Nihiliste réaliste.

-= Chaos Doomed =-
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Civis pacem a été posté le : 05/09/06 15:02
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je previens de suite un éventuel lecteur, j'écris pour moi, sans même me relire, ni corriger. Et puis je n'ai pas spécialement de talent d'écrivain. A bon entendeur...
Chapitre I - La Ville
Johan trouvait sa vie ennuyeuse. Tandis que ses ex-camarades de classe passaient leur temps sur le réseau, il devait passer le temps dans le petit lopin de terre situé derrière le logement familial. Enfant unique, il aurait du avoir la flopée d'ordinateurs, ecrans plats et terminaux de jeu que tous ses camarades possedaient depuis leurs 10 ans. mais rien de tout cela dans sa "maison". Ses deux parents travaillaient tous les deux plus de dix heures par jour dans un des services de la federation, et leurs deux salaires auraient dû être plus que suffisants pour s'acheter l'equipement dernier cri qui sortait tous les deux mois. Au lieu de cela, la maison était pleine de meubles en bois et plastique, même pas dotés de processeurs de contrôle. Le seul équipement informatique était le terminal de ses parents, pour le travail qu'ils ramenaient à la maison, et la television branchée sur les canaux gouvernementaux, le son au minimum legal.
Johan ne savait pas quoi faire. Oh, il allait bien de temps en temps chez ses copains, pour jouer à un des nombreux jeux auquels ils s'adonnaient, mais cela arrivait de moins en moins fréquemment au fur et à mesure qu'ils avaient quitté l'école, le jour de leurs douze ans. Ses copains continuaient à alterner jeux et didacticiels, tandis que lui restait chez lui à se morfondre. Pourquoi ses parents refusaient ils d'acheter du materiel neuf? ils "économisaient en vue de son avenir". Quel avenir? Il savait qu'il finirait technicien réseau, ou bien contrôleur de données, comme tous les jeunes du quartier.
Ses parents faisaient tâche dans le quartier. Vivant en dessous de leurs besoins, les autres adultes discutaient sans cesse à propos de leur supposé "magot". ou pouvait passer l'argent qu'ils ne dépensaient pas en domotique? peut être qu'ils économisaient pour payer des etudes à leur fils? mais Johan, ne voulait pas faire d'etudes. il avait fini ses six années d'enseignement qui constituaient la norme de la federation des etats libres, et comme il savait lire, écrire et compter, il ne voyait nul besoin de devenir un "technocrate" comme disaient les adultes.
Il avait un jour rencontré un technocrate, un jeune homme d'une vingtaine d'années, auquel il manquait un avant bras et un pied. Ses deux membres avaient été remplacés par des protheses electroniques, et Johan avait été fasciné par l'homme, qui avait une allure imperieuse. mais quand il avait croisé le regard triste de l'homme, perdu dans ses pensées, il avait été effrayé. Qu'est ce qui pouvait bien rendre à ce point triste un homme qui avait presque le pouvoir de vie ou de mort sur toute une ville?
Les technocrates étaient l'Elite de la Federation. Des leur treziemme année ils étaient envoyés dans l'université de leur état, ou ils subissaient encore dix ans d'etudes. mais personne ne savait ce qu'ils étudiaient. Souvent mutilés, ils ressortaient de l'université vetus de leurs uniformes noirs, et etaient nommés aux commandes d'une agglomeration. Ces hommes ne parlaient que trsè peu, communiquant souvent avec les Intelligences Artificielles qui contrôlaient les cités, et on disait qu'ils contrôlaient les IA, pouvant leur ordonner de construire de nouveaux quartiers, ou de détruire des arondissements entiers, en déplacant la population. ils contrôlaient les techniciens réseau, et la Police de la pensée, ils étaient les yeux, les oreilles et la bouche du gouvernement de la Federation des Etats Libres, et avaient un pouvoir quasi illimité.
Johan avait fixé l'homme pendant de longues minutes, fasciné par ses yeux, jusqu'a ce que le Technocrate tourne le regard vers lui, et lui ébauche un sourire. Johan avait eu un mouvement de recul, et l'homme avait désigné son avant bras de la tête.
-"la bas sur la frontière, nous laissons tous une part de nous même..."
Puis il s'était détourné, et s'en était en allé, laissant Johan ressasser deux mots dans sa tête. "La frontière".
Personne à sa conaissance n'avait jamais vu La Frontière. On disait que c'etait l'endroit ou la civilisation s'arretait, ou la barbarie commencait. La Frontière, c'etait un gigantesque no man's land, entre la FEL et les Nations Islamiques Unies. Un jour son père lui avait parlé des NIU. Au siècle dernier, la terre était divisée en plusieurs centaines d'Etats indépendants. Ces etats commercaient, s'espionnaient, et parfois guerroyait. il y avait un enorme conflit de fond, entre les membres des trois grandes religions. la religion Judéo-chretienne, la religion islamique, et une autre, la religion Bouddhiste.
Après plusieurs dizaines d'années de conflit larvé, tous les états, saufs quelques uns des plus hostiles s'etaient rassemblés en un enorme conseil, le Concile des Nations. A la suite de plusieurs semaines de discussion, trois forces avaient émergé, chacune rassemblée autour de l'un des pays leader de l'une des religions. L'iran, les USA et la Chine. Quelques années avaient passé, sans aucun conflit, les trois groupes se séparant lentement, les pays de chaque groupe se réorganisèrent, ce qui donna lieu à la FEL, les NIU et la troisiemme force, le Conglomerat de l'Empire Asiatique.
Quand les trois superpuissances se furent formées, les conflits recommencèrent, au bout d'une petiten decennie de paix. Ces conflits avaient les mêmes origines que ceux qui avaient toujours secoué la Terre, des disputes territoriales, commerciales et religieuses.
Après cela, Johan ne savait plus très bien ce qu'il en était. Son père lui avait dit que ses conaissances de l'etat actuel des choses étaient assez flou, lui même n'etant pas d'un échelon suffisament élevé pour savoir ce qu'il se passait près de La Frontière. mais il croyait que les affrontement territoriaux duraient depuis presque cinquante ans, sans pour autant avoir les moyens d'en être sûr. les chaînes gouvernementales ne parlaient jamais de La frontière, et cela faisait presque cinq ans que les dernières chaînes pirates avaient été démantelées et leurs membres executés.
-------------------- «J'exècre cette vie que j'idôlatre.»
Emil Michel Cioran - De l'inconvénient d'être né
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Réponse au Sujet 'Civis pacem' a été posté le : 20/03/07 20:53
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Parfois, Johan restait éveillé tard le soir pour entendre ses parents discuter. Quand son père et sa mère travaillaient tous deux à des horaires compatibles, ils avaient pour habitude de manger en famille, tous les trois. La mère de Johan faisait la cuisine, chose que Johan avait appris a trouver habituelle, même si cela etonnait tous les camarades à qui il en avait parlé. Son père s'asseyait dans un coin de la cuisine, il s'appuyait contre la table en bois massif qui emplissait presque tout l'espace disponible. Parfois il tenait juste compagnie à la mère de Johan, qui regardait ses parents discuter de tout et de rien, et parfois il l'aidait, epluchant des légumes, ou dégraissant des morceaux de viande.
Une fois la cuisine prête, tout le monde s'attablait, et mangeait, souvent en silence, plus ou moins ponctué de petites discussions sans interet. Mais après manger, une fois la vaisselle mise à laver, quand Johan montait dans sa chambre jouer sur sa console antédiluvienne, même pas reliée au réseau, ses parents pouvaient rester plusieurs heures dans le salon, et discutaient de choses d'adultes. Leurs discussions etaient longues et rébarbatives, et le ton des conversations frôlait souvent le murmure. Parfois Johan se plaisait à penser que ses parents etaient des espions, et qu'ils discutaient de leurs missions à l'autre bout du monde, dans des pays fantastiques ou les gens vivaient de façon étrange.
Il arrivait aussi que des amis de ses parents, venus d'autres quartiers, arrivent après le repas, pour discuter autour de quelques verres. La, le ton montait souvent, et certains mots arrivaient jusqu'à Johan, avant que sa mère ne lance un de ses sempiternels « Moins fort, Johan est dans sa chambre » et tout le monde se remettait à chuchoter. Parfois le lendemain matin, quand Johan se levait tôt, il voyait des tracts, des journaux, et autres bouts de papier imprimés. Il avait appris à ne plus y faire attention, cela semblait une autre spécificité de son domicile, car cela faisait déjà quelques années que les documents electroniques avaient totalement remplacé les textes papiers. Quoi qu'il en soit, les étranges papiers remplis de caractères baveux avaient toujours disparu quand ses parents se levaient.
Johan avait donc une enfance tranquille, ce qui lui avait formé un caractère affable, plus prompt à l'observation qu'à n'importe quel type d'action. Souvent quand il faisait beau, Johan avait pour habitude de rester allongé dans l'herbe haute de leur jardin en friche, et de contempler le ciel. Johan pouvait passer des heures, les yeux mi-clos, a scruter cette étendue grisatre, zébrée de trainées argentées que laissaient les astronefs qui sillonaient le voute céleste. Parfois, il se plaisait à rêver qu'il était pilote de vaisseau, et qu'il promenait ses milliers de tonnes de metal partout autour de la terre, voir même vers les colonies. Il s'imaginait des planètes neuves, peuplées de gens sympatiques, qui attendaient sa venue, symbole d'arrivée de marchandises nouvelles. Il se voyait en héros, fêté par les villes qu'il déservait, respecté par son équipage entier, tracant de nouvelles voies dans l'espace. Il aurait voulu partir, fuir ce train-train quotidien, tout laisser sur place, courir vers l'inconnu.
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Réponse au Sujet 'Civis pacem' a été posté le : 21/03/07 20:16
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Un jour que Johan revassait, perdu dans son monde onirique ou il etait l'egal des rois, plus riche que n'importe quel autre, son père rentra alors qu'il faisait jour. C'etait un fait passablement inhabituel, assez rare pour que Johan le remarque. Johan se leva et courut accueillir son geniteur. Ils s'assirent dans un vieux canapé de cuir, et commencèrent à discuter. Ses parents ayant quelquechose à faire la semaine prochaine, ils ne pouvaient s'occuper de lui, c'est pourquoi Johan devait aller chez tante Anna.
Tante Anna n'etait pas sa vrai tante. Johan ne se souvenait plus très bien, mais tante Anna etait une amie de son père ou de sa mère, peut être des deux. Tante Anna etait plutôt jeune pour une tante, et elle n'avait pas d'enfant. Par contre elle avait des livres, beaucoup de livres. Johan aimait bien lire, mais le nombre d'ouvrages qu'il pouvait aborder etait assez limité. La majorité des livres de ses parents etaient assez obscurs et traitaient de sujets ennuyeux comme la géographie ou la sociologie. Il avait dévoré les quelques romans que possedaient ses parents, et lu le dictionnaire jauni en entier. Johan avait bien essayé de lire des livres electroniques, mais si passionnante que fut l'histoire, il n'avait jamais réussi à en lire un en entier. Il aimait bien le poids rassurant du papier entre ses mains, la sensation de tangibilité donnée par les caractères fixes et jaunis des livres qu'il avait lu. Ce n'etait pas la même chose avec les livres elctroniques, ils n'avaient pas de poids, ni volume, leur existence dépendait d'influx electriques. Et puis les histoires qu'il lisait sur son ordinateur etaient toutes débiles, eternelles quêtes initiatiques de jeunes paumés des banlieux pauvres qui trouvaient la raison au sein du gouvernement, qui lachaient leurs bandes de mauvais garcons pour des costumes de technicien, et qui en plus semblaient heureux.
Johan avait lu quelques polars, ou les héros étaient aussi pourris que les gentils, ou les policiers appelaient les prostituées par leurs prénoms et buvaient des bières avec des truands locaux. Cela lui avait paru choquant au début, mais il avait fini par s'y habiruer. Il s'imaginait policier, doté d'un gros flingue, traquant un violeur d'enfants dans une sombre ville de beton et d'acier, son long manteau claquant dans le vent tandis qu'il passait devant toutes les putes du quartier qui lui souriait, le remerciant de faire bien son travail. Il s'imaginait dans des boui-bouis glauques, aux sempiternelles toilettes puant l'urine, tabassant des gangsters vicieux dans l'arrière-boutique pour leur faire cracher le morceau. Mais ces rêves, il ne pouvait les partager à personne. Ces livres n'existaient plus que chez de rares collectionneurs acharnés, et etaient d'ailleurs strictement interdits par la Federation.
Tante Anna, quand à elle possedait une bibliothèque. Ell possedait une maison entièrement remplie d'ouvrages. Parfois des gens que Tante Anna conaissait rentraient, disaient bonjour à Anna et souriaient à Johan quand il etait visible, puis echangeaient quelques nouvelles avec Anna, avant d'aller fouiller les couloirs encombrés de bouquins. Quelque temps plus tard, ils passaient devant le bureau d'Anna, notaient le titre des livres qu'ils avaient dans leurs sacs, saluaient Anna, et repartaient. Quand Johan venait chez elle, non seulement il lisait tout son soûl, maistante Anna le laissait classer les ouvrages, lui apprenait comment reconnaître tel auteur, tel éditeur, et les dates des livres. Il avait l'impression d'être un explorateur du passé lors de ces journées ou il ne s'ennuyait pas une seule seconde.
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