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Modérateur de la repousse des poils

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Réponse au Sujet 'Mona Lisa s'éclate avec le Comte Zero' a été posté le : 09/03/08 19:32
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Que dommage qu'il écrive aussi mal, ses romans sont totalement indigestes. (A moins que ce ne soit la traduction ? J'ai des doutes là dessus, voir ci après)
Pourtant, il a de bonnes idées, lorsqu'il écrit en coopération, c'est très lisible, j'avais lu un receuil de nouvelles de lui seul et d'autres en coécriture (Gravé sur Chrome si je ne m'abuse), et c'était flagrant, la moitié illisible et les autres plutôt bonnes.
Et, ultime exemple, ce roman génial, un des rares représentants du Steampunk, La machine à différences écrit avec Bruce Sterlling.
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Elite Troups

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Réponse au Sujet 'Mona Lisa s'éclate avec le Comte Zero' a été posté le : 08/06/10 20:37
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Je restais, depuis quelques années, sur un souvenir mitigé de William Gibson, dont j'avais lu Neuromancien et Lumière virtuelle. Comme évoqué précédemment, Neuromancien est un roman truffé d'idées géniales mais écrit d'une manière assez lourde. De plus, certaines des intentions d'écriture de Gibson m'avait agacé (par exemple l'omniprésence des allusions aux marques), ceci dit j'imagine qu'il s'agit d'un parti-pris assez cohérent avec l'univers mis en place dans ces romans.
Je n'ai aucun souvenir de Lumière virtuelle par contre, je ne sais pas même plus de quoi ça cause.
Bref, Gibson n'était pas prioritaire sur ma liste de lectures. La vie, toutefois, a su bouleverser ces plans en me prenant par les sentiments, me proposant du Gibson volumineux pour un prix dérisoire. J'achetais donc Tomorrow's parties au Diable Vauvert et Pattern Recognition (Identification des schémas) en VO (chez pinguin je crois).
J'avoue que le fait que le premier soit édité au Diable Vauvert m'a décidé à reprendre Gibson, dans la mesure où j'apprécie en général ce qu'ils éditent. Ce fut une bonne idée car je sors positivement ravi de ces lectures.
Tomorrow's parties n'est pas le livre du siècle mais se laisse lire très agréablement. On y retrouve, si je ne m'abuse, les personnages de Lumière virtuelle, embourbés dans une intrigue technologique qui leur échappe d'un bout à l'autre du roman. Pour résumer, c'est une sorte de course-poursuite après une intelligence artificielle consciente qui a décidé de prendre l'air. Je dois avouer que je n'ai pas tout saisi.
J'ai pu lire ici et là que le cyberpunk est un genre mort-né, rattrapé par la technologie moderne et qui s'est trompé dans sa vision d'un monde dominé par les mégacorporations. Je ne sais pas si ces arguments s'appliquent aux premiers ouvrages de Gibson, mais il est clair que Tomorrow's parties y échappe.
Pattern Recognition n'est pas vraiment de la science-fiction. En fait ce n'en est même pas du tout. L'héroïne arpente notre monde à notre époque, en utilisant des technologies qui nous sont familières. Je ne sais pas si on peut parler de roman génial, mais certainement on peut oser utiliser l'adjectif enthousiasmant.
Cayce Pollard, chasseuse de cool, est embauchée par un magnat de la pub pour retrouver l'auteur d'un film distribué par bribes sur internet, film qui suscite un véritable culte de la part d'un public initié. On se promène gaiement de Londres à New York à Tokyo à Moscou, on trolle sur internet, on apprend des trucs sur l'histoire de la calculabilité, la sécurité informatique et la stéganographie. Le livre foisonne de détails, d'anecdotes concernant en quelque sorte ma culture, ce pourquoi il m'a plu j'imagine.
Je lui trouve un regard intelligent sur la culture globale et le fonctionnement des sous-cultures ou des contre-cultures, servi impeccablement par une écriture en phase avec le sujet. Ce que décrit Gibson, c'est la mondialisation de la culture mainstream, l'éclosion de tribus virtuelles partageant des centres d'intérêt très pointus, l'assimilation des sous-cultures, la réaction de repli de l'underground lorsque leur jouet devient mainstream, etc. Ici, certains tics d'écriture de Gibson (marques partout, decription des personnages via des acteurs célèbres) deviennent des arguments qui portent son propos et j'ai trouvé cela très agréable, d'autant que l'écriture est limpide.
La fin du roman est un grand moment d'identification entre le lecteur et les personnages, sur le thème classique de la quête plus importante que l'objet de la quête. Très habile.
Pour résumer : c'est vachement bien. Gibson gagne de nombreuses places sur ma liste d'auteurs à surveiller.
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Dernière mise à jour par : Jormugaund le 08/06/10 21:05
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