Ca germe?
-= Chaos Servants =-
Inscription le 12-04-06
Messages : 3
Age : ???
Lieu de résidence :
|
|
|
|
|
LUCIEN a été posté le : 13/04/06 20:50
|
Un peu de grande littérature...
CHAPITRE PREMIER
LUCIEN
Il était une fois dans un petit port de pêcheurs formant un bras qui se jetait dans la Manche, une ridicule cabane perchée au sommet d'une falaise abrupte. Jules, puisque ce n'est pas le nom de notre héros car comme vous avez pu le constater celui-ci s'appelle Lucien, s'appelait Lucien. Il en avait assez de cette vie monotone de pêcheur.
" J'en ai assez de cette vie monotone de pêcheur."
Chaque soir, au coin du feu, il rêvait d'aventures.
" Chaque soir, au coin du feu, je rêve d'aventures."
Il en avait assez de répéter les phrases du narrateur!
" J'en avais assez…Oh! Excusez moi! "
Donc je reprends, Lucien cherchait un sens à sa vie de pauvre pêcheur vivant dans une ridicule cabane perchée au sommet d'une falaise abrupte. Il n'avait pour seule amie qu'une mouette appelée Renète Chateaubriand. Lucien était triste et pauvre, car il donnait tous les poissons qu'il pêchait à sa mouette pour la nourrir et il ne pouvait donc pas les vendre et il avait faim. Il aurait pu manger sa mouette mais pour rien au monde il ne l'aurait mangée:
" Pour rien au monde je ne la mangerai…"
Et la mouette de rétorquer:
"Comme disait Chateaubriand: tu as bien raison!"
Nous étions le 20 septembre, la nuit était tombée et la ridicule cabane perchée au sommet d'une falaise abrupte ressemblait à une ombre découpée dans le ciel d'un noir d'encre. Le frêle esquif de Lucien voguait sur les doux flots…
Lucien pêchait sur l'immense et avide océan, il pêchait pour nourrir sa mouette mais jamais l'hameçon ne coulait, aucun poisson ne venait tâter l'appât tendrement préparé par Lucien.
Le clapotis de l'eau contre la coque assou*******ait peu à peu l'esprit de Lucien. Ce dernier commençait à rêver, à rêver, à rêver d'aventures, de donjons, de châteaux, de beaux-frères. Il était en train de rêvasser lorsque un bruit sourd le tira de sa torpeur; une autre barque venait d'heurter la sienne, c'était un vieil homme et sa mère…
CHAPITRE DEUXIEME
Le retour de la vengeance de Lucien
Renète Chateaubriand était enfermée dans la petite cabane de pêcheur perchée au sommet d'une falaise abrupte, elle attendait le retour de Lucien qui devait lui apporter son dîner.
Elle attendait et elle s'ennuyait, le ciel par dessus le toit était si bleu et il était si calme. Un arbre par dessus le toit berçait sa palme. Renète observait cette branche qui ployait sous les coups de vent, elle comptait les allées et venues des grandes ramifications de branchage, de feuilles et un tant soit peu commençait elle aussi à s'assoupir, bercée par ce doux froufrou et ce mouvement de balancement.
Une faible lumière filtrait entre les planches de la cabane, la lune par ses doux rayons laissait de fines rayures sur le sol.
De légers mouvements dans les filets de pêche attirèrent le regard de Chateaubriand, les rats avaient en effet depuis longtemps élu domicile dans ces matériaux abandonnés là entre deux rouleaux de papier toilette vides et une bouteille de jus de pomme périmée. Malgré tout, Renète était heureuse. Elle regardait les branches d'un poirier ployer sous le poids de moineaux pépiant joyeusement, elle observait les petits yeux mesquins des rats se terrant sous les filets, elle fixait tendrement les pâles rayons de la lune qui passait entre les planches disjointes de la cabane, et toutes ces petites choses la rendait heureuse.
Malheureusement, un terrible vent froid pénétra dans la cabane et les moineaux s'envolèrent, un rayon de soleil traversa la vitre dans un silence assourdissant, l'aube pointait et Lucien n'était toujours pas rentré.
CHAPITRE TROISIEME
Le déclin de Zarathoustra
Où l'on voit qu'il n'est rien arrivé a Lucien
Le vieil homme semblait peu enclin à la parole, sa mère, plus jeune, était monstrueusement loquace. Elle ne comprenait pas que Lucien puisse pêcher sans vers de terre malgré l'explication qu'il lui donnait:
"Mais enfin, ça coûte cher les vers de terre!!"
Pendant que la génitrice du vieil homme déblatérait des inepties, celui ci s'exclama:
"STOP AND CALM DOWN ! Tu vois il y a de la pectine dans les oranges, quand tu regardes ta femme, tes enfants, t'as un regard introspectif sur toi même, c'est un full cycle. Mais avant tout, reste neutral! "
Il avait prononcé ces paroles avec un fort accent berrichon et avait maintenant adopté la posture du Penseur de Rodin.
Lucien qui comme d'habitude n'avait rien compris acquiesça de la tête d'un air approbateur pour affirmer son approbation.
- Je n'entrerai pas dans vos considérations métaphysiques mais aimerai seulement ajouter que nous baignons dans un monde dont les maîtres mots sont Luxe Calme et Volupté…déclara -t'il d'un air subitement inspiré.
- Luxe Calme Walker?!! s'écria le vieil homme hilare.
Sa mère poussa un hurlement et fondit en larmes.
- Comment oses-tu te moquer ainsi des vers de Baudelaire?
- Baudelaire a des vers? demanda innocemment son fils.
- Et bien oui, affirma Lucien, il est mort depuis longtemps.
La crise de larmes de la jeune fille ne semblait pas finir, Lucien, grand seigneur, continua avec force panache:
- Un homme doit savoir soumettre l'opinion, une femme si braver… ou peut-être l'inverse !
Ceci ne fit qu'accentuer les pleurs de la jeune femme, pleurs qui ne ressemblaient plus qu'à des cris de cochons d'Inde en rut…
Enfin, la question fatidique arriva aux lèvres de Lucien qui dut surpasser les braillement de cette dernière pour la poser:
- Mais au fait, que faites vous ici?
Les pleurs de la femme cessèrent net.
- Ah !…Hum…eh bien…
Son fils vint lui porter secours.
- Nous cherchons des personnes susceptibles…
- Peut-être…
- Si ça ne vous dérange pas…
- Et que vous n'avez pas d'empêchement…
- Ce soir…
Lucien commença fortement à s'impatienter et je pense que le lecteur aussi.
- Oui? demanda -t'il poliment ( Il ne faut jamais brusquer les personnes âgées )
- Enfin voilà…
Un long silence suivit ces paroles.
- Nous ne sommes pas du genre à tourner autour du pot, vous le savez.
- Bien dit mon grand!
- C'est tout naturel maman!…
CHAPITRE QUATRIEME
Où il ne se passe pas plus de choses que dans les chapitres 2 et 3
Reprenons, Lucien se tenait sur sa barque en face de Jean Claude et Yvonne car c'était comme cela que leurs noms s'appelaient. Lucien, rongé par le doute comptait lui aussi soumettre une question à ses deux interlocuteurs.
- Au fait vieil homme, comment tu t'intitules?
- I am Jean Claude, dit Jean Claude, draw me a mouton.
N'ayans encore rien compris, Lucien pris un papier et un crayon et, après de nombreux essais opta pour un canari dans sa cage et Jean Claude fut content.
CHAPITRE CINQUIEME
Quand Nietzsche rencontre Kant
Sous les cocotiers…
Mambo se promène…
Toujours fatigué…
Qu'est –ce qui l'empêche de travailler?
- C'est ,c'est ,c'est ,c'est la mouche tsé-tsé !s'écrièrent Lucien ,Jean Claude et Yvonne.
APRES CET INTERMEDE MUSICAL, REPRENONS NOTRE RECIT…
CHAPITRE SIXIEME
Où l'on apprend que Yvonne s'appelle en fait Thérèse
Lucien arriva sur le plateau du Big Dill car c'était pour cela que Jean Claude et Yvonne étaient venus le chercher. L'animateur, sympathique humain croisé chimpanzé à poil long procura à Lucien un sentiment qu'il avait rarement ressenti auparavant, la pitié.
Un gros bonhomme tout bleu avec de grandes oreilles apparaissait coiffé d'un gros bonnet rouge sur un écran géant. Un sourire immense trouait sa bouche, et le duo que cet être étrange formait avec le présentateur frappait Lucien par sa nullité. Un groupe de jeunes décérébrés sur des estrades claquaient inutilement leur main droite avec leur main gauche; Lucien était épouvanté. Après avoir gesticulé pendant quelques minutes l'individu le plus chauve des deux pris la parole.
- Aujourd'hui je reçois un chouette invité! beugla-t-il.
Les personnes redoublèrent leurs claquements de mains alors que Lucien faisait son entrée. Le petit bonhomme ne se laissa pas démonter et continua.
- Il s'appelle Lucien et il vient de Bretagne…
- OOUUAAIS! rétorqua le public.
- Euh… affirma Lucien d'une voix qu'il voulait convaincante, c'est à dire que j'habite dans une cabane perchée au sommet d'une falaise abrupte et…
- On s'en fout! lui souffla le présentateur avant de repartir d'une voix forte, Et maintenant Lucien, vous allez essayer de lancer des billes dans des chaussettes. Etes-vous prêt?
- Euh… oui.
Et pendant une dizaine de minutes, Lucien se sentit parfaitement ridicule.
Après de nombreux essais, l'animateur chauve et sa cantatrice préférée lui posèrent la question fatidique.
- Alors Lucien, voulez-vous garder le paquet de pommes chips que vous avez gagné ou prendre le rideau?
Une clameur s'éleva des tribunes, elle disait:
" LE RIDEAU . LE RIDEAU . LE RIDEAU . "
Et Lucien rentra chez lui avec un beau rideau rouge brillant. L'aube pointait, il devait se presser.
CHAPITRE HUITIEME
Où l'on voit que les auteurs ont oublié le chapitre sept
S'il est bien une chose que détestait Lucien, c'était la soupe aux potirons; et manger de la soupe aux potirons au petit déjeuner, c'était la pire torture qu'on puisse lui faire endurer…Plus jamais Lucien n'irai manger chez sa mère, c'était décidé.
- LA SEMAINE PROCHAINE, C'EST DES FRITES AU CHOCOLAT! avait-elle
gentiment beuglé alors qu'il s'enfuyait sous la pluie.
" Enfin, pensait Lucien, ça aurait pu être des tomates farcies ou des tartes au loukoum. "Et il marchait sous la pluie qui tombait et qui le mouillait, et il marchait sous la pluie, et il était heureux de marcher sous la pluie et il marchait, et il pensait. Il pensait au motif étrange qu'il avait pu admirer sur le rideau qu'il avait gagné.
Soudain il s'arrêta, son expression refléta une grande joie qu'il laissa échapper comme s'il avait reçu une pomme sur la tête.
" Bon sang mais c'est bien sur!…s'écria-t-il donc hilare, les corps s'attirent en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de leur distance! Le dessin sur le rideau, c'est une carte, une immense carte! Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt? "
Et il courut vers sa ridicule cabane de pêcheur perchée au sommet d'une falaise abrupte. Il ouvrit la porte de son humble demeure en décrivant un mouvement circulaire avec son poignet ( la porte s'ouvre en dedans ), y entra, déroula le rideau ( il voulait s'en servir comme d'un tapis ), et y découvrit, oh, stupeur! Qu'un rat avait dévoré le centre et que seule la légende restait encore visible :" ici habite la Licorne. "
Et Lucien de s'esclaffer: " La Licorne? Mais ce n'est qu'une légende! "
Et effectivement c'était la légende de la carte…
CHAPITRE NEUVIEME
Qui s'avère beaucoup plus intéressant que les précédents
C'était donc la légende de la carte…Après des heures de réflexions, Lucien prit sa décision: il s'affranchirait de la terrible mission qui était de capturer cette chienne de Licorne ( étonnant non? ).
Il décida donc de se renseigner sur cet étrange animal. Son regard se posa sur un sombre renfoncement de sa cabane. Il y passa un bras et sortit un vieux grimoire relié. De fines particules de poussière volèrent en tout sens lorsque Lucien ouvrit le Larousse à la lettre " L ".
LICORNE: n.f. Animal mythique ressemblant à un cheval, mais possédant une corne sur le front. La dernière encore en vie se nomme Cunégonde et habite dans…
Lucien arrêta sa lecture sur le champ… Il était tombé amoureux du nom de la Licorne: "Cunégonde"… Il devait la retrouver coûte que coûte.
Malgré tout une question turlupinait Lulu ( Lucien pour les intimes ): Où pouvait donc se trouver la résidence de la Licorne?
Il jeta donc le vieux grimoire au loin en criant:
- C'est décidé, je pars à la recherche de la Licorne!
Et il partit à la recherche de la Licorne pour la chercher à l'endroit où elle habitait. Son seul indice pour la retrouver était le rideau et son trou en son milieu.
Il sortit de sa cabane.
- En avant, fit-il.
- Clac, expliqua la porte en se refermant brusquement.
- FRRR! répondit sincèrement le rideau en frottant sur le sol et en raclant la poussière qui y traînait.
CHAPITRE DIXIEME
Elmund Von Bruknd
Par un beau matin ensoleillé de novembre, Lucien cherchait la licorne dans la forêt. Le rideau pesait lourd sur son dos alors qu'il la nettoyait. En effet, les écureuils, les lapins et les diverses bestioles ( nuisibles ou non ) qu'elle contenait se retrouvaient emporté par ce rideau rouge qui, en traînant par terre, se remplissait de poussière, de boue et de toutes les saletés qui se trouvaient sur son chemin. –Notons que ce nettoyage impromptu valut à Lucien le diplôme du "gentil laveur forestier".-
Soudain, alors qu'il vaquait, il entendit un terrible hurlement. Cette plainte semblait provenir de l'intérieur du rideau. Ne faisant ni une ni cinquante douze, n'écoutant que son courage et sa bravoure, ne craignant pas la mort, intrépide, Lucien prit une profonde inspiration et… TADZAM !!…souleva le rideau.
Il tomba nez à nez avec le mari de la fille de sa mère ( son beau-frère ): Gaston, accessoirement lutin de Cornouaille. Celui-ci avait remarqué le rideau rouge que Lucien portait depuis qu'il l'avait gagné au Big Dill. Il faut préciser que vu sa position par rapport à ce morceau de tissu coloré, il eut été étrange que sa présence ne lui saute pas aux yeux. Après moult gesticulades, Gaston parvint enfin à s'extirper du rideau. C'est alors que Lucien s'aperçut qu'il manquait une jambe à son futur interlocuteur. Il commença d'ailleurs par le lui faire remarquer:
- Excuse-moi, mais j'ai la très légère impression qu'il te manque une jambe.
- Bah! C'est pas grave, j'en ai vu d'autres !
- Ah bon ??
- Eh bien oui, j'en ai toute une réserve à la maison.
Après s'être prolongé près de trois heures, la discussion partit sur le sujet de la Licorne. Lucien apprit par Gaston que Sinbad, l'intrépide aventurier, était également à sa recherche et que lui aussi l'avait emporté dans un rideau acheté au télé-achat pour préparer une expédition. C'est d'ailleurs là qu'il devait avoir perdu sa jambe.
Tout à coup, alors que Lucien allait demander à sa mouette ce qu'elle en pensait, il remarqua que celle-ci brillait par son absence. Elle avait préféré regarder "Attention à la marche" sur télé française première. Lucien, après avoir remercié Gaston, s'en retourna chez lui…
CHAPITRE ONZIEME
Enfin des rebondissements
La porte de la maison émit un grincement qui fit frissonner Lucien. La pièce dans laquelle il entra était sombre comme le regard d'un chat de gouttière. Il y en avait d'ailleurs un qui s'enfuyait dans la rue orthogonale à celle dans laquelle Lucien se tenait debout sans autre but que celui de pénétrer plus avant dans la demeure qui était la sienne. Ce qu'il fit avec un air résolu. Une forme sombre étendue sur le sol attira son attention: un cadavre était mort sur le parquet. Renète avait succombé à la mort. Son plumage n'avait plus la brillance d'antan et ses ailes retombait à ses côtés. A l'instant précis où Lucien se…se…se gratta l'oreille, Renète qui n'était pas tout à fait mourue lâcha un petit rôt fort distingué. Lucien se précipita et dit d'une voix qu'il voulait assurée:
- Renète, tu n'est pas mourue ??
La mouette releva doucement la tête et, posant son regard vitreux sur le bouton de manchette de Lucien, murmura dans un dernier soupir:
- Souviens toi du vase de Soisson!
Et elle chut, morte, à la fin de sa vie, sur un parquet qui, pour la circonstance, aurait au moins pu être ciré.
Alors que Lucien était plongé dans le plus profond désarroi, une voix sortie d'outre tombe résonna dans toute la pièce de la petite cabane perchée au sommet d'une falaise abrupte.
- Ite missa est…
D'autres voix caverneuses semblait se rapprocher de la cabane. Elles entonnaient un chant monocorde qui donnait froid dans le dos. Lucien, malgré son angoisse grandissante, réussit à en saisir quelques bribes
- Alléluia… Kyrie eleison…
Lucien était éberlué:
- Je suis éberlué!
Il se demandait d'où venait ces étranges voix latines:
- Je me demande d'où viennent ces étranges voix latines.
Etait-ce une congrégation de professeurs de latin militants:
- Est-ce une congrégation de professeurs de latin militants?
Les auteurs étaient-ils des adeptes du comique de répétition.
- AH! MAIS CA SUFFIT MAINTENANT! Héros de conte, c'est plus un métier ça! Je vais monter un syndicat avec le petit chaperon rouge et vous attaquer en justice!
- Ne m'oublie pas, affirma Blanche neige, mes sept teigneux commence à me pomper le haricot!
CHAPITRE DOUXIEME
Message des auteurs
Les héros de ce conte nous accablant de revendications, nous avons été obligés de revoir leurs salaires à la hausse.
Leur demande étant actuellement satisfaite, nous sommes heureux de vous annoncer que ce récit peut se poursuivre de nouveau normalement.
CHAPITRE TREIZIEME
Où Lucien fait preuve d'un ECLAIR de génie
Lucien se trouvait dans un monde étrange avec une migraine épouvantable. Sa tête bourlinguait de tout côté, comme si une DECHARGE ELECTRIQUE l'avait traversé de part en part. Il se souvenait assez vaguement de sa cabane entourée par des abrutis encapuchonnés mais maintenant qu'il était étendu les quatre fers en l'air dans l'herbe sèche, il se demandait bien comment il avait pu arriver là. Il fit quelques pas et se rendit bientôt compte qu'une douce mélopée, un chant mystique ou il ne savait quelle mélodie occupait son esprit.
Peu à peu, autour de lui apparaissait un paysage de plage et au loin, comme un port avec un grand phare. Le bruit intense d'une sirène parvint à ses oreilles. Les paroles de la mélodie s'éclaircirent alors un peu dans son esprit. Il continua sa marche.
"WWAAOUHH!" Cela n'était pas désagréable. Le rythme entraînant le poussa à taper des mains et à accélérer sa marche. Au loin se dessinait une fluette silhouette gesticulante entourée de six nymphes. La mélodie s'affirmait. Chaque pas que Lucien faisait en direction du musicien le rapprochait de ce dernier…
Lucien était maintenant arrivé à son niveau. Il se tenait de bout devant le personnage et ses nymphes. La musique se tut et un grand silence s'instaura pendant quelques minutes. Lucien, gêné, observa attentivement son interlocuteur à qui il n'avait pas encore adressé un mot: il faisait sa taille et des cheveux de la couleur de l'astre du jour* (*le soleil).De plus il était habillé d'une manière étrange. Malgré tout, et au demeurant, ce personnage semblait fort sympathique.
- Bonjour, fit Lucien d'une voix parfaitement quelconque.
- Bonjour, lui répondit l'homme.
A première vue, le COURANT avait l'air de passer. Le sympathique inconnu lui tendit
une main franche que Lucien s'empressa de serrer. Il sentit comme une DECHARGE. Ses poils se raidirent comme une corde à linge.
- Je vous présente mes danseuses: ELECTRA, VOLTA, AMPERA, STATICA, PINCE-CROCODILA, et Robert… Mais Robert je la ZAPPE parce qu'elle est liquide.
Robert resta figée comme frappée par un ECLAIR.
- Parce qu'elle est liquide?
- Eh bien oui, liquide, la tour de Pise, Harpagon, les dromadaires, ça me paraît évident…
- c'est limpide, articula difficilement Lucien comme rongé par un doute froid et pénétrant.
- C'est cela, limpide… oui, limpide, répondit l'étrange personnage, les yeux levés vers le ciel comme s'il venait d'être frappé par la FOUDRE. Lucien perçut comme une certaine rancœur dans la voix de son interlocuteur.
Une TENSION s'installa entre eux.
Lucien sentit une douleur dans son pied droit, il retira sa chaussure et aperçut une cloque énorme.
L'homme s'exclama:
" Tiens, vous avez des AMPOULES !"
A présent, il était LUMINEUX. Il s'apprêtait à commencer une nouvelle chanson quand un son numérique et plaintif retentit:
" AH!… Le téléphone pleure…"
Ce fut comme une DOUCHE FROIDE. Lucien commençait à comprendre… Ca devenait clair, LUMINEUX: ce personnage, il le connaissait mais ne parvenait pas à se rappeler qui il était …
CHAPITRE QUATORZIEME
Il n'empêche que le temps passe vachement vite
L'homme que, bon sang de bon soir, merdre alors, diantre, fichtre, bigre, foutre, Lucien croyait déjà avoir vu quelque part mais purée de ragondin bosniaque, il ne savait fichtre où se figea:
- Vous avez deux bras … or la prophétie disait que notre Seigneur aimait tous les smarties sauf les verts! Vous êtes notre messie! Alléluia !
Les abrutis encapuchonnés réapparurent tous et se mirent à entonner en chœur:
- Kyrie eleison, ite missa est, tu quoque mi fili.
L'homme blond se mit alors à briller d'une lueur lumineuse et, d'une voix grave affirma:
- Et Dieu, l'éternel, le tout puissant, leva la main et l'étendit au dessus de saint Mathieu car c'est au dessus de saint Mathieu qu'il étendit la main et dit: " Saint Mathieu, en vérité je te le dit, va m'acheter un Big Mac.".
Puis il retomba inanimé sur le sol. Tout devint alors noir. Un long moment s'écoula avant que la lumière fut. Lucien observa longuement la vaste salle dans laquelle il était enfermé. Chaque pas qu'il faisait résonnait pendant de longues fenêtres… Euh… secondes. A côté de lui se tenait encore inanimé, le corps de Claude puisque Lucien avait décidé de le nommer comme il s'appelait de son nom. Le blond sautillant ouvrit lentement les yeux et lâcha un élégant rôt fluet.
Après qu'ils eurent récupéré quelques forces, Claude et Lucien décidèrent d'un commun accord de se mettre d'accord sur l'attitude à adopter, et ils se mirent d'accord:
- Je fais une danse du ventre devant les gardes pendant que toi tu en profites pour les assommer! S'exclama Claude.
- Hum, il n'y a pas de gardes…
- Ah! Oui, c'est vrai… De toute façon, je ne sais pas faire la danse du ventre!
- Il va falloir dégonder la porte pour s'enfuir, proposa Lucien après un instant de mûre réflexion.
- Euh, contredit Claude, c'est que… La porte est ouverte…
Lucien et Claude se grattèrent la tête et levèrent les yeux au ciel, signe d'une intense réflexion. Finalement, notre héros s'assit sur le sol, prit sa tête entre ses mains et se mit à geindre:
- Qu'allons nous faire? Nous sommes perdus!
- Et si nous passions par la porte? proposa Claude avec un soudain œil brillant.
Et il joignit le geste à la parole. Lucien l'arrêta brusquement et lui expliqua:
- NON! C'est sûrement un piège…
CHAPITRE QUINZIEME
Diastole et systole
Claude s'écria:
- Mais alors, on est foutu!
- Oui…
CHAPITRE SEIZIEME
Oui-oui et ses amis
Claude s'écria:
- Mais alors, on est foutu!
- Oui…
- Mais alors que faire?
Une profonde détresse se lisait dans les yeux de Claude. Il se laissa tomber sur le sol, les bras le long du corps et ajouta d'un air abattu:
- J'aurai quand même bien voulu prendre une douche avant de…
Et il fondit en larmes…
Lucien prit les mains de Claude et lui affirma avec tout l'espoir qu'il lui restait:
- On va s'en sortir, tu reverra ta femme et tes trois gosses!
- J'ai… J'ai une photo d'eux dans ma poche.
- Oui, dans quelle poche?
- Celle de mon manteau à la maison…
- Ah?
- Oui… Lucien, si jamais je meurs, dis à ma femme et mes quatre gosses que… j'ai oublié d'acheter du papier toilette…
- Je te le promets… J'irais voir ta femme et des deux gosses et demi et je leur dirait que…
Un bruit de claquement interrompit Lucien au milieu de sa phrase, la porte venait de se refermer. Lucien dit:
- Vite, mettons nous au travail.
Et ils commencèrent à dégonder la porte…
CHAPITRE SEPTIEME
Qui s'était perdu en route
Lucy ouvrit doucement la porte. Sa grand-mère se balançait tranquillement sur un fauteuil à bascule. Elle ne semblait pas avoir remarqué la présence de sa petite fille… Les règles principales du water-polo étaient accrochées au mur dans un immense cadre doré. Ce cadre énervait Lucy. Non pas parce qu'il était doré ou parce qu'il était accroché à un mur d'une laideur étonnante mais bien parce qu'il contenait les règles du water-polo. Elle s'approcha donc pour les lire:
1. Tout d'abord, le terrain de polo devra être totalement rempli d'eau.
2. Le port du bonnet de bain et des lunettes bien moches qui font mal aux yeux quand tu les enlèves et après tu vois flou est obligatoire.
3. Bien que les joueurs portent des bonnets, il est nécessaire et obligatoire de prendre une douche avant de rentrer sur le terrain.
4. Les chevaux sont inutiles
5. Il est interdit de fumer sous l'eau.
… Lucy s'arrêta là car sa grand-mère avait poussé un soudain ronflement qui l'avait fait sursauter. Elle avait maintenant atteint un sommeil paradoxal et parlait en dormant comme en proie à une immense peur: "J'ai peur !"
Lucy s'approcha doucement de sa grand-mère, ses traits de jeune fille étaient tendus par la terreur. Des spasmes et des tremblements lui parcouraient tout le corps. Sa peau devenaient un peu plus blanche petit à petit.
Soudain, elle ouvrit grand les yeux, se jeta sur Lucy et poussa un hurlement qui résonna dans tout la pièce:
- LUCIEN !!
- Non, moi c'est Lucy, répondit Lucy.
- Lucien,… il .. il est en danger.
- L'abbé sait …
- Non, pas l' ABC … Lucien !!
- ********, laisse moi finir: l'abbé sait que Lucien est en danger?
- Non, pas encore. Il faut le prévenir! Les prêtres intégristes ont fini par le capturer…
- Allons vite à l'Abbaye avant qu'il ne soit trop tard.
Elles se ruèrent dans le presbytère et s'arrêtèrent figées. Lucien était ligoté à une chaise au milieu du salon. Elles se dirigèrent vers lui pour défaire ses liens mais celui-ci s'écria:
- Non !! N'approchez pas! C'est un piège !
- Ah bon ??
- Non, je plaisante mais j'ai toujours rêvé de dire ça…
- Pourquoi êtes vous ligoté au milieu du salon? lui demanda Lucy d'un air méfiant.
- Je ne sais pas vraiment, lui répondit Lucien, c'est Claude qui m'a attaché. Il m'a dit que c'était pour un jeu mais il m'a piqué mon peigne, mon portefeuille et une boîte de sardine en boîte, souvenir de ma mouette et puis il est parti.
En disant ces derniers mots, Lucien s'était agenouillé et il leva les bras au ciel en poussant deux brefs cris: " POURQUOI? POURQUOI??"
Un détail fort intriguant que les lecteurs perspicaces auront sûrement remarqué est que Lucien était ligoté à l'instant d'avant. Ce lecteur admettra donc qu'il est vachement difficile d'adopter cette position alors qu'on est ligoté. C'est pourquoi Lucien se retrouva à genoux avec le dos bloqué puis allongé sur le parquet avec une chaise sur le dos. Sa joue était collée sur le sol, son visage était décomposé en une ignoble grimace. " Vous pougnez m'aider signe bous blait? " essaya-t-il sans succès d'articuler.
La grand-mère se dirigea vers Lucien mais Lucy l'arrêta:
- Attends, c'est peut-être un piège! C'est peut-être un prêtre intégriste déguisé pour nous piéger… N'oublie pas qu'ils peuvent se déguiser en n'importe quoi.
- Mmm… Tu as sûrement raison.
Lucien poussa un gémissement:
- Aaaah, gnnn mais gnon!
- Ha! Ha! Tu es démasqué vil imposteur! Trêve de plaisanterie, enlève ton déguisement!
- Medagnme, dans gnn présente gnn … position, je gne suis point gnen megnure de faire qugnoi qugne se soit…
La grand-mère avait une allure de victoire. Elle affirma d'une voix forte:
- Lucy, enlève lui son masque!
Lucy se dirigea d'un pas ferme vers le tas informe que formait Lucien sur le parquet. Elle prit sa joue et tira d'un coup sec. Elle n'obtint rien à part un affreux râle de douleur de la part de Lucien ( difficile à retranscrire sur le papier, néanmoins, pour donner une idée au lecteur, cela ressemblait à: " Aahhhgbleuuaah-hihan! Yougah Beurps!"
- Le fourbe! s'écria Lucy, il utilise de la glue, je vais y aller au couteau.
Lucien répliqua:
- Garghe mainonmainonmainon!
Lucy sortit un couteau de sa poche et entailla le visage de Lucien. Après avoir légèrement travaillé, elle retira le masque avec un geste de victoire. Et dessous se trouvait….
LUCIEN!!
- Et oui, affirma-t-il en se relevant, je me suis déguisé en moi-même afin de pénétrer dans le sanctuaire…
- IMPOSTEUR! FACTEUR! Tu pensais que ta supercherie passerait comme une lettre à la poste! Eh bien non! hurla la grand-mère, tu voulais te faire passer pour Lucien mais ça n'a pas marché.
Lucien s'épousseta.
- Mais… Je suis Lucien.
- Alors, où est passé le vrai Lucien?
- Mais, c'est moi!
- Très bien, je crois qu'à une situation extrême, il employer des mesures extrêmes…
Lucien sembla perplexe quelques secondes mais il comprit rapidement que c'est deux femmes voulaient le tester.
- … Rutabaga! poursuivit la grand-mère.
- Moine cistercien, dit Lucien avec délectation, en effet, il venait de déjouer la question piège de son interlocutrice.
Elle ne sembla pas se démonter pour autant et repartit à l'assaut:
- Muqueuse.
- Feldspath spongiforme!
- Corbeille à papier!
- Un l'aura vaut mieux que deux tiens et réciproquement!
- Youkaïdi Youkaïda!
- Va, cours, colle et le Gange!
- Paître ou ne pas paître, là sont les oignons.
- Les absents …
- … se lavent les pieds.
- Conscience sans science…
- … n'est qu'un vilain gros mot.
Lucy se retourna vers sa grand-mère qui semblait épuisée. Cette dernière ajouta dans un soupir:
- Il a gagné… c'est bien Lucien!
- C'est ce que je me tue a vous dire, expliqua Lucien avec un air de vainqueur. Bon, et si on faisait un water-polo?
Lucy lui répondit d'un ton sec.
- Non, ce n'est pas le moment, un groupe de prêtres intégristes est à tes trousses.
Lucien blêmit
- Qu'est ce qu'ils me veulent?
- Ils ont été envoyé dans le temps par Kohr-nyschon afin de te tuer.
- Ce sont ces abrutis encapuchonnés qui me font chier avec leurs situations latines? demanda Lucien avec un œil intéressé.
- Corpus Dei, fit une voix.
- Oui, répondit Lucy, ce sont eux, ils possèdent d'étranges pouvoirs et peuvent prendre l'apparence de n'importe qui, tu comprendras notre méfiance.
Sa grand-mère se tenait dans l'ombre et reculait petit à petit. Soudain elle s'écria:
- Corpus Sanctus est!
Une dizaine des abrutis encapuchonnés que Lucien commençait à connaître apparurent dans une gerbe de flammes. Lucy et Lucien étaient maintenant encerclés et rien ne semblait pouvoir les tirer de ce mauvais pas. La grand-mère de Lucy retira son masque et affirma d'une voix surhumaine:
- vous êtes encerclés! Plus rien ne peut vous tirer de ce mauvais pas.
Contre toute attente, et exprès pour la contredire, Lucien et Lucy disparurent…
CHAPITRE DIX-SEPTIEME
Kafka Boudin
-Quoi-qu'est ce qui se passe? demanda Lucien avec un mal de crâne épouvantable. Il était dans l'obscurité la plus complète. Pris de panique, il eut l'idée géniale d'ouvrir les yeux:
.. Il les ouvrit…
Pris de panique, il les referma. Finalement, l'obscurité n'était pas si terrifiante. Sentant qu'il n'était quand même pas en parfaite sécurité, il les rouvrit…
Non, ils étaient mieux fermés…
.. et il les referma. Ce petit jeu dura environ quatre bonnes heures jusqu'à ce qu'il décide de prendre son courage à deux mains et… d'ouvrir un œil. Quelle vision d'horreur! Elle était mouvante, semblait se métamorphoser à chaque instant pour devenir de plus en plus terrifiante. L'indicible était en face de lui, impuissant.
" Jeune homme, vous vous sentez bien? "
Lucien ouvrit l'autre œil et retira le sac en plastique qu'il avait sur sa tête. Une vieille femme se tenait en face de lui, l'œil interrogateur. Lucien, prit d'une indescriptible panique, se rua sur son interlocutrice et lui asséna de terribles coups de poings. La croulante croûte demeura stoïque: " Même pas mal ", lâcha-t-elle dans un rictus.
" Pas de panique ", expliqua Arthur Accroc en flottant dans les airs. Lucien se demanda ce que pouvait bien être cet abruti qui déjà disparaissait au bout de la rue mais le violent coup de sac à main que lui asséna la vieille femme l'envoya dans le caniveau. " Même pas mal! ", s'écria-t-il en se tordant de douleur.
La vieille peau commença une danse de la victoire pour montrer son immense satisfaction afin de faire savoir qu'elle était satisfaite. Elle dansait sur une étrange mélodie, …une douce mélopée, …la musique de Claude! Lucy apparut au coin de la rue, se rua sur Lucien et lui mit de la cire dans les oreilles.
Un doux silence enveloppa Lucien.
Lucy lui expliqua: " Claude est un prêtre intégriste aussi, il comptait te livrer à ma grand mère! "
Mais Lucien n'entendait rien car il avait de la cire dans les oreilles…
CHAPITRE DIX-HUITIEME
Pas de gingembre au petit dèj'
-Plaît-il? hurla Lucien en postillonnant.
Lucy ne comprenait foutrement rien à ce que Lucien lui hurlait en postillonnant. Elle réfléchit quelques secondes et se dit que cela devait être à cause de la cire qu'elle avait dans les oreilles. Elle lui répondit:
- Je ne comprends rien, j'ai de la cire dans les oreilles.
Et Lucien de rétorquer:
- Crie plus fort, je ne comprends rien, j'ai de la cire dans les oreilles.
Lucy le regarda d'un air désespéré. Lucien était définitivement complètement stupide: il ne cessait d'essayer
de lui parler alors qu'elle venait de lui expliquer qu'elle ne pouvait rien entendre. C'est à cet instant que Lucien eut l'idée géniale d'utiliser la télépathie. Il appuya très fort sur ses tempes en regardant intensément Lucy dans les yeux. Lucy regarda elle aussi Lucien intensément dans les yeux. Elle pensa: " Mon Dieu, mais qu'est ce que c'est que cet abruti? ". Lucien sourit: " Elle a compris! ". " Et il sourit bêtement en plus, pensa Lucy. "" Quel imbécile heureux, renchérit-elle alors que Lucien lui montrait son pouce, signe qu'il était satisfait. "
A cet instant précis, un groupe d'énergumènes jaillit au coin de la rue. De toute évidence, ils hurlaient tous des citations latines, mais Lucien le savait plus parce qu'il avait l'habitude de les voir que parce qu'il les entendait vu qu'il n'entendait absolument rien. Lucy, paniquée, montra du doigt la direction opposée au groupe de prêtres intégristes et hurla: " Viens, fuyons! ". Et elle se mit à courir. Pris d'un soudain doute elle se retourna pour regarder derrière elle. Lucien était resté assis dans le caniveau, un sourire bêta au lèvres. Prise de pitié, elle lui tira brutalement le bras droit et l'entraîna avec elle. Le sourire niais n'avait toujours pas disparu du visage de Lucien. Ils se mirent tous les deux à courir dans tous les sens, poursuivit par une dizaine de prêtres intégristes. Lucien aurait donné cher pour revoir sa petite cabane de pêcheur perchée au sommet d'une falaise abrupte, mais à l'instant présent il avait mieux à faire.
Soudain, tout à coup, brusquement, Lucien s'écroula et se tordit la cheville dans la chute… Lucy s'arrêta. Elle se pencha vers lui. Il se tenait la cheville dans les mains et affirma:
" Ne t'arrête pas, continue sans moi!
- Non! Je crois que je vais continuer sans toi!
- Tu ne comprends pas. Je t'encombre! Continue sans moi!! "
Pour les lecteurs qui ne suivent pas, nous rappelons que Lucy et Lucien avait les oreilles bouchées par de la cire. C'est à cet instant même, alors que tout espoir semblait perdu que Lucien et Lucy disparaissèrent… enfin disparaturent… disparurent.
CHAPITRE VINGT-HUITIEME
Les numismates contre-attaquent
Gilbert s'approcha doucement de la masse informe qui se tenait devant lui, étendue sur le sol. Telle une bouillie anglaise, elle inspirait la pitié et semblait repoussante, emplie de tristesse et de redondance aigrie, voire de fatuité globalement assujettie. D'habitude Gilbert était plutôt méfiant, à juste titre d'ailleurs car on ne sait jamais ce qui peut arriver, mais là, c'était différent, ce tas ne venait pas d'un endroit effrayant puisqu'il ne venait d'absolument nul part. Gilbert se rapprochait encore plus de la forme quand deux pingouins ninjas se jetèrent sur lui. Gilbert les balaya du revers de la main et continua de se diriger vers l'objet d'une provenance interlope. C'est alors que trois manchots ninjas se placèrent devant lui. Gilbert n'avait pas peur des pingouins mais les manchots le terrorisait. Il sortit de sa poche un bout de pizza et les tortues ninjas apparurent. Elles ne firent qu'une bouchée de la pizza, puis, pour remercier Gilbert, se lancèrent à l'attaque des manchots ninjas. La bataille fut si violente et les cris des manchots si terribles que Gilbert dut se boucher les oreilles pour ne plus rien voir et se cacher les yeux pour ne plus rien entendre.
Quand les manchots eurent perdu leurs pattes, ils commencèrent à se plaindre: "C'est malin, vous avez déjà vu des manchots manchots?". La bouche pleine de pizza, Micheldonaraello trancha les trois têtes avec une seule main armée de son bâton.
Alors que les tortues ninjas s'approchaient de Gilbert pour le saluer, trois fausses tortues ninjas apparurent. Elles se nommaient Sakâdo, Mikado et Jémalodo. C'est trois créatures voyant leur supercherie inutile à cause de la présence des véritables tortues ninjas durent se résoudre à retirer leur masque de tortue pour laisser apparaître… Lucien, Lucy et sa grand-mère! La grand-mère affirma d'ailleurs: "Je me taperais bien un petit jus de pomme.". Gilbert lui répondit:
- Bien sur, j'en ai au fond de mon frigo, je vais le chercher, installez-vous..
Et ils se dirigèrent tous vers le tas informe pour boire un jus de pomme tous ensemble. Plus ils avançaient plus le tas informe devenait difforme. De plus, ce tas dégageait une odeur de plus en plus nauséabonde. Arrivée au pied de ce tas, Lucy s'exclama: "ATTENDEZ! Pas de jus de pomme sans un bon cake! Où est le cake?". Lucien questionna:
- Cake est-ce qu'elle dit?
- Macake!! Trêve de babouineries, buvons mes amis!
Ils s'assirent et levèrent leurs verres à la santé de leurs aventures. Ils continuèrent ce petit manège jusqu'à l'aube du neuvième jour (ne cherchez aucune signification cachée dans le chiffre neuf, il est là parce que c'est bien le neuvième jour que ce petit manège s'acheva) ne se levant que pour aller uriner contre ce tas qui semblait apprécier le jus de pomme. Bien imbibée au demeurant, la forme informe, après un monumental gargouillis, laissa échapper un simili rot. Puis brusquement le tas prit la forme… d'un tas, sur lequel la petite compagnie s'assit et commença à discuter. Le jus de pomme avait remplit les veines de nos amis si bien que lorsqu'il n'eurent plus de quoi assouvir leur soif, ils se coupèrent le petit doigt pour répondre à ce besoin.
- Hum, c'est goûteux! s'exclama Lucien.
- Du petit Jésus ce jus de pomme, renchérit Lucy.
Ils remirent leur petit doigt en place et se levèrent du tas informe qui poussa un gémissement. Ce dernier fit sursauter nos amis. Lucy tomba au sol et rebondit. Tous, étonnés, la regardait; puis, s'essayèrent eux aussi. Au bout de quelques heures, Lucien avait atteint un niveau lui permettant d'exécuter un triple salto carpé assis.
Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, Juan Von Liechtenstein achetait un hot dog dans une sandwicherie et le dégustait arrosé d'un peu de jus de pomme…
CHAPITRE VINGT-NEUVIEME
N'est-il pas?
Lucien toussa, essaya d'ouvrir les yeux mais n'y parvint pas. Il tenta de se relever mais de puissantes forces le plaquèrent sur le sol. Peu à peu, ses oreilles commencèrent à s'habituer à l'obscurité. Il entendit des voix:
- Je reprendrais bien un peu de jus de pomme…
C'était Lucy.
Lucien acquiesça de la tête, mais curieusement son interlocuteur ne le remarqua pas. Il tenta à nouveau de se relever mais se rendit compte que les personnes de la pièce commençaient à lui uriner dessus.
- Arrêtez donc de me uriner dessus!
- Bien que ta phrase soit syntaxiquement incorrecte, je conçois que notre urine t'importune. C'est pourquoi, nous nous excusons et tentons d'arrêter notre flux urinaire."
Lucien se gargarisa.
Puis, son esprit sérieux reprit le dessus et lui dicta la conduite à adopter: Lucien se leva, frappa dans ses mains et se mit à danser la cucaracha.
- Lucien, mais que t'arrive donc-t-il? demanda Lucy à Lucien.
- Ce serait long à trop t'expliquer dur, Lucy! dit Lucien à Lucy.
Et il sortit son sabre. C'était un Katana de la dynastie des Chong Way mesurant environ un mètre dix et pesant un kilogramme deux cents. Il étai près à affronter son pire ennemi:…
… Le lapin afghan de Birmanie! ("Lapin afghan de Birmanie sévit dans les grandes plaines de Birmanie, se nourrit principalement de taupes et aime qu'on lui caresse la patte gauche à l'aube du crépuscule quand il fait un brun frisquet" Littré des Animaux 1967)
… car il venait de l'apercevoir dans un coin de la pièce, camouflé dans l'obscurité. Il lui lança cet avertissement:
"A la fin, il ne devra en rester qu'un!"
- Oui, approuva le lapin.
Lucien avait décidé de ne pas s'arrêter en route et poursuivi d'une voix à vous glacer le sang:
- Hey! Pinpin, fais attention à tes dents parce que si je te les casse, tu fera moins le malin!
Et il fixa le lapin, hilare. (Lucien, pas le lapin)
Soudain, Lucien leva son arme et trancha d'un seul coup la tête du lapin qui alla rouler avec un rictus sardonique sous un des fauteuils Louis XVI qui ornaient la pièce. Lucy poussa un gémissement
- Pourquoi tant de haine?
Lucien rangea son sabre et lui répondit dans un rire sardonique:
- Il avait l'air sournois, et puis, c'était lui ou moi…
- Mais il ne te voulait pas de mal!
- Tu n'as pas vu la lueur mesquine dans ses yeux?
- Non, répondit sincèrement Lucy.
- Eh bien, moi je l'ai vue! Oh que oui, my Lucy, je l'ai vue! Tiens, tout cela me fait penser que nous devons aller dans la forêt de Brocéliande!
- Pourquoi?
- Il faut que je retrouve Cunégonde la Licorne et que j'en fasse ma femme! Chantons pour nous donner du courage…
Et ils se dirigèrent vers la forêt en fredonnant un vieux tube des Beatles, et tandis que Lucien traversait un champ de fraises, Lucy se retrouva dans le ciel avec des diamants. Enfin, ils arrivèrent à Brocéliande.
Nous voici à Brocéliande, dit Lucien.
En effet, c'est bien Brocéliande, répondit Lucy.
... A SUIVRE, peut être...
http://niouthon.free.fr
|
|
|
|
Cachée
|
|