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Nyxl

Basement Cat



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Pourquoi vous regardez ca ?
   Bernard Tirtiaux, un passeur d'histoires. a été posté le : 25/05/07 20:52
Bernard Tirtiaux est un maître-verrier doublé d'un homme de théâtre. C'est également un romancier d'un genre particulier. Il serait facile de le classer dans les cohortes des écrivains historiques, ceux qui construisent des histoires dans un contexte passé, et qui rivalisent dans la richesse de leur documentation, s'efforçant tantôt de coller le plus possible à l'Histoire ou au contraire, d'exploiter certaines zones obscures pour élucubrer (pardonnez-moi le néologisme, je suis pris de boisson - de soda, pour être précis) à loisir.

Bernard Tirtiaux se démarque un peu du lot par un fait. Non, pas parce qu'il est belge, je vous arrête tout de suite. Non, sa particularité, c'est qu'il s'attache à décrire les aventures d'un artisan. Pas un artisan à petite échelle, non, mais quelqu'un qui voit et fait les choses en GRAND. Son style a un quelque chose de chaleureux, d'intime. On sent que l'auteur a une grande affection pour ses personnages, on a l'impression qu'il rit quand il décrit les moments heureux, qu'il pleure quand il relate les malheurs, qu'il vibre lors des passages héroïques - car ces artisans qu'il évoque le temps de ses romans sont des héros, à leur manière...

Ce romancier étant maître-verrier depuis l'âge de 18 ans, on ne sera pas surpris de découvrir la teneur de son premier livre...

Le Passeur de Lumière (1993, Denoël, ISBN10 2-207-24019-3) :
An 1113. Nivard de Chassepierre vient de vaincre un ancien croisé, un redoutable seigneur, dans un duel à mort. Il a tout juste seize ans et ne sait plus vraiment où il en est. Alors qu'il est l'apprenti talentueux de deux orfèvres à la réputation honorable, il est contraint de partir de Huy, sa ville natale, où sa mère repose désormais, dans une sépulture indigne du rang qui fut le sien. Le jeune homme se met à sillonner le monde connu, et découvre le métier des artisans verriers, ceux qui créent et animent les vitraux de ces cathédrales immenses qui, près d'un millénaire plus tard, hantent encore les paysages quotidiens de l'Occident.

C'est jusqu'en Orient que Nivard ira, pour étoffer, compléter sa palette de couleurs, pour composer des symphonies visuelles. C'est là qu'il y trouvera le bonheur, qu'il souffrira les pertes les plus amères. C'est là-bas qu'il deviendra le Passeur de Lumière.

Les Sept Couleurs du Vent (1995, Denoël, ISBN10 2-207-24205-6) :
1558. Sylvain Chantournelle est un compagnon charpentier. Après un tour de France de sept années, il revient en son pays natal, vivotant en chemin en monnayant son métier, fixant un coq sur un clocher ici, réparant un toit là-bas. Bon-vivant, serviable, il encaisse difficilement la violence latente ou déclarée qui hante son époque. Lui, ce qui le passionne, ce sont les Orgues, les grandes orgues, celles qui peuplent les cathédrales de musiques célestes et souveraines, au son impérial et inéluctable comme une destinée. Lui, il espère que les mélodies de ces instruments produit par l'humain pour la gloire du divin ont le pouvoir de pacifier le monde...

Le Puisatier des Abîmes (1998, Denoël, ISBN10 2-207-24637-X) :
Futur proche. Antonin Carvagnac est hémiplégique. Pour échapper aux entraves que sont ses jambes paralysées, il se réfugie dans un monde fait d'écrans, de palettes graphiques, de pixels, de couleurs interpolées, d'images fixes ou animées qu'il manipule avec virtuosité. Dans un monde où la pollution est devenue un problème majeur, il est le fils de celui qui, peut-être, a sauvé l'humanité d'elle-même. Au moyen de sphères-containers gigantesques, le génial ingénieur propulse les déchets les plus dangereux du monde, non pas en-dehors de la planète, mais bien en son coeur, grâce à des puits qui atteignent les couches inférieures de la lithosphère. Mais cet espoir est menacé par des politiciens et hommes d'affaires sans scrupule, qui manipulent les images et les médias pour souiller le travail de Carvagnac père.

Dans la clandestinité, Antonin va devenir l'artisan de l'illusoire, le magicien des images, créant des séquences de toutes pièces pour faire passer des messages de révolution. Il va oeuvrer dans l'ombre, avec ses pixels, ses couleurs interpolées. À travers ses mensonges visuels, il va tout faire pour que la vérité éclate au grand jour...

Aubertin d'Avalon (2002, Jean-Claude Lattès, ISBN10 2-7096-2160-6) :
1190. Ermeline est morte. Aubertin d'Avalon, sculpteur et bâtisseur, ne peut pas la pleurer, ne peut pas admettre qu'elle ne soit plus là. Il n'est même pas capable de façonner une statue à son effigie. C'est cette quête insensée qui va l'éloigner des chantiers des cathédrales. La recherche d'une pierre parfaite, dans laquelle il pourra immortaliser le souvenir de celle qui la hante. Il entame alors, dans le plus grand secret, une mission pour l'Ordre du Temple, vers l'Orient, vers la Terre Sainte où bataillent les Croisés, où se trouvent ses fils. De carrières en lieux de silences, de désert en oasis, il cherchera, partout où il y a de la pierre, celle d'où émergera le visage aimé. En marge de la Croisade, il doit retrouver le Feu Divin, que le Prophète Élie obtint lors d'une offrande à Yahvé, et le ramener jusque Chartres, coeur de la Chrétienté...



Verrier, charpentier, infographiste (peintre ?), sculpteur, tous ces héros sont des artisans remarquables dans leur Art. À l'exception du Puisatier, ces histoires nous emmène en voyage dans le monde du Moyen-Âge et de la Renaissance, avec un certain bonheur, une certaine verve. La qualité des récits est assez inégale, cependant, et nombreux sont les lecteurs avertis qui considèrent que le Passeur de Lumière reste le meilleur ouvrage de Bernard Tirtiaux. De mon côté, c'est Aubertin d'Avalon qui m'a paru le plus agréable, mais sans doute faut-il y voir la fraîcheur qu'à l'histoire dans mon souvenir (la lecture des précédents remontant déjà à quelques années).

Toutefois, je ne prends pas grand risque à recommander cet auteur pour ceux qui aiment les romans ayant leurs racines dans l'histoire des compagnons bâtisseurs. Ça vaut largement les Colonnes du Ciel de Bernard Clavel...


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Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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