je, je, je, je, je,

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La philosophie a été posté le : 03/08/06 01:19
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Mais qu'est ce donc que la philosophie?
On y a le droit en terminal à des cours portant ce nom, mais comme souvent on étudie sans vraiment savoir ce que c'est. C'est d'après moi la marque d'une grande bétise; la première chose a faire lorsque l'on enseigne quelque chose c'est expliquer la nature du sujet et son utilité.
Je vais donc exposer ce qu'est pour moi cette mère de tout les sciences et ce grace à une comparaison simple.
La philosophie est à l'esprit ce que le sport est au corps.
Et comme pour le sport certains en ont plus besoin que d'autre mais surtout à mes yeux l'important est que chacun en accord avec sa physionomie a des disciplines de prédilections. Par exemple quelqu'un de mince sera plus à l'aise lorsqu'il s'agira d'endurance ou de porter son propre poids alors qu'un boeuf ammene de soulever force poids et de générer une puissance importante sera plus penaud lorsqu'il s'agir d'escalade.
Ainsi il n'y a pas une philosophie et à la mentalité de chacun existe une branche adaptée: par exemple les érotomans pencherons vers de l'hédonisme alors que le stoïcisme les rebuteras.
Une fois partie sur cette base il faut distinguer deux choses; le sportif du dimanche et le profesionel.
Pour le premier l'affaire est d'être mieux dans son corps, d'entretenir sa santé. Le deuxième a la discipline pour l'un des piliés de sa vie.
Dans tout les cas comme la pratique entraine une modification de l'individu dans le sens de l'inclinaison de sa nature si on ne cherche pas la contrarier. Si ce n'est le cas c'est de l'onanisme ce qui n'est nullement condanable mais demeure moins construcifs au dela de la satisfaction éphémère.
C'est à l'effet après coup sur soi que l'interet de la chose se jauge. Une fois la fonte au sol les muscles gardent la marque de l'effort et se dévelopent en fonction et peuvent servir à aute chose, une fois la reflection mise de coté son effet ne s'estompe pas pour autant et touchera a la façon dont on apprend d'autres problèmes. C'est là difference que je vois avec la philosophie et d'autre jeux de l'esprit comme la physique; une fois les cahiers fermés ce que vous avez fait sert peu à la vie quotidien.
Alors bien sur certains vivent très bien sans, mais plus nombreux sont ceux qui vivent sans tout simplement. Dans notre société faire du sport est accessoire, tout comme philosopher, si l'on se contente de faire ce que l'on attend de nous ça n'a quasi aucun interet mais je pense que si l'on s'interece a sa qualité de vie l'affaire est plus importante.
Et ce surtout car je crois que la société a tendance à imposer, d'une façon peut être diffuse, une certain model qui contrarie pas mal de natures.
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 03/08/06 08:18
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Poursuivant la métaphore du sport, et des muscles, je dirai comme Merlin l'Enchanteur que "tout le monde a des muscles", et que subséquemment, à l'instar de Monsieur Jourdain, nous faisons de la philosophie sans y penser (comme nous faisons du sport sans y penser, ne serait-ce qu'en courant pour aller choper son métro ).
Pour moi donc, la philosophie n'est qu'un grand sac englobant un nombre de disciplines important et varié (un peu comme chez les grecs, où un philosophe pouvait être un mathématicien historien homme politique...), mais qui les transcende en leur donnant un but.
Parce que c'est là pour moi le fond de la question: l'objectif de la (ou des) philosophie, c'est de donner un sens infini à nos expériences finies. Qu'il s'agisse de sciences, d'histoire, d'économie, ou tout simplement des expériences de la vie...
Maintenant, je suis d'accord, on peut vivre avec un rien de philosophie, comme on peut vivre en ne faisant que les trajets du lit au frigo, et de la voiture au fauteuil... Mais pour moi, dès qu'on commence à poser la question "pourquoi?" et à essayer d'y répondre, on philosophe déjà.
Et tant pis pour les intellectuels bougons qui veulent cantonner la philosophie à leur masturbation intellectuelle.
Regards,
Skro, dont le premier prof de philo était fan des Shadoks. Forcément, ça marque...
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 03/08/06 08:53
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De la même façon que courir derrière le bus n'est pas du sport, même si ça fait travailler les muscles presque aussi bien, la réflexion quotidienne ne peut pas vraiment s'apparenter à la philosophie, même si elle est certainement très utile et très profitable à chacun.
Pour moi, la philo s'arrête à fin du cours, à la conclusion de ma dissert, à la refermeture du bouquin. Sans que ça m'empêche ensuite, si l'occasion surgit, d'y repenser un instant, d'attacher des expériences à des thèmes abordés, de tisser des liens, mais c'est rare.
J'ai vraiment du mal à assimiler la réflexion quotidienne ou les discussions sérieuses à de la philosophie, pour la simple raison que, et ce n'est pas péjoratif, elles n'ont rien à voir avec ce qu'on me donne à lire ou à écrire en tant c'est ce que "philosophie". Que cette réflexion puisse me servir de base pour philosopher,rtain. Quand celui qui court tous les jours derrière son bus (oui, y'en a qui sortent de chez eux toujours en retard >< jouera un match de tennis, il sera sans doute un peu plus endurant que celui qui ne sort pas de chez lui. Sans qu'il ait vraiment pratiqué un sport pour autant.
Et je dis ça sans vouloir réserver la philosophie à une élite intellectuelle. Plût à Dieu qu'elle me fût accessible un peu plus souvent. Qu'elle fût accessible à tout le monde, au moins un peu (parce que si la philo est nécessaire, il est inutile de connaître tout Kierkegaard pour vivre mieux.) Et je dis ça sans mépriser, bien au contraire, la réflexion quotidienne (celle qui concerne des sujets autrement plus importants et utiles que la liste des courses, ça va de soi.) Réflexion qui, bien souvent, vaut plus qu'un cours sur l'influence de la pensée heideggerienne dans le monde actuel.
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 03/08/06 09:25
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Pour moi Philosopher, c'est commencer à éssayer d'envisager qu'il existe des valeurs hors de celles qu'on nous a enseigné. Qu'il éxiste ds choses "bonnes" ou "possibles" en dehors de ce qu'on nous a dit de ce qui "ne se faisait pas". Qu'il éxiste un monde en dehors de notre caste (je n'emploie pas classe à déssein).
Dès que l'homme sort du carcan que lui impose un certain couvercle de la société, il philosophe.
Après, si on revient à l'étymologie du mot, aimer la sagesse est une bonne idée: la sagesse est un concept formidable, qui permet de tout supporter. Le bonheur comme le malheur, avec un subtil équilibre d'hédonisme, de générosité, de cynisme, de méfiance, de doute méthodique, et de poil à gratter. La sagesse est le mécanisme de rétroaction qui manque à certains pour que leur système interne soit régulé. Un brin de sagesse à construire chaque jour...
Mais attention: l'homme sage n'est pas forcement raisonnable, c'est une autre question.
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 03/08/06 11:31
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Je rejoins Skro et Welf von Cham, on philosophe, dès qu'on essaie de comprendre, qu'on se pose un "pourquoi", et qu'on envisage qu'il y a peut-être d'autres choses de valable que les valeurs qu'on a.
La Philosophie pour moi n'est que la révélation des choses, et surtout, la révélation du caractère relatif et subjectif des choses. C'est se rendre compte, comprendre des choses qu'on savait peut-être déjà, mais dont on ne se rendait pas compte. D'ailleurs, un des gros thèmes de la philo en tant que matière enseignée, est la Conscience ; on se rend compte alors que oui, je vois telle chose comme ça parce que moi et mon cerveau le percevons comme ça. Puis on voit aussi le Langage, qui s'encastre aussi dans cet axe, puis... puis... (en passant, une phrase de Wittgenstein : "Les limites de mon langage sont les limites de mon monde", ce que je ne peux pas nommer est inconnu, une foultitude de choses n'existe pas pour moi puisque je ne peux les désigner, etc. et en extrapolant, on retombe sur la perception, etc.)
Des cours sur la Vérité apprennent qu'il n'y en a pas, sinon la sienne, les cours sur le travail ne font que le replacer dans son histoire, etc. et dans une étude démontrant pourquoi son besoin, et au passage, pourquoi comment la société, etc.
Le premier prof que j'ai eu en terminale me faisait penser à Tristram Shandy, toujours à digresser, c'était un peu dur à suivre, mais une de ses digressions m'a particulièrement marquée : 'Mais, nous sommes peut-être en train de rêver, c'est une hallucination collective où vous êtes trente à rêver de moi, et moi qui rêve de vous ! Ce monde n'est peut-être qu'une image de notre esprit, nous n'en savons rien !'
Ca me gêne, que la philo soit considérée comme réservée à une élite qui se complait dans sa supériôritééé intellectuelle ; et qu'en classe, il y ait cette espèce de postulat que la philo ça craint c'est chiant c'est incompréhensible bouh le prof est inintelligible va mourir branleur des neurones.
Parce que c'est vraiment cet a priori qui gâche tout, j'en suis persuadée, et il est vraiment là.
Et ce que retient de mes cours de philo, c'est tout bêtement qu'il n'y a rien de bien, ou de mal dans l'absolu, que rien n'est moins sûr, qu'il faut observer comme si rien n'allait de soi, et que tout n'est qu'une histoire d'interprétation.
Je le pensais avant, mais je le formulais encore plus mal.
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 07/08/06 06:51
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L'Ecole du Louvre c'est bien, c'est complet, c'est un enseignement de qualité. Mais je lui reproche quelques petites choses, et en particulier de ne pas dispenser des cours de philosophie de l'art, d'esthétique. Alors pour tenter de comprendre les choses par moi-même, ma foi, j'achète des livres que je lis en free style. Parfois je les comprends, parfois je les comprends pas. Mais je ne désespère pas.
J'ai adoré la philosophie dès le premier cours. C'était la prof que nous n'aimions pas ; nous la trouvions incompétente et réactionnaire (elle citait Musset avec les larmes aux yeux et refusait d'intégrer l'art moderne dans ses leçons sur l'Art) mais je ne puis que m'amender : aujourd'hui encore, j'ai retenu la plupart de ses leçons, qui me font quand même une sacrée base pour lire par moi-même les oeuvres de quelques penseurs accessibles (Platon, Schopenhauer, Sartre...). Je ne parviens pas encore à lire Kant, mais ça viendra !
Il y a des sujets philosophiques qui me passionnent, comme l'Art, la Beauté, la Vérité, l'Amour, la Mort, le Temps, l'Existence, Autrui ; d'autres qui me laissent froid et que je laisse à d'autres le soin d'approfondir, comme la Liberté, le Travail, la Politique, l'Action, la Morale... eh oui, à l'inverse d'Hannah Arendt, je privilégie la vita contemplativa à la vita activa.
Je dois être un peu réactionnaire en philosophie comme je le suis en littérature, car je préfère nettement les penseurs antiques aux auteurs modernes. Même si je découvre parfois de petites perles de-ci de-là, comme cette phrase de Wittgenstein que je ne cesse plus de citer : "Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence" (mais celle citée par ma chère Tiltiz me plaît aussi beaucoup !).
A me lire, à me relire, il semblerait que je considère donc que la philosophie ne soit qu'affaire de grands auteurs ; ma foi, peut-être ? Mais oserais-je vous avouer que l'hybris de l'adolescence m'avait souvent poussé, jadis, tandis que je me morfondais en crises et doutes existentiels dont je ne suis d'ailleurs point encore tout à fait libéré, à considérer que mes opinions étaient tout aussi valables que celles des plus prestigieux hommes de philosophie des siècles jadis et à venir ? Naturellement, c'était présomptueux, mais je ne suis pas loin de croire que l'opinion de tout un chacun sur telle ou telle problématique ne peut qu'être valable pour peu qu'elle ait été réfléchie et qu'elle s'adapte avec justesse à telle ou telle situation ; c'est peut-être ça, la sagesse, savoir s'adapter aux situations en trouvant la maxime qui nous convienne et qui nous permette, dans tel ou tel contexte, d'être en harmonie avec soi-même ? Un sage égyptien du nom de Ptah-Hotep a d'ailleurs dit, il y a au moins trois millénaires : "Une parole vraie est plus rare que la pierre verte, on la trouve pourtant chez les servantes travaillant à la meule."
Pour conclure, je citerais donc ma chère professeur qui nous fit beaucoup rire en nous disant que "la philosophie c'est une rose dont il faut ôter les épines avant de pouvoir la cueillir et apprécier son parfum délicat" ; les épines étant naturellement l'aspect profondément rébarbatif de cette matière et de ses concepts abstrus.
Et en dernier lieu, je remercierai M. Engels Karl dont je connais la grande passion pour les écoles antiques (et pour Schopenhauer, n'est-ce pas ? allez, je te l'offre, ce bouquin, je me le suis racheté) d'avoir ouvert de ce sujet qui me permet enfin de plagier Horace en criant un exalté "Paulo majora canamus" ; les sujets dont le titre contient "bite" ou "puceau" commençaient à me lasser...
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 07/08/06 07:38
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Je considère personnellement qu'il y a deux choses que l'ont peut qualifier de philosophie, et qu'il est important de les distinguer car les apprécier toutes deux selon les mêmes valeurs leur serait également nuisible. Et en parlant de ça, je reviens sur un bout de discussion qu'Engels et moi avons eu hier sur IRC, mais que j'ai bien sur éludé car sur IRC, "tout ce que tu dira pourra être retenu contre toi". Pas moyen de causer sérieux.
Il y a donc la philosophie en théorie et la philosophie en pratique. Je ne parle pas par là d'aborder une philosophie plus intellectuelle qu'une autre, mais de la manière d'aborder ce qui est de manière très vaste (ou vague) "la construction d'un point de vue sur le monde" (le manque de lyrisme prouver que c'est de moi, mais j'aime parler entre guillemets) : il y a ceux qui adoptent le point de vue de philosophe (et qui vont faire un chemin d'une morale à un projet), mais il y a aussi ceux dont la pensée intègre très naturellement un biais de nature à faire pâlir d'effroi le premier sociologue venu. Sans s'élever au dessus du débat, ces gens là abordent par défaut, parce qu'ils n'ont pas d'autre choix, les questions du monde qu'ils subissent, de la vie et de ce qu'elle implique. Mon idée est qu'ils ne sont pas philosophes et ne se veulent pas de même, mais que la somme de leurs idées (exprimées plus souvent qu'a leur tour sous forme artistique, parce que nous vivons dans le second siècle des arts populaires, c'est à dire dont création et réception sont libérés de toutes contraintes... ce qui dépasse l'ancien statu particulier occupé par l'acte de "prendre la plume" en littérature... mais je m'égare) permet d'être considérée par qui le veut sous un angle philosophique. C'est comme ça qu'on peut entendre parler plus souvent qu'à son tour d'une "philosophie punk" sans qu'il n'y ait pour autant le moindre philosophe punk. Et si les gens qui émettent une telle assertion le font le plus souvent par adhésion bêlante à quelques idées grossière, le fait d'employer de terme n'en mérite pas moins d'être questionné, car ces punks ont émis une quantité de formes musicales et poétique (voir purement théoriques, une interview ou un article de journal n'étant pas si éloignée de ça) dont le contenu est plus révélateur sur des réalités par défaut philosophiques (c'est à dire pas politiques, pas sociales, pas autre chose... on touche à la philosophie par absence de discipline plus apte à traiter de ces idées) que ne parviennent à l'être nos philosophes actuels dont on nous dit souvent qu'ils sont en crise, bien que les publications philosophiques se vendent plus que jamais (et je ne parle pas de BHL dont au sujet duquel qu'il est moins le penseur que la plaie).
Alors bien sûr, pour en revenir à mon ouverture, cela n'est pas un acte philosophique réel. Ne fonctionnant pas sur les mêmes critères et avec les mêmes buts que ceux qu'on appellera philosophes, ils ne pourront pas être jugés devant la même coure. Mais dans un monde où la pensée éclatée est retombée très aléatoirement sur toutes les populations et où l'art et les idées appartiennent plus que jamais à tous, il serait dommage de ne pas voir dans un phénomène de pensée lié au contexte la forme actuelle de ce qui fut la philosophie. Ceci n'est pas exclusif, mais permet d'autres idées. Qui a entendu parler de la "blank generation" par exemple ? Un terme bien complexe qu'il n'est pas toujours évident de maîtriser avec justesse : ont peut le considérer de manière semblable à n'importe quel autre concept philosophique, si l'on ne se cantonne pas au fait qu'il ait été émis dans une chanson plutôt que dans un essai. Je ne veux pas poursuivre trop dans cette voie pour ne pas égarer mes lecteurs sans doute déjà découragés par les méandres de ma pensée... alors revenons une seconde fois à mon ouverture : nous sommes en présence d'une société où les philosophes existent mais se font discrets, et où d'un autre côté des tas de gens s'élèvent périodiquement avec une masse grouillante d'idée produites par les spécificités de leurs vies. Je dis simplement que, peut être, la philosophie n'appartient plus aux philosophes, mais que ceux-ci devraient être capables de s'emparer de ces idées que d'autres ont eu pour eux sans vouloir les développer autrement qu'en les laissant à la libre appropriation de leur public. Peut être l'art populaire a t il trop envahis le monde pour qu'un mode d'expression autre surgisse avec efficacité à notre époque, je ne m'étendrait en tout cas pas sur le causes, mais le phénomène existe, et il est marquant.
Il y a donc une marge entre les idées détachées/détachables de leur contexte et applicable en tous temps selon la morale que l'un ou l'autre adoptera, et celles qui sont liées inextricablement au leur, mais n'en sont pas moins "matière à philosophie". Je crois que, faute de philosophie "réelle", nous vivons dans un âge ou les idées potentiellement philosophiques sont plus présentes que jamais. Je ne remet donc pas en cause la modernité des Philosophes classiques et antiques, mais je plaide pour l'ouverture à des pensées modernes et qui sont le fruit de notre temps, sa propre lumière plutôt qu'un éclairage sous un angle différent (aussi révélateur soit il par ailleurs). Qui oserait nier que deux points de vue valent mieux qu'un ? Je crois que l'objectivité n'existe pas, mais que la multiplication des subjectivité mène à la sagesse.
Et vous noterez que j'ai écris tout ça sans citer de noms, j'en suis assez content, mais je me dois par honnêteté intellectuelle de préciser que l'idée de "blank generation" fut écrite par le new-yorkais Richard Hell aux alentours de 1975. Elle constitue une chanson "hymne" qui fut interprétée tour à tour par les Neon Boys, Television, les Heartbreakers et enfin les Voidoids : elle incarne la philosophie d'une génération citadine comme aucun écrit "sérieux" n'a su le faire (à moins de considérer Burrough ou Selby comme sérieux ? Je crois que ça ne serait pas leur rendre l'honneur et la justice qu'ils méritent).
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Dernière mise à jour par : ZiGGy le 07/08/06 07:48
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 07/08/06 10:34
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…intéressant, tout cela ! 
J'aime beaucoup la comparaison avec le sport, qui me semble très pertinente; bien vu pour Richard Hell, on pourrait dire que d'une certaine façon, Nirvana a fait le même genre de travail, peut-être de façon à la fois plus crue et moins évidente.
En fait, si on admet que la philosophie est partout et qu'en effet, dès qu'on se pose des questions, on fait de la philosophie sans le savoir tel M. Jourdain (Même si le commun des mortels le niera parce que "Ah que prise de tête"), il y aurait donc quelque chose comme la philo en tant que sujet et celle en tant que mode de vie.
Exemple, lorsque Serge Brussolo brouille complètement dans ses romans la notion de réalité, au point que la résolution finale de l'énigme pourrait fort bien n'être qu'une possibilité parmi tant d'autres, dépendant de la perception qu'un témoin ou plusieurs ont eu des faits, n'est-ce pas déjà une interrogation philosophique ? Et pourtant, cela ne fait pas de lui un philosophe à proprement parler…
Je ne sais si c'est très clair…
Au fait, kékun se souvient de qui a dit "La philosophie, c'est l'art d'apprendre à mourir" ?
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 07/08/06 10:51
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Citation :Dr Bis dans une contemplation à Dlul a dit:
Au fait, kékun se souvient de qui a dit "La philosophie, c'est l'art d'apprendre à mourir" ?
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Google me dit:
Philosopher, c'est apprendre à mourir => Montaigne
La Philosophie, c'est apprendre à mourir au sensible => Platon le met dans la bouche de Socrate dans le Phédon
Regards,
Skro
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 07/08/06 11:27
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Jolie citation, mon cher Thomas, mais on arrive très bien à mourir sans l'avoir appris. Je de désespère pas d'y parvenir sans le moiindre entrainement. Et je ne pense pas que la mort soit l'objet principal de la philosophie.
Personnellement, j'adopte de la philosophie la définition suivante : philosopher, c'est réfléchir. Tout simplement.
Et je fais une distinction terminologique élémentaire entre penser et réfléchir : on peut penser à des tas de chose, mais on peut réserver le terme de "réflexion" à ce qui nous renvoit à nous-même. De même que le miroir nous réfléchit, la "réflexion" philosophique, c'est simplement "penser la pensée"... C'est aussi le sens de la relation réflexive en mathématiques. C'est s'observer penser, c'est étudier la façon dont les idées se forment, s'agencent, se répondent, s'élaborent, s'affinent, s'enchaînent. C'est aussi regarder la diversité des processus de pensées selon les cultures, les époques, les milieux, les individus : c'est constater la diversité des pensées, leur relativité, leur communicabilité plus ou moins possible, les permanences ou impermanences historiques de thèmes, de structures de pensées, de courants...
Je ne pense pas que la philosophie soit à l'esprit ce que le sport est au corps... D'ailleurs, on peut entraîner sa pensée de bien d'autres façons : casse-têtes, création artistique, entraînement de la mémoire, mots-croisés, jeux de dames, d'échecs, de bridge, de rôles, énigmes et autres. Tous ces "sports cérébraux" sont autant de sports pour l'esprit... Ils ne présument aucune philosophie.
En revanche, je crois que toutes les sciences qui réfléchissent l'homme et sa pensée appartiennent à la philosophie.
Le scientifique qui pratique la science n'est pas nécessairement un philosophe. Mais s'il pense la science, c'est à dire s'il "réfléchit" sa science, s'il la replace dans sa façon de rechercher le vrai ou s'il conscientise les pouvoirs et limites de la science, alors il philosophe.
Le politique ne philosophe pas nécessairement, mais s'il pense la politique (ou mieux "le" politique), c'est à dire s'il se pense comme agissant dans son rapport individu-collectivité au sein d'un déroulement historique ou par comparaisons à d'autres formes d'organisations sociales, alors il philosophe.
L'économiste peut ne travailler que sur ses statistiques et ses indicateurs, mais s'il commence à réfléchir sa science, s'il la replace par rapport à des notions comme l'enrichissement, l'épanouissement, ou s'il questionne les causes historiques de l'apparition de son métier en tant que tel, il commence déjà à philosopher.
Dans le même registre, je tiens la psychologie pour une philosophe en ce qu'elle tente de comprendre le processus de formation des pensées et ses rapports avec les pulsions, les sensations, les traumatismes, les acquis, les conditionnements, etc.
Certaines branches de la linguisitque, et notamment celles qui étudient la formation du sens par les mots ou par la syntaxe sont aussi, à mes yeux, des parties intégrantes de la philosophie.
Et je veux même bien ajouter la critique littéraire et artistique, lorqu'elle dépasse les considérations purement techniques pour s'attacher à comprendre ce en quoi l'oeuvre d'art crée du sens... Au sens ou cette discipline "réfléchit" l'art, c'est de la philo.
Beaucoup de "science humaines", comme l'ethnologie, l'antropologie, la sociologie, sont par nature des branches de la philosophie.
La philo, selon moi, dépasse complètement la question du "pourquoi". La preuve : il est possible de répondre aux "pourquoi ?" par des "vérités" sacrées imposées et non discutables, qui sont l'antithèse de la philosophie même. Philosopher contient intrinsèquement la question de la remise en cause des "vérités" et des pré-jugés. Le philosophe questionne les prétendus acquis, le sacré, le "communément admis", les mots eux-mêmes et leur sens. Et incidemment, la philosophie contient intrinsèquement aussi la création de mots propres à penser la pensée. C'est sans doute la partie chiante de la philo : celle de la connaissance des concepts, qui sont autant de mots techniques dont on doit dominer le sens. Mais d'un autre côté, ce n'est pas la seule discipline qui ait son jargon !
Au passage, j'ai entendu une émission récente où un prof de philo se lamentait : il y a qulques années, la philosophie consistait à apprendre aux élèves les pensées des autres... maintenant, si l'on finit l'année en ayant fait admettre aux élèves qu'il est seulement possible de penser autrement, on se dit qu'on n'a pas complètement perdu son année.
Ceci étant, les profs "à l'ancienne" qui apprenaient les philosophes et les concepts on pu aussi oublier d'amener les élèves à penser, à "réfléchir", et justement à admettre que d'autres pensées étaient possible hors du consensus mou médiatico-publicitaire qui sert de prêt à penser.
BBref, ce que dit le pprof en question, c'est en fait la prise de conscience que le but de la philo doit primer sur les moyens de la philo et qu'elle ne se résume à la connaissance des auteurs qu'aux yeux de piètres philosophes.
Cordialement vôtre,
Théodoric
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Dernière mise à jour par : Vieillodoric le 07/08/06 11:34
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 08/08/06 23:44
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Citation :Vieillodoric dans une contemplation à Dlul a dit:
Au passage, j'ai entendu une émission récente où un prof de philo se lamentait : il y a qulques années, la philosophie consistait à apprendre aux élèves les pensées des autres... maintenant, si l'on finit l'année en ayant fait admettre aux élèves qu'il est seulement possible de penser autrement, on se dit qu'on n'a pas complètement perdu son année.
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Mais oui. Et encore, pas facile.
J'ai une anecdote qui fait un peu peur, à ce sujet. En terminale, on a eu deux profs de philo, le premier est vite parti en retraite (on va l'appeler Tristram Shandy, et le second Napolitan Phiphi). Situons une élève, qu'on appelera Bécassine. A la question de Napolitan Phiphi le Ténébreux : "Mais, Bécassine, qu'est-ce que la métaphysique ?", elle répondit : "ben, c'est les étoiles, et tout ça".
N'est-ce pas.
Alors petite Bécassine, en début d'année, baïllant devant les digressions sautillantes de Tristram Shandy, qui essayait d'intéresser la classe avec Aristote et compères, lui dit : "mais, monsieur, vous faites n'importe quoi ! c'est pas de la philosophie ça, vous êtes en train d'essayer de nous faire penser comme vous !!!". La moitié de la classe soutenant l'opinion.
Il venait de nous distribuer un texte de Saint-Augustin et nous l'expliquait points par points avec ses grands yeux épastrouillés.
" ... "
Alors, je parlais d'un postulat "la philo c'est nul chiant bouh prise de tête", bien, il est bien réel. Ca fait peur, ving-cinq élèves qui ne se rendent pas compte que le prof lit le texte qu'il vient de distribuer.
Et, revenons à la phrase de Bécassine .."vous voulez nous faire penser comme nous". Euh, zut, si on n'arrive même pas à envisager qu'on puisse exposer des idées différentes, sans que ce soit à dessein.
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 10/08/06 14:40
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Citation :Engels karl dans une contemplation à Dlul a dit:
Je vais donc exposer ce qu'est pour moi cette mère de tout les sciences et ce grace à une comparaison simple.
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Mère des toutes les sciences ? D'un côté oui, pour les mathématique, la biologie, mais bon, pour la chimie, ça reste à discuter. Je ne vois pas trop le rapport entre réactions chimiques et questions philosophiques.
Bien sur, des questions qu'on se poserait dans le vie de tous les jours, mais pour les questions existentielles, celles que les premiers grands penseurs se sont posées, mais des questions générales.
Car si on rentre dans els détails, à la rigueur, la chimie a son rôle à jouer. Mais je suis d'accor sur le fait que les sciences sont nés de questions philosophiques. Mais après, vont-elles y apporter quelque chose, à la philosophie ?
Dorcialement,
Draxx
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Réponse au Sujet 'La philosophie' a été posté le : 16/08/06 16:04
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Citation :Jacky_Draxx dans une contemplation à Dlul a dit:
Citation :Engels karl dans une contemplation à Dlul a dit:
Je vais donc exposer ce qu'est pour moi cette mère de tout les sciences et ce grace à une comparaison simple.
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Mère des toutes les sciences ? D'un côté oui, pour les mathématique, la biologie, mais bon, pour la chimie, ça reste à discuter. Je ne vois pas trop le rapport entre réactions chimiques et questions philosophiques.
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Historiquement, si : pendant longtemps, les réactions chimiques paraissaient "magiques". On voyait se transformer des choses en d'autres sans savoir l'expliquer. On se prenait à rêver alors que le plomb puisse aussi être changé en or...
L'invalidité des tentatives de modélisations théoriques, et notamment alchimiques (l'ancêtre de la chimie, finalement), a grandement stimulé la recherche de causes spirituelles, morales, religieuses. Ces réflexions ont porté les premières conceptialisations de la vertu et de la morale... Et tout ça ne faisait presque qu'une seule et même science jusqu'à ce que la modélisation atomique (d'un concept philosophique et antique à la base), renvoie la chimie aux paillasses et la morale à la philosophie...
Il reste encore des liens, et dans les deux sens :
Découlant historiquement d'une question de chimistes, la découverte de particules infra-atomiques est une source dialectique de bouleversement de la représentation du monde... ça oblige à penser le réel autrement. Il y a des tas d'implications philosophiques à regarder le monde comme quantien ou comme relativiste, tout comme il y en a eu à le voir héliocentriste plutôt que géocentriste...
Réciproquement, la philosophie est également appelée pour résoudre certaines implications de la chimie :
Premier exemple : les dangers de certaines matières ou de certains procédés... ce qui renvoit à la responsabilité morale du chercheur qui invente un produit chimique dangereux (comme la dynamite de Nobel... et les cas de conscience qui l'ont poussé à créer son prix...). La question reste vraie pour le semtex, le gaz sarin, etc...
Deuxième exemple : au voisinage de la chimie, la bio-chimie renvoie aussi à des questions de fond : comment conçoit-on le monde et la nature pour juger si oui où non les OGM sont souhaitables ? Soit on répond philosophiquement à ça, soit on laisse la réponse aux marchés et aux intérêts industriels... Ceci ne présage pas du fait que la conclusion doive forcément être défavorable aux agro-industriels, d'ailleurs.
De même les questions éthiques fondamentales que pose le génie génétique à sa périphérie : peut-on faire de l'expérimentation humaine ? A-t-on le droit d'utiliser des embryons comme réservoirs de cellules souches ? Ceci renvoit philosophiquement rien moins qu'à la définition de ce qu'est l'Humain et à partir de quand la définition s'applique au foetus !
Et plus généralement, la biochimie participe à tout ce qui fait débat en ce moment sur la brevetabilité du vivant... Vaste débat.
Donc oui, plus que jamais, les chimistes eux-mêmes devraient être sensibilisés aux problèmes philosophiques et à l'épistémologie qui relativiseraient leur notion du "vrai" et leur permettraient de mieux conscientiser leurs responsabilités historiques et sociales.
Cordialement,
Théodoric
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