homme  Age : 49 ans
Lieu de résidence : Poitiers

Pourquoi vous regardez ca ?
   PLC 2008 Il pleut à Craonne a été posté le : 11/01/09 21:47
Voilà donc le texte que j'ai envoyé au jury du PLC 2008, merci à eux de s'être cognés toute la lecture... je suis un peu ému alors bon, voilà quoi, je sais pas trop quoi dire.

Ah si, ******** à la guerre.

---

Il pleut à Craonne

Il fait froid, et il flotte.

A la lumière jaune d’une lampe, la pluie noire déferle sous mes yeux, cinglant la glaise, battant ma capote détrempée. Les plaintes des autres qu’on secoue à leur tour, tout autour dans la nuit, ne me parviennent qu’étouffées sous ma couverture spongieuse.

L’angoisse me prend d’un coup, je me souviens soudain qu’aujourd’hui on y retourne. A chaque fois c’est pareil, j’ai des crampes, j’ai envie de chier, je me noie dans la peur. Personne ne sait ce que c’est que l’angoisse avant qu’elle vous prenne aux tifs. Elle vous dresse les cheveux sur le crâne, vous plonge comme dans un bain d’eau glacée, et puis elle reste, insupportable, vous claquez des dents et ça reste. Je regrette déjà l’heure de sommeil qui s’enfuit, l’heure précieuse que j’ai arrachée cette nuit à la mitraille, à la peur et aux cris. Le sommeil c’est la meilleure des gnôles, si je survis je dormirai jusqu’à plus soif… je veux dormir dans le noir. Même sous la pluie, dans mes poux, dans mes putains de morpions, dans ce cocon d’enfer et de flotte - pourvu qu’on me réveille plus jamais avec une putain de lampe.

Je veux me rendormir pour toujours, dans la flotte et dans le noir.

Mais ça remue sous l’adrian, le casque bouge, me tressaute sous la caboche, pas le temps de réagir que le rat, gros comme un chat, s’est déjà barré, fffuit ; le salopard vient d’emporter le pain sec que j’y tenais calfeutré… il se retourne et me fixe avec son affreux museau pelé… pourquoi me regarde-t-il comme ça, ce con ? Il plonge dans la flaque de boue - juste avant que je ne lui abatte ma baïonnette sur la gueule.

L’incident a achevé de me réveiller et mes oreilles se rallument d’un seul coup. Eh bien : ça rigole pas ce matin. C’est même pire qu’hier, à en juger au volume sonore. Ca pète tellement de partout que la boue vibre. On se bouscule autour, on gueule. Mes mains transies de froid cherchent dans le noir, en tremblant, le cuir du havresac. Il est pris dans la glaise suintante, je tire un bon coup et il vient. Vite, j’y range ma couverture, puis la deuxième, celle que j’ai chourée la semaine dernière au cadavre du Raoul, paix à son âme. La vache, elles sont lourdes. Mais deux couvertures la nuit, ça fait la différence entre le désespoir et la folie. Cisaille, scie, hache, pelle, toutes ces grosses ********s sensées vous aider, et qui vous clouent au sol. Tente, bouthéon, casserole, barda, tralala, de la quincaillerie sur pattes, on se cogne les uns aux autres, dans un déluge de flotte noire comme de la poix. Les feux de la mitraille éclairent ça et là les vapeurs des bouches et des nez dilatés de trouille. Je retrouve enfin ma musette, quant à la gamelle elle flottait à deux pas de là, échouée sur un étron anonyme.

On fait l’appel. Dans le crépitement de la pluie et de l’acier, j’entends un nom familier : c’est le mien ; je suis encore là. Maintenant on attend, il fait froid, on est pourtant en avril… Hier il a même neigé. Les coloniaux étaient tout blancs de neige. Bordel où est la gnôle ? La gnôle vient, et ça c’est sacré : je laisse le canon du lemel pour boire un canon au goulot…

Au feu les copains, ha ha la VACHE ! Elle déchire aujourd’hui ! Je ne sais pas ce qu’ils y ont mis mais ça doit chauffer là-haut pour qu’ils nous livrent pareille potion ! Tout le monde y va franco du goulot, la mixture du courage passe de main en main. Y’a guère que Jeannot, le cureton du régiment, qui préfère sangloter ses prières ; c’est dingue, il croit encore en Dieu, alors que depuis deux ans le diable se fout de sa gueule. Tout les matins il prie, c’est ça qui le tient. Comme disait l’autre, c’est son opium du peuple. Moi l’opium marche plus, le petit Jésus il est pas assez fort pour moi. Je lui préfère comme qui dirait la dive gnôle, qui me chauffe les entrailles ; j’ai tout le temps comme des nœuds au bide et mes oreilles sifflent toutes seules, même quand les obus ne sifflent pas. Alors prie mon vieux Jeannot, mon brave cureton ; moi je bois et je rigole un bon coup, et je rote au nez de la Camarde. Chacun son truc pour pas se chier dessus.

L’attente avant l’assaut, dans la tranchée, c’est le purgatoire ; sauf qu’au bout y’a pas le paradis, y’a l’enfer. On est là, prolos et péquenauds issus des entrailles de toute la glorieuse mère patrie, défoncés à la gnôle, alignés comme des cadavres, avec soudain nos masques à gaz sur la gueule parce qu’alerte au gaz. J’en entends d’un coup qui parlent tous seuls, d’autres qui chialent encore de trouille sous leurs masques après des mois d’assauts, d’autres qui parlent qui à maman, qui à frangine, mais je sais pas qui dit quoi, vu qu’on est tous déguisés comme au bal, et c’est pas plus mal. Quand y’a alerte au gaz, tu mets le masque ou y’a plus que les tripes que t’as en feu, y’a les poumons, et parfois ça te met la peau plus en cloque qu’une jeune épouse et là je te confirme, ça te fait vraiment une gueule d’enfer. Hier soir les tirailleurs africains qu’ils ont ramené du feu, on aurait dit des cauchemars, tellement qu’ils étaient moches. Ils hurlaient mais ils avaient pas besoin de ça pour faire peur, je te le dis. Donc on attend avec nos masques. Ca sent pas déjà un peu l’ail dans la tranchée ? Au purgatoire, la faucheuse qui monte la garde pue de la gueule, elle a mangé trop d’ail.

Deux heures après, l’enfer se pointe d’un coup. A six heures pile, strident comme un coup de sifflet. Comment c’est possible que des sifflets fassent un son pareil ? Le mec qui les a conçus est vraiment un putain de vicelard, au moins autant que ces gradés qui s’époumonent sur leurs joujoux. C’est à te crever les tympans, même au milieu d’une pluie d’obus de quatre-vingt dix.

Le sifflet lance sa trille hystérique, c’est l’heure de monter à l’échelle…

J’ai même pas bougé que BOUM. Un bon vieux shrapnel vient de péter tout près de là. Shrapnel, pour sûr, je reconnais le bruit de ces *********ries comme si c’était hier, sur la Marne. Les cons de boches, ils mettent le paquet, tout ce qu’ils ont dans leur musette, même leurs vieilles *********ries ! Déluge de boue et de chairs déchiquetées. Et vlan, je suis par terre, le visage couvert de tripes et de sang. Je suis sans doute en miettes moi aussi. Boue, tu es boue et tu redeviendras boue.

Le pire c’est que le gradé siffle toujours comme un hystérique. Au sifflet, faut foncer ! Je dois y aller, je dois courir, mais non, un shrapnel a pété, suis-je en vie ai-je tous mes morceaux ? D’abord vérifier, un par un, bras, l’autre bras, oh ******** une jambe vient d’atterrir sur ma poitrine et l’os sort entre deux bouts de tissu bleu, c’est la mienne peut-être, non j’en ai deux qui bougent là dans la flotte, je vois même mes orteils sortir des godillots ! Salut mes doilles, j’ai les pieds qui bougent, alors donc voilà la troisième appartient sans doute à un autre, oui c’est ça je suis intact, j’ai même tous mes doigts à chaque main. Une main retombe à côté, d’ailleurs, plouf ; mais c’est pas la mienne, moi j’ai mes dix doigts.

Le sifflet reprend, comme si j’étais pas couvert de viande hachée, ******** ! Le putain de sifflet me vrille les tympans, planté dans les joues d’un lieutenant rougeaud qui me fixe maintenant avec ses yeux exorbités, penché au-dessus de moi. Je le préférais avec son masque, lui. Putain ce con lève un flingue et me pointe avec. Je serai peut-être le dernier à partir, d’accord, mais j’ai des circonstances atténuantes ! Et bien non, il semble me dire avec son sifflet que je n’en aurai plus dans trois secondes, si je lève pas mon cul du steak tartare. Salopard de gradé ! Il a pas l’air de plaisanter ce con… Non ! Me tirez pas dessus mon lieutenant, regardez, vite, voilà je me dégage de mes potes réduits en bouillie, j’attrape mon barda, où est mon lem il est là je retrouve mon lem, je glisse, vite, oui voilà, je me relève, je trottine jusqu’à l’échelle, ******** ce con me vise toujours ! ********, me flinguez pas, bordel ! J’y vais vous voyez bien ? Je monte !

Voilà j’y suis, j’y vais, j’y vais. Je passe le nez au-dessus du parapet…

Oh non… non, je vais pas y aller… non je peux pas y aller.

C’est vraiment l’enfer là-haut ! Ca pète de partout, pire qu’hier seize avril quand les Africains ont morflé, la terre elle-même danse sous le feu des obus... J’ai jamais vu ça ! On a canardé les boches toute la nuit mais c’est comme si ça leur avait rien fait, ils sont encore plus déchaînés qu’hier ! Devant, les copains dansent la gigue sous la mitraille et sautent en l’air, comme des marionnettes déglinguées. Je fais mine de redescendre, mais l’autre dingue en bas n’attendait que ça, ça y est il me tire dessus, le con ! Il a bu trop de gnôle, il va vraiment me buter.

Ca y est, j’ai sauté le parapet. Je cours, je me casse la gueule dans un trou d’obus. Je rampe, je me relève, je cours sous la flotte et l’acier.

Surtout cours, ne vois pas, n’écoute pas, n’existe pas, tu dors, tu fais juste un cauchemar mon Paulo, le ciel est bleu, tu vas revoir ta Normandie, même que ta Paulette te fera des mômes en rentrant, ton jardin sera plein de marmots qui galoperont partout, pendant que tu fumeras ta pipe en lisant ton journal. Le ciel sera toujours bleu, il pleuvra plus jamais, ta Paulette te fera de bons plats, et toi tu seras heureux quand la guerre sera finie… vas-y Paulo, bouge ta carcasse. Fais pas le con, bouge-toi, cours, pense même pas, cours, vas-y crie si ça te fait du bien, gueule un bon coup, tu es un vrai guerrier, même pas peur, tu sens rien, tu vas faire de la bouillie de boche, t’as pas peur des balles, tu t’en branles de leurs balles de ********, vas-y crie, cours, tue, tue du boche.

La boue gicle sous les brodequins, mètre après mètre, je patauge, je me relève, je me vautre sous mon barda, je rampe par-dessus les cadavres gonflés, me relève en dérapant, crie un bon coup, cours sur des cadavres, saute un fossé fumant où une main bouge, la mitraille claque de partout, je cours, boum un obus, je tombe tête la première dans la boue, je rampe, passe sous des barbelés, me relève, non je n’ai pas vu les corps crucifiés, je gueule un bon coup, non les boches vous m’aurez pas, et puis je cours sous le déluge de feu, d’acier, d’eau, je patauge, les yeux rivés au sol mouvant, liquide, où me fixe l’œil unique, noyé de larmes, d’un pauvre type à la gueule fumante, en morceaux, le regard d’un gusse qui en plus de souffrir le martyr sait qu’il est foutu et que personne viendra le chercher, et qui se décide pas à mourir alors qu’il faudrait qu’il meure. Je m’arrête… et je lui plante le front, d’un bon coup de baille. Je crois que son œil m’a dit merci. Je me remets à courir.

C’est absurde de courir.

J’ai arrêté de courir. Je regarde autour de moi, les yeux plissés par la pluie gelée qui me cingle la tronche. C’est pas possible… je suis loin de la tranchée, au milieu de rien, là, ce genre d’endroits, ça n’existe pas, même pas en cauchemar… un vrai déluge de flotte et de feu… les mitrailleuses des boches sont planquées partout, elles tournent à plein régime. C’est plus l’enfer c’est l’apocalypse, les balles sifflent par centaines autour de moi, ça pue la poudre, bordel je ne sais pas comment je suis encore à vie, les obus pilonnent la mélasse de partout comme des dizaines de marteaux qui se disputeraient une bouse de vache, des corps traversent ça et là le déluge, emportés par le souffle des bombes. Le ciel est une mer déchaînée, il pleut comme un troupeau de vaches qui *******ent… et pourtant l’air est brûlant. Je ne peux pas rester là, c’est absurde de crever là.

Je trottine dans la fange. Ah, ça sent l’ail. Gaz. Machinalement, je remets mon masque et j’accélère le pas, surtout pas rester là…

Mais quelque chose me pique aux reins, très fort.

Je trébuche deux mètres plus loin, sur un corps, je vacille, mais le sol s’effondre sous moi et je tombe avec lui dans un cratère noir, profond et humide, comme le cul d’une vache.

Un gros cratère aux bords fumants qu’un gros brisant a ouvert, où se déverse la flotte des mares alentour. La pluie ruisselle tellement que mes mains glissent sur la terre, impossible de remonter ce bourbier. Le cadavre que j’ai heurté et emporté dans ma chute, c’est celui du cureton… le pauvre, il a paumé son masque mais à ce point-là ce n’est plus très grave, il n’en aura plus besoin. Ses yeux écarquillés sur la mort, sur un visage bouffi de cloques ignobles, n’ont pas l’air de dévisager Saint-Pierre mais Lucifer. Tout ça pour ça, pauvre de lui.

Et pauvre de moi. Pourquoi mes jambes ne répondent plus ? Dans cette boue sanglante d’où émergent ça et là trois quatre types, impossible de voir si je suis blessé. Mais mes jambes ne répondent plus, ça non. Et je suis coincé dans cette marmite qui se remplit de flotte et de gaz. Surtout, ne retire pas ton masque Paulo. Ca pue l’ail. Regarde tes mains, elles ressemblent plus à rien. Rappelle-toi les Africains d’hier, leurs gueules comme des vessies de porc toutes noires, tableau grotesque, surtout quand la neige s’en est mêlée, pour leur recouvrir la tronche. De la neige, en avril... Je tousse toujours, malgré le masque. C’est un nouveau truc, ça donne vraiment la gerbe. Ca tangue, ça chavire, je crois que je vais vomir. Je vomis dans le masque, j’étouffe, j’arrive plus à respirer, j’enlève le masque et là, malgré la pluie, mon visage s’enflamme. Je plonge la tête sous l’eau. Apnée.

Un choc, tout le trou s’est ébranlé sous l’impact d’un obus. Des masses trop lourdes de boue déferlent, s’effondrent, m’écrasent. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais j’ai l’impression que quelque chose a cogné mes vertèbres, très fort et les a brisées, comme des brindilles. De toute façon je me noie. Le trou s’est refermé sur moi.

Je me noie et il fait sombre, très sombre. L’eau rentre dans mes poumons, je suis écrasé de partout.

Je plonge, happé par une fosse liquide. Ca va très vite, je plonge toujours plus profond. Il fait toujours plus noir. J’entends plus rien, il fait très noir, et très froid. Je suis boue, et je reviens à la boue.

C’est comme ça que ça se passe, à la fin ? Je suis dans la boue, il fait noir, et je suis tout seul.


Dernière mise à jour par : CONANOUNET le 11/01/09 21:55

--------------------
La révolution sera la floraison de l'humanité comme l'amour est la floraison du coeur.
Louise Michel (1830-1905)


      Retour en haut de la page IP Cachée  
MageGaHell

Vieux Con



-= Chaos Legions =-
Inscription le 13-05-02
Messages : 1318



Homme  Age : 46 ans
Lieu de résidence : Symbole de Paix

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'PLC 2008 Il pleut à Craonne' a été posté le : 12/01/09 12:17
Fort poignant et réussit.
On sens bien toute l'inutilité, l'injustice et la bêtise du conflit qui massacrent moult troufions (qui n'ont rien demandé, ou plutôt n'ont plus rien à demander si ce n'est peut être survivre) au hasard, ainsi que les effroyables conditions de la guerre des tranchés.
J'aime particulièrement l'officier (enfin, plutôt sous-officier, à mon avis, les officiers et autre gradés doivent être bien plus loin).
L'argot militaire et poilu apporte un touche rajoutant au réalisme. ça nous change des guerres "jeux vidéos" actuelles (enfin, ça dépend quel est le coté qui se fait pilonner) et on devrait donner ça à lire aux pilotes de drones et autres généraux planqués. ça en ramènerait peut être un ou deux sur terre.


--------------------
"L'Infini ?
...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."

Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Saerince

Rayon de soleil



-= Chaos Legions =-
Inscription le 26-04-03
Messages : 3466



Femme  Age : 41 ans
Lieu de résidence : Lyon

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'PLC 2008 Il pleut à Craonne' a été posté le : 12/01/09 20:48
J'ai envie d'émettre une réserve par rapport à ce que dit MageGaHell. Oui, c'est fort, poignang et réussi. Par contre, l'usage constant de l'argot dans la première moitié de la nouvelle... j'avoue, j'ai pas accroché DU TOUT. Disons qu'il y en aurait eu moins, pour moi ça aurait été parfait.

Le passage suivant est mon préféré :

Citation :
Surtout cours, ne vois pas, n’écoute pas, n’existe pas, tu dors, tu fais juste un cauchemar mon Paulo, le ciel est bleu, tu vas revoir ta Normandie, même que ta Paulette te fera des mômes en rentrant, ton jardin sera plein de marmots qui galoperont partout, pendant que tu fumeras ta pipe en lisant ton journal. Le ciel sera toujours bleu, il pleuvra plus jamais, ta Paulette te fera de bons plats, et toi tu seras heureux quand la guerre sera finie… vas-y Paulo, bouge ta carcasse. Fais pas le con, bouge-toi, cours, pense même pas, cours, vas-y crie si ça te fait du bien, gueule un bon coup, tu es un vrai guerrier, même pas peur, tu sens rien, tu vas faire de la bouillie de boche, t’as pas peur des balles, tu t’en branles de leurs balles de ********, vas-y crie, cours, tue, tue du boche.


POur moi, ça fait partie des paragraphes qui passent le mieux, c'est beau, c'est simple, et on a une image de sérénité tout en continuant d'entendre les obus tomber, enfin c'est l'effet que ça m'a fait. Et même si on a quelque mot d'argot, ça ne sonne pas à mes oreilles comme vulgaire, contrairement aux "putain" que j'ai eu l'impression de lire à répétition alors que si ça se trouve même pas.

Bref voilà, pour moi le seul point négatif réside là ^_^


--------------------
Les livres et les hommes, c'est comme des boîtes de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

"Give people a second chance, not a third."
"You gave your heart to this boy ? He's gonna waste it, break it, lose it. They all do." (Neil Gaiman, Stardust)


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Ajouter aux favoris - Envoyer ce Sujet par E-Mail - Imprimer ce Sujet
Dernier Message - Message le plus récent
Pages: [ 1 ]

Open Bulletin Board 1.X.X © 2002 Prolix Media Group. Tous droits réservés.
Version française, modules et design par Greggus - enhancement par Frater