Fée raille

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A.V.L. a été posté le : 19/05/06 22:04
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Prologue
Apparemment les choses seraient compliquées. Mais en fait non, elles sont simples. J’étais à présent une pauvre conne avachie sur le sol. Je n’avais qu’à, déjà, accepter que pour le moment je ne comprenais pas et euh... voilà.
Il n’y a plus qu’à partir des certitudes avant de commencer les cheminements théoriques dans chaque direction possible. Et puis, comme ça m’arrive assez souvent, avec un peu de chance, l’intuition viendrait pointer son nez et résoudrait le tout ou donnerait un coup de pouce. Pendant ce temps j’étais là. Wurtzifiée. Prête à cuire.
« J’avais mal à la tête et mes mains me faisaient affreusement mal », voilà ce que j’aurais du dire.
Mais je n’ai jamais mal à la tête, je crois d’ailleurs n’avoir jamais eu de migraine. Je ne suis même pas désolée, c’est comme ça. Les maux de bide je connais, mais mal de tête, jamais. Quant aux mains… si ne plus les sentir pouvait être vaguement apparenté à « avoir mal », je pouvais m’arranger psychologiquement et cocher la case « vous avez affreusement mal aux mains » du questionnaire tout en déplorant son manque évident d’ouverture, de toute façon les tests psycho et leurs clichés, j’ai jamais pu en remplir un seul tant c’est loin des réponses que je devrais donner. Et ça ne m’a pas perturbée outre mesure.
A ce moment là j’ai du sourire, forcément, sur un moment de recul, je me suis « vue » en tas par terre dans l’obscurité et au lieu de me demander comment j’étais arrivée et comme j’allais repartir, voire, au lieu de commencer à chantonner un hymne funèbre, je pensais à « Test du mois ! Découvrez votre véritable personnalité !! Etes-vous plutôt cyber-frigide ou naturo-nymphomane ? »
Putain, c’est vrai que je ne sentais plus mes mains. Mes précieuses mains.
Autour de moi je distinguais deux autres corps assez proches pour que je voie les visages. Deux autres femmes. Le grésillement lumineux sous la porte… en s’habituant on pouvait pas trop mal voir dans le noir. Je voyais même très bien. Assez jolies. L’une était une grande brune athlétique qui devait soigner sa sauvage-attitude, ça devait "donner un truc en plus" à sa beauté et "allait parfaitement" avec sa peau acajou. Moui, bon en fait je ne devais pas être dans l’obscurité, je crois que ma vue se réveillait après une cécité inhabituelle.
L’autre était d’un style un peu plus convenue, mince, manucurée, mais pas trop perfectionniste. Une brune. Une blonde. Et puis moi. Parfait avec un peu de chance on était là pour représenter différents types féminins et participer à une conférence capillaire.
Mais en les voyant, encore une fois, je n’ai pas eu la bonne pensée conventionnelle. J’aurais du me dire « elles sont peut-être sympa » « oh les pauvres » ou « on va s’entraider ». Même si je l’ai pensé quelques secondes plus tard. Juste après « qu’est-ce qu’on fout là ».
Mais bon, j’étais sûrement sous l’effet de quelque(s) drogue(s), déjà, de quelques coups ensuite. Parce qu’en faisant mes brèves observations, dans les vapes, j’ai tout d’abord pensé « Très bien, au moins si on doit être violées, c’est pas moi qui passera la première ». Peut-être par simple besoin d’être rassurée (je n’y crois pas une seule seconde).
La chouite c'est t'apreche
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Dernière mise à jour par : Armorphée le 21/05/06 12:30
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 19/05/06 22:08
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Posons le présupposé que nous n’avions pas été « enlevées » par hasard. Vu que j’étais là, on ne devait pas avoir été choisies pour le physique, plus probablement pour nos compétences. Je ne devinais pas quel métier pouvaient faire ces deux nanas, quant à moi j’étais pilote. J’essayais de faire « quant à moi, je me rappelais avec fierté que j’étais pilote ». Mais non ça passait pas. Pourtant je ne regrettais aucunement, et j’aimais ce boulot.
Si, sûrement que je devais être un peu fière, j’étais sortie première de ma promo, et à chaque fois que j’y repensais, j’avais un petit sourire en coin, d’être passée devant la flopée de fils de notables arrivés là par héritage pour la plupart. Un petit sourire… pas ironique ni provocateur. Un petit sourire « personnel » d’en être arrivé là. Bien que je fus parmi ceux qui ne dormaient pas vraiment la nuit, ni ne bossaient une fois rentrés. Parmi ceux qui n’avaient pourtant pas de véritable vie sociale, n’allaient pas aux soirées du C.A.E.A. et ne ramenaient personne dans leur chambre.
Les faux rebelles, ceux qui sans êtres conservateurs et coincés, n’allaient pas pour autant foutre le bordel à l’académie ni pirater les systèmes.Ceux qui avaient toujours des piques d’humour noir à adresser sans pour autant chercher la ********. Ceux qui avaient un cerveau et étaient manuels. Ceux qui étaient jugés d’un seul coup d’œil mais toujours maladroitement. Ceux que les professeurs, dépités, réveillaient au milieu du cours pour se voir accorder enfin la bonne réponse que les autres n’avaient su fournir. Les audacieux respectueux. Les éternels inclassables.
Comme ça ne me suffisait pas, je crois que j’exerçais également une frustration en raison des sentiments contradictoires que je faisais naître au sein de l’école. Ils me détestaient mais en même temps… ils en étaient réduits par là à détester une fille de leur promo, ce qui réduisait le nombre de leurs futures conquêtes féminines potentielles à 2. Anya était déjà prise. Et moi ben… c’était moi. Enfin, je dis ça pour les paresseux, les autres pouvaient très bien aller voir ailleurs. Malheureusement, 90% de la promo était des paresseux.
J’avais évidemment trouvé un travail immédiatement après cette école. C’était son intérêt. Pas mal d’entreprises ou de politiques ou d’indépendants venaient y traîner bien avant les dates de jury pour faire, absolument pas discrètement, des repérages sur la marchandise. Autour de l’Académie Avel planait une aura mystérieuse (j’aurais pu mettre « énigmatique » mais je me suis dit que des fois, fallait pas déconner), honorable et souvent erronée. Mais qui n’entachait pas sa réputation. Rares étaient les académies de pilotage qui fournissaient aux futurs pilotes un enseignement aussi coûteux et aussi loufoque.
Le pilotage était central mais en même temps accessoire, un bon pilote devait être aussi un bon diplomate, un bon commercial, un bon historien, un bon géographe, un bon polyglotte, un excellent technicien, un excellent physicien mathématicien, un bon combattant… tout ça se justifiait assez bien à l’ère actuelle mais après tout, aurait pu être valable pour n’importe quel corps de métier.
Et après tout, un pilote reste un pilote, le tableau du héros qui sauve l’équipage en négociant en 12 différents dialectes de tribus obscures une logistique de combat, tout en bondissant acrobatiquement entre les tirs adversaires pour servir au passage un cordon bleu cuit impeccablement à la table numéro 6, tout en apaisant pédagogiquement au coin d’un couloir les querelles d’adolescents en crise, les poings sur les hanches et le sourire brillant… tout en faisant merveilleusement bien l’amour à une belle inconnue [remplacer par « superbe créature atypique » si le cliché ne vous satisfait pas]… Tiens je crois d’ailleurs que la rumeur de cours d’éducation sexuelle et érotique « poussés » circulait aussi parmi les classes préparatoires bref… à ce tableau il y avait une faille tellement évidente que je me demande pourquoi j’y pensais.
M’enfin, mais quel pilote a à sauver son équipage… ? Bien sûr il y a quelques compagnies qui vous font signer des contrats très louches, mais en dehors de ça, je n’ai jamais entendu ailleurs que dans les Mag que c’était à nous de saillir les muscles en sauvant les orphelins, au contraire, ‘toujours appris qu’il fallait faire profil bas et fermer sa gueule. Ce n’était donc pas l’explication logique à une telle éducation, qui était probablement là pour entretenir réflexes et mémoire.
Aussi, bien que je reconnusse l’efficacité et l’intérêt de cet enseignement, je n’en voyais pas la pertinence dans l’univers rationnel où j’évoluais si ce n’est que oui, certes, être ou tenter d’être super bon partout, des fois, ça aidait. Ce n’était après tout que les délires excentriques des créateurs de l’Académie, et leur petit côté rabelaisien me plaisait, l’idée de l’académie parfaite, héritière d’un vieux mixe imaginaire entre des services secrets, un monastère Aï-den de la montagne et un centre de super-espionnage, le tout perdu dans une oasis de bonne volonté me faisait sourire, je savais que comme partout ailleurs il y aurait à prendre et à laisser, mais que contrairement à partout ailleurs, ici il y aurait beaucoup à prendre. Et que je rejoindrais le quartier Borlout et les amis de mon frère. L’occasion de manger des aspen authentiques et pas cher.
Alors j’ai passé les concours d’entrée, et je suis rentrée, je ne sais toujours pas comment. Je savais que je voulais y aller, mais je savais aussi que je n’avais pas eu la préparation nécessaire. Il faut croire que des fois, on vous prend réellement pour vos compétences. Au final on était 3 ou 4 éléments disparates à avoir rejoint un groupe plutôt homogène de gens provenant du même milieu. Ils nous nieraient. On ferait sûrement de même.
Ce qu’on racontait sur l’école était globalement juste, il y avait bien tous les cours (sauf celui d’éducation érotique) et pourtant c’était globalement faux. Tout simplement parce qu’au sein de l’école il y avait deux écoles et que seuls certains esprits avaient l’air de s’en apercevoir. Dès le premier cours, dès le « bonjour et bienvenue à Avel, ici vous allez faire partie de l’élite blablabla » la scission était faite entre ceux qui entendaient la façade et ceux qui la voyaient… comment ça s’était fait ? Je n’en avais aucune idée, est-ce que c’était les tests médicaux réalisés au début qui nous avaient déjà déterminés ? Sans le vouloir, mais vraiment sans le vouloir aucunement j’étais en train de froncer les sourcils face à ce que je ressentais.
Cette impression de percevoir distinctement quelque chose tout en sachant pertinemment que ça ne sortait de nulle part, je n’aimais pas ça. J’avais l’impression de « capter » sans pour autant entendre quoi que ce soit d’autre que le flot de paroles prononcées par un des directeurs à propos de notre présent, de notre avenir, des évacuations d’eau qui bouchonnaient de temps en temps etc. Je me suis d’abord dit que j’avais un problème et que ça allait passer, et que je trouverais un moyen d’expliquer ça plus tard. Quand je remarquais que je n’avais pas l’air toute seule à jouer à la sonde amateur qui capte une onde fantôme le problème a avancé dans mon cerveau. On était plusieurs à froncer des sourcils, à se tapoter le front, à ne pas oser se nettoyer les oreilles… ou alors j’étais paranoïaque.
Le phénomène est passé, du moins pendant l’année préparatoire. Ou du moins encore à ce que j’en avais conscience. Dans ma grande paranoïa je gardais tout à fait possible en tête l’idée qu’on ait procédé à une manipulation de mon cerveau pour me faire oublier mais à ce rythme là je n’étais pas sortie. Après tout je mangeais à ma faim, je dormais enfin dans une chambre seule et tranquille, je ne souffrais pas outre mesure, alors qu’on se serve de mon cerveau pour y stocker des données confidentielles qu’on me faisait oublier par lobotomie ensuite (une des théories possibles) ça ne me faisait pas plus d’effet.
Pourquoi je repensais à Avel dans un moment pareil ? Dans la cellule où je faisais des papouilles au sol ? Parce que ça me paraissait être une des clés les plus probables à mon problème. Je pouvais aussi me retrouver là par erreur (ha ha). Je repassais une dernière fois les cent cinquante interprétations/explications les plus plausibles, et ce qu’elles impliquaient ainsi que la solution à apporter à chacune d'elles, malheureusement je tournais un peu en rond. Au bout d’un moment on vint enfin ouvrir la porte. Ce n’était pas pour moi, ni pour les deux autres. Je crois que mon cœur était le seul muscle aussi actif de tout mon corps et dans mon état lamentable j’avais le sentiment que les murs me renvoyaient ses pulsations. Je me traitais une nouvelle fois de conne, parce que j’avais pensé à tout et n’importe quoi avant de prendre premièrement conscience que j’étais la seule des trois à être réveillée, et manifestement « consciente »… pourquoi ? Avec un peu de chance je pouvais même parler. Je n’avais pas la prétention de sortir une superbe réplique avec vingt idées en quatre mot, à la fois pertinents, drôles, et cyniques même si ça aurait pu me correspondre. Je demandais juste, avec un ton peut-être un peu ironique mais ça c’était tellement habituel que je ne faisais plus gaffe :
- Excusez-moi ?
La personne ressortit et ferma la porte.
- ********.
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Dernière mise à jour par : Armorphée le 19/05/06 22:14
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 23/05/06 00:16
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I
Avel - Initiation
J’étais contente de quitter le Cycle 2, parce que ce faisant, je n’avais plus à supporter les cours d’EPG (Entraînements Physiques Généraux) et avec eux, évidemment, les profs d’E.P.G. C’était d’ailleurs le petit point noir de l’Académie Avel lorsque j’avais évoqué la possibilité de m’y présenter. « Nous fournissons également à nos protégés l’entretien d’une bonne condition physique, essentielle au développement du blablaba » Mouaif… bof. C’était comme tout leur programme qui paraissait complètement surhumain, « la connaissance des juridictions des états de chaque planète et compagnie… » bien évidemment il s’agissait comme partout ailleurs d’en retenir le principal, et le maximum, par rapport aux autres pour satisfaire aux exigences du cursus.
Quand j’y repense qu’est-ce qui a bien pu m’attirer dans cette école ? Moi l’anti-bosseuse qui voulait avant tout du temps libre pour respirer, et qui appréciait par-dessus tout d’apprendre seule… ne supportant pas qu’on « dirige » mes travaux ? J’allais en 1 an multiplier le nombre d’enseignants que j’avais du fréquenter de telle sorte que le résultat obtenu me ferait tous sauf plaisir.
Là j’aurais pu avoir la puce dans le tympan, j’aurais du me dire, oh oh, truc louche, encore une preuve de ma connerie profonde. L’hologramme de présentation était finalement peut-être comme ce que j’avais pu constater plus directement le Premier Jour, à savoir un message subliminal ou quelque chose d’apparenté, une espèce de « We need YOU » charmeur pour que je m’inscrive, en écho au blabla promotionnel ? Ou tout simplement voilà : les matières principales m’intéressaient (je ne pouvais le nier), l’assurance d’avoir un emploi également, le départ aussi, et puis la mentalité générale. Sans être de mauvaise foi envers moi-même je pense que sans le fictif message subliminal que j’ai cru ensuite soupçonner, j’aurais postulé de toute façon.
Et pour le côté humain touchant de l’histoire je pourrais ajouter que c’est peut-être l’amour aussi qui m’a orientée vers ce choix. Enfin, l’amour, c’est vraiment pour dramatiser. Disons plutôt de l’intérêt. L’attirance pour quelqu’un a toujours fait automatiquement naître chez moi un besoin d’ouverture et de connaissances en rapport avec l’objet de mes pensées, qui nourrit par la suite ma culture. Je peux faire beaucoup de choses par amour (découvrir tout sur la planète d’où est originaire quelqu’un, sur une technologie qui le passionne etc) Et même si au bout de quelques jours mon penchant est passé, le savoir est acquis et si ce que j’ai appris suffit à me séduire, je continue l’apprentissage. Or mon intérêt à ce moment, penchait un peu pour Woan qui était encore à Avel, même s’il y était en dernière année. Et Woan était la première personne à m’avoir demander ce qui me plaisait, à m’avoir souri et à avoir partager certains de mes goûts.
C’était suffisant pour l’apprécier même si j’avais depuis longtemps arrêté de penser à autre chose. La première fois qu’il m’avait vue j’avais 12 ans et il avait du vouloir être poli en me demandant « si ça me plaisait » lorsque nous avions tous visité la Galerie des Présences.
Je le savais pertinemment et j’avais du lutter contre mon inconscient émotionnel qui prenait ça pour une déclaration et commençait déjà les manœuvres visant à manipuler mon indépendance.
C’est en repensant mollement à ça que je regardais les autres possibilités d’avenir qui s’ouvraient à moi, les autres cycles que je pouvais faire. En même temps, il apparaissait de plus en plus nettement qu’Avel était la seule chose que je voulais faire. J’en ai parlé à mes parents que le prestige de l’école séduisait mais aussi décourageait. En fait je m’imaginais étudiante dans je ne sais quelle autre école pas du tout technique et plus spécialisée, puisque c’était ce qu’il y avait de plus vraisemblable, mais je postulais quand même. A force de le répéter, je pense qu’on finira bien par comprendre que je n’y croyais pas une seule seconde tout en étant convaincue que je devais être prise.
L’examen médical avait énuméré mes innombrables défauts physiques, d’ailleurs plus nombreux que ceux que je croyais avoir, pour ce que j’en comprenais au milieu du jargon ça donnait :
légère cambrure au niveau des lombaires, problème osseux à l’épaule droite, problème osseux au genou droit répercuté sur la cheville et influencé par le mauvais positionnement des lombaires, légère scoliose, léger surpoids, légère myopie, pieds plats, dents moyennement saines, problème au niveau des sinus frontaux, gerçures au niveau des lèvres dues à une sécheresse générale de l’épiderme plus élevée que la moyenne, problème général de circulation du sang, allergie de la peau à ma propre transpiration et par extension au contact prolongé avec une matière de type 1 à 248, faiblesse de certains ligaments, léger problème cardiaque… tout ça était des broutilles mais j’écoutais l’air dégoûtée malgré moi. Jusqu’à présent j’étais passée outre, d’ailleurs les gens qui me fréquentaient me prenais pour un exemple de bonne santé générale… j’étais la première à aller faire…modérément… n’importe quoi n’importe où et à revenir sans une blessure ou en tout cas, sans une blessure grave. De plus je cicatrisais vite.
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 23/05/06 00:21
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Aussi l’accumulation de « blessures légères » sur ce ton monocorde me donnait le sentiment d’être une dégénérescence humaine, constatation naturelle que j’avais déjà faite d’une manière générale auparavant en songeant aux nombres d’années d’existence de cette espèce et aux mélanges comparables à des mixes consanguins qui avaient pu être faits au court des âges pour entretenir encore certaines ethnies… ceux qui m semblait les mieux adaptés, en meilleur forme et santé étaient les métis, beaux, grands, étonnants… m’enfin bon je crois que j’idéalisais aussi un peu. Moi j’étais un rejeton de cette branche humaine à la peau pâle originaire des terres peu ensoleillées et qui n’avait pas du connaître de l’apport de sang très neuf pendant plusieurs générations.
A m’écouter je me serais sincèrement prise pour une créature qu’un seul regard pouvait classer comme dystrophique et inachevée, ce que je n’étais nullement. Et quand bien même je le serais, de toute façon ça ne se voyait pas, alors je pouvais toujours tromper l’ennemi le temps d’arriver à mes fins. Sourire narquois.
En attendant, mon visage devait avoir quelque chose de pas banal, c’est ce que n’arrêtait pas de répéter le photographe (l’école voulait une image « fixe » ne nous) en se plaignant que je changeais imperceptiblement de tête suivant sa position et suivant mes expressions, si bien qu’il m’a lâchée au bout d’un certain nombre de clichés, à la fois insatisfait et râlant mais intérieurement ravi par cet épisode et occasion d’être un peu plus artiste dans son travail journalier.
Et voilà, ensuite nous étions renvoyés vers différentes salles, pour remplir les premiers questionnaires (encore) de logique. Je rendais les miens en même temps que quelques autres qui allaient manifestement faire partie des prochaines sélections, c'est-à-dire qu’au bout d’une heure après s’être assis nous avions fini, et ce parce qu’on s’était délibérément persuadés que c’était trop court et qu’on avait passé la dernière demi-heure à faire semblant de relire. Nous eûmes droit à de nouveaux questionnaires, puis à des exercices de réflexes auxquels une bonne pratique des jeux, auxquels nos parents nous laissaient nous abandonner au grand désespoir de nous voir prendre l’air, avait été une bonne formation.
La suite fut un peu plus distrayante, des repérages justement cette fois-ci en milieu naturel pour identifier faune et flore, cultures, d’autres essais où la créativité et l’imagination entraient en compte. Puis à nouveau des tests où nous étions des cobayes passifs. Un passage folklorique somme toute et qui, à part pour les épreuves « standards », semblait manquer un peu de sérieux. Mais justement, je crois que ça me plaisait. L’épreuve finale, et décisive, du moins à ce qu’on en disait, se révélait être pitoyablement un « mot de la famille/du professeur » pour ceux qui venaient là par piston, sur les recommandations de tel ancien élève/enseignant, le tout devant le jury.
Je n’avais pas de tel mot, mais je n’étais pas toute seule dans cette situation. J’attendais patiemment qu’on me fasse entrer dans la dernière salle où l’on me poserait quelques questions. Je savais que tout ce que j’avais déjà pu dire ou faire comme blague au cours des précédents moments où j’avais pu échanger quelques mots avec les intervenants de l’Académie étaient déjà parvenus aux oreilles du « jury ». Après l’entrevue où j’avais tenté d’être moi-même tout en restant modérée et efficace, je rentrais chez moi accompagnée par mon père et ma mère qui m’ont demandé « comment ça c’est passé ? » sans que je réponde réellement comme ils l’auraient voulu.
Ils souhaitaient que je leur annonce si j’allais être sûrement prise ou non tel quel, alors que je n’en savais rien. Le contenu ne les intéressait pas, c’est « tu t’en es bien tiré par rapport aux autres ? » « Tu as su répondre à toutes les questions ? » « Ils ont dit qu’ils allaient te prendre ? » etc. Je ne voulais pas les décevoir, ni faire une fausse joie, ni être malhonnête, je racontais vaguement les épreuves et ça suffit à leur faire parler finalement entre eux des derniers soucis économiques que rencontraient notre pays.
J’appuyais ma tête contre la paroi de la cellule du vaisseau, en pensant que je partais juste dans mes pensées, ce que j’avais toujours fait, perdant parfois la notion du temps ou même de ce à quoi je pensais. Je ne savais pas encore ce que ça signifiait.
Et il y avait l’autre cellule où actuellement je jouais à la larve géante, ne pensant que très lointainement à mes années à Avel. Je m’ennuyais parce que je pensais pouvoir encore sortir bientôt. Mais j’allais vite devoir apprendre à occuper mon esprit, ce que je ferais sans problème, si je découvrais que j’allais devoir stagner ici encore longtemps. Heureusement la distraction du « visiteur » était à nouveau de mise, la porte s’ouvrit une seconde fois, découvrant le même personnage. J’ai pensé qu’il allait dire quelque chose comme « Lève-toi ********* ! », je sais pas ce qui me passe par la tête des fois. C’est n’importe quoi. Mais en même temps c’est ce que j’appelle une « pensée réflexe » ou « pensée furtive », ces idées qui viennent quand on ne pense à rien ou qu’on veut imaginer quelque chose sans prendre le temps de réfléchir avant, ce sont souvent les mêmes d’ailleurs qui surgissent dans ces moments-là, par habitude.
Mais bref, pas du tout. Le gars s’est avancé comme précédemment, nous a regardé, un objet dans la main (ils mesuraient quelque chose ? apprêtait un sérum ? regardait ses ongles ? dans ce cas ce ne serait pas un homme mais une femme (encore) il paraît que les femmes regardent leurs ongles ainsi hmm ?) et il était ressorti avant que j’ai eu le temps de penser à dire :
- Dites ?
Bon sang, j’allais à nouveau devoir me résigner à tasser mes aora. En dernier recours, si y’avait une ********, je pourrais toujours faire appel à Gb, mais il n’y avait rien dans la pièce, du moins, rien d’inquiétant. Voilà ce à quoi je pensais et qu’on ne risquait pas de comprendre, ce n’était pas du brouillage intentionnel, juste un manque de références. Que je pouvais combler en rappelant mon étrange formation.
Je disais donc qu’une fois les épreuves passées, je rentrais chez moi, et je m’adonnais à un passe-temps lecture en attendant que le temps passe justement. Je reçus ma plaquette d’admission à peu près quinze jours après. Et le lendemain un petit message du C.A.E.A. Sur le moment je ne savais pas exactement non plus ce que ça signifiait, mais à en croire par le contenu ça me conviait à une sorte de « club baise » avec un programme varié couvert par un humour lourd et maladroitement retenu (sans doute pour espérer toucher un plus grand public). Le tout déguisé comme une sombre histoire de « journée d’intégration ».
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 29/05/06 21:31
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Le C.A.E.A : le Centre A Eviter Absolument ? Le Club des Arriérés Eczémateux Aliénés ? Les Champignons-Ail-Echalotes-Agneau ?
Je regardais si l’information n’était pas donnée quelque part, même si j’avais un faible pour la première proposition. J’étais déçue, il s’agissait bien sûr du « Centre d’Animation des Etudiants d’Avel ». Youpi. Un Centre d’Animation. Bien, maintenant je savais au moins en quoi une partie de l’argent familial avait été arnaquée, ce qui est toujours mieux que de soupçonner sans avoir d’éléments concrets. Je ne me plie qu’aux évènements obligatoires ou qui me semblent justifiés, aussi j’effaçais le message de la plate-forme de réception et oubliais cette invitation, acceptant par là d’être dès le début mise à l’écart, comme sûrement d’autres étudiants, sans une once de remord.
Je retournais à ma lecture et j’informais plus tard dans la soirée la famille de la chance miraculeuse qui m’était tombée dessus et dont je n’avais pas encore bien pris conscience.
Je n’avais pas passé une trop mauvaise année préparatoire, le phénomène de « je capte un truc bizarre là où quoi ? » ne s’était pas reproduit, et le temps aidant j’avais classé l’affaire sans la résoudre, j’avais autre chose à penser.
J’avais apprécié l’enseignement, vaste comme prévu mais qui, s’il était suivi par quelqu’un qui avait déjà une bonne mémoire et un raisonnement naturellement logique, ne demandait pas tant que ça de travail. Le coup de l’éducation qui ferait de nous des surhommes était finalement du pipeau comme je l’avais pressenti. Nous voyions beaucoup de choses, mais dans l’ensemble pré mâchées et prêtes à être avalées/digérées et surtout très généralistes. Entres les cours j’avais tout le loisir de me promener dans les locaux auxquels j’avais accès, d’aller m’entraîner sur les terrains de pilotage qui nous étaient ouverts ou de rester dans ma chambre à m’occuper. Nous pouvions aussi explorer la ville, même si vu les horaires et les transports urbains, on pouvait difficilement s’éloigner du quartier où était située Avel. Mais c’était déjà ça et assez de distractions et changements pour moi qui venais d’un coin assez sauvage et peu habité. Autant dire mort mais joli.
J’avais eu mon lot d’aspen sucrés ou salés, épicés, natures ou en sauce, et j’avais aussi accompagné plusieurs fois Woan dans des sorties où il appréciait visiblement ma compagnie. En cinq ans, on ne s’était pas vraiment beaucoup vus et me découvrir plus avant sembla lui être une agréable surprise. Pour moi ce fut un peu l’inverse, je gardais un bon souvenir de lui et je le trouvais toujours aussi sympathique mais sa personne n’avait plus la même « identité » à mes yeux qu’autrefois.
C’était quelqu’un d’intéressant, de fin et d’appréciable mais le sentiment que j’avais pu éprouver s’était flétri et sa fréquentation ne l’avait pas réveillé ni renouvelé. Nous partagions toujours des aspirations communes, mais ne portions pas toujours le même regard dessus, ce qui donnait lieu à de bonnes conversations de temps à autre mais restait assez neutre comme rapport. Je ne sais pas si je lui plaisais.
Je crois que ça aurait pu être aussi bien oui que non, et peut-être plutôt un truc comme quoi lui-même ne le savait pas trop, je ne m’étais pas plus interrogée là-dessus. J’étais préoccupée par une énigme que m’avait posée un des intervenants, M. Amehl, il y avait trois jours et qui me trottait toujours en tête. A la fin du cours il était venu me voir et m’avait proposé de la résoudre, j’avais accepté prenant cela pour un exercice destiné à m’être utile en me faisant rattraper un retard ou quelque chose du genre et j’étais partie sur quelques fausses pistes avant d’en trouver des plus satisfaisantes mais ne menant toujours à rien.
Je faisais une pause en buvant avec Woan dans un des bar de la rue commerçante tandis qu’il me regardait sans me voir. J’avais plusieurs fois observé ce regard depuis le jour où nous nous sommes revus dans le grand hall.
Il était venu vers moi incroyablement confiant et m’avait regardé avec un premier air que je ne lui ai plus revu par la suite. Puis il a perdu cet éclat de « confiance en lui » pour le remplacer par cet air vague. Comme une mise au point abandonnée, un focus raté. Rien de bien précis. Depuis on s’était régulièrement vus, quand on avait le temps, pour parler un peu de l’année, du cursus et d’autres trucs. Quand je le voyais ça m’évoquait un drôle de « faux-passé », une ambiance liée à ce qui effleurait ma vie d’alors, les occupations de Woan et de ses amis, leur sorties qui me rendaient si triste, leurs invitations si rares, leurs anniversaires que je suivais de loin… Woan m’évoquait tout ça plus qu’autre chose, il n’était finalement plus qu’un « brun » de nostalgie. Il m’expliqua qu’il allait sûrement être engagé chez NofoCorps et je n’avais rien à répondre. Je le laissais faire la conversation, je n’avais pas envie de parler, non pas que je me faisais chier mais je n’avais juste pas envie. Finalement il se tut et nous retournâmes en silence à l’école.
L’année tirait sur sa fin, la corde n’allait donc pas tarder à craquer et on se retrouvait tous à attendre de savoir si on entrait oui ou non dans le vrai cursus, en année 1, là où la sélection serait vraiment définitive et nettement moins large avec l’apport de « nouveaux intégrés ».
La plupart de ceux qui avaient fait les cons durant l’année commençaient à se demander si ça allait compter. Personnellement j’avais évité les trucs louches, je ne m’étais pas baladée de nuit dans les « sections interdites » ni n’avais joué aux acrobates sur le toit. Certes, je n’avais certainement pas respecté le fatras de règles obsolètes et j’avais du enfreindre une dizaine d’interdictions mineures dont personne ne se souciait, du genre de rester après l’heure autorisée dans les salles, de rendre en retard du matériel, de ne pas venir à certains cours, de venir certains jours en tenues loufoques ou de numériser l’intérieur des locaux sans aucune autorisation.
Tiens, si, réflexion faite je m’étais aussi sûrement baladée dans les sections interdites, étant donné que passant quelques symboliques barrières de métal rouillé, ou des panneaux « privés » mais défraîchis, je m’étais retrouvée dans des couloirs évoquant un marché abandonné un lendemain de séisme ou devant des salles qui avaient eu l’air de servir de chambre, et d’autres qui avaient l’air d'être toujours habitée (linge qui sèche, calendrier actuel au mur etc.)
Un coin dans les niveaux inférieur rassemblait le classique et suspect (qu’est-ce que ça peut bien foutre là ??) tas de tuyaux et d’appareillages instables, où le métal, le plastique, l’eau et une espèce de carrelage avaient l’air de fusionner, il y avait par terre une sorte de tapis de bain ancestral vaguement roulé dans des câbles, j’ai jamais trop compris ce que c’était mais ça aurait pu illustrer une affiche de film comme « Le Tapis d’égout de l’Espace ».
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Dernière mise à jour par : Armorphée le 29/05/06 22:50
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 29/05/06 22:47
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M’enfin, rien de traumatisant en soit. Ce petit état des lieux réalisé, je me sentais légère et de plus en plus détachée la date de libération approchant. Je ne pensais donc absolument pas, mais vraiment pas du tout, que le fait de faire dire « Rosebud » à un cadavre de souris pendant un cours de dissection m’amènerait à apprendre que j’étais convoquée à la fin du cours.
Je n’avais d’ailleurs enfreint aucune règle, peut-être de loin celle du respect aux intervenants si l’on était tatillon mais à part ça… je n’étais pas furieuse mais ennuyée et perplexe. Je me suis même dit que je n’étais probablement pas convoquée pour ça mais pour autre chose. Quelque chose qui m’échappait sur le moment présent mais allait sûrement revenir. Je ne croyais pas à cette convocation irréelle. Je marchais vivement dans les couloirs, ouvrant les portes, me dirigeant vers le bureau du directeur n°2. Cette partie là du bâtiment avait l’air d’avoir été calculée pour vous mettre la pression.
Le manque de lumière affirmé, les parois qui allaient en se resserrant, le sol en grillage, passerelle passant au dessus d’une zone non identifiée. Installer son bureau là c’était soit par goût de la mise en scène soit par un concours de circonstances. D’ailleurs, concevoir et designer ces couloirs partait déjà un choix mélodramatique douteux. Mais ça restait somme toute assez sobre vu que c’était propre.
Les couloirs n’en finissaient pas.
A ce moment là, un rêve que j’avais fait peu auparavant m’était revenu. Je le trouvais trop peu original pour en faire quelque chose, mais assez déroutant et amusant pour que je me le remémore en marchant.
Dedans, je devais être une jeune femme ayant la vingtaine et j’étais évidemment pilote aux commandes d’un vaisseau, aux côtés d’une collègue. Toutes les deux nous portions des combinaisons moulantes, fruit d’un inconscient collectif se représentant la femme pilote comme poitrinée et subtilement moulée dans une combi bleu-noir à fermeture éclair. Je pilotais donc, m’apprêtant à atterrir dans je ne sais quel spacio-port quand un détail entra dans mon champs de vision puis ma réflexion. J’avais vu, comme un flash, un élément perturbateur de l’autre côté du hublot, noyé dans une masse floconneuse rose (censée être une atmosphère ?). En quelques dixièmes de secondes j’avais entraperçu un panneau publicitaire.
Moi je le savais, mais pas le moi qui était dans la combinaison moulante. A ce moment là, tous mes repères, toutes mes certitudes furent ébranlées, et dans un accès de folie nerveuse je me jetais sur la porte pour tenter de l’ouvrir, mais pas en me servant des commandes, comme une idiote j’essayais de la défoncer à coup d’épaule…
Et j’y arrivais. Je déboulais hors du vaisseau, mais pas pour me retrouver emportée dans l’espace comme j’aurais du m’y attendre. Non, à la place je roulais sur un sol noir et dur. Derrière moi il y avait mon vaisseau, monté sur une plateforme avec pompes et autres outils. Un appareil diffusait de la brume rose devant le hublot, au loin je voyais le panneau publicitaire, affiche à moitié déchirée et entreposée contre un mur de l’immense salle (hangar ?) où j’avais « atterri ». Eberluée je regardait autour de moi mais personne ne semblait faire attention.
Des gens affairés, dans des vêtements que je ne connaissais pas (mais moi je sais : jean et T-shirt ), transportaient du matos. Eberluée je regardais partout, cherchant du regard un repère, un homme vint vers moi, très calme et rassurant, il me sourit et me dit que tout allait s’arrange, qu’il n’y avait pas de problème, je ne devais pas m’inquiéter. Je devait aller rejoindre la queue là-bas (en effet, à un endroit de la pièce une longue file d’attente débouchant vers une porte attendait patiemment). J’y allais, un peu perdue, et je faisais la queue avec des gens accoutrés de toutes les façons, certains en pagne, d’autres avec des chapeaux extravagants et des capes de bure. Tous me dévisageaient et se dévisageaient. J’avais l’air idiote avec ma petite combinaison moulante et ma coiffure impeccable. Je me tenais les coudes. Je jetais des regards furtifs autour de moi, et aperçus des inscriptions étranges sur une des colonnes de béton.
Je lisais, écrits en lettres rouge, « First Floor : Sci-Fi ». Je voyais les mêmes écritures plus loin, au dessus d’un d’ascenseur et je déchiffrais : « First Floor Sci-Fi, Second Floor : Fantasy, Third Floor : Horror… » Je me tenais plus fort les coudes, je commençais à m’inquiéter, me demandant si on allait vraiment me « ramener chez moi », si ce « chez moi d’ailleurs existait », si ça n’allait pas être plus simple de m’effacer la mémoire et surtout si je n’avais pas découvert quelque chose que je n’aurais pas du et que la solution restait pour moi, comme pour les autres infortunés, d’être exécutée ? L’angoisse m’envahit à ce moment là et je sortais de ma torpeur, convainquais mon voisin du danger qu’on encourrait et m’enfuyais avec lui en suivant les panneaux « Exit » (très bien organisé ce hangar).
Je parvenais à m’échapper tandis que mon allié tombait et était rattrapé par une espèce de milice sortie de nulle part. Au bout de ma course j’échouais à la sortie d’un immense immeuble beige, avec un nom de société dont je ne me souviens plus et des fenêtres murées. Pas le temps de m’arrêter dessus, les poursuivants arrivaient et je m’enfonçais dans la foule d’une rue peuplée d’immeubles du XXe siècle, de gens, de véhicules… j’étais saine et sauve, déboussolée, perdue
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 18/06/06 23:39
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Et je me réveillais. Un drôle de rêve. Un mélange de l’idée classique d’un monde « faux » où l’on vit dans l’illusion d’une machine plus grande qui nous contrôle, et de l’éternel voyeurisme de « l’autre »… un excellent indicateur de mon éternelle paranoïa.
D’ailleurs si ça se trouve ce n’était pas un rêve, et j’étais saucissonnée actuellement avec les deux autres victimes dans la salle glauque, prête à être reconditionnée pour vivre dans une autre « réalité ». Je ne crois pas, dans mon rêve les vaisseaux n’allaient pas « vraiment » dans l’espace, or l’espace on y passait bel et bien une part de notre temps. Finissant de penser au rêve j’arrivais devant la porte du sous-directeur. J’annonçais mon identifiant, l’heure de ma convocation et badgais. J’entrais pour patientais dans une salle vide où de petits poissons colorés crevaient les bulles de leur bassin. C’était pas con l’idée des poissons, ça foutait certes en l’air toute l’architecture vue précédemment, mais ça occupait.
Je passais en vue une dernière fois mentalement tout ce que j’avais pu faire de travers cette année mais rien ne me venait en tête. Peut-être que quelque chose d’extérieur à l’école était en cause. Un souci familial (est-ce qu’on convoque pour ça ?). De toute façon je ne cherchais plus la réponse sachant qu’on allait me la servir dans quelques minutes.
Le directeur n°2 était celui qui avait fait le discours de bienvenue et avait vaguement parlé des toilettes, on avait souvent à faire à lui pour les problèmes administratifs courant et idiots. C’était apparemment le plus « social/sociable », il animait même quelques cours et s’occupait avec joie des petits nouveaux, des soucis administratifs idiots etc. Le directeur n°1 avait parlé aussi mais pour raconter brièvement le background de l’école, s’il devait convoquer quelqu’un il gérait plutôt les « problèmes » avec les dernières années. Les n°3 et 4 étaient plus flous dans mon esprit.
Putain, ce rêve aurait quand même pu être pris avec le recul comme un pressentiment sur tout le reste.... je restais là à attendre, quand le directeur n°3 donc a ouvert la porte et est venu vers moi, il quittait apparemment le bureau du directeur n°2 (je ne vais pas tarder à leur donner des noms si ça continue). Il avait l’air de sortir d’une réunion ou quelque chose, il est venu directement vers moi avec un sourire :
- Aaaah, les nouvelles recrues, vous resterez avec nous pour l’année prochaine j’espère ?
En disant ça il posa ça main sur mon épaule et me toisa brièvement, il ne souriait plus, il dit brusquement :
- Sulla…
Aïe, employer mon 3e prénom c’était me signifier que j’avais vraiment fait quelque chose de grave. Pourtant ce qu’il dit me perturba plus qu’une engueulade en règle :
- … ne dites rien.
Ne dites rien hein de quoi ? Il repartait, je n’avais pas eu le temps de me remettre de ma perplexité, il s’éloignait, toujours avec le même sourire. L’échange précédent avait l’air de sortir de nulle part. Le directeur n° 2 à son tour s’avança :
- Aaah, c’est vous ! Alors, qu’est-ce qui vous amène ici ?
Bien. Il y avait comme un problème, ça je le voyais. « Ne dites rien ». Je ne savais pas, si c’était un piège, une ruse, une manipulation dans la manipulation. Qui était pour quoi et contre qui. Qui avait raison, ou tort. Bref. Dans le doute je suivais l’instinct. Alors je répondais avec un calme tout à fait hypocrite :
- Bonjour Monsieur. J’ai un problème avec le cours de mardi, je suis dans le groupe T de 9h à 13h mais je dois me rendre chez le médecin à 10h, est-ce qu’il est possible de permuter avec quelqu’un d’un autre groupe ?
C’était n’importe quoi, mais c’était exactement le genre de problème pour lequel on venait le voir, même si on se tapait pour ça le désuet couloir.
- Oui je vois, évidemment, ça ne pose pas de souci, je vais voir avec M. Rears, et nous allons arranger ça.
- Merci monsieur.
- L’année scolaire se passe bien ?
- Très bien monsieur.
- Bien. Eh bien c’est noté.
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 05/07/06 16:26
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Je souriais et je repartais. Je n’avais encore jamais eu à faire à ce genre de « problème » même si c’était pratique courante dans la promo. Eh bien voilà qui était fait. Mais en repartant je me traitais d’idiote, je n’avais rien réglé, je n’avais rien compris. Je revoyais la fin du cours où je m’entendais clairement dire que j’étais convoquée au bureau du responsable des prépas. Je m’entendais dire ou on me disait ? Je n’étais plus très sûre, les choses se brouillaient ou plutôt, ne s’éclaircissaient que difficilement, elles refusaient d’accepter la lumière que je braquais dessus.
Je me repassais les évènements. J’étais en cours. Le cours se finissait. Blanc de quelques secondes. Je m’entends être convoquée. Par un haut-parleur ? Non je crois que c’est la voix de l’intervenant que j’avais entendue. Je vais à cette convocation. Le directeur numéro 3, et mon 3e prénom. Ce qui m’avait inquiétée.
Dans la tradition le 5e nom indique la famille à laquelle on appartient. Le 4e nom.. il s’agit de la case qui restera dans 97% des cas vide, c’est la place laissée pour un surnom, donné pour identifier en un mot, en une unité, une personne assez illustre. Mais le surnom n’est pas forcément en rapport avec ses actions illustres et au final il devient souvent le « nom » de la branche descendante du personnage.
C’est à dire que toute une famille pouvait finir par s’appeler « Pois-chiche » parce qu’un ancêtre, qui avait une verrue sur le nez, était devenu un consul dans des temps immémoriaux.
Le 3e nom est le « vrai » nom censé nous déterminer, donné par les parents à la naissance et qui, à cause de son importance « solennelle », ne pouvait pas être trop commun aussi la plupart évoquaient souvent des concepts dépassant de loin ceux qui devaient le donner. Au final on se retrouvait avec des appellations vaguement mythiquo-mystico-spirituelles pas très claires.
« Sulla » par exemple renvoyait à une idée de lumière à la fois solaire et lunaire, en rapport direct avec ma planète. Une idée de mélange harmonieux de deux opposés conduisant à un ensemble équilibré, l’idée de feu irradiant mais doux et froid, bref… soit-disant que notre vraie nature révélait son sens à notre nom… euh oui en effet j’étais chaleureuse tout en étant plutôt « froide » malgré mon expansivité apparente, mais bon, c’était assez commun parmi les gens de ma culture. Le sens abstrait de « sulla » était aussi cette idée de lumière en tant qu’idée, de flamme vitale et qui donne naissance, qui embrase, lumière planante et vive, et… on pouvait trouver tout et n’importe quoi.
Personne ne m’appelait Sulla, déjà parce que c’était assez moche (faut bien le reconnaître) et ensuite parce que c’était justement le 3e nom.
Le 2e prénom était celui généralement celui par lequel on était appelé « officiellement » et enfin le premier, le raccourci par lequel la famille et les amis nous appelaient.
Bon bien sûr, tout le monde n’était pas obligé de se plier à cette tradition mais le faire était l’occasion parfois de s’adonner à des créations loufoques et originales. Personne donc, ne m’appelait Sulla. Pas même l’administration. C’est un peu le nom que euh… que si une force toute puissante existait et voulait nous parler (des fois, les forces toutes puissantes s’ennuient) eh bien c’est le nom qu’on imagine qu’elle emploierait. M. le directeur n°3 était loin d’être une force toute-puissante. Aussi je restais interdite. Je regagnais ma chambre, et je ne faisais rien. Dans ces moments-là, les choses ont du mal à exister autour de moi. Comme lorsque que soudain un élément a pris une place primordiale dans ma vie et que seul ce qui le concerne de près ou de loin semble importer. Au-delà, tout ce qui me faisait vivre auparavant semble déconnecter. Et si l’élément semble en fait… ne plus faire partie de ma vie, je reste entre deux mondes, dans du néant, les pieds sur terre et la tête nulle part.
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 05/07/06 16:27
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- Len’ tu veux bien appuyer sur le bouton ? Len’ ? Tu veux plus me parler ?... Len’ ?
Voilà, d’habitude ce genre d’attention m’intéresse et là je restais de marbre. C’était mon 2e nom, comme on s’en doute. Je finissais par me dire que j’étais une vilaine fille et qu’il fallait être gentil avec ses am… avec ses euh connaissances. Je touchais au commutateur et acceptais l’invitation à la « conversation ».
- ça va ?
Oh non pitié, par encore cette question de ********. Tant pis, il fallait bien répondre :
- Le saké n’a pas très bon goût aujourd’hui.
Voilà, quand le saké n’est pas bon, c’est qu’on n’est pas à même de l’apprécier, le goût du saké c’est psychologique, il paraîtrait donc que c’est l’indicateur de l’humeur. Enfin, j’avais détourné l’expression pour en faire ça en ce qui me concerne…
- Ah. Tu veux sortir ?
- Nieuh.
- Tu veux pas manger avec moi ?
- Nieuh.
- Méchante.
- Oui.
- Putain…
- Non.
Voilà, je l’avais fait sourire, il était content cinq minutes. Je repensais à tout ce qui s’était passé, je n’avais toujours pas mal au crâne. Je pensais à autre chose. Comme dans ces moments de vide.
- Bon ok, tu vas prendre une veste, et on va aller se sortir un peu.
- Je n’accepte pas tes ordres. Non mais.
- Ce ne sont pas des ordres…
- Ce sont des mesures de sécurité, c’est ça ? Attention chute de vent, prenez vos vestes, attention chute de moral, sortez boire un verre ?
- Yepeah.
- Je suis en train de pleurer, je crois pas que j’ai envie de sortir.
Eh ******** voilà. Je sais pas pourquoi, des conneries qui remontaient. Nostalgie, temps perdu, échec. Si j’avais envie de sortir, mais toute seule. J’avais envie de marcher le long des canaux. Et d’y tomber si possible. Ca peut toujours s’arranger ça. Enfin je tomberais après avoir compris cette histoire, quand même.
- Alors je te laisse ?
- Pourquoi pas.
- Putain mais dis-moi.
- Fais ce que tu veux Greg, ça m’est égal, ce que tu veux.
- Hmpfff… et si je reviens dans une heure ?
- Ouais ok, reviens dans une heure.
- A tout’…
- … à fait.
Voilà, il était reparti. Et je décidais, pour une fois, de bosser un peu. Ca occupait relativement bien l’esprit ça, de bosser. Quand rien d’autre n’était capable de nous tenter. D’habitude c’est l’inverse, je trouve toujours autre chose à faire, tout à faire, pour éviter de travailler. Mais là non, en zombie je m’installais sur mon lit et je commençais à préparer divers devoirs. La machine se remit à biper. « Putain Greg, une heure on avait dit… »
- Len’ ? t’es là ? C’est Yíi. Alors, t’a convocation ? Ca s’est pas trop mal passé ? Ils te voulaient quoi ?
Non. Finalement je crois que je n’allais pas bosser…
Bon après, ce qui ce qui s’est passé dans les détails, ce n’est pas franchement palpitant ni essentiel. Ca ne vous regarde pas vraiment. Enfin ce n’est pas tout à fait ça, c’est que je préfèrerais ne pas en parler, en plus. Du moins pas maintenant, c’est un peu tôt. Vous ne me connaissez pas. C’est toujours le problème d’ailleurs. Les gens ne me connaissent pas, même après des mois, des années. Même Yíi. C’est comme ça que je les perds. C’est comme ça que je me retrouve sur une mission qui n’est pas faite pour moi. Que je me retrouve coincée et dans la ********. Enfin, quand même, vous ne pouvez pas comprendre. Faut que je reprenne. Et que je résume.
Donc Yíi. Ben je peux au moins vous dire de quoi on a parlé. Il faut savoir que pour ça j’ai mis ma paranoïa de côté. Le coup du « est-ce que je pouvais lui faire confiance ? » alors que je ne savais même pas d’ailleurs à propos de quoi et pourquoi je devais garder un secret, un comble. Ça devenait n’importe quoi. Et j’en avais marre. Et j’étais fatiguée. Et de toute façon j’étais amère et je n’attendais pas de cadeau surprise de la vie donc, après tout, si un poids de 12 tonnes devait me tomber sur la tête après ça. Ben qu’il tombe.
Yíi avait entendu la voix aussi, sauf que lui savait pertinemment qu’aucun son n’était sorti de la bouche de l’intervenant. C’était le même phénomène que le premier jour, sauf que cette fois-ci l’onde était directement devenue « signifiant ». Et lui comme moi l’avions perçue. Mais là où j’avais instinctivement réinterprété rationnellement la donnée comme la voix du professeur Yíi avait su qu’elle avait été autre. Il était plus avancé. Mais c’était moi que ça avait appelé. Rien que cette idée. Je commençais à frissonner et tout s’arrêtait d’un bloc froid et sans prises. Mes « barrières » se dressaient, rien n’était plus ressenti. Pendant encore combien de temps, et depuis quand ? De vagues bribes de mon enfance, que mon cerveau corrigeait ensuite immédiatement comme n’étant pas la mienne, me revenaient dans ces moments là. Et tout était immédiatement effacé. J’avais à peine le temps de me questionner que tout me semblait étranger, loin, vague, calme.
En rentrant à Avel je pensais qu’avec les cours d’E.P, les cours de théologie seraient ceux que j’aimerais le moins. Je ne m’étais pas trompée. Malgré ça je leur reconnaissais une utilité. Comprendre la formation des croyances de façon chronologique au fil des cultures, des conditions économiques, de disséquer ainsi les données permettait d’apporter un recul qui manquait à beaucoup. Plutôt que d’adhérer ou de refuser en bloc une croyance d’un premier abord, nous avions une base solide pour fonder ce refus, provenant de l’observation méthodique des ficelles et des mécanismes révélant contradictions et autres incohérences. J’aimais ça, mieux connaître pour mieux réfuter, pour mieux prouver. Pire que St Thomas, je ne me contentais pas de voir pour croire.
Indubitablement j’allais être une de celles de l’équipe d’Auburn les plus dures à convaincre. Rien de nouveau après cette petite discussion avec Yíi, à part qu’on avait entendu quelque chose et qu’il allait falloir un jour ou l’autre comprendre ce que c’était.
Tard dans la nuit, vers 3h30 je me suis réveillée, après tout ça, je ne savais pas trop quoi penser, j’étais nerveuse et fatiguée à la fois. J’attendais en me disant que j’aurais des réponses le lendemain. Mais ces salauds m’ont faite poireauter trois semaines. Indubitablement égoïstes et sans gêne, sans se dire une seule seconde que j’aurais pu… bref. Rageuse, flegmatique ou désespérée suivant les heures et les jours, pourtant, j’ai attendu. Et enfin j’ai à nouveau été « contactée », on m’a envoyée vers les cours d’histoire des civilisations de M. Auburn. C'est-à-dire qu’on m’a fait comprendre qu’il fallait que je change de groupe de travail car l’horaire dépendant de M. Lambel ne me convenait pas. Ce petit trafic opéré, je rejoignais une vingtaine d’autres membres de la promo, constitué au gré des recommandations « mentales » qu’on recevait sûrement.
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 08/07/06 21:21
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II _ Avel et A.V.L
« Avel » en un dialecte ancien signifie « le vent », mais la racine « av- » rappelle aussi « avis » l’oiseau, et l’L évoque l’aile, bref, le nom paraît plutôt bien choisi pour une école de pilotage qui à l’origine des origines formait des pilotes « de l’air ». Pas la peine de chercher plus loin. A moins de n’avoir que ça à faire. Les cours d’Auburn n’étaient pas meilleurs que ceux de M. Lambel, par contre les cessions de travail l’étaient, forcément : là où on se contentait de vaguement réviser ou faire ses devoirs avec l’un, on étudiait « le reste » avec l’autre.
Il y avait de tout dans la classe, de ceux qui se prenaient pour les élus héroïques de la Destinée Universelle parce qu’ils étaient capables de dire « prout » sans ouvrir la bouche à ceux qui prenaient ça avec plus de recul, en passant par ceux qui déchargeaient par l’humour : Arao, Pierre et moi. Les niveaux étaient assez inégaux, certains, blasés, avaient l’air d’être rentrés à Avel dans le seul but d’acquérir cette connaissance, d’autres néophytes découvraient complètement leur nouveau sujet. Chez les uns comme chez les autres il y avait des doués et des moins doués.
Dans un premier temps on nous a fait travailler et développer nos soit-disant « dons » tout en nous racontant LA théorie, très aléatoire. Dans un deuxième temps on nous a fait mettre en pratique. Nous avions à peu près tous le même type principal de don, la même caractéristique primordiale : nous étions conscients de ce plan et des « autres ». Parce que nous étions capable d’aller au-delà de celui-ci donc. A partir de là, nous allions apprendre à développer tout cela pour « voir », « entendre » et enfin agir. Une vague théorie, les maigres connaissances accumulées au fil des millénaires sur ce qui constituait ces autrs mondes permettaient d’avoir quelques repères mais restaient ouvertes à différentes interprétations… et on comprend mieux comment certains mouvements religieux ont pu se servir de ces failles pour appuyer leur pouvoir.
J’avoue que c’était perturbant l’idée de pouvoir voir ce qu’on n’avait jamais vu, et je vous assure, ce qu’on allait voir c’était en général ce qu’on est content de pouvoir ignorer.
"- Dans cet Univers, la pensée occupe nombre de fonctions globalement inconnues. Il ne s’agit pas que de télépathie ou de simples dons psychiques qui permettraient de se simplifier la vie. Vous avez découvert que vous pouviez communiquer ou lire certaines pensées, tout comme bloquer ce genre d’introspection. Tout cela est un apprentissage bien sûr utile pour s’initier en douceur à vos futures situations, mais ça reste très loin de ce que je compte vous inculquer cette semaine. Comme certains le savent déjà, la pensée est créatrice. Toute pensée est créatrice. Quand vous pensez à la femme parfaite qui vous apporte un cocktail glacé pendant ce cours barbant elle est déjà là. Elle est là, à côté de vous, elle et son cocktail. Suivant l’énergie que vous avez mis à « la former » (c'est-à-dire, avec laquelle vous la nourrissez), elle est plus ou moins réelle, proche de ce plan…"
La femme-cocktail, c’était sûrement l’exemple traditionnel d’Auburn, adapté à la majorité de son public et sinon perceptible par le reste. Auburn marchait en long en large devant le tableau, accompagnant de beaux gestes souples ses paroles. Sa petite voix ferme et posée appuyait les finales de chaque sentence, pour rebondir vers le mot suivant.
"- …suivant la précision que vous avez mentalement d’elle, elle est plus ou moins bien finie, représentée. Cette femme est là, plus j’en parle, plus elle reste et s’imprègne de mes paroles. Même si nous nous sommes limités, n’oubliez pas qu’il n’y a pas de limite à la pensée, ou en tout cas pas de limite connue ou prouvée comme infranchissable. Pour agir au mieux, il vous faudra trouver le compromis. Ce que vous ne pouvez concevoir clairement en votre mental, si vous êtes amenés à le voir, vous le verrez tel quel, formes et couleurs interchangeables, floues, indécises… De la pensée anecdotique du matin, de la pensée involontaire à l’image rituelle que vous avez pu avoir d’un ami imaginaire, TOUT se met à exister au moins quelques secondes, avant de disparaître ou de devenir plus proche suivant vos capacités.
Selon ses règles, vous avez déjà deviné que les créatures légendaires ou les déités auxquelles ont cru et croient encore un bon nombre de personnes sont plus imprégnées et proches que d’autres créations mentales. Quel aspect et quel tempérament auront-ils lorsque les gens changent de représentation et de conception ? Là encore, le choix et vaste et dépend souvent des yeux et de l’esprit de celui qui voit. Sauf lorsque la création dépend principalement d’un seul maître. Soyez donc prévenus, avant que nous passions à la vision de ce monde, que vous pourrez avoir tout et n’importe quoi sous les yeux. Ne croyez pas ce qu’ils vous diront, vous vous en doutiez déjà, aussi apprenez à reconnaître les plus basiques créatures que nous avons déjà pu identifier et ce sera tout, bornez vous à n’agir qu’avec elles. Ce n’est pas la peine de chercher trop loin, ce qui nous intéresse ici est ce par rapport à quoi nous auront à agir. Uniquement cela. Nos connaissances sont maigres mais largement suffisantes pour ce domaine. Pour le reste, des personnes plus compétentes que vous font les recherches mais ce sera sans utilité dans votre travail. Vous pouvez y aller."
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En séjour à Eton pour perfectionner son anglais, Néron brûlait de revoir Rome
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Chaos Genitor

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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 02/08/06 10:19
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Ça devient de plus en plus intéressant, tout ça ! La suite, la suiiiite !
Siteuplé 
/D., suivi régulier.
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Basement Cat

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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 02/09/06 21:38
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Fée ? Youhou ? Féé-euh ?
Fée ?
Moi aussi, je serais ravi de découvrir la suite. Je n'arrive toujours pas à catégoriser cette histoire, et ça me réjouit au plus haut point.
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 02/09/06 22:55
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Nous rangions nos affaires tranquillement, tandis que d’autres suivaient des cours pour être pilotes, mais nous ? Nous apprêtions à devenir quoi exactement ? Au juste ? Quels autres groupes suivaient ce type de cours ? Nous n’avions pas la possibilité encore d’en discuter librement. Mais il semblait certain qu’après l’essaimage des jurys, nous nous retrouverions réunis et au complet pour commencer le véritable cursus, l’année suivante, sous l’ombre du directeur n°3. Je ne savais pas encore dans quelle mesure les directeurs étaient impliqués dans ces différentes vérités que nous abordions. Je ne savais pas si tous étaient au courant mais qu’on prétendait le contraire pour sauver les apparences, ou autre.
Ressortir de ces cours c’était se prendre la tête comme vue ci-avant, mais c’était aussi se mettre à croire qu’il devenait possible de s’évader des murs froids, je me souviens que le soir je créais mentalement un endroit dans lequel je m’imaginais partir, vivre je ne sais quelles aventures dans de grands espaces peuplés de Fantaisie. J’agrandissais régulièrement le lieu comme on aménage un logement, telle plage rocheuse à tel endroit, tel forêt de ceci à tel autre. Pour mieux me représenter tout cela, je fermais les yeux et me forçais à sentir le vent, le sable sur lequel j’étais assise, l’air différent. Je me forçais à « sentir » les vagues devant moi, de même que la luminosité baissant d’un soleil tranquille. J’entendais crisser quelques grains.
En dépit des cours d’Auburn, je ne crois pas que je créais quoi que ce soit, ou comme il l’avait fait remarqué, dans un plan indéfini, instable. Naturellement méfiante, je gardais du recul face à ses cours qui avouaient eux-mêmes leur faiblesse, on avait des « faits » qu’on tentait de cataloguer/comprendre, mais on ne pouvait encore les expliquer dans le contexte général de l’Univers. Pourquoi chez certains les dons restaient latents quand chez d’autres ils se développaient ? Comment A.V.L. nous avait-elle débusqué et comment comptaient-elles nous utiliser ?
Je pardonnais leur manipulation de nos avenirs par l’idée qu’après tout, avec un peu de logique, c’était normal que nous exploitions nos dons pour « le bien de l’Humanité », et encore parce que c’était nous qui étions venus à A.V.L, il ne tenait qu’à nous d’en partir si on refusait cet accord tacite. En restant, en travaillant, nous acceptions finalement les charges qui nous retomberaient sur les épaules en exploitant aux mieux nos particularités. Notre caractère influence le potentiel de nos dons, ma grande méfiance, trop grande, trop tenace, trop défensive m’avait permis de me créer le protecteur le plus puissant parmi tous ceux que nous avions appris à nous faire.
J’en étais fière tout en prétextant que je n’y étais pour rien. Je m’en moquais même allégrement. Les assoiffés de mondes imaginaires et de légendes avaient donné aux leurs des noms d’anciens rois, de héros de mythes ou très souvent des créations malheureuses d'auteurs de fantasy en mal d'inspiration, du type de "Glardhyndwëll" "Anthyörarus" "Karchhrelllcrennn" etc. j’avais surnommé le mien « Toasteur » après avoir hésité à lui donner pire. Ca faisait vieux, rétro et usé. Mais c’était bien ce qu’il faisait, véritable grille pain incapable de faire dorer une tartine et recrachant immanquablement des miettes carbonisées, mon Toasteur cramait la moindre *********rie qui aurait voulu venir me faire la bise.
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Réponse au Sujet 'A.V.L.' a été posté le : 02/09/06 22:55
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Ah oui, parce que j’ai oublié de vous parler de ça. Des fois je mérite des baffes. Plus grosses que celle de d’habitude. Bref : s’ouvrir dans un sens c’est s’ouvrir en retour, logiquement. Tant que nos dons n’étaient pas développés une espèce de barrière naturelle s’élevaient entre nous et… les « choses ». Les « choses » pouvaient parfois, lorsqu’elles étaient puissantes, influer sur notre vie, en bien ou en mal, sans qu’on le remarque vraiment.
Mettre un pas dans le monde des choses par contre rendait parano, et il fallait savoir se repositionner là-dedans pour continuer à marcher droit. Je me rappelais régulièrement que c’était un cercle vicieux, nos maîtres étaient bien contents de connaître l’existence de tout ça, mais peut-être qu’il aurait fallu ne rien développer et chacun aurait été tranquille et satisfait ? où un jour c’était venu malgré quelqu’un et le cercle vicieux était entamé ?
Aucune idée, revenir des cours et se coucher c’était donc subir toutes ses pensées agressives que je chassais pour me reposer dans mon havre de paix où tout était calme et bienfaisant envers moi.
Je suis revenue à ce vieux réflexe oublié quand, toujours enfermée dans le noir sans comprendre, ne voulant pas paniquer et ne pouvant dormir, je me suis rendue compte que je ne pouvais rien faire d’autre. Attendre et patienter, pourquoi pas, tant que je suis là où je me reconnais.
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