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Elric

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Membre Chaos Elite Troops   [PLC 2007] Retour dans le monde a été posté le : 29/10/07 10:15
un petit commentaire préalable :
Pour cette nouvelle j'avais pour ambition d'utiliser les 5 sens

malheureusement, le temps me manquant j'ai du faire l'impasse sur 2, mais j'espère que ça ne se voit pas de trop

néanmoins je pense que j'actualiserai un jour prochain le récit avec ses éléments manquants, sur ce je vous laisse à votre lecture.


ps: n'hésitez pas à laisser un mot, ça me fera plaisir :)

ps2: j'ai oublié mais si vous pensez savoir quels ouvrages ont inspiré ces lignes laisser vos hypothèses :)


Dernière mise à jour par : Elric le 29/10/07 11:59

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pour suivre ma moitié, je me vois bien actionaire de la pétroléum bazooka, ou/et des pétroles yoblémites :D :D :D

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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet '[PLC 2007] Retour dans le monde' a été posté le : 29/10/07 10:15
L’éveil est curieux, cotonneux.
Je regarde ce qui semble être le plafond d’une salle sans couleurs, tout est de nuances de gris.
Je me relève en douceur, la lumière est douce, mais dénuée de source. Où suis-je?
La pièce est de forme ovale, je vois des portes. Cinq au total. Curieux endroit, aurais-je été mis au secret quelque part ?
Mais, au fait qui suis-je?
Je n’arrive pas à me rappeler ce point. C’est inquiétant tout de même…
C’est dingue, je dois être camé, je n’arrive pas à voir distinctement mes membres.
Je ne peux pas rester là, il faut que je bouge. Essayons une porte, la première qui vient.
La poignée tourne, mais je ne la sens pas. Etrange cette non-sensation.
Ouvrons donc, nous verrons bien.

On dirait une ruelle, c’est un peu glauque. Curieux je la vois en noir et blanc. Je fais un pas, c’est toujours mieux d’avancer que de rester dans ce lieu gris.
L’ambiance fait vieux polar démodé, je m’attends à tout moment à voir surgir un Bebel ou un Ventura. Tiens, ces références me sont venues spontanément, étrange à nouveau. Je me surprends à sourire à la situation. Une pluie fine se met à tomber, étrange sensation car je ne la sent pas sur ma peau.
Eh, mais je suis habillé, je porte des vêtements qui n’étaient pas sur moi dans la pièce grise, quoiqu’en fait, je me voyais trouble donc ils étaient peut être là, et je commence juste à retrouver une vision normale.
Je m’avance dans la ruelle pour rejoindre une artère plus importante, la lumière semble plus crue. J’arrive sur un trottoir, de l’autre côté de la route encombrée de véhicules je vois une grande église.
Curieusement aucun son ne me parvient. Je décide de traverser, de voir plus loin.
Je me dirige vers un feu et son passage piétons.
Le gars à gauche me regarde bizarrement
Traversons
Je tourne à droite
Je descends des marches qui mènent, d’après les panneaux, aux RER. Je me retourne, il est là, appuyé à la rambarde, faisant semblant de regarder le fleuve tout proche.
Je remonte, passe devant lui, puis décide de longer le fleuve jusqu’à atteindre une autre bouche dans le sol avec des marches qui celles-là amènent les gens au métro.
Il me suit.
Il n’est vraiment pas discret malgrès la foule des gens qui se pressent pour entrer en ces lieux.
Je rentre dans la bouche, me faufile habilement et prends une bonne longueur d’avance sur lui.
J’arrive sur le quai, le train est là.
Je monte, mais pas dans la première voiture.
Les portes se ferment.
Le train part.
Il est là sur le quai, il vient juste d’y arriver en courant, il m’a perdu, il semble perdu.
Le train s’arrête à la station suivante, la porte s’ouvre toute seule… sur la pièce d’où je suis parti, avec ses portes blanches.
Détail troublant, les murs sont maintenant colorés, un saumon pastel, une lumière issue d’un lustre circulaire bleu pâle éclaire le tout. Le même endroit, mais différent, comme si j’avais accédé à une autre réalité de ce lieu. Je me retourne et derrière moi il n’y a plus qu’un brouillard flou. Je repense au fait que le monde que je viens de quitter n’avait pas de couleurs, ni de sons…


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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet '[PLC 2007] Retour dans le monde' a été posté le : 29/10/07 10:16
L’heure n’est pas à l’introspection ni à la philosophie, je pense que je n’ai plus qu’à essayer une autre porte.
J’ouvre donc une nouvelle porte qui me dépose devant une sorte d’abris bus. Une piste façon piste de course à pieds passe juste devant. Le ciel au dessus parait menaçant.
J’aperçois une sorte de bâtisse creusée dans la muraille, j’ai du mal à estimer sa taille, car j’ai aussi du mal avec la distance qui m’en sépare.
Des gens ont l’air de courir vers elle.
La piste devant moi semble se diriger droit vers ce point.
Je me mets donc en marche d’un pas tranquille vers ce point qui grossit peu à peu.
Soudain, quelque chose occulte la lumière venant d’au dessus de moi, je lève la tête et, oh stupeur, me voila face à un dragon, comme dans la mythologie, celui est de couleur bronze et il porte un cavalier.
C’est curieux je ne l’ai pas entendu arriver. Son maître semble s’adresser à moi mais je n’entends rien du tout.
Par des gestes appuyés, il m’exhorte à monter en croupe sur son gigantesque animal.
Je m’exécute, et voila qu’il m’emporte dans les airs vers une destination inconnue, le ciel à notre gauche ressemble de plus en plus à un orage monumental qui crache vers le sol, au rythme d’éclairs incessant, des grêlons énormes.
Bientôt ma vue se brouille, le vent est fort, et je m’accroche tant bien que mal à ce cavalier d’un autre monde.
Tout cela me semble durer une éternité tant le silence qui m’oppresse est étouffant. Jusqu’alors je ne m’étais pas rendu compte à quel point les sons pouvaient me manquer.
Il y eu une secousse et nous fûmes de nouveau sur le sol. Nous avions atterrit devant un bâtiment avec de grandes portes de fer, à une centaine de mètres se trouvait la bâtisse dans le contrefort rocheux que j’avais aperçu tantôt.
Mon chauffeur démonta, puis m’aida à en faire de même.
Il se dirigea d’un pas sûr vers les portes métalliques qui s’entrouvrirent à notre approche.
Là, un homme d’une cinquantaine d’années habillé tout de bleu nous accueillit, et nous fit entrer. Il régnait comme un sentiment d’urgence dans sa façon de nous inviter à entrer.
Un conciliabule prit alors forme entre les deux hommes auquel je n’entendis rien, les sons ne me parvenaient toujours pas.
Je me rendis bien compte que j’étais l’objet de toute cette discussion, et vu les mines préoccupées des gens je devais avoir échappé à une quelconque menace.
L’homme plus mûr nous conduisit vers ce qui semblait être un réfectoire, là une femme vint nous porter à boire, un liquide noir, ressemblant à du café. J’y goutais précautionneusement et je ne ressenti rien sur ma langue ou mes papilles. Je bus néanmoins toute ma tasse.
Le cavalier se leva alors, me parla, me désigna l’homme plus mûr et partit d’un bon pas vers la sortie. Que faire, le suivre ou rester, l’homme plus mûr décida pour moi en me retenant par le bras.
Restait à communiquer avec cet homme. Pas évident compte tenu que je n’entendais rien, et je ne savais même pas si mes mots sortaient correctement de ma bouche, et pire si oui, l’homme en face de moi pouvait-il les comprendre.
L’homme devait être un érudit quelconque, car il m’emmena jusqu’à un bureau quelque peu en désordre où trônait une sable-table permettant d’écrire et d’effacer facilement.
L’homme dégagea une chaise, prit place dans le fauteuil et me fit signe de prendre place sur la chaise.
Il prit un stylet et traça sur le sable des signes. Je le regardai faire m’apercevant que les signes ne m’étaient pas inconnu, le mot qui se forma alors de lettres en majuscules fut un nom, le sien à n’en pas douter, ROBINTON.
Pour confirmer mon intuition il montra le nom dans le sable puis se montra la poitrine.
Je pris à mon tour le stylet et je traçais alors mon nom en majuscules également, MELVIN WARD.
Je tentais de suite un mot simple pour voir si nos langues étaient proches, MANGER.
Il fit le geste de mettre quelque chose dans sa bouche, et je sus que nous parlions à l’identique. Nous discutâmes ainsi quelques heures, toujours dans un silence assourdissant pour moi. J’appris dès lors que j’avais tantôt échappé à la mort, que ce que j’avais pris pour de la grêle était en fait un organisme du plus haut nuisible, que le cavalier avec son dragon décimait en plein ciel.
La sable-table nous permettait de communiquer aisément mais elle nous obligeait à rester dans ce bureau, c’est pourquoi je soumis à Robinton l’idée de trouver un support plus adéquat pour nous permettre de nous déplacer.
Il souscrivit à l’idée mais ne voyait pas quel support pourrait supporter l’écriture et l’effacement en continu sans se désagréger. L’ardoise me vis-je répondre, ce qui eu l’air de le laisser sceptique. Je lui demandais donc de m’emmener trouver de l’ardoise, un morceau assez plat et pas trop gros ni grand. Il m’emmena dans la cour, qui maintenant que l’alerte était passée grouillait d’une activité frénétique de jeunes gens tous habillés de bleu, le même bleu que celui qui habillait Robinton, peut être juste un peu plus pâle, sans doute pour marquer une quelconque hiérarchie. Là nous trouvâmes un tas de rebus provenant sans doute de la construction ou la consolidation d’une toiture. Une plaque à peu près régulière de ce qui ressemblait le plus à de l’ardoise émergeait du tas. Il fallut la retailler quelque peu pour en faire un support point trop grand. Il me restait à trouver une craie et une éponge, ou du moins à expliquer mes besoins à Robinton.
Pour cela je tentai de lui faire comprendre que je souhaitais retourner à la sable-table.
Il me fit non de la main, et m’invita à le suivre, il devait avoir compris quelle était mon idée.
Nous entrâmes alors dans une sorte d’atelier de fabrication d’instruments de musique, il se dirigea d’un pas rapide vers un établit où trônait une sorte de mandoline. Là il saisit sur le pourtour un bâton de craie blanc bien rectiligne et un chiffon dont la texture s’apparentait à du coton.
Notre communication en fut grandement facilitée. J’appris dès lors que j’étais dans une sorte d’école pour bardes, harpistes comme les appelaient Robinton. Robinton me fit l’honneur de visiter tous les ateliers, où étaient étudiés le chant, la composition et la fabrication des outils de leur art.
Ce faisant, je m’aperçu que la mixité lors des cours n’était pas à l’ordre du jour, je m’en ouvris à Robinton qui me répondit que ce n’était pas pour tout de suite mais pour bientôt. Il souligna le « bientôt » d’un sourire plein.
J’avais remarqué dans le groupe des filles, que l’une d’entre elles paraissait atypique, elle jouait d’un luth et donnait l’impression de difficultés douloureuses avec sa main gauche.
J’en fis part à Robinton qui m’expliqua qu’elle s’était blessée en vidant un poisson dont la graisse agissait comme un poison pour les muscles. Cela n’était pas sans rappeler les raidissements des muscles après contact avec les poisons issus du fugu. Avec certaines plantes et un peu de rééducation on pouvait retrouver toutes ses capacités.
Je décrivais à Robinton les ingrédients qui pouvaient sauver cette main, il me prit alors par le bras pour me piloter vers un escalier. Il frappa à une porte, puis l’ouvrit. Nous pénétrâmes dans une pièce meublée sobrement où un homme quelque peu déformé était assis sur une chaise devant un bureau débordant de récipients et parchemins.
Robinton me le présenta comme étant Oldive. Il avait pris soin ce faisant de ne pas effacer mes descriptions d’ingrédients.
Oldive regarda attentivement cela et commença à chercher dans ses récipients. Il en sortit tous les ingrédients de ma liste sauf un. Là il appela d’une voix forte et un garçon apparu presque instantanément. Il lui ordonna quelque chose lui donnant dans la main une pièce de bois ronde avec un deux gravé dessus, sans doute la monnaie locale.
Le garçon ouvrit des yeux ronds devant la pièce, ce devait être une somme, et détala aussi vite que ses jambes pouvaient le porter.
Une demi-heure après environ, il revint porteur d’un paquet qu’il tenait solennellement à bout de bras. Il allait rendre la monnaie quand Robinton arrêta son geste, le garçon eut un sourire qui découvrit toute sa dentition et il fila avant sans doute que l’on ne change d’avis.
Les ingrédients me permirent de réaliser une décoction et un baume. La jeune fille fut bientôt parmi nous et il lui fut demandé si elle voulait essayer. Elle avait l’air décidé, elle but donc la décoction sans trop grimacer, et elle écouta attentivement la façon d’utiliser le baume et les exercices qu’elle devrait réaliser avec une balle. Pour cette dernière Oldive la lui avait déjà fournit et elle s’entrainait avec régulièrement.
Je restais là vivant au rythme de cette communauté, discutant avec Robinton et Oldive régulièrement et suivant avec intérêt les progrès de la jeune fille, qui je l’avais appris s’appelait Menolly.
Au bout d’une quinzaine de jour, je m’aperçu d’une effervescence inhabituelle, et fort différente de celle du au prédateur du ciel. Il allait y avoir une fête, des marchands, un concert, et toute sorte de festivités. Il apparut que Menolly progressait fort bien avec sa main, et qu’elle pouvait tenter de jouer lors du concert. Cette idée semblait en révolter un certains nombre, mais Robinton insista et il fut décidé qu’elle jouerait en solitaire au milieu du concert.
Je fus donc embarqué dans le sillage de Robinton et nous allâmes profiter des commodités de la fête, y compris la buvette où le vin distribué était somme toute correct.
Le concert commença tôt, le monde était au rendez-vous, il s’agissait d’une de ces journées où il n’y a pas d’élément perturbateur et où chacun goute un instant de paix.
Vint le tour de Menolly, elle joua longtemps en tenant compte de sa main, elle enchanta tous les convives de sa voix mélodieuse. Ses compositions étaient originales et chacun en buvait les paroles, se laissant bercer par les accords doux.
Le fait d’avoir bu un peu et l’aspect festif de tout le monde, la nature m’appela à elle et je trouvais bientôt les toilettes. J’ouvris la porte, et là, le choc j’avais devant moi ma pièce, et derrière moi, le néant.


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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet '[PLC 2007] Retour dans le monde' a été posté le : 29/10/07 10:16
J’entrais donc et me tournais vers la porte suivante.
Je l’ouvris et j’observai, avant de faire un pas, le monde qui se présentait à moi.
Je vois donc le seuil d’une petite maison, très simple, entourée de pins, avec un chemin en graviers, où sont garées deux voitures, l’une apparemment du cru, simple et rouillée, l’autre de la ville comme on dit par ici, rutilante.
Diverses odeurs m’assaillent. L’odeur des pins, de la terre chauffée par le soleil, des aiguilles qui ont cuit sur le sol de sable, et surtout, surtout, une odeur de cuisine, une odeur qui me fait penser à un gibier grillé, surtout une odeur qui me met l’eau à la bouche.
N’écoutant que mon courage, ou plutôt mon estomac, je fais demi-tour et j’ouvre l’huis qui me sépare de cette odeur, en espérant que celui-ci ne me ramène pas dans la pièce ovale avant que je n’ai eu l’occasion de gouter à ce qui dégage ce fumet ô combien raffiné.
La porte s’ouvrit donc sur une pièce carrée où trônait une grande table en bois brut et des bancs du même acabit. Là deux personnes étaient attablées devant des assiettes vides et des verres pleins d’un liquide carmin que je supposais être du vin. Devant la cheminée, se trouvait affairée une petite grand-mère. Elle tisonnait les braises de son feu, faisait tourner la broche et arrosait régulièrement la pièce de gibier, sans doute du sanglier, qui grillait doucement.
L’un des deux hommes me fit signe de m’asseoir.
- bonjour, vous partagerez bien un truc à grignoter.
Ce n’était pas une question mais une affirmation.
Je pris donc place sur le banc de bois brut, et me retrouvais en moins de temps qu’il n’en faut pour le boire avec un verre tout simple remplit d’un beau liquide carmin.
- ça, c’est un petit truc du cru, il se laisse boire sans effort
- j’imagine – répondis-je en y trempant les lèvres, non sans avoir porté un léger toast.
Le gout explosa dans mon palais, les notes de fruits rouges et de châtaigne mêlées, la légère âpreté une fois la gorgée avalée, je n’avais rien ressenti de tel depuis un moment.
- La mère nous prépare un léger en-cas et ensuite on ira chercher des choses inédites.
- Ah comme quoi ?
- Une surprise – me dit-il en souriant.
La vieille approcha alors une assiette creuse et y versa une bonne louche d’une soupe, il me semblait y distinguer des lentilles, et diverses autres choses comme des morceaux de saucisse sèche et de jambon cru.
- voila, il manque juste l’œuf et le pain et on casse doucement la croute avant d’aller voir Augustin.
- Augustin ?
- Oui un éleveur de truffes.
- Mais les truffes ne s’élèvent pas, c’est un champignon…
- Elles s’élèvent avec amour et art, tu verras bien quand on y sera.
Sur ce j’attaquais mon assiette juste après que soit apparu un œuf qui se pochait de lui-même dans la soupe chaude. Le pain était frais et tellement goûtu que lui seul aurait déjà mérité un repas. Je m’en servis donc sans honte pour m’aider dans la dégustation de cette merveille de soupe.
- Elle est bonne hein !
- Oh que oui, vraiment splendide !
- C’est parce qu’elle y met de la crème fraîche, mais de la vraie pas de celle du supermarché…
Cette phrase ne laissait planer aucun doute sur ce que pensait cet homme de ces grands magasins.
Nous prîmes le temps de nous restaurer et le signal du départ fut donc donné pour aller voir le bien nommé Augustin.
Dans la voiture, celle de la ville je pus enfin faire connaissance avec mes acolytes, le chauffeur s’appelait Christian, et son copilote en ces terres de bonheur culinaire Bertrand.
Le premier n’était pas du coin, mais se laissait guider par le second dans un pèlerinage gastronomique.
- Une idée très intéressante. Vous en êtes à quel stade de votre parcours ?
- Oh, pas encore à la moitié, ça c’est sûr.
Sur ce à coup de départementales charmantes nous arrivâmes chez le fameux Augustin.
- Attendez moi dans la voiture je vais voir si il est disposé.
Et Bertrand de sortir en nous laissant poireauter.
- Et vous compter faire quoi une fois votre pèlerinage terminé ?
- Peut être écrire, mais surtout, revenir en faire un autre avant que ces lieux de cultes ne disparaissent.
- Vous pensez vraiment que tout ceci risque de prendre fin ?
- Et bien oui, il faut être réaliste, les jeunes du cru sont beaucoup moins intéressés pour rester dans le coin, les boulots possibles ne leurs semblent pas passionnant. Vous voyez cette gentille petite vieille de toute à l’heure, elle a 83 ans, et personne pour bosser avec elle, ça veut dire que quand elle sera plus là, on aura perdu cet art culinaire qu’elle tient à bout de bras. Evidemment, ce discours à l’époque de la bouffe rapide ça accroche pas les jeunes…
- Je vois de quoi vous voulez parler, au final le vidage des campagnes c’est toujours d’actualité, mais maintenant c’est pas le vidage d’un point de vue gens, c’est le vidage d’un point de vue savoirs ancestraux.
- C’est dur de s’en apercevoir et de réaliser à quel point on va perdre des choses.
Avant d’avoir pu aller plus loin dans notre discussion, Bertrand refit son apparition accompagné d’un personnage vouté, qui marchait néanmoins d’un pas vigoureux, ce ne pouvait être que le fameux Augustin. Il devait donc être disposé, ou tout du moins un tant soit peu plus disposer qu’en temps normal.
- Il est d’accord pour nous emmener faire un tour et voir si on peut retourner quelques truffes – annonça Bertrand.
- Ah tant mieux – se soulagea Christian.
- T’emballe pas trop vite, y’a une condition, il faut qu’on emmène Mélusine dans la voiture.
- Mélusine ?
- Oui c’est la truie d’Augustin, c’est elle qui trouve les truffes, ça tombe pas des arbres…
- Et y’a une bâche ou un truc du genre ?
- On va trouver – énonça Bertrand.
Et donc, posée sur un amalgame de sacs en plastique, Mélusine faisait quelques bruits pendant que nous nous dirigions vers son lieu d’exploration truffière.
Nous finîmes par stopper au détour d’un chemin en terre dans un champ ou poussait plus des pierres et des chênes qu’autre chose.
- Alors comme ça, on la lache dans le champ et on attend qu’elle revienne ?
- Mais t’y est pas du tout mon gars, la Mélusine, si tu la surveilles pas de près, des truffes t’en verra pas la queue d’une, elle te les bouloterait toutes !
- C’est une vraie chasse en fait, il faut voir que les chiens donnent parfois de bons résultats, mais le cochon, c’est le must si tu sais surveiller – commenta Bertrand.
Nous suivîmes donc la Mélusine dans ses pérégrinations dans le champ. En l’espace d’une demi-heure elle avait déniché une douzaine de truffes de bonnes tailles. Augustin mit fin à la chasse et nous enjoignit à retourner de part chez lui pour profiter de ses trouvailles.
Le retour fut sans histoire, et Augustin nous installa dans sa cour, sur des chaises de jardin, en attendant qu’il préparât un léger encas.
Une belle omelette baveuse fit son apparition, elle était truffée plus que de raison, mais ce fut un bonheur sans nom.
On l’arrosa d’un vin du cru qui s’avéra fort à propos avec la truffe.
Bertrand fit alors ce commentaire :
- ça c’est de l’encas, après un truc comme ça il faut absolument chercher l’apothéose !
- et que proposes-tu mon guide – demanda Christian.
- Des ortolans – annonça-t-il à la façon d’un conspirateur en accompagnant ses mots d’un clin d’œil.
- Des ortolans ! mais c’est interdit !
- Tsss, c’est pour ça qu’on les mange !
Nous laissâmes Augustin à ses truffes, non sans le remercier pour tout le bonheur qu’il nous avait apporté le plus simplement du monde.
Nous reprîmes donc la route vers un lieu où l’on transgressait les interdits comme nulle part.
En passant par des routes sinueuses au milieu des forêts domaniales, nous roulâmes tranquillement en suivant les indications tarabiscotées de Bertrand. Je le soupçonne de nous avoir fait tourner en tout sens pour qu’on ne puisse pas retrouver de nous même le chemin vers ce lieu proscrit.
Enfin il nous fit stopper devant une maison typiquement landaise. Nous descendîmes, et comme mû par un instinct secret je pris la tête du groupe et entrepris d’ouvrir la porte non sans avoir frappé au préalable.
Et là quel choc de voir un couloir lumineux où une autre porte se profile, mais en aucun cas l’intérieur d’une maison landaise si pleine de promesses. En me retournant je ne vis déjà plus Christian et Bertrand ni la pinède landaise, juste le blanc du couloir qui m’entourait.
Je jurais intérieurement, et me dirigeais vers cette nouvelle porte.
Me voila rendu à ce que j’espère la dernière des portes, que vais-je trouver derrière ? Je suis pris d’une certaine appréhension lorsque je tourne la poignée.
Quand la porte s’efface, je me retrouve à regarder un faux plafond blanchâtre, quelqu’un parle à mes côtés, je suis allongé dans un lit, quelque part sur ma gauche j’entends aussi un bip récurent.
Je tente de bouger ma main, et c’est un succès.
J’entends alors un hoquet de là où provenait la voix et puis.
- Docteur ! docteur ! venez vite il se réveille !
Et la personne sort de façon floue par une porte.
J’arrive peu à peu à faire la mise au point, et j’aperçois alors quelques livres sur la tablette devant moi. Curieusement leurs titres me semblent familiers.
Plusieurs personnes firent alors irruption dans la chambre.
- Bonjour, comment vous sentez-vous ? vous n’êtes pas tenu de répondre de suite, nous sommes heureux de vous revoir parmi nous après ce que vous avez subit. Pour vous éclairer, sachez que vous avez été victime d’un accident et que vous êtes restés dans le coma pendant douze jours. Votre épouse vous a fait la lecture, ça a pu vous aider nous en reparlerons d’ici quelques jours.
- Mon chéri, de quoi aurais-tu envi ?
Je parvins à articuler dans un sourire : ortolans…
- Il s’est évanoui, c’est normal madame, nous allons lui administrer de quoi le remettre d’aplomb et il sera bientôt de retour. Savez vous pourquoi il a demandé des ortolans ?
- Je pense que ça vient du livre que je lui lisais.
- Bien, nous en parlerons un peu plus tard pour voir comment ça a pu l’aider.
- Bien docteur, tout va être comme avant maintenant ?
- Oui madame.


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