fou de bassin

-= Chaos Legions =-
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Les Rois navigateurs, de Garry Kilworth a été posté le : 29/04/07 22:53
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L'heroic fantasy, pour le peu que j'en connais, c'est plutôt d'inspiration celto-médiévale, à la rigueur un peu orientale. Trouver ses sources dans la mythologie polynésienne, ça doit être beaucoup plus rare.
Donc, "Les Rois navigateurs" se déroule dans un monde parallèle inspiré de la Polynésie avant l'arrivée des Européens. En fait la carte est la même, seule différence géographique visible: là où dans notre monde se trouverait la Nouvelle-Zélande, il y a... l'Ecosse, aux alentours de l'an 500 de notre ère. Bon, on comprend que l'auteur voulait confronter ses Polynésiens à des Européens du Moyen Age (qui, on s'en doute, sont beaucoup plus "primitifs" qu'eux, et vont fournir un regard extérieur intéressant pendant toute l'histoire), mais enfin c'est amené un peu lourdement. Autre lourdeur, au moins dans le premier volume où nos héros partent en quête d'une terre où s'établir: on a l'impression que l'auteur leur fait parcourir la Polynésie en tous sens (quand ils sont à un bout, ils repartent en sens inverse), sans autre justification que sa volonté de nous faire visiter l'ensemble de son monde.
Une fois faites ces réserves géographiques: quand comme moi on s'intéresse à la civilisation polynésienne, ou quand on a envie de s'y intéresser, il y a de quoi se régaler, l'auteur a visiblement bûché son sujet. Et même si on connaît déjà un peu cette civilisation, il y a tout le plaisir du dépaysement. Un des grands charmes de la fantasy (cf. Tolkien) c'est (quand c'est bien fait) la création d'une géographie, d'un panthéon, d'un langage exotiques, or là tout cela nous est servi sur un plateau. Ils n'ont pas été inventés par l'auteur, ce sont tout simplement ceux de la Polynésie, et nos héros, qu'ils soient ariki ou kahuna, voguent de Nuku Hiva à Raiatea sur leurs pahi, tout en priant ou affrontant Tane et Tangaroa, et en rencontrant toutes sortes de créatures étranges qu'il leur faut quelquefois pourfendre à coups de kotiate et de lei-o-mano. On trouve aussi quelques termes traduits joliment ( "companiers", "tastemer" ) ou moins heureusement (des gobelins en Polynésie? vous êtes sûrs?)
C'est une trilogie, il y a deux volumes traduits chez Mnémos ( "Le Manteau des étoiles" et "Le Temps des guerriers" ) et ils ont intérêt à se grouiller pour traduire le troisième.
-------------------- Je n'irai, plus tard, ni au café perdre ma santé, ni aux courses perdre mon argent, ni au cinéma perdre mon temps à voir des films dont les héros sont des voleurs et des assassins dignes de mépris.
(Extrait d'un manuel de morale à l'usage des classes, première moitié du XXe siècle)
Karolinus sum.
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Cachée
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