Plus bavard qu'une Elfe

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La Variété Française a été posté le : 30/07/06 00:59
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*** La variété française, reflet d'une société en mutation (1970 - 1975) ***
Bref aperçu historique de ce courant musical populaire, enrichi par des photos et des extraits musicaux d'environ 30 secondes de durée. Tout ce qui est inclus dans ce post peut être sujet à débat, remis en question, critiqué ou corrigé, dans la mesure où je n'en suis pas l'auteur : je n'ai que retranscrit, réécrit, illustré et mis en forme les idées générales de deux connaisseurs, dont l'un d'entre eux sera peut-être reconnu.
1 - Définition d'un objet historique : la "variété française"
1 - 1 La cohérence de la période 1970 - 1975
La période 1970 - 1975 forme un ensemble cohérent d'un point de vue musical. Avant les années 70, prédominait l'art du yéyé : c'est la francisation de la musique pop anglosaxonne (pop britannique et rock'n'roll américain). Le mot "yéyé" provient de la déformation des "yeah yeah" présents dans les chansons. Au cours des années 60, les français reprennent les grands tubes en adaptant la musique et traduisant les textes : ce sont les "covers" (voir extrait 1). La caractéristique principale du yéyé est d'être une musique au public élargi : il n'y a pas de fossé entre la musique populaire et la musique pour l'élite. Tout le monde écoute la même chose, il n'y a pas de scission (noter que, si cette homogénéité est la règle générale, les exceptions ne manquent pas et ne manqueront jamais.)
A partir des années 70 commence l'âge de la variété française. Musique franchement populaire, elle est décriée par les élites. Entre la variété française et la pop anglosaxonne, le clivage est absolu. Musique populaire pour un public populaire, il ne faut pas la confondre avec la chanson française, pour intellos (Brassens, Leo Ferré...). Ce clivage n'empêche pas le succès de cette chanson à textes.
Après 1975 apparaît une nouvelle génération de chanteurs. Le public populaire et le public branché se réconcilient peu à peu, c'est l'ère du mélange des genres et des auditeurs, qui continue jusqu'à aujourd'hui : Julien Clerc, Cabrel, Alain Souchon... Plus qu'une réconciliation, c'est peut-être une fluctuation des frontières, une réorientation de l'approche du texte par la branche variété populaire, qui se réapproprie des paroles plus recherchées, mieux écrites. En même temps que cette génération, on observe le développement parallèle du rock (Bijou, Téléphone, Trust...) qui déplace la scission au sein de la chanson vers une barrière musique / chanson.
Extrait :
1) Le yéyé est une musique de reprises : Johnny Hallyday reprend "House of the rising sun" dans "Les portes du pénitentier", en l'adaptant un peu (transposition d'un bordel à une prison).

Johnny, un artiste de yéyé plein de talents, par exemple celui d'être beau.

Les chanteurs intellos (Bref, Ferré, Brassens). Noter leur air avachi et leur teint grisâtre typique, malheureux effet secondaire de la masturbation intellectuelle.
1 - 2 Le chanteur, figure centrale et narcissique
Ce qui caractérise la variété française, c'est le chanteur. En cela, elle s'oppose totalement au yéyé, qui était produit également par des chanteuses (voir extrait 2) et des groupes. On remarquera les exceptions féminines comme Sheila ou Vartan, qui viennent d'ailleurs du yéyé, ainsi que le groupe Il était une fois. Les chanteurs du yéyé avaient déjà cette image de star, d'idole, que la génération suivante rééxploitera en la stylisant (voir extrait 3). On notera cependant que, dans le yéyé comme dans la variété des années 70, le chanteur n'est qu'interprète : il fait appel à des paroliers et des compositeurs pour créer ses chansons.
L'artiste est donc masculin et solitaire. Le maître absolu, Claude François, a été imité et parfois dépassé par des chanteurs comme Alain Chamfort, Michel Delpech, Ringo ou Christophe. On recense de nombreux artistes mi-français mi-étrangers : Mike Brant, Joe Dassin, Patrick Juvet, ou encore Frédéric François.
Autour du chanteur, les medias spécialisés organisent un véritable culte. Des magazines comme Salut les copains, Mademoiselle d'âge tendre, ou Podium (lancé par Claude François), apparaissent dans les années 60 et explosent dans les années 70. La télévision et la radio jouent aussi un rôle important.
La mise en avant du chanteur se fait aussi à l'intérieur de la chanson elle-même. Le chanteur parle de lui, il dit "je". Exemple explicite, la chanson "Jérôme c'est moi" de C Jérôme: "Oui, Jérôme, c'est moi, non je n'ai pas changé, je suis toujours celui qui t'a aimé..." (voir extraits 4 et 5). On assiste même parfois à des mises en abîme, où le chanteur se représente lui-même comme chanteur. Celles-ci peuvent être abordées d'une optique douloureuse, comme chez Claude François dans "Le mal-aimé" ("Je suis le mal-aimé, les gens me connaissent tel que je veux me montrer"), ou au contraire sur le mode parodique avec Patrick Juvet dans "Megalomania" ("J'ai du caviar dans la baignoire, je stocke les dollars pour oublier ma gloire") (voir extrait 6).
Extraits :
2) Le yéyé, une musique faite aussi par des filles : Marie Laforêt chante "Marie douceur, Marie colère", une reprise de "Paint it black".
3) Jacques Dutronc, une figure atypique du yéyé, évoque le statut de star du chanteur dans "L'idole".
4) Exemple de l'introduction massive du "je" dans la chanson française : Patrick Juvet avec "Toujours du cinéma."
5) La mise en abîme de la variété française : Michel Delpech s'évoque lui-même dans "Quand j'étais chanteur."

Mike Brant en concert. Voyez ce public effrené : le chanteur de variété est une véritable star. Pas comme les trois grisâtres là-haut.

Couverture du magazine "Mademoiselle d'âge tendre". Noter que la fille a les cheveux courts, c'est une garçonne (voir plus bas). Noter aussi qu'on montre son visage et pas son buste. Toute une époque...
1 - 3 A la recherche d'un style : le kitsch seventies
Pendant cette période, on produit beaucoup moins de reprises, et par conséquent beaucoup plus de chansons originales. Seuls deux chanteurs de covers qui ont commencé dans le yéyé restent après 1970 : Claude François ("C'est la même chanson") et Joe Dassin ("Siffler sur la colline") (voir extrait 6). "I beg your pardon" devient "je te demande pardon" dans la bouche de Claude François en 1971.
Les chansons sont tout de même à 90% originales. Elles restent néanmoins influencées massivement par la musique anglosaxonne. Les textes y font référence ; "je lui parlais du ciel bleu de Californie [...] C'était sur une musique américaine qu'on dansait tous les deux", extrait de "La musique américaine" (première chanson ayant donné lieu à une chorégraphie, avec les Fléchettes de Claude François). On rend hommage explicitement aux Etats-Unis et à l'Angleterre (voir extrait 7). Au début de la période, on observe l'invasion d'une esthétique psychédélique : paroles hippies, orchestration avec orgues et clochettes... Seule innovation esthétique apparue en 1972 : le synthétiseur, dans la chanson "Belle" de Christophe (le synthé est encore primitif). Autre exemple, plus développé et totalement psychédélique : "Madonna, Madonna", d'Alain Chamfort (voir extrait 8).
Extraits :
6) Joe Dassin, un chanteur qui vient du yéyé : "Siffler sur la colline" est une reprise de "Suddenly you love me" des Tremeloes.
7) La variété française rend hommage aux influences anglosaxonnes : "America, America", par Michel Sardou.
8) Le synthé psychédélique dans "Madonna, Madonna" d'Alain Chamfort. A écouter absolument!

Claude François et ses Fléchettes (par la suite appelées Claudettes). Introduction de la chorégraphie dans le clip. On remarquera que leurs tours de cuisse font dans les 50 centimètres. Toute une époque...

Single de C Jérôme. On remarquera l'esthétique hippie un peu psychédélique, à la mode dans ces années-là. C'est autre chose que les trois intellos blafards d'en haut.
2 - Des 45 tours pour les Trente Glorieuses
2 - 1 "Tout éclate, tout explose" : la libération des moeurs en musique
Liberté sexuelle, amour libre... tout ça est chanté sur un ton principalement joyeux (voir extrait 9). Dans "Tout éclate, tout explose", Claude François avoue : "Je sens comme une fièvre, une force inconnu qui me soulève [...] l'amour ne se cache plus dans les rêves [...] finies les barrières, adieu les préjugés [...] nous sortons enfin du Moyen Âge". Il chante aussi l'amour sur un mode douloureux (vous l'aurez deviné), dans "Fille sauvage" par exemple : "fille d'un jour [...] Comment te retenir, comment faire si tu penses que c'est mieux?"
Dans ce contexte de libération des moeurs, la garçonne fait sa réapparition (voir extrait 10). Les sexes se mélangent, les filles commencent à ressembler aux garçons... Les salons de coiffures affichent maintenant le terme clé de la période : "unisex", également titre d'une chanson de Patrick Juvet. Ce-dernier chante "Où sont les femmes?", aux paroles explicites : "elles portent un blouson noir, fument le cigare, font parfois un enfant par hasard [...] elles ne parlent plus d'amour, portent les cheveux courts, préfèrent les motos aux oiseaux." Noter que Patrick Juvet lui-même cultivait l'ambiguïté sexuelle (il a repris le maquilleur de David Bowie).
En plus de la garçonne, un autre thème fait son apparition pour la première fois dans la chanson française : l'homosexualité. En 1973, le groupe Au bonheur des dames chante "Je suis sorti avec Marcel [...] arrivé devant son HLM il m'a dit "j'aime pas les pédés"." (voir extrait 11)
Dernier élément de la libération des moeurs : le divorce par consentement mutuel est autorisé à partir de 1975. La même année, le tube de l'été est "Le téléphone pleure", de Claude François (avec des trompettes caractéristiques). On pourra citer également "Les divorcés" de Michel Delpech : "Ca me fait drôle de divorcer, mais ça fait rien, je vais m'y faire... si tu voyais mon avocat, ce qu'il veut me faire dire de toi : il ne te trouve pas d'excuses."
Extraits :
9) L'amour libre chanté par Michel Delpech dans le grand hymne de l'époque : "Pour un flirt" (remarquer les trompettes typiques).
10) "Baby boy", un hymne à la garçonne par C Jérôme.
11) Les changements de moeurs traduits dans la chanson française : l'homosexualité dans "Oh! les filles" par Au bonheur des dames.

Tout éclate, tout explose. Le début des années 70 marque une étape importante de la révolution sexuelle. En 1972 sort le film pornographique Deep Throat, qui provoque un scandale, mais dénote déjà (et agit en même temps sur) le processus de libération sexuelle. Avouez que cette image est plus intéressante que celle des trois types tristounets d'en haut.

Les petites filles 73. Regardez bien, il y en a une qui porte une casquette, et j'en vois une qui a les cheveux courts. Le reste des filles sont jolies.

Claude François entouré de filles. La fille est le centre des préoccupations du chanteur de variété. Observez les deux du devant : leur coude est posé sur les genoux de Claude, dans un geste peu naturel, ostentant le contact physique au sous-entendu érotique.
2 - 2 Un miroir de la modernité : chanter la société de consommation
Invasion du quotidien dans la chanson : cinémas, drugstores, shopping... la modernité apparaît sous toutes ses formes. Dans "Manhattan", C Jérôme parle d'aller prendre un café au lait ou une glace au chocolat, de regarder les vitrines, de feuilleter des magazines : tous ces éléments par lesquels la société de consommation a fait son irruption dans le quotidien des français ont maintenant un rôle majeur dans la chanson.
L'artiste de variété chante avant tout la modernité : des changements de moeurs aux réformes sociales en passant par les avancées techniques, tout est mis en chansons pour former le décor d'histoires d'amour. Alain Chamfort évoque la rencontre amoureuse dans le train de banlieue, nouvel élément de l'urbanisme parisien, dans "Je pense à elle, elle pense à moi" : "nous allons rester plusieurs kilomètres face à face sur une banquette...".
Les changement sociaux sont aussi représentés. Ce sont les années où le jour de repos en semaine à l'école passe du jeudi au mercredi. Cette réforme ne pouvait qu'être mise en musique : le groupe Il était une fois chante "Les filles du mercredi", où il décrit les occupations des écolières pendant ce jour libre (voir extrait 12).
Si certains chantent la modernité en présentant tous ses aspects comme positifs ou simplement neutres (voir "La petite fille 73" de C Jérôme, qui habite en banlieue, va au cinéma, va danser, etc. - voir extrait 13), d'autres tentent de fuir ce monde moderne omniprésent en se réfugiant dans un univers éloigné dans l'espace et dans le temps. Le thème du lundi, jour angoissant de retour au travail, obsède les artistes : Patrick Juvet chante "Lundi au soleil", Michel Delpech "Ce lundi-là" : "Michelle aurait voulu le voir grandir dans l'entreprise, mais lui n'se voyait pas finir ses jours au marketing, avec dans son café le cours de la livre sterling [...] voilà pourquoi ce lundi-là il s'en allait." Face à l'univers urbain aliénant, certains artistes choisissent le retour à la ruralité : "Fuir à la campagne" (Claude François) ou "Le Loir-et-Cher" sont des titres assez explicites, où la tradition et la nature sont louées (voir extrait 14). D'autres se réfugient dans l'Himalaya (C Jérôme) ou dans des paradis artificiels (Patrick Juvet). Enfin, à l'heure du choc pétrolier, on assiste à un retour au passé (sur un mode parodique) avec des chansons comme "Le temps des colonies" de Michel Sardou : "Moi monsieur j'ai eu la belle vie au temps béni des colonies [...] Y'a pas d'café, pas de coton, pas d'essence en France, mais des idées, ça on en a."
Extraits :
12) Le mercredi devient le jour de repos, et ça n'échappe pas à Il était une fois : "Les filles du mercredi."
13) Le chanteur de variété est avant tout un chanteur d'actualité : C Jérôme et sa "Petite fille 73".
14) "Le Loir et Cher" de Michel Delpech : exemple de l'utopie rurale dans la chanson française des années 70.

Le RER en 1970 : une réalité nouvelle pour les habitants de Paris et sa banlieue, dont Alain Chamfort a su capter le charme (très) secret.

Le Loir-et-Cher (41), un refuge pour Michel Delpech et une réalité ignorée par le reste de la France, comme la Creuse ou l'Ariège. Ca me rappelle le slogan de Teruel, une province rurale espagnole : "Teruel existe!". Je ne sais pas si c'est un cri sincère de désespoir ou une grande capacité d'auto-dérision. Un peu comme la chanson de Delpech, finalement.

Le groupe Il était une fois, interprète des "Filles du mercredi". Regardez leurs vêtements colorés. Ils rayonnent la joie de vivre, pas comme les trois intellectuels mornes de la première partie.
Conclusion
Ne pas oublier qu'au milieu de tout ça, comme prétexte, fondement et piquant des chansons, on a l'amour, toujours l'amour...
Extrait :
15) Terminons avec Michel Sardou et "La maladie d'amour", rien que pour le plaisir des oreilles. Enfin, plaisir...
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Dernière mise à jour par : Kyomi le 30/07/06 11:31
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 30/07/06 02:33
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SUperbe travail, tres clair et bien documenté, on voit que tu as bossé le sujet. C'ets bien de d'emblée citer que tout était reprise du coté français..parfois de nos jours, ils ont un peu tendances a minimiser cette période "je pompe sur l'autre artiste".
Pour ce qui est du combat intelllo branchés, il a bien eu lieu, je me rappelle l'archive ou l'on voit une journaliste demandé a Claude François ce que cela lui faisait de sortir des disques a tendances commerciales.....clair que les Brels,ferré,Brassens c'était que pour dire leur textes dans un micro :-) il y avait une grande confusiuon entre commercial et chanteurs a texte :-)
tres gros travail, dommage de ne pas faire une partie variétés internationnales...ABBA quand memes dans les 70, c'était énorme...et puis que dire du mouvement disco parti des states, du club 54, de cette période de dingue....ou j'ai été concu par mes hippies de parents 
Tres Gros travail.
- a quand la partie internationale
- a quand les années 80 
Gros bravo
Seb
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 30/07/06 10:00
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Citation :SEB THE CIMERIAN dans une contemplation à Dlul a dit:
C'ets bien de d'emblée citer que tout était reprise du coté français..parfois de nos jours, ils ont un peu tendances a minimiser cette période "je pompe sur l'autre artiste".
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Peut être simplement parce que c'est comme ça que fonctionnent la pop et le rock en premier lieu ? Attention à ne pas introduire de biais dans notre vision quand on tâte d'histoire ! Juger ces années 54-67 selon nos critères actuels seraient un contre-sens total. C'était avant tout une musique d'interprètes (héritage du blues, du folk, des chansonniers, etc.), on ne se souciait pas de la composition. Cette idée d'auteur est typiquement française, un américain à l'époque nous aurait ris au nez si on avait parlé de la prévalence de l'auteur pour une chanson (et c'est toujours le cas pour un film, il n'y a qu'en france que le réalisateur est l'auteur incontesté). Le blues, la soul, le rockabilly, la country, le rock, etc. sont des musiques d'interprètes, et les yéyés suivent ce mouvement. Dans les années 70 la variété ne fait qu'hériter des yéyés : pas de reprises, mais un système partagé entre des auteurs et des interprètes qui sont rarement les mêmes personnes (les premiers sont sans doute le duo Dutronc / Lanzmann).
En suite, pourquoi pas la variété internationale ? Et bien parce qu'il y a comme c'est dit une divergence générique très forte après les yéyés. Si la génération Golf Drouot (Vince Taylor, les Chats Sauvages, les Chaussettes Noires), Vian et Henry Salvador étaient très influencés par la musique anglo-saxone, si les yéyés ont continués dans cette voie, ce qui est devenu variété en chanson française a plutôt repris la suite des chansonniers (Trenet, Piaf, Montand, mais dans des styles différents) en la matière. Le clash s'est intensifié quand on a différencié variété française et chanson française dans cette période dont parle Kyomi : une différenciation générique péjorative qui n'a jamais eu lieu en Angleterre ou en Amérique, où la variété n'existe tout simplement pas. Ils ont la pop-music, et la pop-music c'est TOUTES les musiques populaires (c'est à dire aussi bien musique que chanson, et quel que soit le genre, et même si c'est underground... la musique populaire est celle du peuple, pas celle qui se vend bien - encore quelque chose qui n'est pas reflété par la sémantique française ou la variété et le succès vont de paire). Cette pop-music (à ne pas confondre avec le genre qu'on appel pop à partir de l'invasion britannique de 64-67 : comme souvent dans le domaine, le même terme recouvre deux ensembles de tailles nettement différentes, l'un contenant l'autre) c'est aussi bien les deux charts raciaux en Amérique (rhythm and blues pour tout ce qui est noir, pop pour les blancs), aussi bien la country à voix (qui en pratique se rapproche le plus de ce qu'on appel variété en France : Linda Ronstadt, Helen Folley...) que le rock psychedelic le plus musical, etc... On pourrait tenter un parallèle par le retour des influences musicales étrangères après les yéyés (Gong, Hedayat, Bijou, Higelin, Little Bob, la vague punk '77...), dans des musiques dont le succès n'a été qu'épisodique (Téléphone et Trust, comme Kyomi les cites), mais l'étendue du débat à une variété internationale comme "équivalente" à sa valeur française ne ferait que créer des rapprochements génétiquement faux, dont la confusion sémantique serait la seule raison. Cependant on peut chercher à reproduire à notre manière une distinction de l'ordre de la variété qui s'applique à l'étranger : imposons donc une marque à la fois générique et péjorative, c'est la domination du chant jusqu'à l'exclusion de la musique au profit de ce qu'on va appeler arrangements (la forme de country que j'ai évoqué plus haut, ou bien Abba, INXS...) en même temps qu'une musique "au présent" (c'est à dire sans histoire affirmée) et jamais sortie de son contexte culturel premier, j'ai nommé le disco (on pourra se référer aux articles de Lester Bangs qui témoignent de la valeur équivalente du pogo punk et de la danse disco à une époque, équivalence qui a disparu alors que le punk se métamorphosais et que le disco se sclérosais sans se "justifier" culturellement - le terme est barbare, mais c'est bien ce qu'on fait toutes ces musiques qui n'étaient à leurs débuts d'une mode : rock, pop, metal, punk, éléctro...). C'est un modèle que je reporte souvent sur la musique anglaise et américaine, mais il reste difficile à justifier génétiquement, et parfois contradictoire (ce qui n'est pas vraiment un problème pour moi). Bref, n'oublions jamais que notre exception culturelle française biaise totalement notre vue des musiciens et du public original de cette pop-music, et qu'il nous faut chausser des lunettes bien particulière pour en apprécier l'histoire.
Au fait, savez vous quels sont les deux groupes français à avoir ouvert pour les Stones ?
Oui, il y a bien Telephone, c'est facile... mais l'autre... Ce sont les Charlots !
P.S. Par contre si quelqu'un veut poursuivre cela avec la chanson 80's, les chanteuses à voix et les comédies musicales dans les 90's, et le retour de la chanson à texte parallèle à la star'ac... Il y a matière à quelques autres pages !
P.P.S. Au fait Kyomi, excellent choix d'illustrations visuelles et sonores. Les extraits sont courts et bien représentatifs, c'est extra.
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Dernière mise à jour par : ZiGGy le 30/07/06 10:21
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 01/08/06 16:13
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Alors je viens juste de pavé ce pavé très intéressant, il y a une choses que je ne partages pas du tout. dont je parlerais en suite. Mais dans l'ensemble je me dois de souligner la qualité du travail la pertinence de certaines analyses sinon juste une chose en passant car ma culture sur ce genre de sujet est assez nul le lundi au soleil c'est pas de claude françois au lieu de Patrick Juvet ? Ou j'ai mal lu?
Bon sinon le truc qui va pas :
Traiter Brel, Brassens et de chanteur intéllectuels est je trouve assez réducteur et les accuser de masturbation intéllectuelle est, je trouve, assez scandaleux. Mais bon après c'est une question de goût et quand on trouve de la profondeur chez Claude François je comprends qu'on trouve les autres inaccessibles.
Non sérieusement Kyomi tu assume ce que tu dis sur brassens et brel?
Ecoutes des chansons comme la chasse au papillons, le pornagraphe, les trompette de la renomé, la fesséé, tempète dans un bénitier de Brassens et dis moi ou tu trouves cela intéllectuel et masturbatoire.
De même les chanson de Brel ne sont pas, les flamandes, le port d'amsterdam, Maltilde, Les bonbons (putain les bonsbons de brels c'est pas intellectuel quoi , l'innacessible étoile (hum sur le titre là...) sa comédie musicale l'homme de la Mancha sont très accessible.
Des mots simple percutant des textes qui si ils ne racontent pas n'importe quoi restent tout de même à la portée de tous ce qui explique en grande partie leur succès. Il existe certes des textes que l'on peut qualifier de plus poétiques pour ces deux chanteurs mais ils restent eux aussi très accessible malgré tout.
Après c'est certains que la forme musicale par rapport à la variété des années 70 est un peu plus "austère" en raison des orchestration souvent moins flamboyante (comme les costumes tiens ) et sans musique électrique ou électronique (quoi que pour ça cela doit être un peu tot) les mélodies restent parfois sompteuse malgré tout.
Après Férré c'est autre choses c'est plus un poète qu'un chanteur et ses textes un peu à la manière d'un slammeur actuellement serait plus parler sur de la musique que chanté (en génrale). Il est vrai aussi qu'il a des texte plus arride mais au combien géniaux.
Pareillement alors peut être que tu le range dans le camps du chanteur intellectuel mais ton analyse ne parle pas de maxim le foresstier qui est aussi une figure importante de cette époque. De la même manières en y pensant après coup (donc sur la fin de ce messages).
Je m'apperçois que la très grandes majorité des chanteurs que tu cites ont des discographie totalement vide politiquement (si ce n'est pas vide tout court mais ça ce n'est que mon avis personnel sur eux).
Pourtant s'il existe une période ou le politique et le culturel sont très lié c'est bien celle là. Est ce un parti pris de ta part pour différencié la chanson intello (putain que j'aime pas cette expression ) de la variété?
Donc hormis ce point desacord bravo pour ta présentation c'est un très bel article.
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Dernière mise à jour par : tyare à cornes 500 le 01/08/06 16:26
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 01/08/06 19:48
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Elitistes ?
Tout, mais pas certainement pas élitistes !
Ils sont engagés, certes. Mais justement, leur engagement les porte plutôt à contester les bienséances, les notabilités, les élites... Et encore, ce n'est pas de la chanson révolutionnaire. C'est gentiment anarchiste, sans plus... D'ailleurs, il faudrait aussi ajouter Moustaki au joli trio. Et Anne Sylvestre aussi. Et n'oublions pas Barbara et Juliette Greco, l'égérie des nihilistes...
C'est vrai que c'est de la chanson "à texte". C'est vrai aussi que l'accompagnement musical est sobre, pour ne pas dire un peu austère comparé aux orchestrations tapageuses des dérivées francisés de la pop, et leur utilisation de la batterie...
Franchement, je ne les trouve terne et grisâtres que parce que la photo est prise en noir et blanc.
Sardou, lui, serait plus élitiste, au moins dans ses finalités : la promotion et la défense de l'ordre établi, l'apologie des notabilités, la défense des "valeurs"... D'ailleurs, je doute que "le temps béni des colonies" soit du second degré. Ce sont bien ses idées. Dans le même genre, on oublierait aussi volontiers Mireille Mathieu...
Parmi les trucs un peu engagés, citons aussi Michel Fugain et le Big Bazar : un groupe géré sur la base de l'autogestion, avec égalité de traitement des membres, communautarisme, partage, et tout et tout... Fugain caractérise bien la libération sexuelle aussi, avec ses amours sincères qui se nouent et se dénouent au gré des aires d'autoroute... juste pour le fun. On ne fait pas plus festif. Ce n'est donc pas l'engagement en lui-même qui rendrait "barbant"... Fugain, c'est un peu l'ancêtre de la Mano Negra, de Zebda, des Négresses Vertes : un rock festif, coloré, métissé, libertaire...
En fait, il doit bien y avoir une frontière, quelque part, pour délimiter la "chanson française", souvent engagée, un peu austère en la forme, privilégiant le texte sur les rythmes, et la "variété française", avec ses Daniel Guichard, ses Sheila, ses France Gall, Dave, Michel Berger, Balavoine et autres...
Mais qu'est-ce qui caractérise cette appartenance ? La batterie ? L'usage d'instruments accoustiques ? Le fait que les textes soient audibles et impropres à se déhancher sur une piste de dance ? Du coup, où situer Yves Montand, Serge Gainsbourg, Claude Nougaro, Michel Jonaz, William Sheller, Aznavour (qui a fait aussi une chanson sur l'homosexualité) ? Variété ? Pas variété ?
Parmi les inclassables qui peuvent aussi relativiser l'exposé ci-dessus, on aurait aussi Tino Rossi, Nana Mouskouri et quelques autres, qui donnent l'impression (parfois exacte) de débarquer de l'univers de l'opérette ou de la comédie musicale. Variété ? pas variété ?
Pour ce qui est des emprunts faits aux chansons anglo-saxones, c'est assez logique dans la période : tout le monde croit au progrès et si le modèle capitaliste est contesté, il n'y a pas grand monde pour contester le sens de l'histoire, du progrès technique et scientifique, un accroissement de la productivité et une méfiance vis à vis des dictatures... Vingt ans après la fin de la guerre, les USA et la Grande Bretagne apparaissent comme des modèles démocratiques et des sociétés en progrès, en croissance et en marche vers la conquète du bonheur pour le plus grand nombre.
C'est donc complètement logique que les producteurs se tournent vers le monde anglosaxon et cherchent à s'inspirer de ses musiques. On a déjà importé le Jazz, et le rock est en bonne voie.
La traduction en Français, c'est assez inévitable. Il y a très peu d'anglophones, et une véritable demande pour avoir des textes compréhensibles.
Ceci dit, l'exportation marche aussi, avec des chansons comme "la mer", "les feuilles mortes", et surtout "comme d'habitude" (my way)...
Le pire des traductions, c'est quand un Maurice Chevalier finissant tente l'effroyable adaptation frenchie du Yellow Submarine des Beattles.
Cordialement vôtre,
Théodoric
Oups, message croisé avec Kyomi, que j'ai oublié de féliciter pour la qualité de son travail et de sa présentation... Et à qui je souhaite la plus sincère bienvenue parmi nous.
J'espère que ma participation sera bien lue comme une tentative de compément plus qu'une critique... elle se borne bien à proposer le remplacement de "chanson élitiste" par "chanson à texte" ou "chanson engagée", malgré les nuances terminologiques que j'introduis après.
Cordialement,
Théodoric
(MàJ n°2 pour corrections orthographiques)
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Dernière mise à jour par : Vieillodoric le 01/08/06 20:24
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-------------------- Jeune depuis plus longtemps que vous !

L'abus de modération est dangereux pour la santé.
Merci de jeter votre dévolu dans les réceptacles prévus à cet effet.
Restons fer-plaie !
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Cachée
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Plus bavard qu'une Elfe

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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 01/08/06 20:17
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Citation :Vieillodoric dans une contemplation à Dlul a dit:
Elitistes ?
Tout, mais pas certainement pas élitistes !
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Ben... Okay, je prends des gants, parce que je parle de ce que je ne connais pas. Donc, corrigez-moi si je me trompe, mais... j'ai l'impression que ce genre de musique est appréciée (de nos jours, et apparemment c'était le cas aussi avant) par une élite intellectuelle un peu bohême (j'ai failli dire bobo, mais ça aurait été impropre de parler ici de classes sociales). Genre soixante-huitards nostalgiques, gamins de vingt ans au coeur plus chaud que les autres... Tout ça. Rien de péjoratif là-dedans, au contraire, et encore une fois, ce n'est qu'une impression qui peut ne pas correspondre avec la réalité. Ce qui serait "élitiste", ce serait d'écouter une musique à texte, plus "intelligente" que la musique populaire vide, creuse, bonne tout simplement à faire danser les filles le samedi soir. C'est ce que je voulais dire, en exagérant un peu ; j'avoue avoir très peu nuancé mon discours. C'était conscient, parfois volontaire, pour frôler presque le second degré, en prenant l'avatar pompeux du maître de conférences.
Citation :Franchement, je ne les trouve terne et grisâtres que parce que la photo est prise en noir et blanc.
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Oui, justement, c'était une blague. Je l'ai ratée, hein? Tant pis.
Citation :Parmi les trucs un peu engagés, citons aussi Michel Fugain et le Big Bazar : un groupe géré sur la base de l'autogestion, avec égalité de traitement des membres, communautarisme, partage, et tout et tout... Fugain caractérise bien la libération sexuelle aussi, avec ses amours sincères qui se nouent et se dénouent au gré des aires d'autoroute... juste pour le fun. On ne fait pas plus festif. Ce n'est donc pas l'engagement en lui-même qui rendrait "barbant"... Fugain, c'est un peu l'ancêtre de la Mano Negra, de Zebda, des Négresses Vertes : un rock festif, coloré, métissé, libertaire...
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Je ne dis pas le contraire, engagé ne signifie pas morne et ennuyeux (encore une fois, je le répète, c'était de l'humour provocateur). Et dans le célèbre débat si l'art doit/peut être engagé, je suis plutôt de celles qui voient l'engagement artistique d'un bon oeil.
Citation :Oups, message croisé avec Kyomi, que j'ai oublié de féliciter pour la qualité de son travail et de sa présentation... Et à qui je souhaite la plus sincère bienvenue parmi nous.
J'espère que ma participation sera bien lue comme une tentative cde compément plus qu'un critique... elle se borne bien à proposer le remplacement de "chanson élitiste" par "chanson à texte" ou "chanson engagée", malgré les nuances terminologiques que j'introduis après.
Cordialement,
Théodoric
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Merci pour la bienvenue, et merci pour les précisions, nuances et autres corrections.
Même après avoir terminé le dossier, je continue à apprendre des choses, c'est chouette. :
-------------------- Je n'espère rien.
Je ne crains rien.
Je suis libre.
S = k log W
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 02/08/06 08:28
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Ah ! Je suis anéanti !
Oui, anéanti. Voilà trois jours qu'on me bassine pour répondre un truc intéressant à ce topic et je dois bien avouer que je n'ai pas trouvé grand chose, étant moi-même bien peu compétent sur le sujet. J'avais néanmoins caressé l'idée de citer Moustaki. Parce qu'il m'est sympathique avec sa barbe de feignant et ses multiples apoligies de la paresse.
Et puis, bien sûr, parler aussi de Nougaro et Gainsbourg, qui ont tous deux fleurté avec la variété sans jamais vraiment en faire tout en en faisant (pan ! Un faisan ! Hein, heu pardon).
Le cas Gainsbourg est intéressant en cela qu'ila touché à à peu près tout, pop, rock, jazz, reggae... Mais ce qui le coupe réellement de la variété à mon sens est son immense sens de la provocation. Reprendre la Marseillaise version reggae, brûler 500 francs devant les caméras, balancer "I want to ******* her" à la figure de Whitney Houston chez Drucker, les albums causant de relations avec des adolescentes (Melody Nelson), la chanson Lemon Incest en duo avec sa fille, les excès en tous genre... Gainsbourg s'est totalement coupé de la scène variété. La preuve : ma mère l'avait en horreur.
D'accord, comme l'a présenté Kyomi, la variété s'intéresse aussi à l'homosexualité, au divorce, à la société de consommation, toussa. On chante les sujets de préoccupation du moment, mais finalement, cela reste gentillet et, il me semble, minoritaire (on pourrait parler de "Je suis pour" de Sardou, plaidoyer pour la peine de mort ; mais j'avoue ne pas savoir si cela rentrer dans la période abordée). Gainsbourg se vautrait dans le stupre et la luxure, l'immoralité.
Il n'a rien du chanteur lisse, de l'éternelle figure micheldruckerienne de genre idéal du chanteur de variété, même si musicalement, il a aussi fait des trucs très putassiers.
Quand à la question "chanteurs élitistes" ou non, concernant Brel, Brassens et Ferré, on peut le prendre par les deux bouts. Les textes sont élitistes dans le sens où ils s'adressent à une élite intellectuelle capable de s'y intéresser et de les comprendre. Mais ils "combattent", ou du moins critiquent, l'élite sociale.
Juste après la période 70-75, on pourrait causer de Renaud, lui aussi musicalement (et lexicalement) très populaire, et souvent à mi-chemin entre variété et chanson française.
Sinon, dossier bien préparé (merci M. Le Quintrec, tout de même), bien présenté, bien écrit. Faut encore que j'écoute les extraits, je me prépare psychologiquement.
-------------------- Jetant mon encre vers les cieux, / Suçant le sang de ce qu'il aime
Et le trouvant délicieux, / Ce monstre inhumain, c'est moi-même.
Guillaume Apollinaire, Le poulpe (in Le bestiaire)
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 02/08/06 22:01
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Mouai.....moi j'avais quand meme vite vite vu le second degré de Kyomi :-) m'enfin bon...
sinon quand on parle d'artiste engagé...j'aime bien les engagés facon sardou ou Féré...mais bon c'ets aussi quelqu' chose sur lequel les maisons de disques fabriques des artistes...
quand on voit une Zazie sortit une chanson un peu débile en citant des noms et tout le monde d'exclamé "waii c'est génial c'est contre le racisme,....." je ne sais pas...
peut etre que les derniers artistes engagés que j'ai entendu etaient simplement les I'am...des textes ou ils essyaent de dire qq chose, de faire passer un message...cela manque un peu de voir un sardou qui viendrais dire qu'il trouve degeulasse qu'Israel massacre des innocents,...mais bon la non, on vas continuer a etre engagés sur les homos (waii eux ils sont mieux que tout le monde) et contre la mondialisation/riches/USA/Bush....parce que bon si on veut plaire a la nouvelle jeunesse....faut pas se pointer en chantant "ne m'appelez plus jamais france" c'ets pas le moment :-)
que du fabriqué quoi....ce qui bien sur ne veut pas dire que les vrais Brassens et Férré l'étaient eux, ....mais la vraiment pas...
Concernant la variété francaise, elle ne nous a pas amené que du mauvais, personne ne peut dire cela...moi les artistes "populaire" j'ai bien aussi...ce que je supporte moins c'est l'appelation "non commerciale" pour un groupe...genre les noirs désir, quand on entend "wai eux ils chantent pas du commercial" sorry mais la ils sont aussi commercial que Lorie...c'ets simplement pas la meme cible, le meme marché....
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 02/08/06 22:47
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Citation :(et je partage beaucoup, bien que je ne boude pas mon plaisr et ya des truc d'eux que je trouve vraiment sympa)
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attention, moi aussi j'aime bien écouter leur musique, car elel est a mon gout, meme s'il sont un peu formater "music pour ados rebel qui aime pas la société de consommation, bouhouhou".
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Réponse au Sujet 'La Variété Française' a été posté le : 05/08/06 19:15
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oui les deux freres separes, et le film se termine bien je te rassure, on se retrouve tous les deux pour aller voter pour sarkozy :-)
Bon plus serieusement, je viens de dégoter pour mon plus grand plaisir le Leo Ferré chante les grands poétes. Peut etre ce qui se veut de vraiment "engagés" dnas le sens ou tu le voyais Theodric. Peut être qu'en tout cas qu'il le mérite plus que dertains groupe chantant que la pollution c'ets sale et que la faim c'ets méchant.
En effet, a l'époque Barclay ne lui vait permis (a Léo) de n'enregistrer ce dique, que s'il avait les droits sur les autres diffusions (plus commerciales) de ferré....
au programme, des chansons-poémes qui sont pour la plupart de véritable bijoux, en passant de l'affiche rouge d'aragon aux poémes d'appolinaire/Badellaire....
trop dommage qu'il ai dérappé sur la fin le Léo, car le coup de francis lalane....l'a vraiment discrédité.
Seb
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