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naheulgo

Ca germe?



-= Chaos Servants =-
Inscription le 27-02-07
Messages : 2



Homme  Age : 35 ans
Lieu de résidence : Annecy

Pourquoi vous regardez ca ?
   naheulgo a été posté le : 27/02/07 18:52
J'ai écrit cette nouvelle il y a quelques temps et je voudrais savoir ce qu'elle vaut.
Bonne lecture




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Dangereuse traversée

Célaron fut réveillé en sursaut par un son de cloche; le jeune homme ne mit pourtant que quelques secondes pour revêtir sa tunique noire et ceindre ses armes, une dague de jet et une épée courte. Alors qu’il se préparait à sortir de sa chambre, la porte s’ouvrit et son maître d’armes entra en lui faisant signe de ne pas bouger.
_ Ne fais pas de bruit, chuchota–t–il, des gardes royaux viennent par ici. Dès qu’ils seront passés, nous quitterons le fort et nous apporterons la lettre au seigneur Imrahil. Il saura quoi faire.
Des bruits de pas commencèrent à retentir dans le couloir, bientôt suivis par le choc des lames. Célaron parvint tout de même à réfléchir malgré le vacarme qui continuait hors de la chambre. Les gardes royaux… ces soldats d’élite avaient très certainement escaladé la falaise, se doutant bien qu’elle n’était pas surveillée, et assassiné les sentinelles en profitant de l ‘effet de surprise. C’est un miracle que l’alerte ait pu être donnée, pensa le jeune homme. Maintenant le commando progresse vers les portes; un régiment doit attendre leur ouverture à l’extérieur pour nous infliger le coup de grâce. Le roi Arnuron a très certainement eu vent de notre complot, heureusement que le seigneur Imrahil n’était pas présent cette nuit et que mon maître a pu sauver la lettre.
A l’extérieur de la chambre, les combattants étaient partis depuis environ une minute, se rapprochant toujours des portes, lorsque le maître de Célaron, qui avait récupéré une corde dans la chambre, fit signe à son élève de sortir. Dans le couloir, Célaron ne put s’empêcher de remarquer que les cadavres de ses amis étaient bien plus nombreux que ceux qui portaient l’uniforme gris des gardes royaux. Ce triste constat provoqua chez lui un sentiment de colère. Il se jura de faire tout ce qui serait en son pouvoir pour venger ses camarades en apportant la lettre au seigneur Imrahil. Les deux hommes parvinrent sans encombres aux remparts sud, qui donnaient d’où étaient venus les assaillants. Là, ils attachèrent la corde à un créneau et se préparèrent à descendre par cette sortie improvisée lorsqu’un carreau d’arbalète fendit l’air et se planta dans le cœur du maître d’armes. Cependant, l’arbalétrier était loin et seul, et recharger son arme lui prit une quinzaine de secondes, ce qui laissa à Célaron le temps de jeter la torche qui les avait trahis par dessus les remparts, afin que sa lumière ne puisse pas aider le tireur une seconde fois. Ensuite, le jeune homme n’eut besoin que de quelques instants pour trouver la lettre sur le cadavre puis se laisser glisser le long de la corde. Une fois en bas, Célaron contempla quelques instants ce qui avait été son foyer pendant seize ans. De tous les hommes qui faisaient partie de la garnison, lui seul avait survécu. Cependant, le pire avait pu être évité; le seigneur Imrahil était absent lors de l’assaut et la lettre qui menaçait tant le roi Arnuron avait pu être sauvée des flammes qui ravageraient bientôt la forteresse.

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Bien qu’hors de danger dans l’immédiat, la situation de Célaron n’était pas brillante. La corde avait écorché les mains et les cuisses du survivant du fort ; l’arbalétrier avait probablement découverrt la corde, ce qui signifiait qu’il allait probablement être traqué dès la fin de la bataille ; et enfin, pour couronner le tout, la pluie s’était mise à tomber et il n’avait pour vêtements qu’une tunique légère. Le seul avantage dont je dispose, pensa Célaron, c’est que je suis désormais le seul à savoir où se trouve mon suzerain ; ils n’ont probablement pas réussi à faire des prisonniers là-haut. Réconforté par cette idée, le porteur de la lettre tant redoutée par le roi se mit en marche, malgré la douleur qui s’était installée dans sa jambe, sur un chemin qui devint rapidement boueux à cause de la pluie. Une heure plus tard, il arriva au pied des monts gris où le seigneur Imrahil supervisait l’exploration des grottes, très abondantes dans la région, afin de cartographier le réseau souterrain ; ce qui est utile pour l’espionnage la contrebande ou pour mettre à l’abri des objets de grande valeur… Célaron se dirigeait vers le campement lorsqu’il aperçut son suzerain assis sur un rocher, en train d’étudier un parchemin d’un air satisfait. Le survivant de l’attaque alla vers lui, lui donna la lettre et lui raconta comment son domaine avait été pris d’assaut. Il venait de finir son histoire quand soudain un craquement se fit entendre. Sans réfléchir, Célaron lança la lanterne vers le lieu d’où était parti ce bruit avant de se jeter sur le seigneur Imrahil pour le plaquer au sol. Bien lui en prit car une volée de flèches siffla à leurs oreilles et une trentaine de soldats sortirent de l’ombre. Couchée par terre à une dizaine de pas du combat, la lanterne abandonnée était trop loin pour pouvoir trahir le seigneur Imrahil qui rampait vers le campement où étaient attachés les chevaux ; aussi les agresseurs n’avaient d’yeux que pour Célaron, debout en pleine lumière les armes à la main. Le jeune combattant parvint à tuer deux soldats avant qu’une lame ne se plante dans son ventre. Blessé à mort, il eut cependant le temps de voir les soldats se diriger vers le campement, avec comme but probable d’exécuter tous les ouvriers qui travaillaient aux grottes depuis quelques jours seulement, l’exploration avait à peine commencé. La dernière vision qu’eut ce héros fut cependant celle de son suzerain à cheval qui avait réussi à fuir, en emportant la lettre qui pourrait provoquer la fin du règne de l’actuel souverain.

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Le seigneur Imrahil galopait à travers la plaine en direction de la capitale. Il maudissait le roi Arnuron qui l’avait privé de ses meilleurs hommes, il maudissait Célaron dont les traces de pas laissées dans la boue avaient forcément guidé ses ennemis jusqu’à lui mais, par dessus tout, il se maudissait de ne pas avoir déclenché l’implacable mécanique qui devait l’amener au pouvoir quelques jours plus tôt. Il aurait pourtant été si facile de donner cette simple lettre au chef de la garde royale, se disait Imrahil, et de le laisser assassiner le roi et tous ses héritiers directs en toute bonne foi. Enfin, si tout se passait bien, la perte du domaine ne serait qu’un léger contretemps. Le cavalier progressait depuis une heure vers son but quand il pénétra, il pensait que la contourner prendrait trop de temps. Alors qu’il avait presque fini sa traversée, le cheval d’Imrahil s’effondra brusquement, projetant son cavalier à quelques mètres de là. Le seigneur se releva rapidement malgré une douleur au coté et comprit rapidement la situation : un javelot dépassait du flanc de sa monture et si haches l’encerclaient en se rapprochant lentement. Le maniement des armes étant, malheureusement pour les brigands, le premier enseignement que reçoivent les jeunes nobles, le seigneur Imrahil, qui portait toujours une épée longue dans ses bagages aussi légers soient-ils, fut en mesure d’appliquer la règle d’or de ce genre de combat : lorsque l’on se trouve en infériorité numérique, il faut toujours attaquer le premier. Cette règle si souvent répétée et si bien apprise fut tellement bien mise en pratique que l’un des brigands s’effondra en quelques secondes, bientôt suivi par un deuxième puis un troisième ; la parade d’un coup porté par une lame aussi lourde que celle d’Imrahil s’avérant impossible avec une hache dont le manche est en bois. Voyant que le combat tournait mal pour eux, les trois derniers brigands prirent la fuite sans demander leur reste. Sûr de ne plus être attaqué, le combattant victorieux décida de revêtir la tunique de bûcheron d’un des cadavres afin de ne as attirer l’attention une fois qu’il serait en ville, de la boue masquerait sans difficulté les traces de sang. Ensuite, il mit ses habits sur le cadavre et y laissa son épée.
Il se remit alors en marche après s’être assuré qu’il possédait toujours la lettre compromettante.


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Il était midi lorsque le seigneur Imrahil arriva aux portes de la ville. Au loin, un petit nuage de poussière laissait de viner l’arrivée d’un cheval au galop. «Sûrement le messager venu annoncer au roi la découverte de mon cadavre» pensa Imrahil. Grâce à sa tunique sale et rapiécée, il n’attira pas l’attention et parvint sans difficulté au palais du roi situé au cœur de la ville. Trop occupé à réfléchir à ce qu’il allait devoir dire à la sentinelle pour pouvoir entrer, il commença à traverser la rue sans avoir entendu le cavalier qui approchait au galop. Le cheval le percuta, le tuant sur le coup. La lettre quant à elle tomba dans la boue et devint illisible.



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