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Sujet : Critique de CDs généralistes

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tiltizzz

Zombie



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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 09/03/06 05:13
Apportons un peu d'électro tout doux dans ce monde de rock...

En ce moment, je n'écoute que trois gens : Jacques Brel, Philippe Katerine, et Goldfrapp. Comme vous connaissez déjà les deux premiers (peut-être moins Katerine mais je sais juste que Schmorgluck en a parlé dans un sujet sur le rock français, je crois, et ailleurs, j'espère), je vais parler de Goldfrapp, un groupe d'électro/trip-hop/pop/rock (mais où les rangeeer ?) composé d'Alison Goldfrapp, qui à une petite tête de poupée et la voix suave, et de Will Gregory. Ouf, pause respiration.

Si vous avez la télé, vous connaissez Goldfrapp sans le savoir ; leurs intro, leurs refrains sont pompés par des spots de pub* ; il me semble avoir déjà entendu plusieurs de leurs morceaux dans des reportages, et leur chanson 'Lovely Head' est récurrente dans My Summer of Love de Pawel Pawlilowski. (en gros, pareil que Air, qui est repris de partout mais qui n'est pas forcément reconnu par tout le monde).

Amusant, justement, que ces morceaux soient repris dans des films ou à la télévision : leur premier album Felt Mountain (auquel je m'attacherai surtout, parce que je le préfère et que flemme de parler longuement des deux autres) se voulait comme une bande originale de film à part entière, mais sans images précises de film à coller dessus.

Et ça marche. On a une ambiance feutrée, suave, presque lourde, tiraillée par des bidouillis électroniques par ci par là ; et soudain un violon, un cri, la voix d'Alison qui caresse et adoucit l'air lançinant ; ou au contraire, on a une ambiance aérienne, des notes de piano, la voix qui s'envole... Et surtout, des sonorités très particulières qui confèrent une vraie esthétique propre, et qui ne peuvent que nous faire naître des images en tête.
Vous savez, c'est comme ces textes dont on qualifie volontiers le style de pictural, tant il nous est facile d'imaginer... Eh bien là, c'est pareil, c'est de la musique picturale. (Bon, évidement, faut pas être allergique à l'électro/trip-hop/pop/rock/machins indescriptibles avec des bidouillis et de vrais intruments).
Pour établir un rapprochement... Ca me fait penser à la chanson Joga de Björk (mais Alison Goldfrapp ne cr..chante pas aussi fort, et puis elle fait des petits lalala boudeurs trop mignons) mais en même temps, ça ne ressemble pas du tout à Björk... Hum, embêtant cette histoire...

Sur last.fm sont indiqués comme artistes similaires Moloko (miam), Fischerspooner, Franz Ferdinand (pardon ? hein de que ? mais nooon !), Air (miam miam), Massive Attack... Mouais. (et les extraits qu'ils proposent proviennent de deuxième album, Black Cherry, dont le côté électro/bidouillis de machines est beaucoup plus accentué - ce que je regrette un peu, mais il est joli aussi, un peu moins, juste... So, si je vous aie donné un peu envie, je vous conseille vivement d'attaquer Felt Mountain...

Note pour monsieur modo : ils aiment beaucoup Kate Bush.


* pub pour du parfum, une compagnie aérienne... My horse is crying... et 'cause it's a strange day... C'est Goldfrapp, que vous entendez.



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katans

Attention chérie, ca va trancher



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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 09/03/06 16:48
Citation :
tiltizzz dans une contemplation à Dlul a dit:
* pub pour du parfum, une compagnie aérienne... My horse is crying... et 'cause it's a strange day... C'est Goldfrapp, que vous entendez.


Les morceaux se nomment respectivement Horse Tears et Utopia.

C'est un groupe que j'adore également, je trouve La voix d'Alison Goldfrapp tout à fait fascinante. Sans être la meilleure technicienne que j'aie jamais entendu, elle a ce "plus" indéniable, un peu rêveuse, parfois romantique, parfois garce. Elle me fait un peu penser aux meilleurs moments de Madonna.

Récemment, j'ai découvert un groupe de gothique électro qui s'appelle Deine Lakaien. La particularité de ce groupe étant la voix à tomber par terre du chanteur. C'est un excellent exemple de formation classique appliquée à un autre style de musique. Peu de batteries, peu d'agressivité, mais beaucoup de sentiment, d'émotivité, typique du gothique, sans pour autant tomber dans les clichés du suicidaire pleunichard, au contraire. Les albums se veulent engagés, vivants, avec cette voix grave, chaude, pleine, qui donne des frissons tout le long de la colonne vertébrale (c'est quoi ca, brale, comme couleur?).
Pour l'instant, je me suis acheté les albums Kasmodian et White Lies, mais je ne tarderai pas à m'en offrir d'autres.


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Pour la domination du monde par Lapin.

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ZiGGy

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 10/04/06 19:20
Quelques petits mots sur quelques sorties de ce début d'année :

ERIC BURDON "The Soul of a Man"

L’album est nettement inférieur à son prédécesseur…. Mais conserve le plaisir simple, immédiat et efficace d’une série de compositions classiques ou inconnues mais toujours superbes. Côté interprétation on se référera aux précédentes critiques pour se faire une idée de la qualité constante d’Eric Burdon. Le seul regret est en fait le manque de relief sonore d’un disque passant un peu trop vite là ou l’on attendrais parfois qu’il prenne un peu son temps (comme My Secret Life le prenait, le temps de faire transparaître quelques originalités), et la personnalité un peu trop effacée de son auteur, plus souvent interprète qu’autre chose, on le sait, mais ici un peu trop discret derrière ses chansons. L’art de la reprise n’est pas une mince affaire, et Eric Burdon le sait bien : il obéit à un nombre incalculable de règles contradictoires. Ici il se maintient juste un peu moins bien sur le fil du rasoir que précédemment… Mais ceux qui aiment à priori le genre, ou l’homme, n’ont aucun soucis à se faire sur la valeur foncière du terrain. C’est toujours un placement sûr.

3/5

DAVID GILMOUR "On an Island"

Gilmour m’a choqué (toutes choses étant égales par ailleurs, au fond il dit bien ce qu’il veut à ceux qui veulent l’entendre dire ce qu’il pense) en déclarant ouvertement dans R&F qu’il ne se donnait même plus la peine de composer, se contentant d’aligner les accords pour « faire joli ». Les efforts des autres pour créer des structures et des mélodies intéressantes et/ou efficaces sont méchamment débinés. Il y a bien longtemps que son Pink Floyd a marqué la victoire de la production sur la composition – Money – mais là il met clairement le doigt sur le résultat du phénomène : ce disque est vide. Ca a le mérite d’être claire. Sur une île il n’y a rien à faire, le paysage lui même n’est pas laid, mais limité à une plage et une étendue de côte bien morne. Faute de plaisir, j’ai cherché l’intérêt : je cherche encore (c’est une figure de style, je ne vais pas me tracasser bien longtemps pour ce disque).

1/5

RAY DAVIES "Other People's Lives"

Ce vieux Ray peut bien faire des efforts pour faire oublier son passé, l’écoute de son premier album solo ne peut pas se faire sans une comparaison avec son passé kinksien. A une époque lointaine mais mémorable, il était quelque chose comme le meilleur song-writer anglais, ou en tout cas le meilleur song-writer à prendre l’Angleterre pour sujet. Pas pour rien que les Kinks se sont brisés les dents au milieu de l’invasion des USA par les trublions britanniques des 60’s… Qu’est ce qu’on américain peut bien avoir à foutre du couché de soleil sur Waterloo ?

Aujourd’hui, après quelques décennies marquées par les échecs successifs et la médiocrité récurrente de divers revirements musicaux (souvent dans le but de percer sur ce marché américain inaccessible), Ray Davies fait un album « américain ». Même fan du bonhomme, on est en droit de prendre la chose sous un angle assez ironique… il n’en a toujours pas finit avec ses vieux démons.

Others People Lives n’est pas nul. En fait pour peu que le petit frère ait apporté sa touche aux grosses guitares sans âmes du disque, il aurait pu être le meilleur Kinks depuis Low Budget. Ici, l’effet est inversé par rapport à cet album de 79 : ses superbes compos étaient gâchées par un son moderniste des plus déplaisant et une interprétation falote, en 2006 l’interprétation et la production sont soignés au petits oignons avec un professionnalisme tout à fait admirable, mais l’inspiration se fait rare. La poésie d’ambiance est bien loin, les mélodies son limités, et si le résultat n’est effectivement pas qualifiable de mauvais, il est avant tout sans intérêt.

Jane Birkin a elle aussi sortie un album ces temps-ci. Rien à voir, mais Rufus Wainwright a écrit pour elle un truc appelé Waterloo Station, un hommage à Ray Davies qui donne l’occasion de voir ce qu’un jeune américain un peu inspiré peut faire de l’héritage de la Plus-Grande-Ballade-De-Tous-Les-Temps. C’est beau, ça transpire une vérité lointaine, et ça ne cache pas son total manque d’originalité (l’aire de Waterloo Sunstet est cité note pour note), au contraire le la vie des autres, qui, finalement, pêche tout simplement par un manque de chansons souligné par l’excès formel dans le détail sonore pseudo-louisianais.

2/5

JANE BIRKIN "Fictions"

Je passe vite sur cet album que j'aime plus que les trois précédents, mais c'est parce qu'il m'a impressionné jusqu'à m'en couper la chique. J'avais déjà pris le temps d'écouter les deux précédents albums de Jane Birkin à leur sortie. Ils n'étaient pas mauvais, quoi qu'un peu surestimés par les critiques à mon avis (un Arabesque lourdeau en studio, quoi que le concept ait du être parfait sur scène, et un Rendez-Vous un peu longuet pour ses chansons trop répétitives). Avec Fictions, elle se fait comme souvent offrir des textes et mélodies par la crème de la musique mondiale, de Cali à Rufus Wainwright. La particularité qui fait toute la beauté de l'album, c'est son côté bilingue. En alternant sa langue maternelle et le français, Jane Birkin nous montre qu'en anglais, elle est capable de renouveler sa voix de manière étonnante. Plus assurée, presque ferme, elle brille ainsi particulièrement sur ces morceaux, relevant par la même occasion les titres en français, où son style doux ennuiera moins que d'habitude.

Arrangements aux petits oignons comme toujours chez les musiciens français bien installés, et compositions pour la plus-part de haute volée : Jane Birkin n'a sans doute pas été si bien servie depuis Gainsbourg ! Elle s'offre même le luxe d'affronter deux des plus grandes figures de la chanson anglaise, et s'en tire à merveille. En reprennant Harvest Moon de Neil Young de manière langoureuse, elle y apporte sa touche de fraîcheur et renouvelle la chanson, tandis qu'en chantant le Waterloo Station de Rufus Wainwright, elle colle la honte à Ray Davies comme je l'ai dit plus haut. Il y a d'autre belles chansons, et tout me plaît sur ce disque à quelques passages de talk-over un peu geignards près, mais c'est cette chanson sur l'Angleterre de carte postale des Kinks qui en est le sommet. Si elle n'est pas dans le haut du panier des meilleures chansons pour moi en fin d'année, c'est que j'aurai connu ma plus belle année musicale depuis 1977. Bon, j'en rajoute un peu, mais donnez lui sa chance, que vous aimiez la chanson française ou la pop anglaise, et même l'un à l'exclusion de l'autre, Fictions ne devrait pas vous déplaire.

4/5


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ZiGGy

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 24/04/06 07:58
THE DRESDEN DOLLS "Yes, Virginia..."



Amanda Palmer (piano, chant)
Brian Viglione (batterie, guitares)

A peine plus d'un an après leurs débuts discographique, et dans la foulée d'un dvd qui illustrait à merveille la belle complicité liant le groupe à son public sur scène, les Dresden Dolls reviennent avec un nouveau recueil de contes psychotiques. Si l'on a toujours pas confirmation ou dénégation de l'inspiration des New York Dolls dans le nom du groupe, la facette théâtrale de l'interprétation d'Amanda Palmer est définitivement acquise. Pianiste fort inspirée et dotée d'un jeu de basses violent qui n'est pas sans évoquer les martèlement de certains vieux arrangements de Nick Cave, elle s'illustre comme le diamant de ce disque, profitant d'un relatif effacement de son compère Brian Viglione (toujours meilleur batteur de sa génération, et qui le prouve en assurant une discrete variété rythmique). Son chant est plein de faiblesses exploitée avec génie comme toutes les grandes savent le faire, mais c'est son écriture qu'il convient de saluer. Soutenue par une production et des arrangements plus fins que sur le premier album, ses compositions sont plus orientés sur un style "chanson", abandonnant les longues partes musicales et les mélodies-conceptuelles (d'où le relatif effacement de Brian). Plutôt que de trop se la jouer bretch-ressuscité, Amanda Palmer a travaillé son chant, redoublant pistes après pistes certains refrains, modulant finement la progression des couplets, et soutenant le tout par un piano toujours pas trop rock sans être réellement jazz... le tout est alternatif, comme disent les gens au courant de ces choses là. Mais face à l'alternatif, la profonde originalité des Dresden Dolls est la légèreté des mélodies, légèreté en totale opposition - et c'est parfois troublant au premier abord - avec la noirceur et le cynisme des thèmes abordés... Mais tout cela ne cacherait il pas plus d'optimisme qu'on en attendrait ? Saluons enfin un album de 55 minutes sans réelles faiblesses, chutes d'inspiration, ni bouche trou. Au rayons "duos glamours", les Dresden Dolls trouverons sous peu leur place aux côtés des White Stripes : plus intellos, plus musiciens, plus écrits... moins faciles, moins garage, moins rock. Chacun ses qualités pour deux sons totalement différents. Je me demande pourquoi j'ai fais cette comparaison, à part caser dans mon texte un nom que tout le monde connaîtra. Enfin bref, écoutez ça plutôt que la nouvelle resucée du son garage-rock du nouveau millénaire. La musique est plus propre, certes, mais les idées cachées la dedans sont infiniment plus crades - donc attachantes - que les âneries proprettes des jeunes roquets rockers.

1. Sex Changes
2. Backstabber
3. Modern Moonlight
4. My Alcoholic Friends
5. Delilah
6. Dirty Business
7. First Orgasm
8. Mrs O.
9. Shores Of California
10. Necessary Evil
11. Mandy Goes To Med School
12. Me & The Minibar
13. Sing


Dernière mise à jour par : ZiGGy le 24/04/06 08:02

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Qumran

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 24/04/06 11:15
Citation :
ZiGGy dans une contemplation à Dlul a dit:


La musique est plus propre, certes, mais les idées cachées la dedans sont infiniment plus crades - donc attachantes - que les âneries proprettes des jeunes roquets rockers.




Et puis un groupe qui parle de masturbation, de changement de sexe et de sympatisants nazis, c'est forcemment intéressant. :D

Bon à la première écoute je le trouvais vraiment moins bon que le premier. Beaucoup moins d'accroches et de moments forts qui dynamitait l'album de leurs débuts. C'est vrai qu'ils ont un peu tempérés leur côté punk(musicalement parlant, parce que niveau paroles c'est encore plus enragé), pour augmenter le côté théatral décadent. ce côté cabaret unique.
J'accroche un peu plus une fois ce fait digéré, et y'a des très bons morceaux. (le démarrage sur Sex Changes est au moins aussi bon que celui sur Good Day du premier album). Mais je ne pense pas qu'il dépassera le premier à mon gout(y'a ni de Girl Anachronism, ni de Coin-Operated Boy,... y'a plus de morceaux comme The Jeep Song)


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Les formules n'ont pas changé le monde, elles ont lavé les mots.


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ZiGGy

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 05/05/06 17:13
Citation :
Qumran dans une contemplation à Dlul a dit:

Et puis un groupe qui parle de masturbation, de changement de sexe et de sympatisants nazis, c'est forcemment intéressant. :D

C'est amusant... Il y a une autre chanson qui devait faire allusion à la masturbation (Dirty Business : masticating remplace masturbating), mais Amanda a changé le vers en question quand elle s'est rendue compte que ce serait la troisièmes allusion au sujet dans l'album et que des lors, tout le monde n'aurait de cesse de lui demander les raisons de cette obsession. J'aime beaucoup cette démystification des choix de paroles.


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 25/07/06 12:39
Quelques albums importants cet été, en attendant le Dylan en aout.

JOHNNY CASH "American V : A Hundred Highways"



Ce disque a du donner des maux d'estomac à pas mal de critiques. Quelle trahison ! Johnny Cash avait eu le bon goût de mourir après la sortie de The Man Comes Around, qui est sans doute à la fois la meilleure collection de chansons qu'il ait jamais réuni en studio, et le plus sépulcrale de ses albums (avec Bitter Tears que je trouve assez morbide). On pouvait donc considérer ce chef d'oeuvre comme son testament. Et voila que trois ans après sa mort nous vient comme par magie un dernier souffle, la pierre finale du fabuleux édifice de Cash chez American Recordings avec Rick Rubin. A Hundred Highways a été enregistré dans l'année qui sépare la sortie de The Man Comes Around de la mort du vieil homme, une année qui fut marquée par l'aggravation de sa maladie et de l'asthme qui handicapait sa voix, et la mort de sa femme adorée, June Carter. Et pourtant, c'est un disque plus mélodieux et plus gai, beaucoup moins sombre que son prédécesseur, qui vient nous surprendre. Comme si l'homme en noir avait réglé ses comptes et attendait la mort avec une tranquille résignation. C'est le nouveau testament ! Pour résumer les choses, on se limitera à deux éléments : la voix - marquée mais jamais moins belle qu'auparavant - et le choix de ballades aux refrains tenaces portées par la belle simplicité des arrangements à la discrète richesse (pas de rythme, que de la mélodie). En un souffle passent une douzaine d'airs parfaits, un choix de chansons où l'on a pas laissé de place à la médiocrité. Pas grand chose à dire de plus : c'est simple, c'est beau, c'est grand. Aussi sobre et classieux que l'homme en noir peut l'être.

4/5

Mon classement American Recordings :
1. American IV : The Man Comes Around (2002)
2. American III : Solitary Man (2000)
3. American V : A Hundred Highways (2006)
4. American II : Unchained (1996)
5. American I : American Recordings (1994)


NEW YORK DOLLS "One Day It Will Please Us To Remember Even This"



Ce disque là en revanche est d'une facilité déconcertante à chroniquer : tout le programme est dans le titre. Le groupe qui revient avec ce troisième album plus de trente ans après le second s'offre le luxe de regarder sa performance avec dérision. C'est "even this", c'est à dire pas grand chose, mais ça va quand même nous faire plaisir. J'ajouterai même que ça fait un bien fou. Balancez les deux ballades et vous avez une collection de rocks façon Dolls, à peine moins trashs que le Trash de la grande époque. Malgré la réduction des effectifs à la paire David Johansen (chant, harmonica) et Sylvain Sylvain (guitare rythmique, piano), et le manque cruel du talent de branleur de Johnny Thunders sur certains soli, ce nouvel album sonne comme il doit sonner. Pas de doute sur l'identité du groupe : on voit même revenir le vieux gimmick rock volé aux Shangri Las de Great Big Kiss et Looking For A Kiss dans l'excellent Rainbow Room. Un autre titre de sommet est Dance Like a Monkey, ce qui m'amène au plus important : les Dolls vient de battre Mick et Keith sur leur propre terrain de prédilection qu'est le rock simiesque. Prenez d'un côté le Bigger Bang des Stones, son gros son et son interprétation sans failles alourdis par des titres sans intérêts et quelques égarements mous du gland, et comparez le à ce One Day.. . Son mur du son est du même acabit, avec de la gratte en open tuning jusque dans la rythmique et un harmonica en guise de tag coloré (excellent titre d'ouverture pour ça !), tout ça soutenu par les fondations d'une rythmique toute en graves. Mais les Dolls ne perdent pas leur temps comme les Stones, ils s'égarent sur Maimed Hapiness mais à part ça c'est du Fishnets & Cigarettes ou du Gimme Luv à toutes les pistes durant trois quart d'heure. Un programme simple et clair à chaque fois, et pas le temps de s'essouffler. Voila des vieux qui en ont dans le futal.

4/5


Dernière mise à jour par : ZiGGy le 25/07/06 12:44

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 28/07/06 18:38
Bon. Premier post, en soutien de mon ZiGGy à moi que j'aime. Je copie/colle donc ma chronique du "nouveau" Cash que j'ai scribouillée ailleurs.


Johnny Cash - American V: A Hundred Highways

Johnny Cash ? De la c... country ? Ca y est, j'ai perdu 90% de mon lectorat. Zut. Bon, si vous pensez que la perspective de ne pas être lu va m'arrêter, vous n'y êtes pas du tout. Et puis, il est quatre heures et demie, il fait nuit, je dessaoule et je m'ennuie. Dont acte.

Déjà, replaçons les choses dans leur contexte. Johnny Cash. Grand homme de la country dans les années 50, signé sur le même label qu'Elvis, Jerry Lee, étouétou. Il connaîtra diverses périodes de gloire et d'oubli complet et paraîtra tour à tour comme un gars ultra hype ou un ringard fini tout juste bon à écumer les bouges infâmes du fin fond du cul des Etats-Unis aux yeux de ses compatriotes (parce que, il faut bien l'avouer, en dehors des States, la country, on s'en tamponnent un peu frénétiquement les joyeuses). Oui, c'est super résumé.
Sa dernière période de renommée, il la doit à Rick Rubin, plus connu en ces lieux pour son rôle de producteur pour Slayer, System of a Down et plus récemment Metallica. Mais si l'on doit se souvenir du gars Rubin pour une seule chose, ce sera bien pour avoir ressuscité Cash.
Pour lui, il produira les fameux American Recordings, principalement constitués de reprises choisies par Cash himself - mais aussi de quelques unes de ses propres compositions, et on ne rappellera jamais assez combien il était un grand songwriter - interprétées dans un habillage dépouillé, la guitare et la voix de l'homme en noir et quelques arrangement aussi judicieux que discrets.
Alors, je pourrais vous parler de Solitary Man (le troisième de la série American Recordings) ou The Man Comes Around (le IV), tous deux de superbes recueils de chansons parfaites ou Johnny reprend, en vrac, Hank Williams, Depeche Mode, Nick Cave (The Mercy Seat !), U2, Nine Inch Nails, etc... Toujours avec beaucoup de goût. Toujours des interprétations définitives (ou peu s'en faut).

Mais finalement, je suis là pour vous causer de A Hundred Highways. Parce que ce sont les ultimes enregistrements de Cash. Il est alors âgé de soixante et onze ans, malade, à quelques mois à peine de son rendez-vous avec la Grande Faucheuse, June Carter, sa femme adorée, est décédée quelque temps auparavant. C'est la fin et il le sait.
Sa voix, jadis grave, forte et virile... l'est en fait toujours. Mais marquée par la maladie, fatiguée aussi - soupirs résignés -, vulnérable. C'est juste bouleversant. Poignant. On pourrait regretter la voix de ses trente ans, mais en fait, il n'a jamais si bien chanté, avec tant d'émotion, sans débordements lacrymaux pourtant, toujours digne.
Sur le choix des chansons, rien à redire, c'est nickel. Peut-être y a-t-il simplement moins de gros succès potentiels et évidents. On joue plus la carte du charme discret. Ca parle d'Amour (inconditionnel, impossible, révolu... bref sous toutes ses formes) et de bondieuseries. Encore quelques titres sur la prison et les prisonniers, les hors-la-loi que Cash aime tant. Et hop ! Douze chansons, pas une qui ne soit seulement bonne, sympathique, anodine, oubliable. Non. Uniquement de la petite perle, sublimé par l'écrin interprétatif.

On vous dira sûrement que les AR III & IV sont meilleurs, je ne suis pas de cette opinion. Pour une fois, j'irai contre l'avis éclairé de ZiGGy et vous affirmerai que ces autoroutes sont les plus belles, celles qui mènent vers la délivrance qui affranchit de la souffrance, quelle qu'elle soit. Pour la petite anecdote, j'ai comparé le disque, lors d'une discussion avec le sieur ZiG sus-nommé, au Requiem de Fauré, pour ce côté tranquille et apaisé.
Johnny Cash, l'homme en noir, signe là, peut-être pas son oeuvre la plus aboutie, mais sûrement la plus marquante. En tout cas, en ce qui me concerne, elle touche la corde sensible.

20/20

Album de l'année 2006 (je m'avance peut-être, mais je ne vois pas qui pourrait faire mieux. Pas même Dylan).


Dernière mise à jour par : Poulpe le 29/07/06 12:09

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Jetant mon encre vers les cieux, / Suçant le sang de ce qu'il aime
Et le trouvant délicieux, / Ce monstre inhumain, c'est moi-même.
Guillaume Apollinaire, Le poulpe (in Le bestiaire)


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SEB THE CIMERIAN

intermitant



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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 08/08/06 19:07
le problémes des critiques de CD, c'ets qu'on a l'impression de passer pour un con après les critiques de Ziggy.
Bravo Ziggy, tu connais ton sujet, et je lis vraiment avec enthousiasmes tes critiques.

juste un petit mot d'encouragement, car je sais que parfois on se demande si les autres apprécient....je te rassure : OUI

Seb



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Dr Bis

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 09/08/06 00:18
Sujet intéressant ! L'ennui, c'est que comme 1/ j'écoute majoritairement de l'électro-indus ou assimilé ces temps-ci, il me semble que ça n'intéresse personne, et 2/ Il me faut souvent un temps de digestion assez long pour me faire vraiment un avis, lorsque je m'en fais un (Je ne sais toujours pas que penser du "Abbatoir Blues" de Nick Cave, par exemple. Alors hop ! Un CD de fin 2005 :

New Model Army "Carnival"

Tout le monde connaît NMA, au moins de nom. Groupe culte à ranger au côté de Killing Joke qui n'a jamais vraiment démérité. Et ce CD a le même problème que le "Hosannas from the Basement of hell" des mêmes Killing Joke : venir après un album qui a placé la barre très haut. Pour KJ, ce fut leur brûlot éponyme de 2003, dskeud bourré de rage crade et punk après l'explosion indus du génialissime "Pandemonium". Pour NMA, c'est le formidable "Eight" de 2000 (déjà !). Bon, entre-temps, il y eut "Lost songs", compilation d'inédits qui, selon l'époque, montraient parfaitement la progression des tueurs de Bradford et contenant d'absolues merveilles comme le bouleversant "Trees in Winter", l'angoissant "Refugee", un fabuleux remix de "Over the Wire" et des cavalcades typiquement NMAiennes comme "Knife" ou "Brother", puis le magnifique, acoustique et atmosphérique album solo de Justin Sullivan "Navigating by the stars". Cet album est loin de démériter, la voix tendue de Justin est toujours aussi expressive (Plus, oserais-je, qu'à l'époque de "Thunder and consolation" — plus mûre, plus grave), "Too close to the sun" évoque des classiques comme "What a wonderful way to go", "Another imperial day" évoque le minimalisme sublimé de "You weren't there", il y a toujours de belles mélodies vocales comme celle de "Bluebeat" ou "LS43", des cavalcades électriques NMAiennes avec "BD3", il y a même des finesses telles le quasi-blues de "LS43", et les paroles profondes et parfois absconces de Justin Sullivan. Bref, tout ceci fait un bon album de NMA qui n'a pas déçu les amateurs — la critique fut excellente — mais rien de plus : pas de véritables surprises, chacun de ces titres auraient pu sortir de "Lost songs" sans qu'on voit la différence. Il y a les ingrédients du son NMA, il manque juste un petit quelque chose (Ou est-ce la production ?). S'il fallait sortir un titre du lot, ce serait un "The Island" tendu comme une corde de violon, aux arpèges cinglants suivis par une basse ronflante, fonçant vers une échappatoire inaccessible, tout ce qu'on aime chez NMA. Ce n'est pas un mauvais album, je le redis, c'est même une excellente approche de New Model Army pour le néophyte, mais peut-être trop léger pour ceux qui vouent un culte à "Eight". Ça ne serait pas la première fois qu'un grand groupe est trahi par sa propre exigence artistique. Sale affaire.
Edit : quelques réécoutes et un concert plus tard, cet album est remonté dans mon estime. Toujours rien de révolutionnaire, mais en l'écoutant au casque, j'ai constaté un travail de basse et des tricotages de guitare plus intenses. il faut dire que l'arrivée d'un chtit jeunot gratteux a donné du dynamisme à NMA, les autres étant plutôt des techniciens — pas de mal à ça, hein ! — Justin ayant dit qu'il n'avait parfois pas l'impression de faire le même concert qu'eux…)


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 09/08/06 11:04
Citation :
Dr Bis dans une contemplation à Dlul a dit:
Je ne sais toujours pas que penser du "Abbatoir Blues" de Nick Cave, par exemple.


NICK CAVE & THE BAD SEEDS "Abbatoir Blues / The Lyre of Orpheus" (2004)

Chronique rédigée en décembre 2004

La sortie de cet album « deux en un » coïncide avec les vingt ans de carrière discographique de Nick Cave. Vingt ans au cour desquels il aura su parcourir le spectre du rock alternatif et indépendant tel un sympathique fantôme toujours prêt à relever de nouveaux défis. Nick Cave a eu le temps d’aimer la musique, et l’a encore prouvé en reprenant magistralement un morceau du bluesman Skip James dans le film The Soul of a Man de Wim Wender (celui-là même qui avait déjà fait de Nick une figure légendaire dans les Ailes du Désir). Pour Abattoir Blues et The Lyre Of Orpheus, il invoque une nouvelle fois l’image d’une certaine tristesse morbide, et comme un vin se bonifiant avec l’âge, il travaille sa matière avec tant de finesse que le résultat ne peut être que convaincant.

Deux albums, deux ambiances, mais un même esprit. Abattoir Blues est à sa manière volontiers violent, se montre souvent digne des grands moments de folie des débuts de Nick Cave, et nous bombarde des héritiers des Mercy Seats et autres Red Right Hand. Le grand classique en est déjà le Cannibal’s Hymn où le grain sombre de la voix vient nous chercher, comme souvent ici, dans l’intimité, pour mieux révéler quelques idées tordues. On trouve d’ailleurs dans cet album comme chez son frère cette impression de proximité dans un son superbement rendu, impression que ne donnait pas les précédents albums de Nick Cave, y compris les plus intimistes. Mais aujourd'hui, le poète, en vrai fantôme, n’a pas de difficultés à s’extraire du disque pour aller planer alentour. Entre deux eaux, entre deux mondes, l’au delà et le présent. Et cela correspond à merveille à l’esprit d’Abattoir Blues qui a besoin de prendre l’auditeur aux tripes dés cette ouverture criarde sur Get Ready For Love. Ça gueule bien, la guitare est déchirée.

On retrouve Nick Cave comme on ne l’avait pas entendu depuis son chef d’œuvre Murder Ballads. Et si les références à la grandeur passée de Nick sont si présentes, c’est à la fois une qualité et un léger défaut. Une qualité d’abord par l’efficacité retrouvé, et le plaisir ludique qu’il y a à retrouver le cynisme et l’humour noir du François Villon de la musique moderne, mais aussi un défaut quand on le compare à la deuxième moitié du double album, plus originale. Mais ne boudons pas notre plaisir, Abattoir Blues ne contient que du bon, voir du très bon. Du rock sombre dans l’esprit mais se laissant facilement aller à l’exubérance. Et tout de même, une beauté lyrique dans les mélodies de The She Goes My Beautifull World et Messiah Ward, de même qu’une envoûtante tonalité dissonante dans la fable du singe brun… Ou bien une violence rocailleuse dans Hiding All Away, le morceau le plus représentatif de la carrière passée de Nick Cave : rythmes et sonorités grinçantes, chant hésitant entre la parole et le cri, le tout étant tout de même rehaussé de chœurs apportant un doux contre poids.

Par opposition, l’ouverture de The Lyre Of Orpheus se fait dans la plus soyeuse douceur. Seule la voix de Nick scande les premières mesures de la chanson titre et l’on entend l’insondable tristesse que contient la beauté de la musique d’Orphée. C’est celui qui, après avoir pénétré les enfers pour retrouver sa bien aimée Eurydice, a connu le doute et s’est retourné pour ne voir une dernière fois que celle qu’il perdait à nouveau. Peut être un peu comme Nick Cave, allez savoir… Tout en douceur mélancolie, l’album nous délivre un Breathless indispensable et évident, avec sa flûte, sa caisse claire tout en retenu, et un chant prêt à s’envoler. Et bien sur quelques chœurs superbes pour un refrain superbe également, comme souvent sur l’album. The Lyre Of Orpheus est sans doute la grande réussite de Nick Cave, l’album où il parvient vraiment à s’affranchir du passé pour nous délivrer des pépites sans aucun air de « déjà-vu » (comme disent les américains).

Plus bienveillant que mauvais larron, l’album possède tour à tour la douce tristesse de Easy Money, la légèreté de Carry Me, planant sur des arrangements et des chœurs droits sortis de l’église d’une religion bien particulière (peut être un peu de ces églises de l’Amérique noire et blues que Nick aime tant). Dans la lignée de ses albums récents, mais en allant bien plus loin, Nick Cave privilégie des arrangements séduisants, des textes poétiques, et une interprétation d’une justesse à toute épreuve. Voilà un bien beau chef d’œuvre, précisément mis en valeur par sa contiguïté avec Abattoir Blues.

Finalement, le passage de ce funèbre et violent Abattoir Blues (dépositaire du plaisir malsain d’antan) à un album aussi doux et aimable que The Lyre Of Orpheus devait se faire en une seule fois. Il n’y a qu’ainsi qu’on peut percevoir à la fois la conscience qu’il n’y a plus rien à faire dans le rock – le requiem que Nick Cave lui donne étant une grande réussite – et la nouveauté que le musicien trouve dans ce constat même. C’est à cet instant précis où le passé devient clair qu’on peut tirer un trait dessus, et avancer à nouveau à partir de cette expérience. Et c’est précisément ce que fait The Lyre Of Orpheus. Nick Cave s’est déjà retourné vers le passé, mais contrairement au héros mythologique, il parviens à reprendre son chemin sans perdre Eurydice, sans perdure sa muse. Et dès lors il pourra continuer à jouer de sa lyre sans se soucier du paradis ou de l’enfer.


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 09/08/06 13:23
Ouaip, j'ai la même approche du dyptique que des anciens Cave avant d'être entré dedans; il eusse mpeut-être fallu que j'entende ces titres en concert ?
Allez, une vieillerie à chercher dans les bacs des soldes :


Puressence — Puressence (1996)

Voilà certainement un groupe qui a eu pour principal tort de précéder la vogue Muse ou Placebo et les sons vaguement années 80. Ce Cd s'ouvre sur une perle : de subtils tressaillements aquatiques de guitare et des soubresauts de basse instaurent un climat onirique sur lequel vient se poser la voix… Ou plutôt LA voix : celle de Neil McDonald est tout simplement sublime, aigue et androgyne sans le côté nasillard de Brian Molko ni les affèteries de Muse, empreinte de mélancolie palpable, à la fois sûre et fragile, elle s'envole, s'envole au tour d'un magnifique crescendo à vous coller des frissons qui retombe tout doucement pour repartir en un autre mouvement préparant un somptueux "I suppose". Le reste du disque est à l'avenant : profondément British comme si le Cure du génial et glacé "Faith" avait écouté Killing Joke. Aidé par une prod' somptueuse, Puressence impose un climat de grisaille Anglaise traversée d'éclairs lumineux de guitare (L'artwork mélange d'ailleurs des visions artistiques solarisées et des plans d'immeubles décrépits) sans oublier des moments de cavalcades purement rock sur laquelle LA voix s'élève jusqu'à devenir incantatoire — et n'oublions pas un batteur au jeu puissant et subtil. Un "Mr Brown" est plus classiquement pop-rock avec un texte plus agressif, mais tout en gardant sa marque et surtout un sens de la mélodie imparable. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, ce petit bijou fulgurant est indispensable aux fans des groupes précités. Puressence a réalisé un second CD, "Only forever" tout aussi réussi, qui a connu un petit succès en Angleterre (Ils sont tout de même sur Island !) avant de tomber dans un long silence. Aux dernières nouvelles, le groupe ne serait pas mort, mais il ne manquerait plus qu'ils pondent un nouveau bijou alors que la vague est passée… :(
A ma connaissance, ils ne sont jamais passés en France.


…Oups, je m'auto-sbaffe, voilà ce que c'est que de mal ranger ses CD ! Il y eut un troisième CD en 2002, "Planet Helpless", peut-être un peu plus rock que les autres (Voir l'intro de "Walking dead" sur leur site.
Ce même site annonce de nombreux concerts et un nouveau CD pour bientôt. Youpi.


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 26/08/06 09:54
Version augmentée de mon papier sur l'album des Dresden Dolls.





L’eau n’a pas eu le temps de couler sous les ponts après leur premier album, et dans la foulée d'un dvd qui illustrait à merveille la belle complicité liant le groupe à son public sur scène. Les Dresden Dolls réapparaissent avec un nouveau recueil de contes psychotiques. Si l'on a toujours pas confirmation ou dénégation de l'inspiration des New York Dolls dans le nom du groupe, la facette théâtrale de l'interprétation d'Amanda Palmer est définitivement acquise. Pianiste fort inspirée et dotée d'un jeu de basses violent qui n'est pas sans évoquer les martèlement de certains vieux arrangements de Nick Cave, elle s'illustre comme le diamant de ce disque, profitant d'un relatif effacement de son compère Brian Viglione (toujours meilleur batteur de sa génération, et qui le prouve en assurant une discrète variété rythmique). Son chant est plein de faiblesses exploitée avec génie comme toutes les grandes savent le faire, mais c'est son écriture qu'il convient de saluer. Soutenue par une production et des arrangements plus fins que sur le premier album, ses compositions sont plus portées sur une forme de « chansons », abandonnant les longues partes musicales et les mélodies-conceptuelles (d'où le relatif effacement de Brian). On ne quitte pas le domaine de la composition et de la musique, attention, mais chaque nouveau poème chanté prend plus de place qu’avant.. Plutôt que de trop se la jouer bretch-ressuscité, Amanda Palmer a travaillé son chant, redoublant pistes après pistes certains refrains, modulant finement la progression des couplets, et soutenant le tout par un piano toujours pas trop rock sans être réellement jazz... le tout est alternatif, comme disent les gens au courant de ces choses là. Mais face à l'alternatif, la profonde originalité des Dresden Dolls est la légèreté des mélodies, légèreté en totale opposition – et c'est parfois troublant au premier abord – avec la noirceur et le cynisme des thèmes abordés... Mais tout cela ne cacherait il pas plus d'optimisme qu'on en attendrait ? Je n’en sais foutrement rien.

Abandonnons la pause.

**********

Ouverture du rideau donc. Non, tirer trois coups pour commencer, mais au piano. C’est Sex Changes. Aujourd’hui est un jour très particulier. Aujourd’hui quelqu’un va changer de vie. Celle d’avant étant trop terne, il faut croire, avec ses traîtres, ses dépressions, son fascisme ordinaire, ses répétitions incessantes, sa monotonie, ses orgasmes sans plaisirs… on se retrouve dans la peau de Delilah, très à l’étroit. Pourquoi raconter toutes ces conneries à la Fassbinder ? C’est un truc de psys – vous savez ? – il faut parler des choses pour les exorciser. C’etait un titre des Amboy Dukes – je crois : journey to the center of the mind. Parfaite description de l’écriture d’Amanda Palmer. Contrairement à Nick Cave (ou Woody Allen, même si il n’a rien à faire dans cette comparaison), elle n’élève pas ses névroses à des altitudes bibliques. Plus c’est bas, mieux c’est. Plus c’est malsain plus on s’amuse. Moins l’intelligence est présente plus cette plume féminine trouvera de recoins d’ombre à couvrir d’encre noire. Tout ça de manière très, très familière. Du lyrisme sur la crasse des jours, une écume noire et corrosive. Fassbinder donc – le bel hommage à rendre à une grande artiste. Sauf que tous les autres s’appellent Amanda. Ou Mrs. O. – qui n’est pas le proche de Pauline Réage parmi les avatars textuels de la chanteuse.

Pourquoi toutes ces conneries ? Parce qu’elles sont humaines, et que par conséquent on a pas finie d’en bouffer, du soir au matin, et demain (et demain, et demain)… Mais ça n’empêche pas de prendre les choses avec le sourire – même cynique. Qui peut passer au travers des Idées Noires sans en éprouver des éclats de joie morbide ? Sur le thème Boys meets Girls (and girls meets prozac), on peut écrire et écrire et écrire. Parce qu’il en est ainsi au Minnesota, parce qu’il en est ainsi en Oklahoma, et qu’il en est ainsi depuis que les premiers protozoaires ont rampés sur les rivages de Californie. Et je ne serai pas surpris outre mesure qu’il en soit également ainsi en France.

Madame Amanda Palmer tient dans sa voix une certaine force de conviction. Dans mes termes à moi, elle sublime la quotidien. En ces termes à elle, elle chante. Savez vous ce qu’est l’acte de chanter ? C’est cette chose qui est comme toucher sauf qu’on ne touche pas : there is this thing that’s like touching except you don’t touche / back in the day it just went without saying at all / all the world’s history gradually dying of shock / there is this thing that’s like talking except you don’t talk / you sing. Chanter lui, chanter elle, chanter eux. Chanter c’est donner des formes à tout. C’est colorer le monde. C’est faire de l’art. Et Amanda Palmer de chanter, après avoir écrit. Moi pas, je la remercie donc de ce qu’elle m’offre.

**********

Reprenons la pause.

Pour saluer enfin un album de 55 minutes sans réelles faiblesses, chutes d'inspiration, ni bouches trous. Au rayons "duos glamours", les Dresden Dolls trouverons sous peu leur place aux côtés des White Stripes : plus intellos, plus musiciens, plus écrits... moins faciles, moins garage, moins rock. Chacun ses qualités pour deux sons totalement différents. Je me demande pourquoi j'ai fais cette comparaison, à part caser dans mon texte un nom que tout le monde connaîtra. Enfin bref, écoutez ça plutôt que la nouvelle resucée du son garage-rock du nouveau millénaire. La musique est plus propre, certes, mais les idées cachées la dedans sont infiniment plus crades – donc attachantes, cela va de soit – que les âneries proprettes des jeunes roquets rockers.


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 29/08/06 23:04
le dernier album de tonton seb

Richard Ashcroft : Keys to the world



Ancien chanteur de The Verve, Richard Ashcroft nous présente son dernier album solo, qui bien que peu diffuser sur les ondes a quand même résussi a se faire une petite percée dans le monde aseptisé des bandes FM.

Notre bon Richard nous reviens en très très grande forme, les paroles sont toujours assez "fortes" et aspirent a se dire "tiens je vais récouter celle là"...

L'album s'ouvre sur une plage rock qui balance "Why not nothing" ou l'on peut se délecter de sa voix criarde qui sent le vécu. pour repasser ensuite dans des chansons plus calme seulement en rythme car les paroles se délecte avec joie, surtout interprété par une des voix de la brit pop que je préfére.
Break the Night with Colour", une ballade magnifique qui nous j'en suis sure sera une véritable référence. L'émotion sera au rendez-vous. "World Just Get In The Way", "Sweet Brother Malcom", "Cry To The Morning" et le magnifique "Why Do Lovers?" restent des titres plus attendus, ils sont plsu dans la lignée des autres albums solo, mais cela reste très bon, même si bien moins surprenants.

Le point fort de cet album est sans doute l'accent mis sur la force de la voix de Richard, pas qu'il vas chanter comme lara Fabian, non, mais pour moi il y a ce je ne sais quoi dans sa voix, qui sent le vécu, et qui me transporte immédiatement avec lui dans ces chansons....

note 4/5.

Seb

Je voulais faire une super critique sur le best of de Blondie, mais bon c'ets peut etre un peu vieux et pas trop au gout du jour de ce forum ^^^^

dommage, celle qui était bien plus scandaleuse que Madonna gagne pourtant a être connue...



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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 30/04/07 10:32


La presse rock actuelle est divisée en deux grandes catégories. Dans l’une apparaît Iggy Pop, dans l’autre non. Depuis pas mal d’années maintenant, à l’occasion de nouveaux albums, de tournées, ou simplement pour remonter le niveau ambiant, Iggy traverse régulièrement nos lectures, et même les plus réfractaires à son art doivent bien reconnaître qu’avec son cocktail d’humour et de révolte, chacune de ses interviews vaut bien un an d’abonnement aux inrocks. Côté musique, par contre, les beaux jours semblent loin dernière nous. A la notable exception de l’impudique mais sobre Avenue B, rien de majeur n’était sorti sous le pseudonyme d’Iggy Pop depuis 1977. Et comme chacun sait, à la notable exception de quelques dizaines de compiles (souvent intéressantes, voir le catalogue de Bomp!), rien du tout n’était sorti sous le fier patronyme des Stooges depuis 1973. Trois chef d’œuvre en cinq ans pour les charlots de Detroit, trois autres grandes réussites en trente ans pour le charlot en chef, les mathématiques elles même encourageaient à la réformation des Stooges. Plaisir, gros sous et tournées étant à l’ordre du jour pour le groupe depuis sa renaissance sur les cendres du tragique Skull Ring en 2003, l’heure est maintenant au nouvel album. Les plus patients l’auront attendu 34 ans. Aujourd’hui ils crient au génie d’Iggy et à la renaissance du rock qui de toutes façons ne pouvait pas mourir avant son plus grand symbole… et blah blah blah comme le disait l’intéressé lui même. Une fois de plus en ce printemps 2007, les interviews d’Iggy sont mille fois plus intéressantes que tout ce qu’on écrit sur lui, moi compris.

Revenons en à l’enthousiasme débordant de mes petits camarades dont la sagesse populaire nous assure pourtant qu’ils sont injustement payés pour descendre des disques qu’ils n’écoutent pas. Première conclusion hâtive, j’en déduirait que la bizarrerie à la limite de l’anachronisme qu’est l’existence d’un nouvel album des Stooges a du échauffer bien des platines. Mon petit doigt me suggère même que tous les professionnels de la profession l’ont écouté en boucle. On en a trop parlé, on a trop fantasmé autour du mythe des Stooges, devenu l’égal de ceux de Frankenstein et Dracula dans la culture populaire, on a trop attendu pour que les choses se passent normalement. Autour d’un album comme celui-ci, tout est amplifié à l’excès, le bon comme le mauvais. Il semble que ce soit tout de même le bon qui l’ait emporté vu les critiques exagérément positives que l’on lit un peu partout, jusque dans ces journaux gratuits qui n’abordent pourtant que les sujets qui ont déjà été épuisés par les autres feuilles de choux. En réalité, je vous l’annonce, The Weirdness est ce qui se fait de plus proche de la boite de pandore en matière de rock aujourd’hui, mais symboles et fantasmes mis à part, ce disque ne va rien changer à nos vies.

Le simple fait d’écouter un tel album aujourd’hui, c’est le risque de casser le mythe. Si la somme critique et musicale bâtie sur les fondations que constitue l’œuvre première des Stooges venait à être remise en cause, c’est toute la battisse rock qui se casserait la gueule. Non, arrêtez de rêver, on sait que ça n’arrivera pas, je disais ça pour l’image ! Quoi qu’il en soit, il fut décidé qu’on ne verrai pas ça arriver, et le disque fut bon. Même s’ils ne se sentent plus *******er, on ne va pas reprocher aux critiques de passer complètement à côté de la plaque. The Weirdness est un putain de disque, concis comme il se doit, rapide comme on l’attendait, et habillé d’un jean pile poil deux tailles trop petit. Un disque à l’image d’Iggy Pop, et surtout son premier « all killer, no filler » depuis Raw Power. Pas rien, finalement, mais pas « tout » non plus. Le son, par exemple, ne fait pas honte à la réputation de Steve Albini, mais ne mérite pas tant d’éloge sonores. J’aimerai rappeler qu’un son ferme, sec, électrique, qui sonne « vrai », c’est le minimum syndical pour un disque de rock. A moins de voir se reproduire le ratage de Raw Power ou la prouesse de son remixage, arrêtons de parler de mixage à tout bout de champs, et contentons nous de savoir que l’enregistrement de The Weirdness fait honneur à son contenu, c’est le principal.

34 minutes pour 12 titres, soit une moyenne de 3:33 minutes par morceau, et les durées de 2:07 et 4:05 aux extrêmes. Quelques chiffres qui donnent la mesure. Autre détail, pas de ballades. Juste deux titres à part, tempos ralentis, mais pas Gimmer Danger ou Dirt. Dans le reste, aucun T.V. Eye, on est pas revenu à Fun House malgré le saxophone présent sur pas mal de titres. Résultat de l’équation, The Weirdness est un disque de rock impalpable, mais pas le retour au style précédent des Stooges. Reste du groupe une recherche sonore à partir d’un matériel minimal et une volonté de précision dans l’écriture qui le rendent unique. Mur de guitare et batterie pilon chez les deux stooges Asheton, et une basse à l’avenant par Mike Watt, riffs et rythmique s’entremêlent dans le magma sonore pour propulser la voix, Iggy Pop, qui chante faux. C’est parfois assez impressionnant, et l’impression et positive.

Tout ceci étant dit, le mérite principal que j’accorde à The Weirdness et son potentiel à échapper à toute critique constructive. Il y a tant à dire sur le buzz qui l’entoure, mais si peu sur le disque. Argument positif, me semble t il : oserez vous contrer l’argument qu’un disque de rock se suffit à lui même et qu’une fois écartées les critiques et craintes habituelles, il est le seul à pouvoir parler à chacun de ses auditeurs ? Si vous êtes de cet avis, vous êtes dans le bon état d’esprit pour vous confronter au nouvel album des Stooges. Vous tremblerez à l’écoute du pont de My Idea Of Fun, vous vibrerez probablement au rythme ralenti et légèrement free du morceau titre et de Passing Coulds. Je n’aurai pas la condescendance d’affirmer que ce disque n’a pas d’autre ambition que de nous faire tripper. Ce serait faux. Iggy est rester un éditorialiste de talent, épinglant les bobos (Greedy Aful People), les femmes interessées (She Took My Money), l’Eglise (End of Christianity), le tout soutenu par quelques billets d’intention (l’ouverture « I’m trolling » qui annonce la sauce) ou autres professions de foi (My Idea of Fun… « is killing everyone), le tout dans l’esprit rock inauguré par les Stooges à l’époque où leurs concerts étaient parmi les plus mal vus qui soient. Ils sont aujourd’hui rangé dans les actes, respectables dans une industrie capable de digérer les pires trublions, mais n’ont pas perdu leur mauvaise esprit, le fond de leur pensée.

The Weirdness s’adresse donc avant tout – hors fans des Stooges bien sûr – à ceux auxquels les simples mots « un disque de rock » évoquent un plaisir, lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’autres fioritures. Sans réécrire l’histoire, le trio de Detroit (rock city !) reste à notre époque l’un des groupes au son le plus reconnaissable. Dans la mesure où l’on précise que les chansons sont bonne, ce fait est un gage de qualité suffisant. C’est l’ABC du rock : un style, un son, des chansons. Tournez la page messieurs les rêveurs, Iggy ne sauvera pas le rock, on entendra pas de jeunes groupes crier au long de leurs albums combien ils doivent à The Weirdness comme ce fut le cas pour Fun House et Raw Power, mais l’album lui même est bon, ça suffira ! Envoyez chier l’histoire et les discussions de routine, écoutez la musique.


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 30/04/07 14:08
Hum, "My idea of fun" ne m'avait pas convaincu (Le son faisait un peu trop démo et la voix criarde) mais je vais y jeter une oreille. Sans illusions : c'est l'excellence de sa production, en plus de la compo, qui faisait une bonne partie de l'incroyable réussite de "Raw Power". Pour moi, "Search and destroy" reste un brûlot absolu, un morceau qui avait au moins vingt ans d'avance sur tout le monde.
On remarquera que le groupe d'origine avait déclaré forfait pour cause d'insuccès commercial…
La position d'Iggy est assez inédite : grand-père du rock, il en est la conscience et en même temps une sorte de bonne conscience. celui qu'on peut inviter dans des soirées prout-prout-ma-chère avec l'impression de s'encanailler tout en étant certains qu'il gerbera pas sur le tapis Boukhara. Et je suis sûr qu'il en est parfaitement conscient, le bougre…


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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 30/04/07 14:30
Il en est plus que conscient, ça se sentais déjà dans ses interviews en 77 (face à Mourousi, ou je ne sais plus quel canadien) et il le remet souvent sur le tapi depuis 2003. C'est sa revanche qui n'en fini pas ! Après, il a quand même écris Gready Afful People pour "ces gens là", et il descend sans se fatiguer l'industrie du disque. Des mecs aussi intègres, ça se compte sur les doigt de la main de Django Reinhart, et si il arrive à garder ça tout en vendant sa musique, il n'arrete pas de dire ce qu'il pense sous le prétexte d'être poli et sobre. Il en a assez bouffé entre 68 et 86 pour qu'un ne le lui reproche pas.

P.S. La production de Raw Power par Bowie est à chier (il a également tué Blah Blah Blah le bougre, après y avoir apporté de superbes chansons, c'est à n'y rien comprendre). Cette des mix d'Iggy sur Rough Power est meilleure, mais cette rythmique écrasante est étrange... bien sur la version remixée a le son le plus démentiel de l'histoire du rock, mais ça n'est venu que 25 ans après.

P.P.S. The Weirdness est assez éloigné de Fun House, mais encore plus de Raw Power, ça tombe sous le sens... ne surtout pas l'écouter pour du Search & Destroy. Ecoutez le comme du Iggy Pop, Stooges ou solo.


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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 07/05/07 14:12
Gasp... j'ai rien trouvé sur mon vrai groupe préféré... Du coup, je dois m'y mettre...
Alors voilà...
Mon groupe préféré, ce sont les Waterboys. J'ai pigé que c'était mon groupe préféré quand j'ai réalisé que depuis le temps que j'écoute de la musique (plein de gens de ce forum n'était même pas encore au stade embryonnaire, c'est vous dire), c'est le seul groupe que je n'ai jamais cessé d'écouter. Sachant que j'ai découvert le groupe en 1984, ça donne une idée de la solidité de ma fanitude :D

Alors... premier album...

Notez l'originalité du groupe, puisque l'album se nomme "The Waterboys". Fallait trouver l'idée, quand même.
On les met traditionnellement dans le même sac que U2 à la même époque (le disque date de 1983, donc juste au moment où U2 est en train de passer du stade de groupe vachement connu au stade de groupe incontournable), et généralement, on dit que finalement, les mieux, ce sont les Waterboys (le "on" étant constitué de gens préférant les W., qu'on évite d'abréger en "water" pour d'évidentes raisons). Paraît que même les gens de U2 sont d'accord, alors... Ils s'amusent d'ailleurs entre eux, à se répondre... Y a October chez U2, et December chez W, et même une chanson qui s'appelle "I will not follow". Humour écossais (donc vannes à 2 balles, c'est pas cher, au moins).
C'est donc du rock héroïque, c'est le chanteur, guitariste, clavier, compositeur, lyriciste, Mike Scott (il est tout piti, en plus ! Le choc) qui fait pratiquement tout. Originalité du groupe, on trouve un saxo (Anthony Thitlewaiste), et je déteste le saxo. Sauf chez les Waterboys, allez comprendre... (Disons que le saxo dans les slows langoureux parce que c'est vachement sensuel comme instrument, tu vois... Non, merci, sans façons, mais là, c'est une autre paire de manches).
Quelques petites chansons qui sont pas mal du tout.
A Girl called Johnny (hommage à Patti Smith)
Gala, Savage Earth Heart... Disons que c'est un bon album, pas celui qui m'a fait passer du côté écossais de la force, mais, un bon moyen de découvrir un bon groupe.


A Pagan Place, 1984

Ouaip, là, ça commence à devenir sérieux...
Une petite merveille. Red Army Blues. Sur du trad russe, chanson évoquant la gentillesse stalinienne, et une certaine déception de certains soldats de l'Armée Rouge qui ont eu l'idée géniale de causer avec un collègue GI à Berlin en 1945, ce qui leur a valu un aller simple pour la délicieuse et riante Sibérie. Cette chanson est absolument superbe (c'est mon avis de moi, hein, relativisez), et s'écoute toujours avec émotion, parce que le père Mikounet, il sait vraiment écrire de magnifiques chansons, quand il veut.
En gros, chez les W. y a pas mal de choses dont on pourrait se passer. Mais à côté de ça, il y a des chansons qui sont à tomber sur le popotin, à avoir du mal à s'en relever.
Ecouter aussi, dans cet album : All The Things She Gave Me, The Big Music, et A Pagan Place.


This is the sea, 1985
(version longue disponible)
Maintenant, je veux les voir en concert !!!!!! (Pour raisons diverses... Mauvais regardage de revues musicales anglaises... Genre j'apprends 2 jours après, alors que je suis à Oxford pour mes études, qu'ils passaient à Reading. Annulation, Arrêt de lecture de toute presse musicale pour pas être tentée d'aller au concert au lieu de rédiger, etc... J'ai fini par les voir... Il y a tout juste un an !! Même pas fait exprès, en plus !!) Sainte Patience...
Le premier chef d'oeuvre incontournable.
Avec l'un de leurs plus grands succès (The Whole of the Moon... Chanson qui s'apparente un peu à la scie musicale, parce que vraiment... Ils ont fait bien mieux !!! Oh que oui... Mais, les raisons du public... blablabla)
Avec... Oserais-je ? Allez, soyons folle (ça tombe bien, c'est mon pseudal), la chanson la plus... la plus... enfin, la plus quoi... Disons la plus agréable en certaines circonstances. The Pan Within... Alors, j'accepte de passer pour la Quiche Ultime, la Cruche Suprême, la Nullité Absolue.... Pendant 20 ans, j'ai jamais pigé ce qu'une casserole venait faire là dedans... Jusqu'à récemment, où j'ai remarqué que l'intro d'une chanson pas encore écrite en 1986, The Return of Pan, en version live, reprenait l'intro de the Pan Within... Bref, c'est pas une casserole, c'est le dieu Pan ! Et du coup, ça va mieux avec le sujet de la chanson (et je comprends parfaitement le sens de l'expression "traîner une casserole", parce que c'est la mienne)
Album dans lequel il n'y a rien, mais alors, rien, à jeter du tout (même The Whole of the Moon est pas mal, faut être honnête)


Fisherman's Blues, 1988 (2 ans de boulot)
(Version longue sortie l'an dernier)

PAN DANS TA FACE !
Pardon...
Vache...
Purée...
Nan, mais, c'est pas poss un truc pareil...

Mikounet et ses copains sont partis en Irlande. Du coup, ils dégottent le violoneux de U2 sur Sunday Bloody Sunday (Steve Wickham), et plein d'autres gens.
Et ils pondent ça !
Et donc...
PAN DANS TA FACE !
This is the Sea marquait l'aboutissement du rock héroïque.
Fisherman's Blues, c'est le passage au folk rock. Et quel folk rock !
Pas encore remise de cet album (et pourtant, ça date...). Vindiou d'vindiou ! Pratiquement rien à jeter.
Disons qu'il pourrait n'y avoir rien à jeter s'il n'y avait pas des chansons d'une qualité incroyable. Fisherman's Blues, déjà. J'avoue une nette préférence pour The Stolen Child, mise en musique du poème de Yeats. Loreena McKennit avait déjà commis un truc là dessus... Mais. Bon, vaut mieux retenir sa mise en musique de the Lady of Shallott, ça vaut mieux pour la postérité. La version Waterboys est... Ben... Dans la lignée de ce que Mike Scott peut faire de mieux (n'a pas eu la larmichette au concert, nan, pas du tout...).
Je conseille la version 2 CD, évidemment, ne serait ce que pour la reprise de Carolan's Welcome en bonus. Parce que bon, quoi... L'est joli le morceau. Et c'est une des plus chouette version que j'en ai entendues...
(C'est dur de causer de cet album, le mieux, c'est l'écouter, d'abord. Na !)


Room to Roam, 1990

Dans la lignée de Fisherman's Blues. C'est quand même là qu'ils se renouvellent le moins, les gusses (et la demoiselle qui joue de l'accordéon). Mais, en même temps, c'est du lourd... Encore. Toujours dans le trip folk rock irlandais, majoritairement. Mikounet réussi à faire quelques chansons hyper courtes, mais d'une beauté... (The Star and the Sea, In Search of a Rose). Des trucs bien dansants aussi (The Raggle Taggle Gypsy, il en existe aussi une version avec Carlos Nunez qui a remplacé Steve Wickham, parti faire un tour ailleurs). Un autre album indispensable, si vous aimez ce genre de musique, évidemment (ma -je ne mettrais aucun qualificatif pour ne pas choquer les âmes sensibles- de voisine qui ne jurait que par Dalida et Céline Dion n'était pas très fan).

Bon, là, il nous font le coup du best of...

Et on reprend les choses sérieuses.

Dream Harder, 1993

Exit le rock celtique... Il a viré pratiquement tout le monde, le Mikounet. Crise de mégalo ? Succès mal géré ? Mystère et boule de gomme, mais, y a eu du pétage de plomb.
Résultat musical ?
Ben... Euh...
Sur le coup... J'ai détesté cet album.
10 ans après...
Glastonbury Song est l'une de mes chansons préférées... The Return of Pan est excellente, Spiritual City me fait bien marrer.
Déroutant quand on avait pris l'habitude des 2 albums précédents (usés de chez usés, tellement ils ont été écoutés), mais, finalement, un bon album. Fallait le temps de se laisser séduire... Mais, honnêtement, moins bon que les 3 précédents.


Sunflowers, 1994

Des chutes de Dream Harder, des versions différentes... For fans only (y a quelques petites choses sympas, mais, pas indispensables, même au fan)...
On va dire que Mikounet est dans un creux créatif...


The Secret Life of The Waterboys 1981-1985, sorti en 1994
Voir ce que je disais plus haut sur le creux.
Toujours des choses sympas, mais pas indispensables... On continue à écouter les vieux albums...


Bring 'em all in, 1995
Ouaip... C'est carrément sorti sous le nom de Mike Scott. Cherchez pas les Water, ils sont au fond du jardin (Désolée... Pardon aux familles, tout ça...). Euh... Comment dire... Euh... Si, y a une ou 2 chansons sympas qui rappellent que quand il veut, il peut... Mais il peut mieux quand y a les copains, quoi...


Lion of Love, 1996

Ah, tiens, je savais pas qu'il existait celui là...
Si, si, je vous jure...

Allez, je laisse là pour l'instant, parce que ça fait du post un peu long... Y a plus personne... Je sais, ça laisse une mauvaise impression, les albums pas bien à ce moment là, mais, on reprendra avec du mieux :D
(pi de toute manière, tout le monde s'est barré après Dream Harder, alors...)


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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 07/05/07 22:24
Citation :
pi de toute manière, tout le monde s'est barré après Dream Harder, alors


moi aussi j'ai eu l'impression d'avoir fait fuir tout le monde avec ma critique sur Richard Ashcroft, le post est resté inutilisé pendant une longue période...

et pourtant non, je n'ai jamais entendu parler des waterboys, et te faisant confiance pour assouvir ma soif de découverte je vais le telecharger sur Itunes.

donc comme tu vois, les critiques de CD sont bien que plus utiles...si seulement l'initiateur du mouvement se donnait la peine de nous faire profiter de sa culture musicale plus souvent ;) (fainéant vas)



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Dr Bis

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   Réponse au Sujet 'Critique de CDs généralistes' a été posté le : 08/05/07 11:55
Citation :
ZiGGy dans une contemplation à Dlul a dit: Il en est plus que conscient, ça se sentais déjà dans ses interviews en 77 (face à Mourousi, ou je ne sais plus quel canadien) et il le remet souvent sur le tapi depuis 2003. C'est sa revanche qui n'en fini pas ! Après, il a quand même écris Gready Afful People pour "ces gens là", et il descend sans se fatiguer l'industrie du disque. Des mecs aussi intègres, ça se compte sur les doigt de la main de Django Reinhart, et si il arrive à garder ça tout en vendant sa musique, il n'arrete pas de dire ce qu'il pense sous le prétexte d'être poli et sobre.


Voui, mais justement, c'est là l'ambiguïté de sa position : il est ce que William Gibson est à Hollywood, quelqu'un qui dénonce les travers du système tout en étant profondément implanté dedans. Ce qui fait que cela perd de son côté subversif : les kritiks l'adulent justement comme quelqu'un qui gueule fort, mazis pour le bizness, c'est "Tiens, Pop refait son numéro, ça va faire vendre des disques !" C'est un peu comme un roquet (Pardon pour ce que la référence peut avoir d'insultant, c'est juste pour la métaphore, des Halles) aboyant au pied d'un éléphant. et encore une fois, je pense qu'il en est conscient et s'amuse à être à la fois Pop et sa caricature. Ce n'est pas Marylin manson crachant sur les "Pop stars" en faisant tout pour en être une ou Slipkangourou qui s'imagine qu'appeler son album "People = *******" (Quelle imagination, quel outrage !) en s'imaginant au top-rebelle-merd'-kwâ. Peut-être qu'il a compris que dans le système actuel, il ne peut y avoir de véritable rebellion qui ne soit automatiquement récupérée et transformée en objet de marketing. Peut-être qu'il est lucide, tout simplement…
Le dernier acte un tant soit peu rebelle, c'est la déclaration de Richards déclarant, en plus alors que la mécanique marketing battait son plein, qu'il avait sniffé les cendres de son père, parce que cela touchait à un VRAI tabou. quoique, ça ne fera guère avancer le schmilblick…
(Tout ceci n'étant que mon impression, donc y'a la possibilité que je me fourre le doigt d'en l'œil droit jusqu'à la rotule gauche, cela dit…)
Et je dirai tout le bien que je pense de Mike Scott ('Taing, quelle voix !) et sa "Big Music" un peu plus tard !:dem3

Edit : et en remontant plus haut, je vois que quelqu'un a cité mes Deine Lakaien adorés. Je ne dirai qu'un mot : KOPIIIIIIN ! Dans le genre velours pour l'oreille, je te conseille aussi Wolfsheim, bien qu'un peu plus pop (Leur tube "The sparrows and the Nightingale", mais il y a d'autres merveilles comme "Underneath the veil", plus récente donc au son moins daté.). Heppner a une voix extraordinaire !


Dernière mise à jour par : Dr Bis le 08/05/07 12:02

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Ex-casse-les-burnes, la signature iconoclaste !
Diplômé de nanarologie à l'université de Remontay-les-Bobines
Notre maison d'éditions : http://www.ed-malpertuis.com
Lisez Mythologica : http://revue.mythologica.net/
Vendu 7000 PO à Teocali, qui en a aussitôt fait cadeau à Miss Oph !
"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver !" — Baldur Von Schirach (qui la piqua à Hans Jonnst), colonel SA, chef des Jeunesse hitlériennes, responsable de 185 000 déportations.


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