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Les compagnons de la table ronde a été posté le : 22/02/07 16:41
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Etant donné qu'on est là pour partager, je vous propose une petite parodie des romans de la table ronde écrite il y a deux ans environ,avant que je ne connaisse POC!
C'est sans prétention. C'est aussi un seul et premier jet. Ne soyez pas trop durs. Je ne prétends pas concurrencer le maitre du chaos!
edit: au staff: je vais devoir poster plusieurs fois à la suite! désolé d'avance!
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Dernière mise à jour par : Tablebeuk le 22/02/07 16:52
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 22/02/07 16:44
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Chapitre 1 : Le commencement
Le roi Rature avait tiré le royaume de Camelot de son âge sombre. Il avait unifié les peuples bretons dont les seules préoccupations consistaient à se foutre sur la gueule, boire, manger,
procréer ( c’est bien ainsi qu’il convient de s’exprimer, car nos héros, malgré leur culture celtique, étaient chrétiens), et s’entraîner aux armes.
Le roi tirait son nom des échecs successifs qu'il avait rencontrés dans ses différentes quêtes. Le plus grand magicien de Bretagne, Malin, lui avait conseillé, alors que le futur roi n’était encore qu’un adolescent, de tenter sa chance et de retirer Esqualibure du rocher du diable. Ce que nous appelons Excalibur aujourd’hui ne représente que la transcription française du nom de cette célèbre épée. Les bretons avaient un accent proche de ce qui est l’accent provençal d’aujourd’hui.
Obéissant à la volonté de Malin, le jeune homme était allé tenter sa chance. Il était monté sur le rocher, et avait déployé des trésors d’énergie pour retirer l’épée fabuleuse de son socle lithique. Mais, Rature était plutôt malingre. A son dernier essai, il avait tellement forcé qu’il avait craqué son pantalon. Devant cette scène pathétique, la pierre se mit à rire. Elle rit tant et si fort qu’elle se fendit, laissant, hélas, l’épée aux mains de Rature.
Conformément au dicton qui prévoyait que l’homme qui retirerait l’épée de son socle devrait être couronné, Rature fut institué roi de Bretagne. Le nouveau roi, dont l’intelligence était indigente, mais dont le caractère était ferme et résolu, décida de pacifier la région de Bretagne et de faire la guerre aux seigneurs rebelles.
Pour ce faire, il avait constitué une véritable petite armée dont les chefs étaient des aventuriers et de nobles désargentés. Il les avait réunis autour d’une table vaguement ovoide, que l’on avait surnommée « la table immonde » (elle avait en effet été fabriquée de bric et de broc, notamment avec du liège, de la mousse et des matériaux de récupération). Rature et ses chevaliers avaient, deux ans durant, guerroyé et étaient parvenus à pacifier notre belle Bretagne.
Les plus valeureux de ces chevaliers étaient Laszlo de l’étang, Ivan, le chevalier de Nyon (Rature était en effet allé jusqu’à ce qui est aujourd’hui la Suisse pour recruter ses compagnons), et Pioncemal le grivois.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 22/02/07 16:46
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Chapitre 2 : histoire d’Ivan
Ivan était, comme nous l’avons dit, d’origine suisse, de même que Genève, sa sœur, qui était destinée à épouser le roi de Bretagne. Enfant turbulent, il avait été confié aux soins d’un précepteur particulièrement sévère. Ses maîtres d’armes avaient énormément de difficultés à contenir sa fougue. Leur élève ayant l’habitude ayant l’habitude de porter ses coups, ils devaient faire attention à ne point se faire estropier. En effet, plus d’un spadassin, plus d’un maître d’armes avaient été blessés par le fougueux Ivan. A tel point que les médecins et les chirurgiens prospéraient dans les alentours du château. Tous les matins, les apothicaires et autres professionnels de la médecine venaient saluer leur bienfaiteur.
Le précepteur d’Ivan, dont nous tenons à souligner la ruse, avait pris l’habitude de mettre dans le souper de son élève quelques morceaux de champignons dont la consommation est aujourd’hui déconseillée. Ces champignons avaient des vertus lénifiantes : en effet, ils rendaient le jeune Ivan doux comme un agneau. Mais, ils avaient également un effet pervers : lorsqu’Ivan mangeait ce champignon, il avait une fâcheuse tendance à voir des monstres là où il n’y avait que de paisibles bœufs et de doux agneaux. Un soir, après avoir une nouvelle fois ingéré ce malheureux champignon, il avait, dans son aveuglement, à l’instar d’Ajax dans l’Iliade, massacré trois cent soixante cinq moutons, et cent treize bœufs.
Les paysans s’étaient plaints de ce nouvel exploit, expliquant aux parents du jeune homme que les pertes imputables à Ivan depuis le début de l’année se chiffraient à deux mille cinq cent têtes de bétail.
Soucieux d’éviter une révolte, les parents d’Ivan l’envoyèrent à Nyon, très loin, là où il n’y avait ni bétail ni paysans, dans leur château perché en haut d’une montagne. Le pauvre Ivan s’ennuyait, seul dans sa demeure avec ses quelques laquais. Heureusement pour lui, la montagne grouillait de bêtes fabuleuses et sataniques, dont des ours cracheurs de flammes, des serpents à pattes, des cigognes à deux têtes, des crocodiles de montagne, et des libellules infernales. Il avait pour habitude de garder les dépouilles et de les exposer aux murs, comme des trophées.
Le roi Rature, de passage en ce qui était encore la gaule pour suivre une cure thermale, eut vent de chevalier courage et fier. Il décida d’aller à la rencontre d’Ivan. Rature, en effet, rencontrait lors de ses quêtes des animaux extrêmement dangereux, dont des dragons, et Ivan pourrait lui être, grâce à son expérience de la chasse des bêtes extraordinaires, très utile. Ivan accepta la proposition de Rature avec un enthousiasme indescriptible. Il allait quitter ce château et cette campagne déserts. Rature était tombé sous le charme de Genève, dont la beauté était grande et la majesté certaine. Il la demanda en mariage sur le champ. Genève, qui était ambitieuse, accepta cette alliance qui lui permettrait d’accéder à un nouveau rang social.
Ainsi donc, nos trois héros se mirent en route et partirent pour le château de Camelot, en Bretagne.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 22/02/07 16:48
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Chapitre 3: La mésaventure de Genève
La traversée de la gaule fut pour Rature, Ivan, et Genève loin d’être une sinécure. La future reine fut même enlevée par des voleurs.
En effet, dans une campagne située près de Lutèce, alors que le roi et le chevalier étaient partis chercher de quoi combler leur gigantesque appétit, Genève avait choisi de demeurer au camp et de s’occuper du feu. Les deux hommes partis, la jeune femme resta seule et sans défense. C’était le moment idéal pour une attaque. La femme suisse se vendait très cher sur un marché aux esclaves. Deux bandits gaulois saisirent l’occasion.
Il était difficile d’imaginer deux gaulois plus différents. L’un était grand, l’autre était petit. Le premier était rondouillard, le second malingre. Le premier était roux et avait des tresses. Le second avait des cheveux blonds, courts et de petites moustaches. Le premier portait des braies avec des rayures verticales, et un casque tout simple, le second portait un pantalon rouge et un casque ailé.
- « Quand est ce qu’on mange ?
- Obélix, tais toi !
- M’enfin, ils sont partis chercher manger. On peut attendre dans les fourrés qu’ils aient rapporté quelques sangliers et attaquer ensuite.
- N’insiste pas ! »
Le petit gaulois s’élança hors des broussailles, suivi de près par le gros. Avant que dix secondes n’aient eu le temps de s’écouler, la pauvre Genève se retrouvait baillonnée, ligotée, et enfermée dans un sac sombre. Les deux gaulois choisirent de s’éloigner du camp. Et bien leur en pris puisque Rature et Ivan revinrent de leur chasse à ce moment là. Ils découvrirent le campement vide et comprirent immédiatement de quoi il s’agissait. Souhaitant mettre en pratique leur idéal chevaleresque, ils se mirent à suivre les traces des ravisseurs de Genève. Ce qui n’était pas difficile, étant donné la profondeur des traces laissées par le gros gaulois. Au bout de plusieurs heures de marche, les gaulois étaient arrivés au marché des esclaves. Le petit se mit à discuter du prix de la captive avec un marchand pendant que le gros flânait, les yeux avides, devant des boucheries.
Tout à coup, un fracas épouvantable se fit entendre. Le gros gaulois courut le plus rapidement possible en direction de l’origine du bruit. Il trouva son ami en train de mettre force baffes au marchand. Apres avoir mis hors de combat les gardes de l’acheteur, il s’était attaqué au acheteur lui-même. Astérix dit à Obélix qu’avec cette suisse, le marchand essayait de le faire chocolat ! Le vendeur lui répondit que ce n’était pas de sa faute, que les esclaves étaient plus ou moins chères selon leur poids, et que cette prisonnière était trop maigrichonne.
Il faut dire que la jeune femme apportait un souhait tout particulier à maintenir sa taille de guêpe. Elle ingurgitait toujours le même repas, et ne mangeait jamais de produit sucré. Elle buvait de l’eau minérale, et rien d’autre, pas même un soda light ! L’historiographe de la famille a consigné sur un très vieux parchemin ses menus. Les voici retranscrits :
Menu de la reine Genève
Petit déjeuner :
Yaourt au lait de laie, aromatisé au citron
Midi et soir:
Salade de lichens, de mousse, avec asticots (en guise de viande)
Asperges avec sauce vinaigrette
Flan aux poireaux et à la salsepareille.
La jeune femme était, en raison de son régime (et c’est le cas de dire) alimentaire, atteinte de maigritude aigue, maladie que nous appelons aujourd’hui anorexie.
Finalement, le marchand se rendit aux arguments du petit gaulois et accepta d’acheter la jeune femme pour dix fois ce qu’elle valait, c'est-à-dire 100 sesterces. Les deux gaulois partirent se bourrer la gueule dans une taverne pour fêter leur richesse nouvelle.
Au moment où le marchand s’apprêtait à faire monter la jeune femme sur le chariot où se trouvaient entassées se nouvelles acquisitions, Ivan et Rature pointèrent le bout de leur nez, lequel, s’il eut été plus court, le cours de la terre en eut été changé. Ils aperçurent la jeune femme et se dirigèrent, chauds comme braise, vers le marchand qui sentit qu’il allait passer un sale quart d’heure.
Ivan le pendit par les pieds et se mit à le bourrer de coups tandis que Rature menait l’interrogatoire.
- « Pourquoi cette femme est elle sur ton chariot ?
- Parce que je viens de l’acheter.
- Ma fiancée n’est point à vendre, maître sot !
- On me frappe pour que je l’achète et on me frappe pour que je la libère. En voilà assez à présent ! »
Ivan lâcha le pauvre homme qui, par esprit de bravade, lança : « y a-t-il encore quelqu’un qui, pour une raison ou pour une autre, souhaite me frapper ? Qu’il profite de ma présente faiblesse. Il n’y aura peut être plus d’autre occasion. ». Il aurait mieux fait de s’abstenir. La moitié du marché se retourna et marcha dans sa direction. Le visage du marchand vira du rouge au vert.
Ivan et Rature profitèrent de la mêlée qui suivit pour libérer Genève. Celle ci profita du moment où l’acheteur était à terre pour lui donner un coup de pied appuyé à un endroit que la pudeur indispensable à un récit historique comme celui que je fais, nous interdit de nommer ici. Ensuite, ils s’en allèrent du marché, tout en tendant l’oreille afin d’écouter les bruits de la bagarre. Au milieu des « ouille » des « aille » et des « mais, lachez moi », il réussirent à distinguer : « l’esclave que tu m’as vendu la semaine dernière était boiteux ! », « à cause de ta maudite demeure, ma maison n’a même plus vue sur la Seine, ce qui, d’après les agences immobilières, peut faire diminuer son prix de moitié », « tu couches avec ma femme »……
Ainsi donc se termina la mésaventure de Genève.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 22/02/07 16:51
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Chapitre 4: histoire de Lazslo
Après deux semaines de voyage, ils entrèrent en Bretagne. Un jour, ils s’arrêtèrent pour passer la nuit dans une forêt non loin de Rennes. Ivan et le roi dressèrent la tente tandis que Genève ramassait du petit bois pour faire du feu. Ensuite, ils étudièrent tous les trois avec soin la carte. Ils ne tenaient pas à se perdre dans une des nombreuses forêts maléfiques du coin. Hélas pour eux, c’était bien ce qui était arrivé. Ils avaient pénétré par erreur dans une forêt que hantait la sorcière de l’étang. Celle-ci était bien connue des villageois des environs qui fuyaient ce lieu comme la peste. Malheur ! Ivan, Genève et Rature étaient entrés dans la forêt de Briocheland!
La sorcière avait un fils, qu’elle avait nommé Lazslo, en hommage à son père, un chevalier hongrois qui avait trouvé la mort au cours d’une chasse au dragon. Lazslo était jeune et beau.
Malheureusement, comme il avait été élevé à la campagne, il avait des manières guère civiles, et jurait à toutes heures du jour et de la nuit. C’est pourquoi, dans les environs, on le surnommait : Lazslo, le chevalier au langage de charretier!
Sa mère, lorsqu’il eut douze ans, décida de le confier à un maître d’armes qui devrait lui apprendre les rudiments du maniement de l’épée, de l’arc, de la hache, de la dague, de la lance, de l’arbalète, et, comme Lazslo se blessait souvent à table, du couteau, de la fourchette et de la cuillère. La sorcière couvait énormément son fils unique et tenait à lui faire apprendre tous les arts qui lui permettraient de survivre dans ces temps troublés. En effet, à cette époque, l’espérance de vie d’un être humain était très courte. L’homme est programmé pour vivre soixante dix ans environs. Mais de nombreux facteurs réduisaient cette espérance de vie à peau de chagrin. Les bêtes féroces pullulaient en ces temps là et réduisaient de dix ans l’espérance de vie d’un homme. La mauvaise qualité de leur cuisine leur en enlevait également dix. Les guéguerres que se livraient les petits seigneurs locaux dix. Pour finir, il convient de ne pas oublier l’influence des druides. Comme nous l’avons dit dans notre premier chapitre, les Bretons aimaient bien la filoche et ne refusaient que très rarement une petite bagarre. Généralement, les combats se finissaient par de petites blessures et nécessitaient que l’on aille chez ceux qui servaient de médecins, c'est-à-dire les druides. Pour leur malheur d’ailleurs ! Car, en Bretagne, lorsqu’un cancre ne parvenait pas à passer en classe supérieure, on lui donnait le choix entre la vie de clochard, ou l’apprentissage du métier de druide. Bien souvent, le cancre choisissait de devenir druide.
Le taux de mortalité chez les patients des druides était effroyablement élevé. L’espérance de vie des hommes en Bretagne ne dépassait donc pas, à l’époque, la trentaine d’année.
Lazslo avait passé une dizaine d’année chez son maître d’armes lorsqu’il décida de rentrer chez lui, dans la forêt de Briocheland. Il retrouva son cher lac, ou plutôt son étang boue. Celui ci faisait deux cent mètres de long sur cent de large. Mais il ne faisait que quarante centimètres de profondeur. La sorcière de l’étang habitait un petit palais situé au fond de cet étang trouble et insalubre. Elle avait déniché deux ou trois morceaux de ferraille qu’elle avait travaillés de sa baguette pour en faire un logis potable. Elle ne savait pas que le fer rouillait au contact de l’eau. La rouille donna à son logis une jolie couleur rouge brique.
Les retrouvailles de la mère et de son fils furent joyeuses. La sorcière fit préparer un festin. De son côté, Lazslo, pour faire plaisir à sa mère, qui habitait au fond de l’eau décida d’apprendre à nager. Cela lui permettrait de rendre visite à sa mère dans sa demeure.
A la fin d’un repas bien arrosé, Lazslo se mit en tête de plonger dans l’étang et d’apprendre à nager à la lueur des torches.
Un gigantesque PLOUF réveilla Ivan, Rature et Genève. Ils sortirent de la tente pour inspecter les environs, en proie à la terreur. Ils redoutaient de tomber sur des bêtes féroces et cruelles. Un second PLOUF les fit sursauter. Ivan et le roi ordonnèrent à la future reine de rester où elle était afin de tirer toute cette histoire au clair. Genève se laissa tomber au sol, et murmura, les yeux pleins de larmes : « j’ai peur de fermer les yeux ; mais j’ai trop peur pour les garder ouverts. Pardon, maman, pardon Papa. C’est ma faute si nous en sommes là ».
Pendant ce temps, nos deux jeunes héros se rapprochaient de la source des bruits. Sauf qu’il n’entendaient plus seulement des « plouf », ils entendaient aussi des « blub blub » et des « au secours ». Ils parvinrent jusqu’à l’étang et virent que le jeune Lazslo était en train de se noyer. Sa mère, qui ne marchait plus très droit, le tira de ce mauvais pas. Elle lui dit :
- « Vous avez beau dire, mon fils ! Ce serait plus pratique si vous consentiez à enlever votre cuirasse pour apprendre à nager !
- Hic! Un chevalier n’enlève jamais sa cuirasse, pas même, hic, pour dormir.
- Vraiment ? Cela vous causera des problèmes quand vous aurez une femme dans votre lit !
- Peut être, hic ! Mais, pour l’instant, ne suis-je point le chaste Lazslo ?
- Si fait, mon fils ! Et, m’est avis que, doué comme vous l’êtes, vous le resterez longtemps encore ! ».
Rature et Ivan décidèrent d’avancer à découvert et de se présenter au chevalier et à sa mère.
Lazslo, dont le caractère fougueux et bouillonnant allait servir au roi plus tard, défia Rature et lui promis de se mettre à son service dans le cas où il serait défait. Ce qui arriva. Rature n’était pas une lumière, mais il maniait parfaitement l’épée. Au bout de deux passes, il parvint à se mettre dans le dos de son adversaire et coupa avec Esqualibure les bretelles qui retenaient le pantalon en cottes de maille du jeune Lazslo. Le froc du jeune chevalier tomba d’un coup, laissant à l’air libre un superbe caleçon à fleurs et à petits cœurs roses.
-« Sire, vous m’avez vaincu ! Et ce sera pour moi un grand honneur que de vous suivre dans vos quêtes !
- Très bien, Lazslo ! Tu es désormais un chevalier de la table immonde ! »
Le lendemain, après avoir pris congé de sa mère, qui était heureuse de se débarrasser d’un tel boulet, Lazslo se mit en route pour le château de Camelot, accompagné du roi, d’Ivan et de la future reine, Genève.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 03/03/07 13:50
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Citation :Tablebeuk dans une contemplation à Dlul a dit:
edit: au staff: je vais devoir poster plusieurs fois à la suite! désolé d'avance!
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Shbrunx.
Aucun problème pour multi-poster dans la section, du moment que les posts sont consistants.
Concernant l'histoire, j'ai bien aimé. Il reste de rares accrocs de syntaxe qu'une relecture attentive aura vite fait de débusquer. Autrement, le récit est sympathique. Même si la plupart d'entre nous a eu l'opportunité de découvrir l'une ou l'autre parodie du mythe arthurien (que celui qui ne connaît pas la différence entre une hirondelle européenne et une hirondelle africaine se précipite chez son vendeur de DVDs le plus proche pour se procurer "Monty Pythons' Quest for the Holy Grail").
Juste un petit truc : il y a un goût de trop peu. J'ose espérer que nous pourrons lire la suite bientôt...
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 07/03/07 16:14
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Deux choses:
1) comme dit précédemment, j'ai ecrit ça en une seule fois, ce qui peut expliquer les nombreuses imperfections que comporte le récit. Cela manque de rythme, mais ça va s'emballer sous peu.
2) j'ai du me créer un autre compte parce qu'avec mon ancien pseudo, j'arrive pas à me logger. Est ce normal???
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Dernière mise à jour par : tabeulbeuk le 07/03/07 16:20
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 07/03/07 16:19
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Chapitre 5: Les compagnons de la Table Immonde
Rature, Genève, Ivan et Lazslo parvinrent à Camelot en quelques jours à peine.
Le château était caché par une montagne verdoyante, dont on raconte qu’elle est percée de centaines de milliers de galeries confectionnées par des nains. Ceux ci avaient en effet creusé la colline et aménagé une grande salle dans laquelle ils entassaient leurs richesses, que ce soit de l’or, des diamants, de l’ivoire ou tout simplement les fruits de leurs rapines. Les nains avaient été chassés de là par un dragon nommé Smaug, qui avait vu en cette caverne la tanière idéale.
Smaug passait ses journées à dormir, à garder jalousement son trésor et à chasser. Des centaines d’années s’écoulèrent avant que l’on décide de faire de cette montagne le lieu de résidence du roi de Bretagne. Trois ans furent nécessaires aux architectes pour construire le château. Malheureusement pour le dragon, les galeries, fatiguées par les ans et le poids du château s’effondrèrent sur lui. Un bloc du donjon lui étant tombé dans la gueule et lui ayant obstrué les voies respiratoires, il mourut étouffé.
Une partie de la montagne s’étant effondrée, le château s’enfonça en partie. Il épousa ainsi la forme de la colline. Il prit une forme ondulée, à la manière des montagnes russes. Le chemin de ronde des gardes du château serpentait quelque peu, ce qui provoquait un mal de mer voire des nausées chez certains…
Bref, le château fut à la mesure du monarque qui l’habitait, c'est-à-dire raté !
A la vue du château, la reine changea de couleur et chancela. Lazslo la soutint. Le roi s’aperçut que la reine n’avait pas l’air bien et, se méprenant complètement, s’écria :
- « Elle respire mal à cause de l’altitude. C’est l’air de la montagne. Elle s’y fera. Lazslo ?
- Oui, sire ?
- Faites du bouche à bouche à la reine, voulez vous ? »
Le jeune chevalier s’exécuta d’autant plus volontiers qu’il avait succombé aux charmes de l’épouse du roi.
-« Pfffffffffffff ! Pffffffffff !
- Lazslo ?
- Oui, sire ?
- Commencez par enlever votre haubert. Cela devrait vous faciliter la tâche.
- De quelle intelligence êtes vous doté, sire ! Il est bien normal que vous soyez roi, et moi pas ! »
Rature acquiesça dans sa tête, mais, voyant quelle tournure prenaient les évènements, se dit que ce n’était pas encore gagné. En effet, Lazslo s’était coincé la barbe dans les mailles de son casque. On dut lui raser le coté gauche du visage afin de l’en libérer.
La reine reprit ses esprits dans la chambre royale qui lui avait été réservée. On lui dit qu’elle pouvait faire sa toilette dans la salle de bain, qui était contiguë de sa chambre. On lui dit également qu’on l’attendrait à dix neuf heures dans la salle des fêtes pour un repas lors duquel tous les chevaliers de la table immonde lui seraient présentés. Genève se déshabilla et se dirigea vers la salle de bain. Au moment où elle ouvrit la porte, elle entendit un gigantesque « ouille ». En effet, le jeune Lazslo n’avait pas pu s’empêcher de vérifier les rondeurs de celle dont il était amoureux par le trou de la serrure. Il s’était pris la poignée dans l’œil, ce qui lui valut par la suite un beau cocard. Le temps que la reine appelle les gardes, le chevalier s’était enfui par une porte dérobée.
A dix neuf heures pile, Genève se présenta à la salle des fêtes, vêtue de sa plus belle robe, et parée de ses plus beaux bijoux. Elle enchanta tout le monde, rois et chevaliers, servants et servantes. Le chien de compagnie d’Arthur la trouva fort appétissante, et se jeta sur elle. Il fallut toute la force de son maître pour lui faire lâcher la fesse gauche de sa nouvelle maîtresse. La reine se releva, toute tremblante, et vint s’asseoir auprès de son mari.
Rature prit la parole :
« Mesdames, messieurs, maintenant que nous sommes tous là, nous pouvons commencer les présentations. Mesdames, chevaliers, voici Genève, mon épouse. Mon amie, vous connaissez déjà Lazslo et Ivan. Permettez moi de vous présenter le seigneur Queue, les chevaliers Pioncemal le grivois*, Cornedebouc, Regalad, Fesmol, Cervovid, et leurs femmes, et notre mage, Malin. Ensemble, nous pourrons gouverner la Bretagne avec équité. Ensemble, nous pourrons faire la guerre au paganisme, remporter des victoires sur les barbares, et combattre pour la gloire de Dieu !
Ensemble, nous sommes et ensemble nous allons festoyer. Jésus, dans la Bible, dit à ses disciples que son sang est du vin. Hé bien ! Ce soir, faisons nous vampires, buvons jusqu’à plus soif, mangeons jusqu’à ce que notre panse éclate ! Et, pour ceux qui rentrent chez eux en carriole ce soir, n’oubliez pas le divin ordre du seigneur Dieu : celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ! »
Ainsi parla Rature ! Tous les convives levèrent leurs verres, et portèrent un toast aux succès futurs que rencontreraient les chevaliers de la table immonde dans leurs quêtes. Après deux heures de festin, Genève, en proie à la fatigue, émit le souhait de quitter le banquet et d’aller se coucher. Mais Rature, en bon hôte, ne pouvait pas quitter ses convives. Il chargea donc Lazslo de conduire la conduire. Le chevalier et la reine devisèrent tout en se dirigeant vers la chambre.
- « On vous surnomme Lazslo le chaste. Est il vrai, Chevalier, que vous l’êtes toujours ?
- Certes, ma reine ! Mais il ne tient qu’à vous que cela change ! »
Lazslo se rendit compte de sa bêtise, mais trop tard !
- « Comment cela, chevalier ? »
La reine était … comment dire… naïve et sa naïveté confinait à la stupidité. Elle ne comprit donc pas ce que dit Lazslo. Le jeune chevalier préféra ne rien répondre afin de ne pas s’enfoncer.
-« D’où vous vient cette blessure à l’œil, jeune chevalier ? »
Lazslo réfléchit un long moment, s’éclaircit la voix et dit :
-« J’ai surpris un laquais entrain de dire du mal de vous, Madame, et je lui ai donné une correction pour lui apprendre à ne point se moquer de sa reine !
- Vraiment ? Comme c’est galant ! Peut être pourrions nous voir de temps en temps en secret, afin de discuter ?
- Ce sera avec plaisir, votre majesté ! »
Ils parvinrent à la chambre de la reine. Ayant fait un baisemain à Genève, et après avoir vérifié que la reine était bien entrée dans sa chambre, Lazslo s’éloigna en dansant. Aveuglé par sa joie, il rentra dans un garde de la salle des fêtes. Ce qui lui valut un second cocard, qui établit une jolie symétrie entre l’œil droit et l’œil gauche.
Il entra pour continuer à faire la rumba.
* note de l’éditeur : Au cours d’une mission en Afrique, il avait été piqué par un moustique qui lui transmis une maladie qui le poussait à dormir sans cesse. Il se plaignait à longueur de temps de ne pas pouvoir pioncer assez. Lorsqu’on le réveillait, il poussait des bordées de gros mots, d’où son nom.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 07/03/07 16:37
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Chapitre 6: Une vie de château
Les festivités durèrent plusieurs jours. Le roi et ses chevaliers passaient leurs journées selon le schéma suivant :
1) 11 h du matin : petit déjeuner au lit
2) 12 h et demie : déjeuner
3) 15h-17h : sieste
4) 17h30 : goûter
5) 18h : entraînement aux armes
6) 20h : dîner
7) 21h : ils honoraient leurs femmes
8) 22h30 : coucher
Les femmes des chevaliers passaient le plus clair de leur temps au bain, ce qui était pour elles fort agréable, mais aussi une nécessité. En effet, leurs époux venaient faire leur devoir conjugal tous les soirs et ne se lavaient guère plus d’une fois par mois. Passant le plus clair de leur temps à manger, ils étaient imprégnés d’odeurs de gibier, de sauce, d’épices... A cela s’ajoutait la transpiration provoquée par l’entraînement au maniement de l’épée, de la hache (dont certaines pesaient dans les vingt kilos), au poignard, à l’arc, etc. Rajoutons que les chevaliers portaient la barbe dont les poils leur obstruaient souvent les narines, les empêchant de ce fait de sentir leur propre odeur. Les chevaliers avaient une technique imparable pour savoir quand ils devaient le laver. Un chevalier devait (c’était un devoir inscrit dans les lois du chevalier) dire à un de ses acolytes quand il puait trop*. Le second chevalier remerciait le premier et partait se nettoyer au karcher. Les femmes de chevaliers partaient au bain sitôt le devoir conjugal terminé et n’avaient pas trop de la nuit entière pour se débarrasser des odeurs dont elles avaient été imprégnées.
Le roi, la reine et la cour étaient ainsi en proie au désoeuvrement ne sachant que faire de leur temps. En effet, les quêtes se faisaient rares en ces temps de paix. C’était aux moines qu’incombait la tâche de trouver les quêtes dont les chevaliers et le roi devaient se charger. Lorsqu’une quête était décidée, le roi et les chevaliers se réunissaient autour de la table immonde pour mettre au point une stratégie qui leur permettrait d’accomplir cette mission le plus rapidement possible. Se constituaient généralement des binômes de chevaliers, qui se mettaient ensemble soit parce qu’ils se connaissaient bien et qu’ils étaient ensemble d’une efficacité redoutable, soit parce qu’ils avaient une spécialité commune (stratégie, maniement des armes, éclairage…), soit….parce qu’au bout de trois heures de discussion, le roi leur intimait l’ordre de se mettre ensemble s’ils ne désiraient pas se prendre son pied quelque part.
Le roi avait la charge de diriger ces tandems de bras cassés pendant les quêtes, ce qui lui valut de nombreuses crises de larmes. En ces temps reculés, la psychanalyse et la psychologie n’existaient pas. C’était à Malin qu’il appartenait de remonter le moral du roi. Malin n’était déjà pas très doué en druidisme, alors, en psycho, vous imaginez…. Le roi n’était donc pas près de guérir.
Une fois qu’on s’était mis d’accord sur le déroulement de la quête, on allait voir Malin, afin de voir quelles horreurs censées les aider il leur avait cette fois concotées.
C’est toujours la gorge serrée que le roi et ses compagnons se dirigeaient vers le petit manoir du sorcier. Celui-ci inventait diverses potions, que l’on peut classer de la manière suivante :
1) potions d’invisibilité
2) potions de régénération (pour faire repousser les membres, les os, et redonner des forces)
3) potions de force
4) potions de rapidité
5) potion de continence : les quêtes des chevaliers se faisant souvent dans des souterrains ou des tunnels, le froid saisissait les chevaliers et leur donnait envie d’aller au petit coin. Pendant qu’ils se soulageaient, ils étaient moins prudents et n’avaient pas leurs armes en main. Du coup, ils étaient plus vulnérables. Les gobelins, les lépréchauns maléfiques, les lutins l’avaient compris et s’en servaient contre eux. De très nombreux glorieux chevaliers étaient morts au combat en raison de cet impérieux besoin. C’est pourquoi la potion de continence était si importante.
Le problème était que, Malin ayant tendance à abuser du chouchen, il renversait souvent par accident des ingrédients qui n’auraient pas du se trouver dans la composition de la potion. Du coup, celles ci avaient des effets secondaires inattendus. Une fois, Pioncemal, qui avait absorbé de la potion de discrétion, avait été pris d’une crise de flatulences qui avait gâché tout effet de surprise et avait failli le faire tuer par des gobelins.
Après avoir pris quelques potions chez Malin, le roi et sa clique repartaient vers le château…et les essayaient sur les chiens et chats du château en versant quelques gouttes dans leurs gamelles. Un chat avait une fois triplé de volume, un autre ne cessait de chanter « au clair de la lune », un chien était soudain devenu albinos, un autre s’était mis à se comporter comme un perroquet et criait « coco est content » en remuant la queue. Comme on peut le voir, la méfiance des chevaliers à l’égard des potions de Malin était justifiée.
Venait ensuite une période de prière de dix à quinze jours selon l’importance ou la dangerosité de la quête : plus l’aventure risquait d’être périlleuse, plus ils priaient, et plus ils buvaient (pour se donner du courage dans les épreuves, mais pas seulement). La prière que nous avons retranscrite ci-dessous se nomme « prière du chevalier qui va y rester » :
« Seigneur Dieu,
Donne moi du courage dans cette quête,
Fais que je ne perde pas mes jambes dans la bataille afin de pouvoir fuir,
Donne à mon épouse la pension des veuves de guerre,
Et aussi du courage à son futur époux car, pour la supporter, il lui en faudra,
Coupe l’arrivée d’essence du dragon cracheur de flammes,
Fais tomber les dents des ogres mangeurs d’hommes,
Elargis les souterrains pour que je puisse passer sans me rentrer trop le ventre,
Assèche les couloirs, car l’humidité est mauvaise pour ma sinusite,
Donne moi toujours du bon vin pour étancher ma soif
Afin que je n’aie plus jamais à boire d’eau,
Et n’oublie pas que ce que nous faisons, nous le faisons pour ta gloire,
Alors épargne nous l’humiliation de nous prendre les pieds dans nos armures en fuyant,
De nous faire ligoter comme de vulgaires saucissons,
Et apporte nous soit une mort rapide soit la gloire,
Amen ! »
Telle était la prière des chevaliers, et du roi Rature.
Mais, la quête qui va être l’objet de notre histoire n’avait pas été, fait exceptionnel, suggérée par des moines. Elle avait été décidée par le roi lui-même. Au sortir d’une soirée bien arrosée qui permettait au roi de voir deux portes là où il n’y en avait qu’une, Dieu en personne était apparu à Rature. Il lui avait parlé en ces termes :
« Rature, roi des Bretons ! Tu m’as jusqu’ici bien servi. C’est pourquoi j’ai décidé de te confier une mission d’une extrême importance. Il faut que tu saches que la vie de mon fils Jésus telle qu’elle est racontée dans la Bible n’est qu’un tissu d’âneries. C’est moi qui ai ordonné aux rédacteurs d’écrire ces bêtises afin que des êtres indignes ne se lancent pas dans la quête que je vais te confier. Maintenant, avec toi, je sais que j’ai trouvé un être noble qui réussira cette mission.»
* C’est de cette pratique attestée historiquement qu’est née l’expression « ne pas pouvoir se sentir ».
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 07/03/07 20:09
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Chapitre 7: la vraie histoire du Christ
Le tout puissant interrogea Rature sur ses connaissances bibliques :
- « Dis moi ce que tu sais de la vie de mon fils, Jésus !
-Je ne sais, hélas, que peu de choses, dit le roi qui avait décidé de s’humilier devant son dieu.
- Je crains que ce que tu sais soit effectivement insuffisant. Où a-t-on capturé mon fils ? Tu l’ignores ? Hé bien, ouvre tes oreilles toutes grandes car voici le récit des derniers jours de Jésus. »
Dieu s’éclaircit la voix et prit un ton solennel :
« Mon fils et ses disciples étaient partis pique niquer sur le mont des pruniers. Ce lieu tirait son nom des nombreuses amendes données aux conducteurs de chars qui passaient trop rapidement sur les voies pavées environnantes, et mettaient en danger la vie des piétons. Les centurions romains chargés de donner les amendes étaient surnommés de ce fait les « pruniers ».
Les treize compères avaient emmené avec eux de quoi manger et avaient mis les merguez et les saucisses sur le grill lorsque les romains sont venus les chercher. Le centurion chef du détachement dit à Jésus et ses douze disciples qu’ils étaient tous accusés de blasphème et qu’ils devraient en répondre devant les peuples juif et romain. Et les romains se mirent à leur lier les mains et les pieds.
Mon fils décida de les amadouer et leur dit alors : « Hé là ! Calmos ! Z’avez pas une petite faim ? Après une marche comme celle qui vous a emmenés ici. Non ? Si ? Aaaaaaah ! Vous voyez bien que vous pouvez être sympas quand vous le voulez. Asseyez vous parmi nous. Nous aurons tout le temps de vous suivre une fois que nous aurons le ventre plein. »
Le plan de mon fils était diaboliquement simple. C’était un homme comme les autres, avec ses défauts et ses qualités. Il était extrêmement froussard et n’avait pas envie d’aller moisir dans les geôles romaines, lesquelles étaient remplies de prisonniers sodomites. Imagine mon pauvre fils, lui, si fragile, dans les bras de ces hommes velus et sales. Quelle infamie ce serait pour le fils de Dieu ! Il espérait fausser compagnie à ses ennemis une fois que ceux-ci seraient repus. Malheureusement pour lui, le centurion le surveillait de près.
Il n’eut pas l’occasion de mettre son plan à exécution. Une fois le repas fini, le centurion, après avoir lâché un énorme rot, ce qui était un signe de politesse (n’oublions pas que la scène se déroule dans un pays dont la population était méditerranéenne), se mit sur ses deux pieds. Enfin, il essaya, parce qu’il avait sifflé une telle quantité de vin qu’il ne tenait plus bien en place. Il marchait en zigzag, butait sur un rocher, perdait l’équilibre, réussissait à tenir debout, puis recommençait.
A tel point que Jésus et ses disciples, à l’exception de Judas qui ne tenait pas l’alcool et s’était effondré après avoir bu un peu de vin noyé dans de l’eau, se demandaient si le centurion ne le faisait pas exprès pour faire marrer ses hommes.
Ce dernier fit lever ses hommes. Il lia les mains de mon fils d’une chaîne et ordonna à ses hommes de faire de même avec les onze disciples. Judas, quant à lui fut, placé sur une litière et porté à dos d’ânes. Penses tu que les stigmates sur les pieds de Jésus sont le fait de clous qui y auraient été plantés ? Oui ? Hé bien, tu ne le dois pas. Mon fils avait pendant le repas dissimulé ses sandales sous une pierre. Il savait qu’il marcherait bien moins vite sans, ce qui permettrait à son père, c'est-à-dire moi-même, de le sauver et d’accomplir un miracle.
Le problème, c’est qu’au moment où mon fils a été capturé, j’étais en train de digérer mon repas. J’avais fini de manger et je faisais ma sieste. Et si un séraphin me dérange en pleine digestion, moi, j’écoute pas, je mandale direct. Je n’ai appris le triste sort de mon fils qu’à mon lever, c'est-à-dire quatre jours plus tard. On était déjà en train de le juger.
Punk Pilate finit son paquet de chicken wings, et s’essuya les doigts dans sa toge. Il bailla, se frotta les yeux. Et demanda à son assistant qui allait avoir l’auguste honneur d’être jugé par lui-même. Bigus Dickus lui dit que c’était au tour du juif Jésus. On fit paraître Jésus, et on lui demanda d’aller dans le box des accusés. Jésus avait la bouche complètement tuméfiée. Il faut dire que Jésus avait parcouru les vingt lieues qui séparaient le mont des pruniers de la ville de Jérusalem pieds nus, et la route était farcie de cailloux pointus. Pendant une heure il avait souffert en silence, mais il avait fini par craquer. Il se mit à exprimer sa souffrance. Les « ouille » et les « aille » se répétant, ils avaient fini par agacer le centurion romain qui ordonna à ses hommes de le bâillonner. Mais le décurion ayant serré le bâillon trop fort afin de ne plus l’entendre crier, Jésus n’arrivait plus à respirer correctement et avait viré subitement du blanc au rouge brique. Il passa cinq heures à essayer de manger le bout de tissu qui lui obstruait la bouche afin de pouvoir respirer.
Pilate prit la parole : «
- Jésus, tu comparais devant moi et devant le peuple juif pour blasphème, et rébellion contre l’autorité de ton divin empereur.
- Divin ? Il est d’une divine connerie en effet. »
La répartie de mon fils fut saluée des rires de l’assistance. Punk Pilate reprit, troublé : «
- En refusant d’obéir à Tibère, tu commets un blasphème extrêmement grave. Qu’as-tu à dire pour ta défense ?
- Rien, si ce n’est que dans ton esprit, tu m’as déjà condamné. Pourquoi donc me défendre ?
- Défends toi !
- Ma foi, je n’ai jamais refusé d’obéir à ton empereur lorsque ses commandements n’allaient pas à l’encontre de mes convictions.
- As-tu bien payé tes impôts ?
- Oui.
- As-tu craché sur les soldats romains ?
- Pas plus que sur les autres soldats.
- Vraiment ? Je ne vois ce que tu as fait de mal. J’ai bien envie de te libérer.
- C’est vrai ? Sans déconner ? »
Et Jésus, tout ému, se jeta dans les bras musclés de Pilate. Des légionnaires romains vinrent l’en tirer, et le remettre dans le box. Le procureur romain n’avait pas été insensible à la reconnaissance de Jésus, et s’essuyait les yeux dans sa toge. Puis, reprenant sa voix solennelle, il dit : « Tu connais la loi. C’est au peuple qu’il appartient de décider qui de toi ou de l’autre accusé du jour doit être sauvé. Public, à vos boîtiers ! Pour sauver Jésus, tapez un, pour sauver Bananas, tapez deux ! ».
Malheureusement, le public décida de sauver l’autre accusé. Bananas en effet était le meilleur glacier de Jérusalem, et en cette période estivale, les habitants de Palestine tenaient à leur cornet quotidien.
Jésus fut donc chargé de sa croix et emmené sur le lieu de son supplice. On lui cloua les mains et les pieds. La chaleur le tua en moins de trois heures. Il décéda sous les yeux de ses disciples. Soudain, un javelot vint se ficher dans son flanc droit. Deux minutes plus tard, deux jeunes apprentis légionnaires firent leur apparition et se dirigèrent vers mon fils. Une école militaire était implantée à deux pâtés de maisons de là. Et en ce vendredi, les élèves apprenaient à lancer le javelot. Un élève complètement myope avait raté la cible et transpercé le flanc de ce pauvre enfant. Le premier dit au second : « t’as vu ? Encore heureux qu’il était déjà mort, parce que sinon, on se serait fait engueuler ». Ils récupérèrent le javelot et partirent en courant. Piètre, le disciple le plus proche de mon fils, se rapprocha du cadavre et récupéra le sang coulant de la blessure dans une coupe dorée. On garda cette coupe, que nous connaissons sous le nom de « graal », comme un trésor. Mais elle fut perdue.
Voilà la vraie histoire de Jésus. Maintenant, je vais te faire connaître le but de ta quête. »
Rature dit alors, émerveillé : «
- Je dois récupérer le saint graal alors ?
- Non. Vous, humains, ignorez ce qu’est devenu le graal, mais ce n’est pas mon cas. Le graal a été récupéré par les romains et a servi de coupe dans les pires bacchanales de l’empire. Il a été souillé et ne peut donc plus être considéré comme sacré.
- En effet, Seigneur ! Mais que dois je récupérer alors ?
- Tu dois retrouver le saint Grill, celui là même avec lequel Jésus a, avec ses disciples, fait son dernier chiche kebab, car lui n’a pas été profané par des mains impures!
- Pour vous, je retrouverai le saint Grill, ô mon dieu. »
Et le seigneur disparut, laissant Rature à ses pensées.
ps: commentez !!!
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 17/03/07 13:22
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À quand la version légo ? 
Ahum, broum.
Concernant le fonds, je suis toujours curieux de lire la suite. Le côté "mythe à rebrousse-poil" me semble assez bien amené (ou plutôt asséné). Concernant la forme, je suis un peu dérouté par les changements de narration. Notamment, le récit fait par Dieu en personne, qui me semble décalé, pas seulement à cause des éléments du mythe chrétien qui ont été, ahum, dévoyés, mais également parce qu'on ne s'attendrait pas à un récit structuré aussi littéralement de la part de la divinité. Mais bon, je coupe des cheveux en quatre dans le sens de la longueur depuis que je sais écrire, on peut donc filtrer mes opinions au passe-purée.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 24/03/07 15:40
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Le récit divin est trop structuré, dis tu?
Mais n'oublie pas qu'il faut que les lecteurs puissent suivre. J'ai voulu avec ce conte écrire une connerie, mais une connerie lisible qui tienne debout.
Perso, j'aime bien les changements de narration; ça change un peu. Mais bon. Dommage si ça ne plait pas.
Tout ce chapitre est basé sur le calembour final "le saint grill", un peu comme POC l'a fait dans l'épisode 24 du DDN, avec le fameux "n'empêche que j'avais dit flip!".
Rassure toi, il n'y aura pas d'autres changements de narrateur dans l'histoire!
Pour finir, j'ai toujours aimé la dégradation d'un mythe ou de la vision d'un personnage. D'où le chapitre sept. La "revisitation" de la bible par quelqu'un m'a toujours fait rire. Mais ce n'est jamais méchant!
edit : ta critique est constructive, Nyxl! Donc pas de probleme!
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Dernière mise à jour par : tabeulbeuk le 24/03/07 15:41
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 24/03/07 15:58
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Citation :tabeulbeuk dans une contemplation à Dlul a dit:
Le récit divin est trop structuré, dis tu?
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Dans le sens, trop littéraire. Dieu raconte la dernière cène comme on pourrait la lire dans un texte écrit, ça ne ressemble que marginalement à un récit oral. Voilà voilà.
Citation :[...]Pour finir, j'ai toujours aimé la dégradation d'un mythe ou de la vision d'un personnage. D'où le chapitre sept. La "revisitation" de la bible par quelqu'un m'a toujours fait rire. Mais ce n'est jamais méchant!
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Les réinterprétations de mythes connus abondent dans la littérature du 20e siècle (et de ce début de 21e siècle aussi, d'ailleurs -> Ilium et Olympos de Dan Simmons). Le côté parodique est cependant moins fréquent sur papier que sur pellicule (voir Monty Pythons' Quest for the Holy Grail auquel j'ai déjà fait allusion plus souvent qu'à mon tour).
Citation :edit : ta critique est constructive, Nyxl! Donc pas de probleme!
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Oh, mais je ne m'en fais pas. La critique doit être constructive ou elle n'est pas (voir recommandations du Conteur Marginal en matière de critiques, dans le Sommaire de la section). D'un autre côté, on en fait ce qu'on veut, hein.
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 24/03/07 16:12
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Je connais bien Sacré graal, t'inquiète pas!
Les critiques et parodies de la religion sont très courantes en littérature, et ce, depuis ses débuts. T'as qu'à voir Rabelais, Lafontaine.....
C'est juste que les gens lisent moins qu'ils ne regardent la télé, voilà tout!
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 27/03/07 10:25
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Chapitre 8: Une nouvelle ère
Rature s’endormit sur son siège. Plusieurs heures durant, il réfléchit à l’organisation de la quête du Saint Grill. Il se réveilla au chant du coq et décida de convoquer tous les chevaliers de la table immonde pour huit heures du matin. Queue, Fesmol, Cervovid, Lazslo, Ivan, Cornedebouc, Regalad furent réveillés par leurs valets à sept heures trente. Les valets avaient été chargés par le roi de les convier à un petit déjeuner de campagne autour de la table immonde lors duquel il leur exposerait l’objet de leur nouvelle quête. Tous les chevaliers arrivèrent à la salle du conseil cinq minutes à l’avance à l’exception de Pioncemal le grivois qui, une fois de plus, se faisait attendre.
A dix heures trente, alors que les chevaliers et le roi étaient à bout de patience, un valet entra en trombe dans la salle du conseil et entreprit d’expliquer au roi que le sieur Pioncemal était de fort méchante humeur, ayant été réveillé de manière fort brusque. Il refusait de sortir de sa chambre et de quitter son lit.
Le roi et le valet sortirent de la salle du conseil et prirent la direction de la chambre de Pioncemal, située dans l’aile est. Pour ce faire, il fallait monter trois étages, prendre un second escalier, descendre huit étages, tourner à gauche, prendre un troisième escalier, monter deux étages pour enfin arriver à la chambre du chevalier. Pioncemal entendit le bruit de leurs pas sur le pavé, et comprit qu’on venait le chercher une fois de plus. Mais le sieur Pioncemal ne l’entendait pas de cette oreille. Le roi et le page tinrent un petit conciliabule.
« - Allez y ! Sortez le de là !
- Monseigneur, si jamais je me présente de nouveau devant lui, je n’ose imaginer ce qu’il me fera.
- Rien de plus que moi si jamais vous n’entrez pas », avertit Rature.
Le page fit un signe de croix et poussa la porte qu’il avait laissée entrebâillée. On entendit hurler et courir. La porte s’ouvrit et le valet s’enfuit à toutes jambes, le nez en sang. Pioncemal resta sur le seuil de la porte et prit un ton théâtral :
« Par les saintes culottes de notre bien aimé Pape, ce n’est pas vous qui me ferez sortir de ma chambre !
- Lui, non mais moi, si !
- Sire ? je ne vous avais point vu. Comment allez vous ce matin? Et la reine ?
- La reine va parfaitement bien, dit sèchement Rature. Pourquoi ne présentez vous pas à la salle du conseil, afin que nous puissions enfin commencer notre réunion ?
- ‘ai ‘ro’ement ‘omme…., dit Pioncemal en baillant.
- Heeeeeeeeeeeeeein ?
- J’ai drôlement sommeil, vous dis je. Il me faut plus de repos.
- Vous aurez autant de sommeil que les autres. Ni plus, ni moins.
- Puis je me permettre une petite remarque ?
- Allez y !
- L’ours blanc, l’ours polaire. Vous savez ce que c’est, n’est ce pas ?
- Me prendriez vous pour une truffe par hasard ?
- Hé ben, lui, il dort six mois par an ! Et vous, vous persistez à me faire ( censure*), sous prétexte que je dors douze heures par jour ?
- Vivez vous au pôle ?
- Non ! Quoi que.. quelquefois, lorsqu’on voit le temps breton….
- Avez vous les griffes d’un ours ?
- Non !
- La fourrure d’un ours ?
- Non !
- Les activités d’un ours ?
- Non plus !
- On peut en déduire que vous n’êtes point un ours, n’est ce pas ?
- Voilà qui me paraît logiquement raisonné !
- Alors je vous donne dix minutes pour aller rejoindre la salle du conseil si vous ne voulez pas vous prendre mon pied au cul ! » hurla rature.
Pioncemal partit se mettre en tenue au triple galop tandis que le roi tournait les talons, le désespoir sur le visage.
S’étant endormi en route, Pioncemal n’arriva finalement qu’à midi, coiffé avec un pétard, et la mine piteuse. Le roi se leva et commença son discours :
« Chevaliers,
cette nuit, Dieu m’est apparu sans que je n’aie rien bu ( Dieu lui était déjà apparu plusieurs fois après de longues Bacchanales). Il m’a confié une nouvelle mission, qui touchera au Christ même…. »
Les chevaliers commencèrent à murmurer.
« Sachez que tout ce que vous savez sur le fils de Dieu est faux. Voici la vérité ! »
Et Rature commença le récit de la vie de Jésus. Il leur narra l’histoire du mont des pruniers, le repas avec les romains, le jugement de Punk Pilate qui lui avait dit : « je ne t’aurais pas cru si fier ! », puis le supplice. Les chevaliers n’en crurent pas leurs oreilles, mais finirent par accepter la vérité. Rature reprit :
« Mes amis, voilà aujourd’hui une quête digne de nous et de la table immonde. Finies les recherches de boucliers mordeurs, d’épées rieuses, de lampes surprises. Le Saint Grill a été un objet touché du christ, donc réellement sacré. Rien ne fait le poids face à cela. Nous partons dès demain à sa recherche. Le seigneur, dans sa grande bonté, m’a fait part de l’endroit où le saint Grill se situe. Il se trouve dans la tanière d’un dragon à deux jours de marche d’ici. Il s’agira d’une tâche difficile. Peut être que certains d’entre nous n’en reviendront pas ! Mais faisons le pour Dieu, parce que lui aussi, il le vaut bien ! ».
Les chevaliers se levèrent et poussèrent un hourrah magnifique. Rature continua :
« Donc, après le repas, nous irons chercher Malin pour avoir des potions qui nous aideront dans l’accomplissement de notre tâche. »
Un blanc s’en suivit et Rature vit les chevaliers déglutir laborieusement. Rature conclut simplement :
« Messieurs, nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle ère, une ère où les chevaliers de la table immonde seront fêtés comme des héros, des saints combattants du Christ. Montrons nous en dignes. Donc, après le repas, Malin nous donnera les potions. Préparez votre paquetage afin que nous n’ayons plus qu’à partir demain matin, après le petit déjeuner. Vous pouvez disposer ! »
Les chevaliers sortirent par petits groupes, discutant entre eux. Rature, quant à lui, resta dans la salle du conseil afin de réfléchir aux différentes stratégies qu’il aurait à employer pour vaincre le dragon. Puis, après avoir poussé un profond soupir, il sortit.
* Dans un souci de bienséance, l'éditeur a choisi de masquer la grossièreté de Pioncemal.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 27/03/07 10:37
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Chapitre 9: A l’auberge du poney boiteux
Conformément à la volonté du roi, après le repas, Malin fit son apparition. Il avait disparu de son manoir dans le but de réapparaître dans la salle du conseil. Mais, au lieu de se rematérialiser sur son siège comme il l’avait prévu, il atterrit dans la cheminée qui était malheureusement allumée. Dire que les flammes lui léchèrent le derrière serait un euphémisme. Il hurla et sortit de la cheminée en courant. Il éteignit le feu qui consumait sa robe avec sa baguette. Au lieu de passer la réunion sur son fauteuil, il la passa le cul dans une bassine remplie d’eau froide, ce qui lui permettait d’atténuer la douleur.
Le roi prit la parole :
« Messieurs,
Voici notre plan de campagne. Vous passerez votre après midi, enfin, ce qu’il en reste (ils avaient festoyé une bonne partie de la journée), à faire votre paquetage. Essayez vos armures et vos côtes de maille. Aiguisez vos épées, vos dagues, tendez vos arcs. Prenez de nouveaux boucliers chez le forgeron du château. Préparez vos chevaux, faites les brosser afin que nous n’ayons pas l’air cloche, contrairement à d’habitude. Malin (le silence se fit soudain parmi les chevaliers) est venu nous apporter des potions de régénération, de vigilance, de silence, d’invisibilité, de continence, de force, de lumière, et de célérité. »
Malin sortit sa baguette et dit « Accio potions ! ». Pouf ! Un sac de couleur noire fit son apparition. Il se maintint un moment en l’air, puis s’effondra sur le sol, sous le regard médusé de Malin et des chevaliers, dans un bruit de verre brisé. Rature, quant à lui, avait enlevé sa couronne et la mordait de rage. Le mage se précipita vers son sac, jeta un œil à l’intérieur, et sourit.
« - L’honneur est sauf, Sire. Seuls les flacons de potion de vigilance et de silence se sont brisés. L’essentiel est préservé.
- Ouf ! dit le roi
- Dommage ! Il est drôle le roi, mais c’est nous qu’on les boit après. Qu’il ait une queue de renard qui lui pousse sur le derrière, et après, il changera d’avis ! » murmura un chevalier.
Les autres approuvèrent et opinèrent du chef.
« Bon », reprit Rature, « voilà une bonne chose de faite. Demain matin, nous partons vers 6 heures du matin, et… ». Blaff ! Un grand bruit se fit entendre. C’était Pioncemal qui venait de s’évanouir en apprenant la nouvelle. Il revint à lui peu après, et partit préparer ses affaires avant les autres, ayant dans l’idée qu’en finissant plus tôt, il pourrait prendre de l’avance sur son sommeil. Le roi reprit la parole :
« Nous chevaucherons toute la journée, et nous nous arrêterons pour passer la nuit dans l’auberge du poney boiteux. Et le lendemain, nous arriverons à la grotte qui abrite le dragon. Nous le tuerons, prendrons le saint Grill, et retournerons par le même chemin. »
Rature leur donna congé, en leur rappelant de faire leurs préparatifs avant le dîner. Il décida d’aller voir comment se déroulaient les préparatifs de Pioncemal . Arrivé à la chambre, que le chevalier avait laissée entrouverte, le roi entendit comme un rugissement de lion.
« - Mais enfin, m’amie, laissez moi décider de ce qui me protègera le mieux !
- Je pense que l’armure en plaques vous protègerait mieux que les cottes de mailles.
- Vous avez vu la taille de mon ventre ?
- Si fait !
- Vous devriez voir alors que je n’ai aucune chance de rentrer dans cette boite de conserve. Cela a toujours été ainsi. Il n’y a que les cottes de mailles qui m’aillent !
- Ne criez point de la sorte, mon ami. Après tout, je me fais du souci pour vous.
- Et je vous en remercie. Mais je vous promets de rentrer en un seul morceau. Maintenant, laissez moi agir à ma guise.
- Très bien !
- Comment avancent vos préparatifs, sieur Pioncemal ? », dit le roi après être entré.
- Ma foi, fort bien sire. J’ai mes armes, mon bouclier, mon armure. Mon cheval est prêt ! », répondit Pioncemal, tout en cherchant dans son armoire un bonnet de nuit à pompons.
- Très bien, je vous laisse ; mais rappelez vous, demain, lever cinq heures et demie ».
Le roi tourna les talons, pensant que le lendemain, au moins un de ses chevaliers serait prêt. Mais il craignait que Pioncemal ne parvienne pas à se réveiller. Il élabora un petit stratagème, dont il eut aussitôt honte, mais qui l’assura que Pioncemal, que les autres chevaliers surnommaient « le bel aux bois dormant », serait sur pied et bien réveillé.
Le repas du soir se passa sans incident. Tout le monde partit se coucher sitôt le repas terminé afin de dormir un maximum. Ils prévoyaient que la campagne serait rude.
Le lendemain, à cinq heures, tout le monde était réuni, et prêt dans la salle de la table immonde. Cependant, Pioncemal ronchonnait : « si je tenais le con qui a fait mettre un coq dans ma chambre à quatre heures et demie, je lui ( censure) ! ». Le roi se sentit honteux, mais la joie que lui procurait cette nouvelle quête éclipsa bien vite ses remords. Après avoir avalé un solide petit déjeuner, ils se dirigèrent vers les écuries, prirent leurs chevaux et mirent cap à l’ouest.
Le roi prenait un plaisir évident à faire gambader sa monture dans la bruyère. L’odeur de la rosée matutinale, celle des fleurs, le chant des oiseaux dans l’air frais, tout plaisait à Rature. Le roi et ses chevaliers se seraient presque allongés sur l’herbe et mis à scander les Bucoliques ! Ils s’arrêtèrent aux alentours de midi pour faire un bref repas, puis remontèrent sur leurs chevaux afin d’arriver à l’auberge du poney boiteux avant la tombée de la nuit. Il devait être sept heures du soir lorsqu’ils y parvinrent. Leur objectif de la journée venait d’être atteint.
L’enseigne rouillée de la taverne crissait sous le vent. Après avoir laissé leurs chevaux aux mains des palefreniers, ils entrèrent. Celle ci était tenue par un couple âgé, Valda Malodoran et Agnelle Klaxonne. L’homme se dirigea vers eux et leur demanda ce qu’ils désiraient boire.
-« Une choppe de votre meilleur rouge », dit le roi.
-« Un hydromel », dirent en chœur Fesmol, Cervovid, Queue, Ivan, Pioncemal et Regalad.
- « Une cervoise tiède », dit Lazslo.
- « On n’est pas dans Astérix et Obélix ici », dit Valda Malodoran, incrédule.
-« Arrêtez vos idioties, Lazslo ! », dit le roi
- « Bon, bon ! Un ballon de rouge siou plait ! »
L’aubergiste s’inclina avec grâce, et tourna les talons. A ce moment là, un fort vent, consécutif à l’ouverture de la porte de la taverne, se fit sentir, et quatre petits hommes firent leur entrée. Ils étaient vêtus de capes misérables, et marchaient pieds nus. Le roi et les chevaliers partirent s’asseoir à la meilleure table. Mais Regalad, dont la curiosité était forte, décida d’aller parler à ces drôles de bonhommes. Il passa la majeure partie de la soirée à discuter avec eux. Il revint vers minuit alors que ses compagnons en était à leur cinquième ou sixième tonneau de bourgogne.
- « Ils s’appellent Flocon, Came, Pinpin, et Méchoui », dit Regalad, enthousiaste.
- « Et alors ? » dit le roi, dont le nez commençait à prendre une teinte violette.
-« Ben, euh, chais pas moi. Vous ne voulez pas en savoir plus sur eux ? », reprit Regalad
- « Rien- à- battre », répondit Rature tout en se servant sa énième coupe de vin
- « Rien d’autre que la bouffe, le sexe, et la religion ne vous intéresse alors ? Vous vous servez de vos muscles, mais vous pourriez être des « esprits servants »* aussi ! », dit Regalad en colère.
Rature et les chevaliers se regardèrent d’un air incrédule.
-« Bon ! Allons nous coucher ! La journée de demain risque d’être longue », dit le roi.
-« Bonne idée, sire », dirent en chœur les chevaliers.
Il appelèrent l’aubergiste, qui ne les entendit pas parce qu’il était en train de sermonner des paysans qui chantaient des chansons paillardes. L’aubergiste hurlait, et sa femme, Agnelle klaxonne, lui dit : « Valda, arrête de crier, tu vas encore te faire mal à la gorge ! ». Se rendant à la raison, il cessa de crier. Il décolla soudain du sol. Pioncemal, qui avait fortement envie de dormir, avait très mal pris de devoir attendre que l’aubergiste vienne à sa table, et l’avait soulevé par les oreilles. L’aubergiste promit de leur montrer leurs chambres. Ils gravirent ensemble trois étages avant que Valda ne demande qu’on le lâchât afin qu’il puisse leur donner leurs clefs.
Ils s’installèrent dans trois chambres voisines, donnèrent un coup de pied au cul de Valda pour le punir de sa lenteur à les servir, se souhaitèrent bonne nuit, et se mirent au lit. Fesmol, Cervovid, Lazslo occupaient la chambre 301, Ivan, Queue, Regalad la chambre 302, et Rature et Pioncemal la 303.
A deux heures du matin, trois formes vaguement humaines vêtues de capes parvinrent au troisième étage de l’auberge. Elles se rapprochèrent de la chambre 303. La première ouvrit la porte et pénétra dans la chambre sans un bruit, aussitôt imitée des deux autres. La troisième ombre ferma la porte. Blaaaaaaaaaaam !
- « B***** de robe à la con ! Chier ! Tu m’étonnes que je me prenne les pieds dedans. Tu parles d’un costume qui fout la pétoche ! », dit la première ombre.
Pioncemal se réveilla d’un coup, et se mit à gueuler :
-« Non, mais, oh ! Qu’est ce qui vous prend de déranger les honnêtes gens en pleine nuit ? Ca va pas la tête ? Et puis d’abord, qui êtes vous ?
- Nous sommes les esprits servants de l’anneau. Vous comprenez ?
- Veut pas le savoir !
- Nous servons le maître des ténèbres.
- Ah ouais ! Ben, dites lui de me rendre mon peigne quand vous le verrez !
- Mais ! L’anneau ?
- Dites à votre maître que nous ne l’avons pas !
- Comme ça, nous le saurons!" dit le chef des esprits
- Et maintenant, fichez moi le camp !
- Bonsoir, et encore désolés ! ».
Ils prirent la poudre d’escampette tandis que Pioncemal leur hurlait : « et la prochaine fois, essuyez vos pieds avant d’entrer ».
Il se recoucha et grommela : « Quel manque d’éducation chez les jeunes ! Bon, au dodo ! ». Il se rendormit presque aussitôt.
L’aubergiste réveilla le roi et ses joyeux compères à six heures. Une heure plus tard, ils étaient sur le chemin de la tanière du dragon, objet de leur voyage.
* « esprit servant », litt « qui se sert de son esprit »; en vieux celtique, « intellectuel qui s’intéresse au monde qui l’entoure ». Le vieux celtique renverse souvent les constructions.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 30/03/07 19:24
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Chapitre 10: Dans l’antre de la bête.
Ils chevauchèrent toute la matinée. Ils ne s’étaient pas pressés, sachant bien que cette demi journée risquait fort d’être la dernière. Aux environs de midi, ils parvinrent à ce qui semblait être une clairière. Ils mirent pied à terre, et observèrent la terre avec soin. Elle était entièrement brûlée, signe que le dragon nichait dans une grotte à proximité. En effet, ils trouvèrent une sorte de puits, qui s’enfonçait profondément dans la terre. Un dragon ne pouvait trouver demeure plus confortable et plus à son goût. Le puits était environné de pierres sèches noircies et habité des crotales et des scorpions. Rature se pencha au dessus du trou. Il ne put en distinguer le fond. Le puits ne plongeait pas tout droit au centre de la terre. Il avait une forme torsadée. On descendait vers la tanière du dragon très lentement et au prix de nombreux efforts. Plus on allait profond, plus la chaleur était accablante. La remontée serait pire encore. Nos héros commencèrent à descendre. Le roi eut l’impression que le dragon avait fait en sorte de prendre une tanière dont il serait difficile de sortir pour qui n’était pas ailé.
Chacun alluma sa torche. Soudain, des grondements proches se firent entendre.
- « C’est lui, dit Rature, il nous a entendus ! J’en suis sur !
- Navré de vous décevoir, ô mon roi, mais le dragon n’y est pour rien. C’est mon estomac qui grogne, et ça résonne comme dans une église ici, dit Pioncemal. Puis je vous faire remarquer que nous n’avons point déjeuné ?
- Parbleu, j’avais complètement oublié ! »
Le tunnel cessa brualement de descendre, et prit la forme d’un long et ténébreux couloir. Le roi décida de faire une pose et expliqua son plan.
« Nous allons envoyer trois éclaireurs pour essayer de repérer la niche du dragon. Queue, vous prendrez la tête de ce groupe. Ivan, et Cervovid, vous le suivrez. Dès que vous aurez repéré le dragon - normalement, le saint Grill ne devrait pas être loin- vous reviendrez. Allez ! »
Les trois chevaliers susnommés partirent au triple galop.
« Pioncemal, amenez moi les potions ! Ne tremblez pas de la sorte, voyons ! Je ne vais pas vous manger. Ne me dites pas que vous…. »
Pioncemal hocha la tête tristement.
« Vous les avez laissées à l’auberge ?????? Qu’est ce qui ma fichu un (censure)…….. pareil ? Je vous préviens que… ».
Un craaaac sonore l’interrompit, suivi d’un hurlement. Malin venait d’apparaître au beau milieu du tunnel, et avait atterri sur le pied du sire Pioncemal, qui était fort douillet.
-« J’ai vu dans ma palantir que quelqu’un, dont je ne citerai pas le nom (ses yeux s’attardèrent longuement sur Pioncemal) a oublié mes chères potions à l’auberge du poney boiteux », dit Malin. « Ne soyez pas aussi chochotte, mon ami ! » ajouta t il, en parlant du pied de Pioncemal.
- Est-ce ma faute si je suis de nature délicate ? dit Pioncemal
- Revenons aux potions, si vous voulez bien ! Pourriez vous nous en préparer d’autres ? » dit Rature.
- Pas besoin ! J’en ai apporté avec moi ! » répondit le mage, en fouillant dans sa cape
- Malin, vous nous sauvez ! Vraiment !
- Probable ! Mais peut être faudra t il que je vous apprenne à les fabriquer et que je me fasse momentanément professeur de potions! » dit Malin, d’un ton rogue.
- Mouais, mais à quoi serviriez vous dans ce cas ? » dit le roi
- C’est pas faux ! » répondit le magicien. « Tenez ! Voici les potions dont vous aurez besoin. »
A peine Rature avait il pris les fioles des mains du magicien, que ce dernier se volatilisa avec un nouveau craaac sonore.
Pendant ce temps, Queue, Ivan et Cervovid s’acquittaient de leur tache. Ils avaient croisé une bande de nains, qui, pelle et pioche sur l’épaule, chantaient une chanson qui devait être kabbalistique, puis qu’ils n’en comprirent pas un traître mot (nous la retranscrivons phonétiquement) :
Ail, Hi ! Ail, Ho !
On ren-tre du bou-lot !
La-la-la-la la-la-la-la !
Ail, Hi ! Ail, Ho ! Ail, Ho ! Ail, Ho !*
Les trois compères pataugèrent dans quelques passages marécageux, mais avançaient à bonne allure. La chaleur devenant insupportable, ils décidèrent d’enlever leur casque. Fatale erreur ! Le cliquetis des armures réveilla une colonie de chauves souris qui nichaient dans le plafond. Certaines d’entre elles s’envolèrent et s’agrippèrent aux cheveux de Cervovid et d’Ivan. On les entendit hurler de terreur à des kilomètres à la ronde. Queue, qui, lui, était chauve, ne fut aucunement l’objet d’attaque. Il rit de bon cœur en voyant ses malheureux acolytes se taper sur la tête pour se débarrasser de nos amis chiroptères.
Après un quart d’heure de lutte, les dernières chauve-souris consentirent enfin à regagner le plafond.
Ils reprirent leur marche héroïque, qui fut bientôt, et de nouveau, interrompue. Ivan et Cervovid s’arrêtèrent de marcher, stupéfaits. En effet, Queue, à l’avant, s’était mis à danser, à tourbillonner bizarrement, et à tourner sur lui-même. Ivan et Cervovid, qui appréciaient les arts et les spectacles, applaudirent. Ils ne comprenaient pas que leur compagnon aurait préféré qu’ils viennent à son aide. Les fientes de chauve souris rendaient à cet endroit le sol extrêmement glissant et rendaient toute sorte d’équilibre difficile. Au beau milieu d’un quadruple boucle piqué, ayant repris son souffle, Queue hurla : « à l’aide !!! ». Ivan et Cervovid le prirent chacun par un bras, et, tout en glissant, tentèrent de le sortir, ce qui n’était pas chose aisée, de ce mauvais pas ! Ivan sortit de la zone glissante par un triple loots, Cervovid par un double rittberger, et Queue par un salto avant carpé.
Ils avancèrent de nouveau jusqu’à ce qu’ils parviennent à une gigantesque salle, que l’on voyait briller de loin. Des montagnes d’or y étaient entassées, et devaient servir de matelas au dragon. Mais le monstre n’était pas là. Ils entendirent du bruit dans une salle voisine. Ils s’en approchèrent avec discrétion. Un trou dans le mur leur permit de voir ce qui s’y passait. Ils virent un dragon en train de souffler sur des braises afin de les raviver. Au dessus du feu, il y avait une sorte de grillage, moche et entièrement rouillé. « Le saint Grill » ! pensèrent ensemble les trois chevaliers. Le dragon n’était pas seul. Il était accompagné d’un être tout vert, ventru, crade, dont les oreilles ressemblaient à des entonnoirs renversés. Il y avait aussi un bourricot grisonnant et acariâtre qui ne cessait de parler, parler, parler, parler….
Les trois chevaliers, qui venaient d’accomplir leur mission, se retirèrent sur la pointe des pieds. Deux heures plus tard, ils étaient de retour auprès de leurs compagnons. Ils les trouvèrent repus. Pioncemal leur avait préparé un excellent cassoulet toulousain qui leur avait parfaitement rempli la panse. Ils en avaient laissé dans le fond du chaudron pour leurs camarades en mission.
Le roi se mit péniblement sur ses deux pieds et leur demanda le chemin qui menait au saint Grill.
Queue prit la parole :
« C’est assez simple ! Pendant environ une heure, il n’y a aucun obstacle. Ensuite, il y a quelques marais, des chauves souris, et enfin la salle au trésor. Le dragon est dans une salle contiguë avec Vous-Savez-Quoi ! »
Rature s’illumina comme un sapin de noël, et entreprit de donner ses ordres. Mais vaincu par une difficile digestion, il décida de remettre le plan de bataille au moment qui suivrait la sieste.
* Ndlr : si quelque individu à l’intelligence supérieure peut nous aider à en traduire les paroles, qu’il ait la bonté d’écrire à l’éditeur.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 30/03/07 19:31
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Chapitre 11: Dieu contre Diable
Les trois éclaireurs mangèrent tout ce qu’ils purent et à l’instar des autres chevaliers et du roi, tombèrent dans un profond sommeil. Nos héros se réveillèrent vers onze heures du soir. Le roi prit la parole, et harangua ses troupes :
« Messieurs, voici venir le moment le plus périlleux de notre quête. D’ici dix minutes, nous serons partis à la recherche du dragon et du saint Grill. Cervovid, Queue, et Ivan l’ont repéré non loin d’ici. Voici notre itinéraire : nous allons d’abord traverser des marais bourbeux, ensuite affronter une colonie de chauves souris… Euh ! A propos, gardez vos casques quoiqu’il arrive. Ainsi il ne vous arrivera pas ce qu’ont subi Cervovid et Ivan. Enfin, nous parviendrons à la tanière du dragon. Peut être aurons nous à l’affronter et à l’occire.
Les dragons ne dorment pas la nuit mais le jour. Nous n’aurons donc pas l’avantage de la surprise. Il faudra que nous lui prouvions notre courage. Prouvez que vous êtes dignes de siéger à la table ronde, à mes côtés. Ah ! Au fait ! Je refuserai toute démission de votre part dans les minutes et les heures qui vont suivre. Ne faites pas la tronche ! Si nous revenons au château victorieux, vous serez généreusement récompensés.
Nous combattrons tous ensemble. Mais jusqu’à ce que nous arrivions à la tanière du dragon, silence absolu, sans quoi nous serons attaqués par les innombrables gobelins qui pullulent dans le coin, et… »
Il ne put terminer sa phrase car Pioncemal l’interrompit brusquement.
-« Sire ! Si la discrétion est la seule façon pour nous de rester en vie, il vaudrait peut être mieux que je ne vous accompagne pas et que je reste ici, à surveiller le camp.
- Voyez vous ça ! Et pourquoi donc ? » demanda le roi
- Le cassoulet que je nous ai préparé est quelque peu lourd à digérer, et je ne puis m’empêcher d’avoir des flatulences. Aussi mettrai je notre mission en péril en venant avec vous !
- L’odeur d’égouts pendant la sieste, c’était vous ?
- C’était moi !
- Et les coups de canons ?
- Egalement moi, sire ! »
Rature s’assit sur un rocher et réfléchit, la tête entre les mains. Il avait l’air boudeur. Mais après un bon moment de réflexion, son visage se déconstipa et s’illumina. Le roi dit d’un air enthousiaste :
« Mais… nous pourrions en tirer avantage ! Vous pourriez même être un atout pour nous. Parvenez vous à vous retenir ?
- Avec difficulté, sire !
- Combien de temps pourriez vous tenir ?
- Hummmm ! Deux heures…au grand maximum.
- Parfait, mon ami, parfait !
- Je ne comprends point, ô mon roi !
- C’est assez simple ! Vous vous retenez pendant deux heures, et, un quart d’heure avant d’arriver à la tanière du dragon, vous vous lâchez. Vos bruits intestinaux seront amplifiés par les boyaux rocheux dans lesquels nous marcherons. Le dragon en sera effrayé. Il croira qu’il y a quelque monstre fabuleux au rugissement tonitruant sur son domaine. De peur, il quittera sa tanière, et partira en patrouille, nous laissant les mains libres. Nous nous emparerons alors de la relique sacrée. Nous repartirons ensuite par le même chemin qu’à l’aller. »
Les chevaliers hochèrent la tête, d’un air approbateur. Même Pioncemal paraissait convaincu, ce qui encouragea singulièrement le roi. Rature finit son discours:
« Messieurs, ce que nous faisons aujourd’hui est sans précédent. Nous allons nous emparer d’un objet ayant appartenu à Jésus en personne. Il montrera aux autres religions ce qu’est le christianisme. Il en sera le symbole. Il en sera l’étendard.
Aujourd’hui, en vainquant le dragon, c’est le diable que nous vaincrons. La quête du saint grill ne se résume pas à une bataille entre l’homme et le monstre. C’est une lutte entre Dieu et le diable.
Ce que nous ferons ce soir restera à jamais gravé dans la mémoire des hommes et des dieux… »
- « Sire, » l’interrompit Fesmol, « dois je vous rappeler que nous sommes monothéistes ?
- Euh ! Non ! Merci, Fesmol ! » répondit le roi, d’un air encore plus ahuri que d’ordinaire.
Rature reprit :
« Bref, prenons nos armes et partons sur le chemin de la gloire ! »
Les chevaliers aiguisèrent leurs rapières, durcirent leurs pieux au feu, mirent les flèches dans leurs carquois, se mirent de la boue sur le visage, oubliant qu’ils avaient un casque, afin de parfaire leur camouflage. Rature tira son épée hors du fourreau, et la brandit en signe de triomphe. Malheureusement pour lui, le tunnel était bas et Esqualibure, son épée, vint se ficher dans le plafond lithique. Ses compagnons qui l’avaient imité, plantèrent également la leur. Un quart d’heure se passa avant que tous nos amis aient retiré les épées du plafond.
Ils se mirent finalement en route, après avoir bu leurs potions de force, de rapidité, et de continence. Ils parvinrent aux marais en un laps de temps très court. Les chevaliers les traversèrent et parcoururent une centaine de mètres avant de s’apercevoir que le roi n’était plus là. Ils rebroussèrent chemin et le retrouvèrent dans une portion de sable mouvant. Il s’y était enfoncé et en quelques secondes, il avait eu du sable jusqu’à la bouche, ce qui expliquait qu’il n’ait pas appelé à l’aide. Ils le tirèrent de ce mauvais pas et se remirent en route.
Une demi heure plus tard, ils étaient arrivés à la colonie de chauve souris. Cette fois ci, il n’y eut pas de problème, car les chauves souris étaient parties à la chasse. Soudain, Queue arrêta ses compagnons et leur montra une étendue qui luisait à la lumière des torches : « C’est un terrain extrêmement glissant. Alors, soit vous marchez avec précaution, soit vous faites comme moi ! ».
Il prit son élan, et se jeta par terre. Il glissa sur une centaine de mètres avant de s’arrêter. Il se retourna vers ses compagnons et leur dit : « Vous voyez, c’est simple ! ». Rature et les chevaliers s’élancèrent à leur tour. Pioncemal glissa, lui, sur deux cent mètres. Voyant sa performance, il siffla, l’air fier de lui (« il faudra que je fasse homologuer ce record par les druides arbitres de la commission internationale de Kurlingue », pensa t il). Ils se remirent sur leurs pieds et prirent le chemin du repère du dragon. Ils marchèrent durant deux kilomètres et firent une pose.
Encore trois kilomètres, et ils seraient arrivés. Après la pause, le roi demanda à Pioncemal de mettre le plan à exécution. Pauvre chevalier! L’effort que le fait de se retenir représentait l’avait rendu écarlate. Il avait presque doublé de volume, malgré sa carapace d’acier. Et le gaz l’avait rendu tellement léger qu’à un moment, il avait décollé du sol. Deux de ses camarades lui avaient attaché une corde autour de la taille afin de l’empêcher de s’envoler. Ils l’avaient traîné derrière eux, entre ciel et terre, à la manière d’un ballon de baudruche, durant le dernier kilomètre.
- « Pioncemal, allez y ! dit le roi
- Vraiment ? Trop heureux de pouvoir vous obéir ! ».
Un bruit inhumain se fit soudain entendre, interminable, s’amplifiant et ricochant contre les murs de pierre. Le dragon rugit, non loin de là, comme s’il cherchait à répondre. Ils surent tous que le moment était arrivé.
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Réponse au Sujet 'Les compagnons de la table ronde' a été posté le : 08/04/07 17:50
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Chapitre 12: Tigres bedonnants et Dragon
Ils s’avancèrent avec prudence. Tout faux pas pourrait leur être fatal désormais. Le roi rassembla ses chevaliers et leur dit à voix basse : « nous allons faire trois équipes de trois. Fesmol, Cervovid, et Queue, vous constituerez le premier groupe. Ivan, Laszlo, Pioncemal, vous serez le deuxième groupe. Cornedebouc, Beueurk, et moi serons le troisième et dernier groupe. Le premier groupe inspectera la salle du trésor. Le second la petite salle contiguë. Quand au troisième groupe, il patrouillera dans les couloirs et couvrira les arrières des deux premiers groupes. Allons y ! »
Fesmol, Cervovid et Queue prirent le chemin de la salle principale. Elle semblait encore plus remplie d’or que la fois précédente. Le dragon ne s’y trouvait pas. Il devait être parti faire sa ronde dans les innombrables tunnels qui menaient à son repère. Comme, avec leurs visières, ils n’arrivaient pas à voir plus loin que le bout de leur épée, ils retirèrent leurs heaumes et les posèrent sur le sol. Cervovid qui voyait comme une taupe qui a les yeux bandés chaussa ses culs de bouteilles. Il avait l’air aussi ridicule que d’ordinaire mais il voyait beaucoup mieux avec ; alors, au fond, il y gagnait. Ils fouillèrent chaque recoin de la pièce. Il y avait des rubis, des saphirs, des lingots d’or par milliers, des torques, des colliers, des vases d’ivoire, des épées, des lances, des boucliers de jade. Mais le saint grill- ils durent s’y résoudre- n’était pas dans cette salle.
Un puissant battement d’ailes se fit soudain entendre. « Le dragon », dit Fesmol, « planquons nous ! ». Cervovid plongea dans une jarre corinthienne dans laquelle il eut du mal à entrer étant donné la ronditude de son postérieur. Fesmol se réfugia sous un des grands boucliers de jade. Quant à Queue, il s’était dissimulé parmi de gros cailloux blancs et ronds, qui étaient disposés dans une espèce de nid basaltique. La dragon fit son entrée, et se dirigea tout droit vers Queue et se posa en douceur sur les cailloux blancs. Il ne remarqua pas la présence du chevalier. Rappelons que Queue était chauve. Le dragon l’avait pris pour un de ses œufs, abusé par la forme ovoïde et la blancheur de son crâne (ses collègues de la table immonde le surnommaient à son insu « face de lune »). Le monstre se roula en boule et s’assoupit.
Cervovid et Fesmol se risquèrent à jeter un regard en dehors de leurs abris, pour voir comment s’en sortait Queue. Ils virent que le dragon s’était assis sur le pauvre chevalier qui, d’une couleur tomate, suffoquait. Ils se décidèrent en un éclair. Ils devaient sauver leur compagnon. S’ils laissaient leur ami aux mains de la bête démoniaque, ils ne seraient plus dignes de siéger autour de la table immonde.
Ils sortirent les bras de leurs abris et commencèrent à ramper. Ils pourraient rentrer dans leurs carapaces dans le cas où le dragon se réveillerait. Le monstre croirait avoir rêvé. Et le tour serait joué. Cervovid contourna la montagne d’or et se rapprocha du nid du dragon. Fesmol, alourdi par son bouclier de jade, progressa moins vite que son acolyte. Le dragon fit un geste. Allait il se réveiller ? Les deux chevaliers qui, dans leur enfance avaient remporté un tournoi de un, deux, trois, soleil par équipe, s’immobilisèrent instantanément.
Le dragon ouvrit finalement les yeux et vit nos deux compères. Il crut avoir la berlue. Qu’est ce que cette tortue géante et ce bulot bizarre fichaient dans sa tanière ? On n’était pas près de la mer pourtant. Mais son ventre le tenaillait quelque peu, et ces bestiaux avaient l’air bien juteux. Il abandonna temporairement son nid pour aller taquiner la grosse tortue marine. Il tourna autour du bouclier, reniflant longuement, et décida que Fesmol n’avait pas dépassé la date de consommation.
Il tenta de soulever le bouclier de ses pattes avant, mais Fesmol les lui écrasait. Le dragon fulmina et pensa que cette tortue était décidément singulière. Il parvint finalement à ses fins et glissa sa tête cornue sous le bouclier. Fesmol en profitant pour lui mettre un grand coup de poing sur le museau. Le dragon hurla de douleur, mais ne lâcha pas prise. Pendant ce temps, Cervovid s’était glissé dans le nid et en sortit Queue. Malheureusement, il fit tomber un œuf du dragon, qui se brisa sur le sol avec fracas. Craaaaaaaaaaaac !
Le dragon se retourna subitement, laissant Fesmol sous son bouclier. Il vit Cervovid porter Queue. « Depuis quand les bulots mangent les œufs de dragons » se demanda le monstre. Il poussa un hurlement puissant et suraigu qui résonna dans tous les tunnels à la ronde. « Il n’en était pas question. On ne lui volerait pas ses œufs. Son honneur de dragon le lui commandait ». Il rampa en sifflant jusqu’à Cervovid. Mais, pendant que le dragon cogitait, Fesmol avait eu le temps de sortir de sa cachette et d’aller chercher son épieu, dont la pointe avait été durcie au feu. Il se rappela les conseils du maître qui lui avait enseigné à se défendre contre les forces démoniaques : « le point faible du dragon, c’est le siège ! Souviens t’en, Fesmol ! Cela pourra te sauver la vie un jour, si tu deviens chevalier. » Jamais Fesmol n’aurait cru avoir à se servir de ce conseil. Il piqua le cul du dragon avec son épieu. Celui-ci mugit aussi fort qu’un troupeau de deux cent vaches, s’éleva dans les airs et s’enfuit. Queue reprit connaissance. Ils décidèrent de sortir de la pièce : le saint Grill ne s’y trouvant pas, ils n’avaient aucune raison de rester. Ils allèrent à la rencontre de Beueurk, Cornedebouc et du roi.
Pendant ce temps, Ivan, Laszlo et Pioncemal étaient dans la salle contiguë à la caverne au trésor. Ils étaient tombés sur l’âne et le monstre vert. Ils avaient repéré le saint Grill. Mais l’ogre ne comptait pas leur laisser prendre le saint Grill. Il avait préparé un barbecue et avait mis des saucisses et des côtelettes à cuire. Les trois chevaliers se préparèrent au combat. Mais le tandem ennemi était redoutable. Tandis que l’ogre cherchait à leur faire des prises de catch, l’âne leur courait autour en leur racontant des blagues pour les déconcentrer. Au bout d’un quart d’heure de combat, les trois chevaliers avaient perdu leurs épées. L’ogre les leur avait piquées et avait promis l’insigne honneur d’en faire des broches sur lesquelles Ivan, Laszlo, et Pioncemal seraient rôtis, lorsqu’il aurait remporté la victoire. Quant à leurs boucliers, il en ferait des assiettes pour le dragon et lui même. Nos trois compères avaient toutes les peines du monde à se concentrer sur le combat. L’âne avait terminé ses blagues sur le pape et ses caleçons, sur les maris cocus, et commençait à chanter la série des bali balo….
L’ogre assomma Ivan, que l’on surnommait pourtant « le terrible », et attrapa Laszlo avec un bout de corde qui était terminé par un nœud coulant. Cette corde entravait tout mouvement. Il ne restait plus face à l’ogre et l’âne que Pioncemal. Les trois combattants tournaient les uns autour des autres comme dans les westerns de Sergio Leone. L’ogre attendait que Pioncemal baisse sa garde afin de le neutraliser. L’horrible bourricot entama De Profundis Morpionibus. Pioncemal ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire. L’ogre en profita pour lui attraper les jambes. Il tourna plusieurs fois sur lui-même, tenant le chevalier par les pieds et le projeta contre la paroi de la salle. Mais Pioncemal- dont nous avons déjà dit qu’il avait un fort gros ventre- rebondit et repartit en sens inverse. Il heurta en plein visage l’ogre qui s’écroula comme un sac de patates. Pioncemal, s’étant remis sur ses pieds, tapotait son ventre d’un air satisfait. Il commença par museler l’âne. Ensuite, il libéra Laszlo. Il réveilla Ivan en lui donnant des gifles.
Laszlo et Ivan se dirigèrent vers la sortie. Laszlo se retourna et dit à Pioncemal : « Prenez ce que nous sommes venus chercher et allons y ! ». Ils virent le chevalier sortir un grand sac marron et y fourrer le grill précautionneusement.
Beueurk, Cornedebouc, et Rature étaient arrivés dans une grotte extrêmement vaste, au milieu de laquelle se trouvait un lac. Et au milieu du lac se trouvait une île. Ils entendirent un bruit dans l’eau et dégainèrent leurs épées. Ils virent s’avancer une petite embarcation, propulsée par les pieds palmés d’une créature rachitique. La frêle embarcation s’arrêta à la hauteur de nos trois amis et la créature sauta à terre. Celle-ci regarda longuement le roi et ses chevaliers, puis se passa la langue, blanche et râpeuse, sur les lèvres. Rature frissonna.
- « Gouloun vous souhaite la bienvenue dans son antre, mes trésssssssors.
- Heu…Beeeen… Merci! » dit Rature
- « Gouloun s’est senti bien seul durant ces dernières centaines d’années, mes tréssssors. Oh oui ! Vraiment très seul ! Pauvre pauvre Gouloun ! »
La créature se mit à pleurer.
-« Voyons, Gouloun », dit Rature, « soyez un homme ! »
- « Oooh ! Gouloun parie que mon trésssssssor est un homme, un vrai. Gouloun aime les hommes virils et courageux. Mon tréssssor est courageux, n’essssst ce pas ?
- Certes, je le suis ! Et pour l’amour du ciel, cessez de siffler comme ça ; on dirait un vieil asthmatique ! » dit Rature d’un ton agacé.
-« Oh oui ! Mon tréssssor est courageux. Mon tréssssor veut il habiter ici et partager ma couche ? Cela fait tellement longtemps que Gouloun n’as plus de compagnon !
- Pardieu, monsieur ! Je ne suis pas sodomite.
- Gouloun est une parfaite femme au foyer, mon tréssssor.
- Ecoutez ! Ma femme a beau être frigide, je suis sur de préférer ses caresses aux vôtres.
- Gouloun va vous poser des énigmes. Si mes trésssssssors répondent, Gouloun leur montrera la sortie. S’ils ne répondent pas, ils resteront vivre avec Gouloun.
- Pardieu, non, monsieur ! », dit Cornedebouc, qui avait suivi des cours de psychanalyse à la faculté de Lutèce, « Vous êtes un obsessionnel du cul ! Ce n’est pas possible autrement. Vous n’en êtes même plus au stade du refoulement, mon ami. Vous êtes complètement psychopathe. Suivez une thérapie !
- Mon tréssssor ne peut plus. Il n’est pas remboursé car il a perdu sa carte verte. Oh, pauvre Gouloun ! »
Et il se roula par terre, en poussant des vagissements de crocodile. Cornedebouc lui promis de le mettre en relation avec un médecin de sa connaissance qui ne faisait pas payer ses patients. L’œil embué de larmes, Gouloun leur montra la sortie en signe de gratitude.
Revenant sur leurs pas, Rature, Cornedebouc, et Beueurk croisèrent Queue, Fesmol, Cervovid, Ivan, Laszlo, et Pioncemal. Ils prirent ensemble le chemin du retour.
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Cachée
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