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Dr Bis

Cthulhu Ninja



-= Chaos Legions =-
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Pourquoi vous regardez ca ?
   Dominion Tank Police… a été posté le : 14/04/07 15:15
Bon, j'ai retrouvé ça en faisant le tri. Une fanfic (Ma seule, si on excepte la nouvelle d'Elric) écrite il y a bien dix ans pour un site qui m'avait interviewé. Je n'avais alors pas internet et ne sait s'ils ont fini par la publier. Plutôt que de la laisser dormir dans l'ordin', autant la poster ici… Pour le meilleur et pour le rire !



DOMINION TANK POLICE DOSSIER 000??? :
JE VOUS DETRUIRAI TOUS !

La créature qui regardait la planète bleue en contrebas, comme fichée au cœur de l’espace, s’appelait… enfin, non, mieux valait ne pas l’appeler du tout, sous peine d’obtenir un son qui aurait fait grincer les dents d’une scie à métaux. En tout cas, elle eut l’équivalent d’un sourire. Il y avait dix ftrzgurk qu’elle avait récupéré cette sonde au nom bizarre de VOYAGER 2. Il avait mis quelques grzitfof à retracer son origine, puis étudier la langue de ces drôles de trucs qui la peuplaient, effectuer une simulation pour obtenir leur apparence (de quoi vous tirlipoter les lrikst ! A comparer, même les boglurf étaient presques beaux !), calculer leur niveau technologique et conclure qu’il pouvait leur botter le corczik, même avec une brohg dans le dos.
Il bâtit donc son vaisseau de combat. Quand à son objectif, il le choisit grâce aux images que son tiflopiteur à injection intégrée lui ramena de cette planète. Le convertisseur graschmouik lui traduisit même quelques messages à destination des indigènes. Certains parmi les gens de son espèce lui demandèrent pourquoi il s’intéressait à cette planète moribonde et polluée jusqu’au trognon. Il leur répondit qu’ils pouvaient toujours aller se faire sgramouffier le krokzik.
Il voulait dominer une planète. Voilà. Il y avait toujours rêvé. Celle-là où une autre…
Il y était presque.
Il actionna son turbopalpeur de mirettes et le vaisseau s’ébranla pour foncer vers la planète bleue.

* * *

J’étais en train de potasser mon manuel du parfait petit tueur et étudiais un passage assez intéressant sur l’énucléation lorsque la terre trembla.
Quoi ! Moi, Brenten, l’idole des jeunes et la terreur des malfrats, on osait me déranger dans ma lecture ! Hem, en fait, le choc m’avait fait tomber de mon fauteuil. Lorsque je repris mes esprits, j’avais une vue imprenable sur les nombreux emballages de barres survitaminées qui jonchaient le sol sous mon bureau.
Comme j’en restais un peu azymuté, je me dis qu’il fallait que je passe un savon à la femme de ménage. Oubliant que je l’avais passé par la fenêtre (sans l’ouvrir) trois jours plus tôt parce qu’elle avait osé me demander de retirer mes gros pieds sales de mon bureau.
Y’a plus de service de nos jours.
Je passais la tête par-dessus le rebord de mon bureau lorsque Charlie Nam, béret en bataille, entra en trombe.
— Skispass ? sifflai-je.
— Chef ! Y’a du trèpe dans le secteur vingt !
— Quoi ?
— Un truc vient de descendre du ciel. Un gros. On dirait un vaisseau spatial ou un machin comme ça.
Un instant, je crus que cet olibrius de Bouakou était revenu de là où il était allé se faire pendre.
— Tenez, ajouta Nam en me tendant nos nouvelles jumelles, un truc à infra-quelque-chose qui permettait de voir à travers le nuage de pollution qui bouffait l’air de cette fichue ville.
Il a fallu que je les ajuste pour, finalement, apercevoir la silhouette d’un immense machin-chose hérissé de pattes et de tubes qui ressemblait à une araignée croisée avec un truc à étendre le linge. Mais en plus gros.
Beaucoup, beaucoup plus gros.
Cela se mit à bouger. Je ne savais pas d’où cela provenait, mais ses intentions étaient évidentes : tout casser.
Mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai pris ma voix de stentor, digne du grand meneur d’hommes que je suis, et ai lancé notre cri de guerre :
— En avant la Tank Police !
Et nous sommes partis, mon char menant la danse, bien sûr. Nous avons progressé majestueusement en écrabouillant à peine une ou deux voitures de civils au passage. Alors que nous nous approchions du truc, constitué d’un tronc central monté sur pattes et de toutes sortes de tentacules de métal, de pinces et de canons bizarroïdes, bref, une vraie bestiole de manga, nous avons pu entendre le discours que débitait une voix métallique qui détachait les mots d’une façon assez agaçante :
— ICI-VOTRE-CONQUERANT-RENDEZ-VOUS-TERRIENS-
VOUS-ETES-PERDUS-VOUS-L’AVEZ-DANS-LE…
J’eus un sourire et regardai la meute de chars qui fonçait à toute bombe en pensant : attends, mon pote. On va te conquérir quelque chose, tu vas voir !
Et nous avons vu.
Nous sommes venus.
Et nous nous sommes fait botter le cul.

* * *

— You-hou ! Bonaparte ! Maman a quelque chose pour toi !
J’étais à peine entrée dans le hangar en brandissant la super huile de synthèse que j’avais trouvé rien que pour mon petit Bonaparte chéri que cet animal d’Ahle m’a sauté dessus.
— Léona ! Mais où étais-tu passée ? Vite, il faut y aller ! Toute la Tank Police est déjà partie!
Il m’a littéralement soulevée de terre pour me jeter au poste de pilotage de mon Bonaparte, mon mini-tank adoré, puis est allé prendre sa place.
— Vite! Il y a un espèce de Godzilla en fer-blanc qui est en train de tout casser dans le secteur vingt !
Je soupirai. Comme tous ces gens manquaient de finesse ! J’eus à peine le temps de lui dire de ne pas surmener le moteur à froid lorsqu’il démarra à toute bombe.
Ahle ! Un jour, je le jure, je t’étranglerai !

* * *

En cours de route, nous avons eu tout le temps d’admirer le triste spectacle.
D’où qu’il vienne, ce robot grand comme la baie de Tokyo avait fait du dégât. Pour autant que je puisse voir, il avait aplati comme une crêpe la moitié du secteur et était fort occupé à faire de même avec la Tank Police.
Non, ce n’est pas exact. Il écrasait certes des tanks sous ses pattes articulées, mais cueillait certains pour les décortiquer comme des oranges, en prenait d’autres pour les faire rebondir et, pour les plus petits, se contentait de les jeter par-dessus son absence d’épaules pour les envoyer jusqu’au secteur dix-huit. Tout ceci simultanément. Il avait assez de bras et de tentacules pour cela.
Les survivants lui tiraient toujours dessus. Le cylindre servant de corps au monstre était constellé d’impacts. J’eus un sourire carnassier. Qu’il attende de goûter aux obus perforants de Bonaparte !
Par-dessus le fracas, on entendait son étrange discours métallique :
— JE-SUIS-VOTRE-MAITRE-RENDEZ-VOUS-OBEISSEZ-ET-VOUS-SEREZ-EPARGNES…
Nous nous sommes arrêtés à portée de tir. Je remarquai, à côté de nous, le char de Brenten. On aurait dit qu’il était rentré dans une paroi blindée : il avait diminué de moitié dans le sens de la longueur. Brenten lui-même pendait comme une loque, le corps en-dehors de sa trappe. Il arborait au front une bosse plus grosse que Bonaparte, mais il n’était visiblement qu’assommé. On s’en occuperait plus tard.
— A toi de jouer, Bonaparte !
Je calculai la mire et décochai un obus perforant qui stria le ciel souillé de fumée. Il restait encore une bonne vingtaine de chars intacts, et ils tiraient toujours. Ils avaient dû faire pas mal de dégâts, car le monstre de métal était bosselé de partout. Il continuait néanmoins sa litanie :
— TERRIENS-JE-VAIS-VOUS-DETRUIRE-SOUMETTEZ-VOUS-A-VOTRE-MAITRE…
Mon obus lui coupa le sifflet.
Il eut soudain l’air tout chose. Puis il y eut un grincement de métal torturé. Une fissure apparut sur le maître-cylindre, puis une autre. Puis tout l’ensemble s’effondra comme un château de carte en battant des tentacules.
— Ouais ! brama Brenten, qui avait retrouvé assez de force pour lever la tête et le poing.
Lorsque la poussière retomba, nous vîmes que nous n’avions pas encore gagné.
Le robot qui se tenait là ne faisait guère que la moitié du précédent. Il devait être logé à l’intérieur du cylindre principal. Et il n’avait pas l’air content du tout.
Ses tentacules fauchèrent le dernier immeuble encore debout, qui s’écroula sur deux des tanks survivants du carnage. La litanie reprit sur un ton furieux :
— VOUS-ALLEZ-PAYER-JE-VAIS-VOUS-EXTERMINER-JUSQU’AU-DERNIER-JE-VAIS-GRURRRK
Ceci lorsque dix-neufs tanks tirèrent en même temps.
Pas un seul ne loupa son but.
L’engin tituba comme un poivrot, puis s’effondra dans un grand craquement.
Lorsqu’un nouveau robot moitié moins grand apparut, je m’y attendais un peu.
Il était occupé à dépiauter un des derniers tanks après avoir sauté à pattes jointes sur un autre et en avoir décapsulé un troisième comme une bouteille de coca lorsqu’un coup mieux ajusté que les autres en vint à bout.
Et que croyez-vous qui arriva ?
Il avait soulevé un tank de terre et le tenait à bout de pince lorsqu’un obus perforant de mon cher Bonaparte le fusilla net. Il lâcha le char qui lui tomba sur le râble.
Out.
Le suivant fit encore quelques dégâts avant d’être mûr pour la décharge.
Cela devenait monotone.
Le robot qui en émergea pensait surtout à fuir, bien qu’il couinât toujours d’une façon bravache :
— VOUS-ALLEZ-LE-PAYER-CHER-SALES-TERRIENS-VOUS-ALLEZ…
Il était arrivé à notre hauteur et s’apprêtait à passer entre Bonaparte et l’épave du char de Brenten lorsque mon canon le fusilla presque à bout portant. Entre-temps, Brenten s’était ranimé et avait sorti de sa trappe un fusil de la taille d’un 747. J’ai un peu perdu le fil le temps que je sorte de Bonaparte. Lorsque je suis arrivé, il se tenait à côté d’un petit tas de ferraille aussi fumant que son flingue et se penchait sur quelque chose.
Je le rejoignis. C’était un petit bidule pas plus gros qu’un briquet qui agitait des tentacules en claquant des pinces qui ne pourraient même pas couper une corde à linge. En regardant bien, il y avait une bulle au sommet du cylindre, et on pouvait voir à l’intérieur un tout petit machin qui ressemblait à un cafard en plus moche. La litanie se poursuivait toujours, mais cette fois-ci sur un ton suraigu, et il fallait tendre l’oreille pour l’entendre.
— JE-ME-VENGERAI-VOUS-ALLEZ-VOIR-SALES-TERRIENS-JE-VOUS-DETRUIRAI-JE…
Brenten fit mine de bâiller, puis il dit :
— D’accord, on lui dira !
Avant de poser une botte nonchalante sur le minuscule robot.
Cette fois-ci, il n’en resta plus assez pour qu’il se divise une fois de plus.
Et voilà. Et c’est ainsi que la Tank Police — et surtout Bonaparte, il est vrai — sauva une fois de plus le monde.
La routine, quoi.
Et croyez-vous que nous fûmes remerciés ! Que non ! La mairie se plaignit des dégâts sous prétexte qu’il y en avait pour 3000. 000. 000. 000. 000. 000 dollars et que nous avions laminé un quartier entier.
L’ingratitude des gens.
Ce soir, assise sur le toit de Bonaparte, dernier survivant de la Tank Police (Pour l’instant), j’essaie de distinguer les étoiles à travers la nappe de pollution et me demande où est Bouakou. S’il a vraiment trouvé cette colonie paradisiaque qu’il voulait atteindre. Peut-être qu’en ce moment, lui aussi regarde le ciel. Mais lui est couché dans une herbe verte, environné des senteurs des bois.
Qui sait, Bouakou ? Peut-être qu’un jour, je t’y rejoindrai.


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Ex-casse-les-burnes, la signature iconoclaste !
Diplômé de nanarologie à l'université de Remontay-les-Bobines
Notre maison d'éditions : http://www.ed-malpertuis.com
Lisez Mythologica : http://revue.mythologica.net/
Vendu 7000 PO à Teocali, qui en a aussitôt fait cadeau à Miss Oph !
"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver !" — Baldur Von Schirach (qui la piqua à Hans Jonnst), colonel SA, chef des Jeunesse hitlériennes, responsable de 185 000 déportations.


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Teocalin

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Dominion Tank Police…' a été posté le : 16/04/07 20:11
Yes ! Une fanfic de Dominion Tank police.

Bon, faut connaitre pour apprecier, mais sinon, c'est du tout bon. On ressent bien l'ambiance dopée au LSD qui regne dans l'anime/manga :D

Teocali


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Marx disait "la religion est l'opium du peuple".
Bin, j'ai rien contre les drogués mais je peux pas blairer les dealers.
Dieu

Teocali c'est un genre de Docteur Queen. Mais en plus gros.
Thorgrim

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Nyxl

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Dominion Tank Police…' a été posté le : 30/04/07 20:11
Avis 100% Subjectif : muarh arh arh, j'adore.

Je pense, comme Teocali, qu'il faut connaître un peu le manga original (signé Masamune Shirow, aka Monsieur Ghost in the Shell, siouplaît) pour vraiment apprécier. Les allusions à Bouakou, notamment, tombent un peu à plat.

Ceci dit, une bonne tranche de sourire concentré qui fait du bien quoi qu'il advienne.

Merci pour le p'tit détour, Dr Bis.



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