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-= Chaos Servants =-
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Compte-rendus de concerts a été posté le : 09/07/06 22:43
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Je n'ai pas vu de sujet de ce type dans cette section, alors je l'inaugure pour ce petit CR que j'ai écrit il y a quelques heures et que j'ai envie de poster ici, bien qu'il ne mérite pas la création d'un sujet à lui seul. Amateurs de rock français et de vieux rock and roll américain, joignez vous à moi...
Voila j'ai dormi quatre heure, il est 13 :30, on est dimanche, ce soir la France va perdre la coupe du monde, je peux peut être jeter sur le papier virtuel de word quelques mots sur le discret mais important évènement qui a secoué le village de Bobital hier. Ca s’intitule festival Terre Neuvas, c’est breton. Et ce fut bon. Même un peu plus. Pour résumer, j'ai passé 24 heures éveillé, partagées avec exactitudes entre 12 heures de route et 12 heures de festival, ça tue mais non, rien de rien, non je ne regrette rien. Le site est superbe, un joli village tout vert dans la campagne bretonne. Trois scènes, dont la plus grande possède une rampe s'avançant vers le milieu du public et deux écrans géants. Les conditions sont donc fort bonne, avec en prime un beau soleil mais pas de chaleur. Idéal vous dis-je.
Pour ne pas trop vous parler de Bonnie Tyler et sa voix rappeuse, cassé, virile et horripilante, je vais simplement vous faire un petit résumé de la partie "importante". Ca a commencé par Jean-Louis Aubert. Ma petite bande y va "par curiosité" et on est tous très agréablement surpris. Sur le cul serait même l’expression pour certains qui craignaient un rejet du vieux rock de Téléphone. Le vieux gamin a fait un set d'une heure bien rock avec un excellent groupe (le batteur de Telephone justement, dont le nom m’échappe). Quelques bons titres solo (belle version de "le jour se lève encore" – sachant qu’elle m’horripile sur album) et une série de classiques du plus grand groupe de gentil rock français, ce qui plaisir. Après ça on enquille pour les trois vieux croulants du rock qui ont grandement motivés ma venue, et c'est du genre haut en couleurs.
Jerry Lee Lewis ouvre le bal. Son de ********. Sa voix est trop basse et le piano s’entend à travers une plaque de fonte dans les rares instants où il est audible. Au moins le guitariste lead compense (un cameraman ne l'a pas lâché, il se marrait bien, bonne ambiance), et son jeu est assez excellent. Ca donne finalement quelques larsen et après ça, plus de piano. Tous les vieux de la vielle qui occupent la scène ne s'en laissent cependant pas compter : ça joue en boucle le temps de réparer, et quand le morceau repart enfin le son s'améliore nettement. Finalement, les trois derniers titres de ce set de 35 minutes sont parfaits. Ca valait le coup d'être là pour entendre Jerry Lee, en forme, avec une voix superbe et toujours quelques restes dans sa légendaire mains droite, chanter Chantilly Lace, Great Balls of Fire et Whole Lotta Shakin' Going on. Choix simples qui électrisent le public. Un salut, et hop, on remballe le vieux rockeur.
C'est là que ça se gâte. Le timing prévoit 15 minutes de battement mais il s'en passe 45 avant que le groupe de Little Richard n'occupe la scène. Le bonhomme semble avoir été perdu à Dinan, ou je ne sais quoi. On voit même Jean Louis Aubert qui vient faire patienter le public en chantant un petit Imagine au piano. Dans la fosse (patinoire de boue hier pour les Wampas paraît-il, mais confortable aujourd’hui), on discute de la vie dissolue des rockers, l’ambiance est bonne. Finalement le show démarre... par un quatre d'heure de jam des musiciens. Deux batterie, une section rythmique du tonnerre, un bassiste ahurissant, etc... Les soli qu'ils ont enchaînés étaient parfaits, ça rockait et ça rollait, plutôt du côté rhythm and blues bien black (pas une face de yaourt dans la formation) que de la country dont le Killer teintait son rock juste avant. Le sax ténor est venu nous faire quelques passages sur l'avant scène, tout en dansant ; grande classe. Enfin, Little Richard entre sur scène... et fait sa diva. Il exige que toutes les caméras soient éteintes avant de commencer, fait bien chier son monde... mais finalement on a beau être un connard on peut rester génial, et son set est super. Sauf qu'il dur, dur, dur... 50 minutes au lieu de 35. Ca gronde derrière. Il serra même interrompu de force (avant d'avoir eu le temps de jouer Lucille ou Tutti Frutti, ahaha!) alors que Chuck Berry était déjà sur scène, vêtu d’une chemise brillante et de sa proverbiale casquette de marin. Un beau bordel.
Le père Chuck n’est pas un commode non plus, mais pour ce soir ça a plutôt été un élément positif. A peine le temps d’arranger la scène pour lui qu’il commence son set sur un Roll over Beethoven très lent et désarticulé. Ca a surpris ceux d’entre nous qui – ne connaissant de lui que les classiques en studio – s’attendaient à plus de célérité, mais votre serviteur a pris son pied sans réserves. En live Chuck a toujours été plus proche du blues, travaillant un jeu plus épuré, plein de contre temps et de temps morts laissés libres à la voix. Un morceau suffit à faire la balance, et il se lance dans son set de 35 minutes en vannant Little Richard avec des « it’s my turn now » et autre « I love him but… ». On a deux ou trois fois droit à son riff signature, du bon blues ressort de partout, une très bonne version de Reelin’ and Rockin’ assure tout de même un peu plus le côté spectaculaire. Sur la fin, revoilà notre copain Jean-Louis Aubert qui vient taper le bœuf sur Little Queenie, avec aux lèvres le sourire béat du gamin qui réalise son rêve. Chuck Berry également est tout sourire, la scène est envahis de danseuses… Le concert est à son apogée. Finalement on approche de minuit et il faut que le vieux monsieur aille se coucher, il entame l’obligatoire Johnny B. Goode et laisse Aubert la chanter, quittant pour sa part la scène… en prouvant qu’on peut faire 6000 bornes pour jouer une demi-heure et faire en sorte que ça les vaille. Car Chuck Berry est le seul des trois rockers de ce soir à tenir debout sans soutien, et il a la pêche. Comme quoi le piano ça abîme le dos. C’est donc finit pour le rock and roll. J’ai réalisé un fantasme de concert (oui, j’ai plus ou moins les mêmes rêves de gosse qu’Aubert), et le résultat était au dessus de mes espérances vu l’age des capitaines. Pas trop d’odeurs de naphtaline. La douce brise d’été a du les chasser.
Vient en suite Trust, après un changement de matos sur scène tenant du record de vitesse (les sound-checks avaient été assurés le matin, et ceux qui en ont entendu quelques miettes m’ont assurés un Bernie bien en voix). C’est une dernière indication que l’organisation a été sans failles toute la journée. Bernie surgit sur Le Mitard, vêtu de magnifiques jambières en cuir moulant son beau petit cul de jean… Il a la classe. Il fait son show avec Nono. Tous les deux occupent tout l’espace ; ils sont très en forme. Le son est d’une qualité rare. Je n’ai pas eu à mettre les boules quies une seconde, et les paroles étaient presque toujours intelligibles. Dingue. On a droit à quelques titres assez rares, comme Palace et Bosser Huit Heures. Je ne vais pas balancer le set complet, je suis un peu dépassé, ça n’est pas moi le fan de la bande. Pour faire son best-of dans les 100 minutes du concert, le groupe recourt a deux medley… ça rend superbement pour Saumure suivit de Ride On et Ton Dernier Acte (enchaînement logique, RIP Bon Scott) dans un passage calme où Bernie montre comme sa voix s’est améliorée au fil des ans (il chante, mon dieu, il chante !!!). En revance la version écourtée de Préfabriqué passe moins bien, un peu frustrante. Le reste s’enchaîne avec plaisir, une ou deux piques anti-Sarko, des titres parfaitement d’actualité, on fait gueuler Police-Milice au public, et c’est dans la poche. Bernie fait un peu son ronchon contre le public trop calme (trop éclectique et fatigué pour être vraiment chaud, mais l’ambiance est pourtant bonne, tout le monde participe et il y a un beau pogo devant la scène (pour ma part j’y suis resté trente minutes avant de prendre quelques mètres de recule pour profiter d’une vue d’ensemble au calme)) mais Nono est là pour la bonne humeur. Ses riffs sont fatals comme Mel Gibson dans un film de Richard Donner, et à quelques pain prés – normaux pour un concert unique – ses soli sont du même ordre. Il vient régulièrement faire son numéro devant nous, semble vraiment heureux d’être là malgré les conditions un peu douteuses de cette reformation d’un soir (oublié, le procès ?). En plus, avec le son parfait dont il bénéficie, sa performance n’est que plus bluffante. Idem pour la rythmique – comprenant Farid à la batterie, surprise ! – quoi qu’elle soit un peu reléguée de côté par le Bernie & Nono Show (seul écart à la classe de leur part, le maillot français arboré par le guitariste au rappel… mais au moins il est orné de son propre nom). On finit sur Antisocial, que le public gueule vraiment à plein poumon, pour le coup, et puis au dodos. Ou plutôt non, c’est l’anniversaire de Bernie… lequel a foutu le camp de la scène. Tout le monde reste, le public chante – je me surprend moi même à m’époumoner un peu plus que ne le veut la bienséance… et il revient finalement faire son faux modeste. C’est mignon comme tout.
Après ces émotions, il est trois heures passées quand je reprend la, heureux d’avoir bougé mon cul pour assister à un tel évènement. Le rock 50’s américain et le rock pré-Mitterandien français se sont montrés toujours aussi mordants, en ce 8 juillet 2006. Sur ce, je retourne faire une sieste, j’ai un petit coup de soleil, mal aux jambes, et un muscle de travers qui me vrille le dos. Mais j’aime ça.
-------------------- *** Et c'est ainsi qu'Allah est grand. ***
O.D.ed on life !
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