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Cthulhu Ninja

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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 30/12/07 18:04
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…Tiens, pour une fois que peux répondre sans dire trop d'âneries…
Les raisons sont sacrément multiples. Pour ma part, c'est pour raisons familiales. Vu le peu d'appui que j'ai eu de ma famille, je ne voulais pas que le peu de notoriété que je pourrais avoir un jour puisse leur revenir d'une façon ou d'une autre. y'a aussi des raisons plus personnelles, mais bon, ce sera en privé si ça intéresse quelqu'un. Pour mémoire, Patrick Eris vient de Joanna Eris, l'héroïne de "Mortelle Randonnée" de Marc Behm (mort il y a quelques mois dans l'indifférence générale)
Sans m'étendre là-dessus, mon compère de boulot JM Nemo a définitivement choisi le pseudo pour les mêmes raisons.
J'ai aussi pris des pseudos souvent neutres, sans origines précises, pour ces lecteurs qui n'ouvriraient jamais un bouquin écrit par un bougnoule qui vient indûment manger le pain des Américains (corporation générique incluant aussi les Anglais — j'ai un jour discuté avec un lecteur prétendant que de toute façon, seuls les Américains pouvaient écrire de la SF. Ses exemples ? Tanith Lee et Michael Moorcock — Et c'est tout. Vous ne pensez tout de même pas que dans ce blob grisâtre autour de la France et des USA, il y ait aussi des auteurs, non ?)
Pour ce qui est des petitrs camarades :
. Pour aborder plusieurs domaines. Claude Klotz est devenu Patrick Cauvin sous la pression d'Albin Michel lorsqu'il est sorti du polar pour aborder le "grand public", puisque c'est mauvais pour les ventes d'être transgenre. Il n'a accepté que si on n'en faisait aucun mystère. Le pseudo a gagné, puisque Cauvin vendait systématiquement plus que Klotz. Allez comprendre..
. Il y a les homonymies. G.J. Arnaud a commencé au moment où Georges arnaud cassait la baraque avec "Le salaire de la peur", il a donc fait ses débuts sous pseudo (Saint gilles). Il a continué pour pouvoir écrire chez d'autres éditeurs, le Fleuve Noir de l'époque tenant à conserver l'exclusivité des noms. Ce fut aussi le cas d'Emmanuel Errer, alias René-Pierre Rey (autre cas d'homonymie) qui devint Jean Mazarin… Parce qu'il habitait alors Chilly Mazarin !
. Les pseudo à consonnance anglo-saxonne : André Duquesne de la série noire devenant Peter Randa au Fleuve… Et d'innombrables pseudos chez des éditeurs éphémères (a noter que son fils Philippe-André Duquesne a continué sous le nom de Philippe Randa). Jean Amila, rebaptisé John Amila. Frédéric Dard a écrit son premmier San-Antonio, "Réglez-lui son compte", sous le pseudo de Kill Him, qui était la traduction du titre ! (Ce que refera le GENIAL, bordel de Dlul, combien de temps faudra le dire avant qu'on s'en aperçoive, Laurent Fétis qui avait signé un gore "La cervelle contre les murs" Brain Splash. Il avait 18 ans, soit dit en passant) Notez qu'aux débuts de la SF US au début du siècle dernier, les auteurs prenaient des pseudos à consonance Française…
. Ceux qui, comme Dean Koontz, prenaient des pseudos — Leigh Nichols, K.R. Dwyer — pour pouvoir raconter la même histoire chez divers éditeurs.
. Les pseudos collectifs. Ellery Queen, par exemple, étaient les cousins Frederick Dannay et Manfred Lee. Michael Slade, lui, était le pseudo de trois (!) avocats de Vancouver ; ils en ont perdu un en route. Il y a aussi le cas où plusieurs auteurs avaient un pseudo colleectif : courant dans les séries (comme certain Jeffrey Lord…), mais aussi sous nom commun : Benoît Becker fut partagé par plusieurs auteurs, dont Joseph-André Lacour et Stéphane Jourat. Ange est en fait un couple.
. Les pseudos masculinisés. Complètement tombé en désuétude, maintenant, ce serait plutôt l'inverse. (Si.)
. La réserve de fonction. Hé, oui ! Gilbert Gallerne commença sous Gilles Bergal parce que, travaillant dans une grande banque, il y était assujetti. De même Piet Legay, qui était à la DGSE.
. Les noms laids. Storm Constantine ne m'a jamais dit son vrai nom, mais elle le détestait assez pour changer carrément d'état civil.
. Les noms à consonnance, parfois dans un contexte de l'après-guerre. Claude Goldstein devenant Claude Joste. Ne me demandez pas. De même, l'illustrateur/peintre Mandy s'appelait Pierre Mandylas. Un autre auteur au nom Arménien, qui m'échappe, l'a condensé également.
. Les gags. Comme Xavier Mauméjean et Johan Heliot inventant Wayne Barrow le temps d'un bouquin (pour l'instant). Plus l'affaire Gary/Ajar… Ou King/Bachmann
J'ajouterais qu'il y a des fois ou on s'y tromperait. J'ai toujours cru que Serena Gentilhomme était un pseudo, et c'est son vrai nom. Dans un autre domaine, un guitariste de Little Bob Story s'appelait réellement Serge Hendrix !
Il y a certainement plein d'autres raisons, qui ont changé selon les époques (dans lees années 50, O tempora O mores, on faisait rarement du roman populaire sous son vrai nom), mais il y aurait tout un bouquin à faire là-dessus !
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 30/12/07 19:21
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Wouaaah.
J'espérais bien que tu nous ferais profiter de tes lumières sur le sujet, mais là, tu nous régales, Docteur!
Citation :
J'ai aussi pris des pseudos souvent neutres, sans origines précises, pour ces lecteurs qui n'ouvriraient jamais un bouquin écrit par un bougnoule qui vient indûment manger le pain des Américains
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Justement, Patrick Eris, de ce point de vue, c'est neutre. Ça pourrait être anglais ou étazunien sans problème. Et puis la déesse de la Discorde, c'est quand même la classe.
Citation :
. La réserve de fonction. Hé, oui ! Gilbert Gallerne commença sous Gilles Bergal parce que, travaillant dans une grande banque, il y était assujetti. De même Piet Legay, qui était à la DGSE.
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Ah tiens, c'est vrai ça, je bosse dans une banque, moi. 
Citation :
J'ajouterais qu'il y a des fois ou on s'y tromperait. J'ai toujours cru que Serena Gentilhomme était un pseudo, et c'est son vrai nom. Dans un autre domaine, un guitariste de Little Bob Story s'appelait réellement Serge Hendrix !
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Oui, c'est vrai qu'il y a des noms comme ça!
J'ai déjà travaillé avec une Imma Soleil (à qui j'ai volé son prénom pour l'attribuer à Imma Jay, la maman d'une de mes héroïnes oubliées) et avec une Shirley Vaudeville.
Sauf que c'est moins drôle, puisqu'à ma connaissance, elles ne sont pas écrivains.
Merci en tout cas pour ces infos.
Pour les écriveux du forum: si vous deviez un jour être publiés, utiliseriez-vous un nom de plume et pourquoi?
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 30/12/07 20:18
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Citation :MageGaHell a dit:
(googlez moi)
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Déjà fait, tu es dans la blacklist de mon employeur, d'ailleurs. 
En ce qui me concerne, je me pose sérieusement la question, parce que j'ai l'impression d'avoir un nom de famille un peu trop "terroir des bords de Loire" qui, comparé à mes univers de prédilection, n'invite pas vraiment au rêve.
Je ne le trouve pas moche, pourtant, mon nom, la preuve, je me suis mariée et j'ai choisi de le garder.
C'est juste que dans l'éventualité d'un saut vers l'édition que j'envisage de plus en plus sérieusement, je me tâte.
Mais si on y réfléchit, j'ai déjà commencé à me faire connaître un peu en tant qu'écrivain(e) sous un pseudonyme, en écrivant dans l'Encyclopédie. Le problème, c'est que vous connaissez un éditeur susceptible de publier Nak'hua Thorp, vous?
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 30/12/07 22:29
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Intéressante, très intéressante discussion zou, je m'incruste ! 
Je ne me suis jamais posée la question de publier un jour (si c'était possible) sous mon véritable nom. C'est un peu curieux et un mélange de plein de choses, en tout les cas la première des choses elle la même que j'éprouve envers mes dessins. Je m'explique : je ne sais pas signer les dessins. Je me sens très mal à l'aise, soit je laisse un blanc, soit je mets (si besoin) un signe. Je trouve mon dessin ridicule lorsqu'il porte mon nom (sans trouver mon nom ridicule pour autant) je ne sais pas encore pourquoi. Où est le rapport ? Eh bien je ressens la même chose pour signer un écrit (en apposant un copyright par exemple, même sur le net), je trouve que... euh je sais pas, que j'ai l'air con ? Cela me gène, je trouve l'objet changé par cette signature.
Mais curieusement ça ne me choque pas chez les autres, voir un dessin signé "Jerôme Klavier" ou un livre du véritable nom de son auteur, tout cela me semble tout à fait normal et non ridicule. Peut-être que "voir mon nom" me semble débile, un peu comme de la honte ou quelque chose de ce genre-là (pourtant, j'ai pas honte de ce que j'écris ou dessine ou crée, même si c'est pas parfait etc. je me dis pas pour autant "baaaah c'ldla ********, va te cacher) ? Vraiment c'est encore confus comme sentiment. On peut aussi avancer que je n'aime pas rattacher mes écrits à leur auteur (même si je ne peux pas écrire sans fonder quelques bases ou personnages sur du vécu, du vu, du entendu...) ?
Donc je ne sais pas pour ce premier sentiment qui pousse au pseudonyme mais toujours est-il que c'est une raison pour laquelle je choisirais un nom de plume. Signé d'un pseudonyme, j'ai ausi l'impression que ce n'est plus tout à fait moi qui écrit, je prends le pseudonyme pour le narrateur (souvent inclus dans l'histoire), il existe lui aussi et n'est plus moi, d'où aussi le fait de... changer de pseudonyme suivant les récits (oui, tordu un peu).
J'ai une préférence notamment pour le pseudonyme affiché pour tel (comme pour les auteurs de Bd, un seul prénom-nom, "Jibé" "Hergé" etc.) plutôt qu'un nom qui semblerait "vrai".
Donc voilà, il reste bien sûr ensuite le "personnel" : pas envie que des proches se disent "ooh chouette, ma fille/cousine/soeurette/etc. a publié quelque chose je vais vite le lire" et puis qu'ils se retrouvent devant... ce que j'écris :s (donc si, doit y avoir un peu de honte ou de non-assume-style !) Et puis je dis des choses parfois (souvent ! toujours) très inspirées du vécu bien que transformées pour devenir irréelles, mais reste que je n'ai pas envie qu'on se reconnaisse, qu'on croit que j'ai voulu raconter tel évènement ou faire écho à telle personne alors que je ne me servais que de ce qui me serait utile pour ensuite en faire autre chose. Enfin bref, tant de choses qui font que... pseudonyme : oui oui oui.
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Dernière mise à jour par : Armorphée le 30/12/07 22:41
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-------------------- Manendi Etonae ad perficiendas Britannicas litteras, Nero flagrabat desiderio Urbis.
En séjour à Eton pour perfectionner son anglais, Néron brûlait de revoir Rome
Citation :ZiGGy> Tu permet une MAJ de mon avis dans ton profil: "Grade : chieuse. Talent : max.
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 31/12/07 09:46
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Ecrire sous pseudonyme, en voila une bonne question...
Pour ma part, je l'ai déjà fait (si l'on considère qu'écrire dans une feuille de chou étudiante est "écrire à part entière"), mais le rapport entre mon pseudo et mon nom a toujours été un secret de polichinelle, ou du moins a toujours été écrit noir sur blanc dans le trombinoscope des élèves.
Par contre, si je devais publier une oeuvre littéraire, je pense que ce serait sous mon vrai nom. D'une part parce que j'estime ne pas devoir avoir honte de ce que je sais (et que de toutes façons, mes parents connaissent mon pseudo ), d'autre part, parce que quatre lettres, c'est bien pour un illustrateur (d'ailleurs, mon père a lui aussi un pseudo de quatre lettres qu'il utilise pour signer ses illustrations), mais pas pour un écrivain, lequel doit avoir à mon avis un prénom et un nom.
Là où le bât blesse, à mon avis, quant à l'utilisation d'un pseudonyme, c'est quand son auteur ne saurait être relié au pseudo. En tant que rédac'chef, il m'est arrivé de trouver déposé sur le dossier réseau du journal un article signé "Georges Brassens" dont rien, ni dans le texte (un virulent article contre les résultats du premier tour de la présidentielle de 2002, et oui, ça ne nous rajeunit pas), ni dans le pseudo sus-cité ne laissait transparaitre l'identité de son auteur. Et là, en tant que responsable légal et moral de ce qu'il y avait d'écrit, j'étais bien emmerdé, et ce d'autant plus que j'avais écrit un article sur le sujet (avec des idées totalement différentes, vu que je disais que c'était bien fait pour Lionel, et que les appels au "barrage" ne servaient à rien parce que Le Pen ne passerait jamais de toutes façons²), et que soit je publiais tout, soit rien (parce que j'allais encore me faire traiter de sale fâchiste² si je ne publiais que celui dont je connaissais l'auteur).
Voila pour le 3615 Mylife.
Bref, nom de plume pour des billets d'humeur, ce qui correspondrait en plus à mon style "court et nerveux" (comprendre, plus d'une page, c'est déjà me pousser dans mes retranchements ), et vrai nom pour des choses plus étoffées.
Ah oui, pseudo pour ZoC Radio, aussi, mais là, c'est de la radio, c'est pas pareil 
Regards,
Skro
²ndlr: oui, je m'étais déjà fait traiter de sale fâchiste en refusant de publier un article où le titre était en gros caractères "Legalize it!" - it étant bien entendu le cannabis
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 31/12/07 11:08
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(Pour ce qui est du pseudo Eris, je ne cite pas, on me gonfle encore mes vieilles roubignolles avec cette histoire de tags de mes fesses 
…Xactement.
Tiens, on invoque les auteurs de BD. Là, c'est différent, parce qu'on vient d'une tradition où les "p'tits miquets" étaient complètement discrédités, puisque ce n'est que dans les années fin 70 où le genre a pris ses lettres de noblesses. Donc, entre des Franquin qui signait de son nom ou des pseudos, cela ne choquait pas (comme Jidéhem, en fait Jean de Masmaeker. et oui, c'est son père qui a servi d'inspiration au m'sieur aux contrats !!!)
Le net, le rap ou la musique en général (de Killing Joke à Front 242), même le clip ou le cinéma (McG) ont l'habitude des pseudos un peu délirant. En littérature, même popu, beaucoup moins. Quoique, s'il y a une mode banlieue, j'imagine que les éditeurs se bousculeront pour signer n'importe quelle daube signée "NiktaVioK" en pensant que les gamins vont se ruer dessus en tête de gondole… Ils avaient bien tenté de lancer le "livre zapping" en disant que c'était LE truc, merd', coco, kwâââ…
(Comme à toute règle, il y a une exception, la collection gore a connu des pseudos délirants du genre Nécrorian ou Fétidus…)
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 31/12/07 15:55
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Parce que les normaliens ne savent vraiment pas penser par eux-mêmes, je voulais juste apporter une petite référence à ce débat. Débat qui en rejoint un autre bien plus vieux, avec Ste-Beuve & co, sur l'oeuvre et la vie de l'auteur.
Il y a des gens et des critiques qui croient pouvoir expliquer toute l'oeuvre d'un auteur en étudiant sa vie.
Genre :
"Ah mais oui mais bien sûr! Il était un homosexuel refoulé alors vous voyez que cette image de la pie qui chante au jour levé en se tenant sur une patte est un symbole érotique explicite qui porte en soi toutes les contradictions et les confusions d'un homme déchiré avec lui-même blablabla".
Evidemment, parfois c'est un petit peu vrai quand même. Mais pas toujours. Et on sait jamais dans quelle mesure. Du coup on en arrive à des surinterprétations abominables car, quand même, c'est un peu vil de remuer la boue dans la vie des gens, qu'ils soient prix nobel de littérature ou pas.
Bref, tout ça pour parler du point de vue de Kundera. J'ai pas l'Art du Roman sous la main, mais il explique en gros que tous les auteurs devraient écrire sous des pseudonymes. Comme ça personne ne les ferait chier avec ces interprétations biographiques à deux balles, personne n'irait les interviewer et donc ne déformerait leurs paroles, personne ne les exposerait sur un plateau télé, rien.
Sorte de purification de l'oeuvre, en quelque sorte. Lui-même ne donne plus du tout d'interviews, ne dit rien sur sa vie, etc. Pour éviter cette identification "le Kundera qui écrit / le Kundera qui vit".
Evidemment, le problème ne se pose peut-être pas en de tels termes pour les gens qui publient une nouvelle sur internet. Mais je trouvais le point de vue intéressant quand même.
-------------------- Je n'espère rien.
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 31/12/07 18:18
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Au tableau Kunderien, c'est des déclarations curieuses de la part de celui qui prend un "point de vue de Dieu", comme je l''appelle, c'est-à-dire "sort" parfois du récit pour expliquer comment il a conçu tel personnage. Bref, fait aussitôt sortir du flot narratif en rappelant que c'est une œuvre de fiction. Et que c'est lui le chef. Pour autant que j'apprécie Kundera, ce snobisme a tendance à me les briser menu. Ou alors il a peut-être donné une explication kek'part, point ne sait, mais cela m'a rebuté. (C'était marrant à ses débuts parce qu'il l'utilisait avec un certain humour, mais apparemment, ça ne s'est pas arrangé ensuite, ce sont les seuls passages que je déplore dans "L'insoutenable légèreté de l'être", excellent par ailleurs. C'est ce qui m'a rebuté de Kundera.)
Mais m'égare, au gorille, et je m'écarte du sujet.
Pouf, pouf.
Je suis d'accord que les surinterprétations peuvent devenir caricaturale (la fameuse période ou il fallait voir des sous-entendus homosexuels ou des prises de positions fémintes partout. A tort ou à raison d'ailleurs : l'interprétation de "Je suis d'ailleurs" de Lovecraft sous un angle homo se tient, même si c'est sans doute une projection.) Mais par exemple, dans le cas de Serge Brussolo, que j'admire immensément : il n'a jamais livré quoi que ce soit de personnel, puis à force de lire des interprétations fumé-la-moquette, il a fini par tout lâcher dans une interview passionnante. Moi qui le connaissais un peu, j'ai compris certains choix artistiques ; notamment la façon qu'il avait de décrire la maladie et une sorte de phobie de la suffocation, qui s'éclaire lorsqu'on sait qu'il a souffert d'asthme aggravé.
Ce n'est pas tout, et la manie de mettre les auteurs/artistes dans des petites cases de psychologie à deux balles bonne pour des Hollywooderies normatives a beau rassurer le hoï polloï que ces artisses, ma brave dame, c'est pas des gens comme nous, mais fait parfois avancer le schmilblick, parfois pas. Comme disait Sigmund lui-même, parfois, une pipe n'est jamais qu'une pipe…
Je dirais qu'à l'extrême inverse, le point de vue de ce péteux de Michael Crichton clamant qu'il cherche le style le plus neutre possible, ********, kwâââ, n'est pour moi que de la frime. Parce qu'à moins qu'un sujet soit dicté par un éditeur (Et ça arrive, croyez-moi), le seul fait de traiter de tel ou tel aspect est forcément révélateur des goûts ou des choix de l'auteur. Pourquoi on choisit librement d'écrire tel ou tel truc vient forcément d'une sensibilité quelconque. Un type qui fait des bouquins traitant de guerre aérienne s'intéressera forcément aux avions et aura envie d'en parler. On aura une tendance naturelle à s'apesantir plus ou moins adroitement sur certains points, selon qu'ils sont un centre d'intérêt ou pas. Le simple choix d'un sujet, hors pression éditoriale, n'est pas innocent. Ne serait-ce que parce qu'on va se boursoufler le cortex pendant un certain temps sur ce putain de manuscrit, alors autant passer ce temps avec quelque chose qu'on connaît, ou a envie de connaître, ou qui intéresse. (Par exemple, en lisant le très sympa "L'élégance du hérisson", on comprend que l'auteur ait été prof de philo !)
Maintenant, il y a ceux qui préfèrent l'autobiographique, vrai ou faux (parce que le voyeurisme fait vendre), d'autres employer des choses connues (Si je n'avais pas voyagé à Amsterdam, je n'aurais jamais écrit mon polar "La première mort", ce qui ne fait pas de moi une prof de gym de 23 berges…), ou dans le cas de la culture geek — surtout dans la SF — il y en a qui se préoccupent surtout à amortir leurs lectures histoire d'être sûr de ne pas dévier de la ligne du parti. Mais il y a autant de façon de procéder qu'il y a d'auteur, et imposer SA méthode à SOI me semble limite. Reste à savoir si on veut donner les clés, si clés il y a, ou pas. Tout comme j'en connais à qui la simple idée d'écrire sous pseudo donne des boutons. C'est leur choix. D'autres m'ont dit qu'ils sont incapable de se glisser dans des univers préconstruits comme je le fais avec mes bouquins de série où je m'amuse comme un petit fou ; c'est leur choix. (Christopher Golden, qui écrit des romans de série genre "Buffy" et s'éclate à le faire, m'a dit qu'il comparait ça aux gamins qui habillent leurs poupées comme leurs héros préférés ou prennent des Batman en plastoc et leurs font vivre des aventures. Ça se tient !!!)
Avant d'arrêter de digresser, un autre truc qui a tendance à m'escagasser grave, c'est les papes qui croient immanquablement qu'une première personne, un "je", est forcément la voix de l'auteur. Lesdit papes ont fait des misères à Manchette pour son premier roman sur l'affaire Ben barka, ou le "je" était un facho. Récemment, JL Bizien dans son "Club Van Helsin" a un narrateur, hem, jouissivement peu fréquentable. Et dans une nouvelle publiée cet année, j'ai essayé un équilibre (paraît-il réussi) pour qu'au final, le narrateur soit carrément antipathique…)
Sinon, m'est d'avis qu'on tient le beau temps, mais ça n'a rien à voir avec le sujet qui nous occupe.
Observons deux papillons…
P.S. Oph, il y a un auteur de polar US qui s'appelle Anthony Bruno.
Pis bon, un beau jour, y'a un musico à qui un commercial a dû dire "Vous devriez prendre un pseudo pour avoir du succès, parce que franchement, vous voyez des minettes afficher à leur mur de chambre la photo d'un gazier qui s'appelle ROBERT SMITH ??????" 
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 31/12/07 19:35
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Citation :Dr Bis dans une contemplation à Dlul a dit:
Au tableau Kunderien, c'est des déclarations curieuses de la part de celui qui prend un "point de vue de Dieu", comme je l''appelle, c'est-à-dire "sort" parfois du récit pour expliquer comment il a conçu tel personnage. Bref, fait aussitôt sortir du flot narratif en rappelant que c'est une œuvre de fiction. Et que c'est lui le chef. Pour autant que j'apprécie Kundera, ce snobisme a tendance à me les briser menu. Ou alors il a peut-être donné une explication kek'part, point ne sait, mais cela m'a rebuté. (C'était marrant à ses débuts parce qu'il l'utilisait avec un certain humour, mais apparemment, ça ne s'est pas arrangé ensuite, ce sont les seuls passages que je déplore dans "L'insoutenable légèreté de l'être", excellent par ailleurs. C'est ce qui m'a rebuté de Kundera.)
Mais m'égare, au gorille, et je m'écarte du sujet.
Pouf, pouf.
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Je ne trouve pas ça incompatible. Le Kundera qui vit et qui a des opinions n'est pas forcément le même que le Kundera qui écrit son texte. Ce snobisme comme tu l'appelles est tout simplement un je(u) littéraire, qui pourrait porter le nom arbitraire de Jean-Sol Partre ou Robert Smith.
Même l'auteur qui explique comment il a créé tel ou tel personnage n'est pas le vrai Kundera qui se brosse les dents le soir et fait les courses au supermarché. C'est une personnalité littéraire, au même titre que le narrateur.
Après, peut-être que les deux personnalités se confondent. Elles s'influencent réciproquement, je dirais.
Bref, on s'égare, mais c'était juste pour expliquer pourquoi moi, si j'écrivais, j'utiliserais systématiquement un ou plusieurs pseudonymes. Parce que je défends férocement cette idée selon laquelle il y a plusieurs degrés entre le texte et moi.
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 31/12/07 19:39
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Citation :Kyomi dans une contemplation à Dlul a dit:
Bref, on s'égare, mais c'était juste pour expliquer pourquoi moi, si j'écrivais, j'utiliserais systématiquement un ou plusieurs pseudonymes. Parce que je défends férocement cette idée selon laquelle il y a plusieurs degrés entre le texte et moi.
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 01/01/08 18:41
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Citation :Kyomi dans une contemplation à Dlul a dit:
Comme ça personne ne les ferait chier avec ces interprétations biographiques à deux balles, personne n'irait les interviewer et donc ne déformerait leurs paroles, personne ne les exposerait sur un plateau télé, rien.
Sorte de purification de l'oeuvre, en quelque sorte. Lui-même ne donne plus du tout d'interviews, ne dit rien sur sa vie, etc. Pour éviter cette identification "le Kundera qui écrit / le Kundera qui vit".
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Muahahahaha!!!
A cette idée, je répondrai par l'anecdote qui serait arrivée à un auteur de la première moitié du XX° dont j'ai bien évidemment bouffé le nom, et qui, sur la fin de ses jours, était allé assister à un cours à la Sorbonne sur une de ses oeuvres. Assis au fond de l'amphi, il écouta religieusement le professeur analyser ladite oeuvre, et à la fin du cours se présenta à lui, le félicitant pour son cours et lui disant "Monsieur, c'est vraiment magnifique, vous m'avez ouvert les yeux. Moi-même j'ignorais avoir voulu dire tout ça dans mon oeuvre".
Comme quoi, pseudo ou pas pseudo, on trouvera toujours des exégètes haddeubales pour prendre un texte dans tous les sens et lui faire dire ce qu'on veut.
Ca marche d'ailleurs très bien avec des ouvrages collectifs écrits voici plus de 2000 ans 
Et comme moi j'ai mes déclics d'écriture dans le métro/en faisant mes courses/en me rasant le matin, j'estime que le "moi" qui écrit et celui qui prend le métro et se rase le matin ne font pas deux...
Regards,
Skro
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 01/01/08 19:08
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Citation :Skro dans une contemplation à Dlul a dit:
Et comme moi j'ai mes déclics d'écriture dans le métro/en faisant mes courses/en me rasant le matin, j'estime que le "moi" qui écrit et celui qui prend le métro et se rase le matin ne font pas deux...
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en meme temps si t'avais le talent d'un kundera ça se saurait hein 
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 01/01/08 22:09
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Citation :Skro dans une contemplation à Dlul a dit:
Muahahahaha!!!
A cette idée, je répondrai par l'anecdote qui serait arrivée à un auteur de la première moitié du XX° dont j'ai bien évidemment bouffé le nom, et qui, sur la fin de ses jours, était allé assister à un cours à la Sorbonne sur une de ses oeuvres. Assis au fond de l'amphi, il écouta religieusement le professeur analyser ladite oeuvre, et à la fin du cours se présenta à lui, le félicitant pour son cours et lui disant "Monsieur, c'est vraiment magnifique, vous m'avez ouvert les yeux. Moi-même j'ignorais avoir voulu dire tout ça dans mon oeuvre".
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Euh, je serais tentée de répondre : "et alors?"
D'une part, ça ne change rien à ce que j'ai dit, les interprétations biographiques sont parfois une plaie reconnue par certains auteurs. Que les autres interprétations le soient aussi, c'est une autre histoire et ça ne contredit rien à rien.
D'autre part, on peut facilement répliquer que ce qu'a voulu dire l'auteur, ça n'a qu'un intérêt extrêmement limité, et ce qui compte à la fin c'est les différentes lectures plus ou moins pertinentes qu'on peut faire de l'oeuvre. Voir dans la pie qui chante sur une patte au jour levé une allusion érotique ou un symbole pacifiste, c'est deux lectures plus ou moins intéressantes. Y voir une allusion à la vie sexuelle de l'auteur, c'est faire (un peu) du boulot de fouille-********. Même si parfois ça éclaire le texte.
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 01/01/08 23:45
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Parfois on interprète de travers, parfois non et parfois en effet, même l'auteur ne le sait pas, ce qu'il a voulu dire... ça paraît con ? je m'explique. Toi-même étant auteur Skro, tu t'en rends probablement aussi compte : il arrive que le choix d'un mot (voire sa création) ne soit pas du hasard, je pense peut-être des conneries mais je crois que notre subconscient, notre inconscient ou qu'en sais-je s'exprime bien souvent plus vite qu'on ne le croit... et sans aller jusqu'au lapsus on peut choisir un mot pour dire telle chose sans se rendre compte (à moins de prendre du recul et d'y penser) qu'en fait il nous a plus tenté que tel autre car... il est chargé, il nous rappelle ceci, il nous rappelle cela, il évoque plus universellement parfois ceci, ou cela.
Ce n'est pas généralisable à tous les mots (ou peut-être pour les extrêmistes du triturage de crâne) mais souvent je me rends compte après coup que si j'ai écrit telle chose, plutôt que telle autre, pour raconter/décrire un fait, c'est que cette formulation raconte quelque chose de différent, que je n'avais pas vu au premier regard.
Pour en revenir au sujet, eh bien c'est rigolo mais ben, de mon côté je n'ai pas l'impression que c'est moi qui écris. Je suis peut-être schizophrène mais sur le coup, j'écris, ça part, ça puise pourtant bien dans des choses que j'ai pu vivre ou voir mais comme si c'était un autre moi, comme si c'était quelqu'un d'autre à qui j'avais raconté et qui se met à écrire. Je n'ai absolument pas le sentiment que le moi qui ne prend pas le métro le matin est le moi qui écrit, en même temps j'écris tard le soir, un peu sonnée, un peu ailleurs, avec du blanc devant les yeux 
Bah, je me plais à croire que l'homme est assez complexe pour qu'il ne soit pas qu'une personne même si ces différentes personnes au final n'en forment qu'une (ouh-la... mouais) et que certaines prédominent suivant les situations, l'humeur etc... en tout cas, au final, comment signer mes écrits quand je ne suis même pas persuadée que c'est bien moi qui les écris ? Autant laisser libre cours au pseudo, surtout quand par son aspect irréel il confère ce même aspect au roman l'ancrant plus avant dans le fantastique, et paradoxalement lui donnant un peu plus vie.
-------------------- Manendi Etonae ad perficiendas Britannicas litteras, Nero flagrabat desiderio Urbis.
En séjour à Eton pour perfectionner son anglais, Néron brûlait de revoir Rome
Citation :ZiGGy> Tu permet une MAJ de mon avis dans ton profil: "Grade : chieuse. Talent : max.
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 02/01/08 09:33
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Citation :Armorphée dans une contemplation à Dlul a dit:
Bah, je me plais à croire que l'homme est assez complexe pour qu'il ne soit pas qu'une personne même si ces différentes personnes au final n'en forment qu'une
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jean-claude van damme, je t'ai reconnu!
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Réponse au Sujet 'Ecrire sous pseudonyme (ou pas)' a été posté le : 02/01/08 12:00
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…J'avais oublié l'exemple de ce que je voulais dire plus haut.
Dans son recueil d'interviews, King raconte qu'il s'était vu traîner sur un plateau TV où on lui avait mis dans les pattes une psy qui avait posé des questions insistantes, façon grand inquisiteur, cherchant un traumatisme d'enfance (sûrement une Lacanienne, tiens ! ). Cherchant à se dépatouiller, il a fini par trouver une anecdote comme quoi, étrant gamin, il a découvert le corps d'un pote victime d'un accident et a fait un black-out total dont il n'est sorti qu'en rentrant chez lui, incapable de dire à sa mère ce qu'il avait fait (je cite de mémoire, hein !)
Et la psy triomphante de dire : "Et depuis, vous n'avez jamais cessé d'écrire à ce sujet".
Et les bœufs de l'audience d'applaudir. Ça y est, tout redevenait NORMAL, pour écrire des choses pareilles, ma brave dame, fallait bien qu'il y ait kek'chose. La psychologie d'Hollywood dont je parlais avait gagné, ite missa est.
Bon, là, il s'agit plus d'un jugement au sens judiciaire que d'une exégèse, surtout dans le cas de King, qui malgré le côté geek-et-je-cite-des-maquettes-Aurora(voir à ce sujet un article très rigolo de F. Paul Wilson dans "Le livre des livres de Stephen King", traduit par votre serviteur, ed. Dreampress, peut-être déjà épuisé — moi aussi d'ailleurs ), puisait tout de même pas mal dans son expérience et dans le métaphorique (faut-il redire que les fantômes de "Shining" sont une métaphore de l'alcoolisme ?) et ce n'est jamais que la téloche…
Excès inverse, dans un panel sur le polar qui n'a pu s'empêcher de dériver vers la politique (bâillements)j'ai vu Fajardie expliquer doctement à une jeune auteure de polar — si, y'en a encore… — qui avait l'air de se demander ce qu'elle foutait là que si, tel M. Jourdaion faisant de la prose, elle faisait du social même sans le vouloir, si, si, puisque je vous le dit. (A sa décharge, Fajardie nous avait gratifié d'un exposé passionnant sur le social dans Sherlock Holmes. sachant que Doyle avait plus d'une préoccupation en ce domaine…)
Tiens, un truc marrant qui me revient : lorsque j'écrivais mon Blade de septembre dans l'urgence, je suis allé me voir un film que j'ai adoré, je crois que c'était "Les fils de l'homme". Du coup, je me suis dit "Flûte, tu devrais essayer de mettre un poil de signifiant dans ton bouzin !", et j'ai travaillé mon personnage de vampire en chef pour lui donner un poil plus d'épaisseur que prévu.
Simple exemple toute proportion gardée, mais combien d'auteurs autrement plus importants que moi peuvent avoir ce genre de déclic qui restera probablement inconnu des exégètes de tout poil ?
(Je me rappelle un San Antonio, eux aussi écrit à la va-vite, où Dard introduisait un personnage d'intellectuel Africain noble et classieux, et où une remarque raciste de Bérurier excédait le héros. Je me plais à imaginer que Dard avait rencontré un Africain de ce calibre, comme le diplomate de Konakri que j'ai eu le plaisir de rencontrer un jour, et qu'en revoyant ses bouquins, il a eu honte des libertés qu'il avait pris — même si on peut difficilement taxer Dard de racisme, même pour son époque, un de ses grands formats dont j'ai oublié le nom brocardant au contraire le cliché colonialiste — et a décidé de rattraper ça avec un personnage comme celui du roman…)
-------------------- Ex-casse-les-burnes, la signature iconoclaste !
Diplômé de nanarologie à l'université de Remontay-les-Bobines
Notre maison d'éditions : http://www.ed-malpertuis.com
Lisez Mythologica : http://revue.mythologica.net/
Vendu 7000 PO à Teocali, qui en a aussitôt fait cadeau à Miss Oph !
"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver !" — Baldur Von Schirach (qui la piqua à Hans Jonnst), colonel SA, chef des Jeunesse hitlériennes, responsable de 185 000 déportations.
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