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ZiGGy

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   The Troggs a été posté le : 06/06/07 14:29


Auteurs dans les années 60 d’une dizaine de L.P. partagés entre éditions anglaises et américaines, les Troggs sont plutôt restés célèbres pour leurs deux hit single américains, le heavy rock Wild Thing, plus tard stellarisé par Hendrix, et la ballade Love Is All Around, explosant en plein flower power. De là à les considérer comme un éphémère combo à singles, entre ses compatriotes Kinks (dont ils partagent le producteur des débuts) et la vague garage américaine (Standels et autres formations audibles sur la compilation Nuggets), il n’y a qu’un pas. Un pas qu’il est dangereux de franchir sans avoir au préalable posé une oreille sur une compilation plus anthologique que le présent ouvrage, comme le double L.P. (28 titres) Vintage Years ou le double cd (53 titres) Archeology, extrayant tous deux une flopée de morceaux sous-estimés des albums inégaux du groupes. Mais quels que soient les mérites de ces autres titres, c’est sur cette facette prévalante d’artisans du single que nous allons nous pencher en écoutant ce Hit Single Anthology, qui se concentre comme son nom l’indique sur les 45 tours ayant le mieux marché dans les charts anglais (l’Amérique ayant nettement plus boudé le groupe malgré sa proximité stylistique avec les groupes locaux).

Premier hit donc, des deux côtés de l’océan, ce Wild Thing qui contrairement à certaines rumeurs n’est pas l’œuvre du groupe mais celle de Chip Taylor. Une guitare rêche qui grince dans les premières secondes et enchaîne sur un riff monolithique. Le style du groupe, avec ces cordes qui claquent et la voix toujours teintée de perversité de Reg Presley. Aux côtés de You Really Got Me ou de You’re Gonna Miss Me des 13th Floor Elevators, on trouve ici la quintessence du garage-rock. C’est avec ce touché offensif que le groupe se place dans les plus élémentaires précurseurs du punk. Pour ne rien gâcher, la face b du single, From Home, rejoue les mêmes cartes avec plus de vitesse. Moins pachydermique que le riff de Wild Thing, ce nouveau tube dispose pour sa défense d’une artillerie faite de rythmique galopante et d’une guitare saturée, stoogienne avant l’heure. Son seul solo permet de comprend pourquoi Lester Bangs, critique et fan numéro un des enfants de Detroit, s’est également improvisé défenseur des Troggs. Une esthétique de rock pur et violent comme cette décennie l’invente, encore dans l’ombre de la pop et du rock bluesy.

Pourtant, le single suivant vient contester ce point de vue. Si la face b I Want You propose pour le plaisir de nos muscles auditifs (écoutez les Troggs avec vos pectoraux, le volume à fond pour bien vous laisser pénétrer par les ondes sonores) la même association riff/chant avec sa dose de provocation sexuelle, le morceau titre, With a Girl Like You, n’apparaît pas aussi dur. Déjà, Presley qui se la joue séducteur, ça a de quoi décontenancer. Ce mec qui va bientôt chanter « I’m gonna make you all mine » se prétend ici fleure bleue. Sur le fond, c’est le travers mielleux dans lequel tomberont rapidement les Troggs après leurs premiers succès (on préfère le travers – de porc – de paroles plus phallocrates, avouons le), mais dans la forme, le titre fonctionne tout de même : conviction du chant, capacité de renouvellement certaine à coup de mélodies. De toutes façons l’inspiration est toujours là et le groupe poursuit avec d’autres singles ravageurs. I Can’t Control Myself et Gonna Make You, déjà, version plus crade du style des Stones, plus bad boys que les bad boys eux mêmes.

Attention, cinquième single (quatrième présent sur cette compilation), et un vrai coup de poker. Le bluff se nome Anyway That You Want Me. Ouverture sur des cordes, pas de riff, Reg Presley d’une douceur insoupçonnée, c’est aller bien plus loin dans la ballade que sur With a Girl Like You. Mais la donne est remportée garce à la tension de la chose, toujours un brin sexuelle d’ailleurs. La rythmique qui plombe par instants le morceau et la simple mélodie du chant transcendent le style. Et puis il y a la face b, encore une fois grandiose : 66-54321. Retour au riff, paroles scandées sur un ton qui ne laisse pas de place au doute quant aux intentions du bonhomme : « There’s no use pretending baby, I feel the same way to / So come on off to my place, there’s so much that we can do / ‘Cause I know what you want. » Ce numéro à composer pour répondre à cet appel à l’impudeur, Lester Bangs le voyait avant tout comme un compte à rebours avant pénétration. Belle image qui colle à l’ambiance torride du titre. La route se poursuit avec Give It To Me et You’re Lying, toujours grinçantes et réussies. Éternellement dépositaires de cette pointe de méchanceté et de ce côté caveman qui permet aux Troggs de toujours sonner aussi purement rock alors que les courants musicaux plus violents se son multipliés depuis leur disparition.

Si l’on fait les comptes, à l’exception du flop du premier single (The Lost Girl / Yella In Me), cette Hit Single Anthology nous a proposé dans l’ordre cinq faces a et cinq faces b, huit perles noires du rock 60’s et deux ballades capables de tenir la route. De quoi, déjà, vouer un culte aux Troggs, et s’offrir l’objet. La suite des évènements amorce une virée de bord, même si le bateau ne prend pas encore l’eau. Night of the Long Grass, en particulier, renouvèle le sujet du groupe sur un ton sépulcrale, une lenteur inquiétante, et avec réussite. Sa face b, la power-pop Girl’s In Black, fonctionne déjà moins, exactement comme ce sera le cas de la face b du fatigant Hi Hi Hazel. Ca part déjà bien en couille. Suit le second hit américain, Love Is All Around, exactement la ballade qu’on pouvait craindre des premiers essais du groupe dans le genre, niaise, rendue pesante par les cordes, débarrassée de toute ambiguïté. Un ennui qui ne sera pas compensé par sa face b, When The Rain Come. Les riffs et la méchanceté commencent à sévèrement manquer. On enchaîne donc pour un neuvième single à la suite, et ça continue à en toucher une sans faire bouger l’autre : Little Girl est simplement nulle, et Maybe the Madman fait office de dernier sursaut qualitatif avec son style un poil plus rude et un beau refrain. Mais tout de même, quatre single douteux après cinq réussites absolues, ça représente un pesant désavantage pour toute compilation des Troggs.

Pour quiconque se penchera sur ses dix premiers titres (25 minutes), ce Hit Single Anthology a le grand mérite de proposer une suite cohérente de single fonctionnant aussi bien à l’unité que pris comme un ensemble cohérent. D’une certaine façons, rien n’y manque ; mais d’un autre côté, avec les huit (ou six pour être clément) titres suivant, on pourrait arguer qu’il y a de l’excèdent fort dispensable. Du coup, le nom et le contenu précis d’une compilation des single des Troggs importe peu, du moment qu’elle prend soin de ne rien oublier de cette galerie d’indispensables coups de poings du rock garage encore balbutiant mais déjà diablement maîtrisé. Il y a tout de même de quoi attirer les routards du rock et accoler une étiquette « chef d’œuvre » ou « attention classique » à l’objet. C’est du putain de grand art ! Wild thing, you make my heart sing, you make everything groovy... Mimétisme parfait entre le groupe et la chanson : sauvages, les Troggs ont su l’être, au moins le temps de devenir cultes.


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   Réponse au Sujet 'The Troggs' a été posté le : 07/06/07 08:34
Pas grand chose sur youtube pour vous motiver, mais tout de même une version live sympa de I Can't Control Myself ainsi que la ballade With a Girl Like You, rien de fantastique tout de même.
Allez, je complète d'une version audio de Wild Thing, tout de même illustrée de photos de l'homme le plus classe du XXe siècle.:7


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